16.11.2011
C'est pour quand le bonheur néolibéral ?
En ce jour du 5ème anniversaire de la mort de Milton Friedman, des blogueurs ont adressé à des personnes connues pour leur engagement néolibéral une lettre visant à clarifier leur position. Là voici :
Y participent : Bah By CC, Comité de Salut Public, Océane, Mipmip, Agnès, SeeMee, Seb Musset, Marco, Dadavidov, Vogelsong, Intox2007, Dedalus, Christian, Jegoun
A diffuser largement !
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22.09.2011
Un assassinat
La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. Victor Hugo.

Troy Davis.
Tout s’est mélangé dans ma tête, dans les larmes. La colère, le sentiment de se sentir inutile. Tant de combats perdus. Qu’a-t-on gagné de nos civilisations ? L’enfermement, l’individualisme. Un confort intellectuel qui nous sauve au quotidien d’une réalité absurde.
Troy Davis, et avec lui les autres condamnés à mort aux Etats-Unis, en Chine, en Arabie Saoudite, au Soudan, restent aussi les victimes de notre indifférence. En tout cas de celles de nos dirigeants politiques.
Il parait qu’on a toujours les dirigeants qu’on mérite… Je ne pensais pas, il y a encore quelques jours, que je pourrais à nouveau ressentir ce désespoir, cette haine presque, de mes contemporains. L’impression qu’il y a tant de cause, tant d’injustices, et tellement peu d’impliqués.
C’est faux bien sur. Il y a des toujours des volontaires, des associations, pour dire leur indignation, faire pression sur les leviers du pouvoir. Pourtant arrive un moment, où je me dis qu’acheter mes cartes postales de Noël à l’ UNICEF, payer une petite cotisation à Amnesty International ou au Secours Populaire, tout ça c’est si peu, au regard de ce qu’il y a d’injustice à combattre.
Le vrai pouvoir est concentré ailleurs. Dans les mains des mêmes qui trouvent utile d’aller bombarder la Libye, pour un profit Total, et les mêmes qui ne feront pas l’effort de se fâcher pour de bon avec l’ami Barack Obama ou Hu Jintao concernant l’abolition de la peine de mort, la pauvreté extrême…
Oui tout s’est mélangé dans ma tête. J’ai pensé à la destruction programmée de la Grèce, au profit des banquiers voleurs qui ont créé ce marasme ; j’ai pensé à cet Etat palestinien à qui on ne laisse pas voir le jour, aux Territoires Occupés en dépit du droit international…. A ce même droit qui autorise de bombarder au nom de la démocratie, quand c’est le profit qui motive les ordres.
On peut toujours gesticuler, à la fin de l’histoire, on exécute des prisonniers, les pauvres meurent de faim, les droits sont bafoués et on refait une pétition.
Un peu de désarroi. Je sais que je mélange plusieurs problématiques aujourd’hui, mais, elles ont en commun l’injustice, l’iniquité. Je me sens juste un peu lasse de ce monde bizarre, brutal et cruel.
Qu'est-ce que l'exécution capitale sinon le plus prémédité des meurtres ? Albert Camus.

Troy Davis.
Tweet00:09 Écrit par Océane dans Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : troy davis |
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14.07.2011
L'eau, la vie
C'est l'été, et nous cherchons pour la plupart à gagner des latitudes agréables pour profiter de la chaleur, et du soleil, tout en jouissant de la fraicheur de l'eau. Justement, nous ne sommes pas tous égaux, devant cet élément précieux : l'eau.
Sans rentrer aujourd'hui dans les débats de gestion calamiteuse de l'eau dans certaines communes de France (quoique ça mérite bien un billet..) ayons une pensée, et pourquoi pas un geste, une action, pour ces régions entières où l'eau est un élément aussi rare que précieux. le problème de lm'accès à l'eau potable m'a toujours vivement touchée, probablement parce que bien que née sur un continent en souffrance de ce point de vue là, j'ai eu la chance de grandir en Europe, où la question de l'eau ne se pose pas avec la même acuité. Mais justement, je n'oublie pas la terre qui m'a vu naitre, comment l'oublier d'ailleurs...
Je ne sais trop comment équilibrer la balance des chances en ce bas monde, si ce n'est en donnant un peu de mon temps, et de mon argent, dans la mesure de mes possibilités. C'est toujours ça, non ? je vous invite à visiter le site de la Fondation France Libertés, qui entre autre action, a créré le Mouvement des Porteurs d'Eau. Il s'agit de revendiquer tous ensemble un accès universel à l'eau potable. C'est un Droit de l' Homme, et des plus essentiels !
Alors, je vous en prie, lisez la Charte des Porteurs d'Eau, signez là, et puis parlez-en autour de vous !
je termine avec cette citation de Lord Byron (après tout, nous sommes jeudi, une citation s'impose, n'est-ce pas Chiffonnette ?)
"Jusqu'à ce que la douleur le lui enseigne ,
l'homme ne sait pas quel trésor est l'eau"
Lord Byron

Le site de France Liberté : http://www.france-libertes.org/
La Charte des Porteurs d'Eau : http://www.france-libertes.org/-Pourquoi-les-porteurs-d-eau-.html
Tweet00:01 Écrit par Océane dans Bavardages, Citations, pensées, Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : lord byron, eau potable, fondation france libertés, charte des porteurs d'eau |
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05.07.2011
Norwegian Wood
Il y a des chansons qui font remonter à la surface des souvenirs qu’on croyait oubliés.
Le pouvoir d’évocation de la musique va rarement sans un peu de mélancolie. Le roman d’ Haruki Murakami, la Ballade de l’Impossible, était initialement publié sous le titre de Norwegian Wood, comme la chanson des Beatles. Et c’est cette chanson qui ouvre la mémoire du héros à son passé pas si lointain.
Watanabe se rappelle son meilleur ami Kizuki, suicidé, et Naoko leur amie d’enfance à tout deux. Le hasard fait se croiser à nouveaux leur chemin, et si Watanabe est amoureux de Naoko, celle-ci se noie dans un traumatisme sans fin depuis la mort de Kizuki. Watanabe reste proche d’elle, mais à distance. La distance que la folie douce de Naoko lui autorise. C’est une relation étrange qui unit ces deux là : la proximité la plus intime, laisse la place aux obsessions morbides de la jeune fille, qui empêche toute relation de s’épanouir. Par ailleurs, Watanabe rencontre la jeune Midori, une étudiante toute à l’opposée de lui, tant elle est transparente, volubile presque, et si fantasque. Là, pas de limite à l’intimité, cette jeune fille fait part de tous ces rêves, de ses envies, de ses désirs. Watanabe se promène dans la vie de ses deux femmes, dans la sienne aussi. Et s’il y a un chemin à tracer, ce n’est pas forcément vers la maturité et la prise en main de toute sa vie. Au contraire, peut-être que toutes les questions qu’on se pose, sur la vie, pourquoi telle chose arrive, telle chose ne fonctionnent pas, pourquoi on vit et on meurt, toutes ses questions ne trouvent de réponses qu’à la fin, toute fin de notre vie. L’apprentissage dure le temps de l’existence, pas moins.

J’ai fermé les yeux, entre deux chapitres, et je me suis rappelé des chansons. Et je me suis rappelé des événements, attachés à ces chansons, de manière tout à fait irrationnelle. Est-ce que ce roman est celui de la jeunesse ? Certainement, puisqu’il met en scène des jeunes, au milieu de Mai 68… Mais c’est surtout le roman de la compréhension de la vie. Je suis confortée dans ma certitude la plus absolue : n’en avoir aucune.
C’est un roman dans lequel il ne se passe pas comme grand-chose, comme dans la plupart des meilleurs. Le plus important est dans l’écriture de Murakami, qui vient tremper sa plume dans notre âme collective.
J’ai malheureusement loupé le film, qui a été adapté du roman, mais ce n’est que partie remise.
Cette lecture était une lecture commune avec Martial, publiée avec un peu de retard. Quand je vous dis que je frôle le burn out…
La prochaine fois, je vous parlerai de ce que m'évoque cette autre chanson des Beatles :
The long and winding road
Tweet14:24 Écrit par Océane dans Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne, La musique, Les livres | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : haruki murakami, norwegian wood, la ballade de l'impossible |
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08.06.2011
Smoking no smoking
Fumer nuit gravement à votre santé.
Toutefois ça détend
Enfin, le geste…
Je ne fume pas. Je n’ose dire que je ne fume plus, tellement cette activité a été très épisodique chez moi.
Mais je me rappelle, avec confusion et horreur, combien ça me détendait. Pire que ça, les rares fois où j’ai fumé, c’était uniquement pour me détendre, dans des situations bien particulières, et pour me donner une contenance.
Cioran disait "Dans les épreuves cruciales, la cigarette nous est d'une aide plus efficace que les évangiles".
Maintenant, je suis une adulte responsable et tout ça… Je ne le fais plus.
Toutefois, l’idée m’a traversé l’esprit.
Au point d’écrire deux fois « toutefois » dans un billet…
Et puis je trouve ça sexy de fumer. Merde, aussitôt j’écris ça, et aussitôt la culpabilité sanitaire du 21ième siècle m’étreint….
Je vais arrêter de penser à la clope, et retourner à mes 5 fruits et légumes par jours (sauf le concombre) (et sauf le soja aussi) (et sauf les légumes hors sol en fait) (ah aussi, sauf que là zut ça devient pénible de cherche LE bon légume sans pesticide ni bactérie tueuse…)
J’ai dit que c’était sexy de fumer ? Noooooon ! Je n’ai pas pu dire ça…

Toutefois, dans certaines circonstances…
Bon, fumer tue, ok ?
Et les concombres aussi.
Tweet05:50 Écrit par Océane dans Bavardages, Citations, pensées, Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne | Lien permanent | Commentaires (58) | Envoyer cette note | Tags : jean-paul belmondo, cigarette, fumer, arrêter de fumer, fumer tue, fumer rend sexy, fumer destresse, fumer provoque des maladies, emil cioran |
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02.06.2011
1, 2, 3, je compte sur mes doigts combien tu m'aimes

Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d’un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l’essentiel. Elles ne vous disent jamais: «Quel est le son de sa voix? Quels sont les jeux qu’il préfère? Est-ce qu’il collectionne les papillons?» Elles vous demandent: «Quel âge a-t-il? Combien a-t-il de frères? Combien pèse-t-il? Combien gagne son père?» Alors seulement elles croient le connaître.
(Antoine de Saint-Exupéry - Le petit prince) Citation du jeudi pour Chifonnette.

Cette citation m’a été inspirée par plusieurs choses. Des réflexions lues ici ou là, tout à fait légitimes par ailleurs. Des réflexions autour des classements de blogs, des « j’aime » sur Hellocoton, de la visibilité en une, des commentaires etc.…
Je me mets tout de suite dans le lot, concernant cette réflexion. Je sais que le soir, quand je regarde qui a « aimé » mon billet du jour sur Hellocoton, je me dis parfois zut, il y en a qui ne font jamais l’effort pour la pareille… En même temps, est-ce que c’est censé être du donnant donnant ? Non, bien sûr… Et j’ai aussitôt honte de cette pensée, d’autant que je prône le « j’aime » s’il y a vraiment eu lecture, c’est logique non ?
Et puis après, je me souviens d’un temps pas si lointain, où les blogs se linkaient entre eux pour des raisons précises : un coup de cœur, le hasard d’une découverte de clic en clic, l’envie de faire découvrir quelqu’un qu’on aime bien… C’est encore la façon la plus belle de se linker les uns les autres non ? Je n’ai rien contre les rendez-vous, au contraire je suis une des rares à avoir ouvert sa gueule plusieurs fois pour « défendre » les blogs qui pratiquent ces rendez-vous, quand certains se sont offusqué de cette pratique. Je les fais quelquefois même. Et ce que j’ai dit à l’époque, je le pense toujours : un blog c’est d’abord un espace personnel, soumis aux envies et à la volonté de son rédacteur. Si on n’aime pas, on passe son chemin. La question qui me fait écrire aujourd’hui est tout autre. Est-ce qu’on n’est pas trop dans une sorte de course consanguine ? Je veux dire, on se regarde les unes les autres, n’y a-t-il pas parfois comme une sensation de tourner en rond ? Qu’il n’y ait pas de malentendu, j’adore vous lire, et quand ça ne me plait pas je m’abstiens, tout simplement, mais parfois j’ai la sensation d’étouffer, d’avoir besoin de plus « d’extérieur ». J’avoue que quand j’ai vu, les quelques fois où j’étais en une de Hellocoton par exemple, que ça l’était avec une grosse majorité de « j’aime » de visiteurs non blogueurs, et bien cela me fait encore plus plaisir !
Je ne sais pas si je suis très claire, je crois que non. J’oscille entre l’envie d’être plus précise et la crainte de froisser en étant maladroite. Et puis je ne sais pas si je peux être plus claire de toute façon. Donc je vais m’arrêter là ! EDIT de dernière minute : je savais bien que moi et la clarté.. Bref je ne veux pas dénigrer des classements ou exiger que cux-ci soient basés sur la qualité, non, non. je voudrais juste qu'on se pose, moi la première, la question de ce qui est le plus important, de ce qui nous motive et nous fais plaisir, et de l'ouverture au plus grand monde, et à soi-même, sans crainte de perdre quleque chiffre que ce soit !
Tweet06:00 Écrit par Océane dans Bavardages, Challenge, Citations, pensées, Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : le petit prince, le busnessman, classement des blogs, hellocoton, blogs |
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10.05.2011
La douceur du don
Le mardi est jour de douceur, parfois je souscris à cette habitude. Aujourd’hui surtout. Le 10 mai est un anniversaire particulier, que je partage avec beaucoup d’autres. Je ne vous embêterai pas avec ça ici (mais là si, vous souhaitez le lire, j’en parle un peu, si peu…) mais c’est une date qui me donne envie de douceur et d’amour envers mon prochain. J’ai envie de laisser de côté mon cynisme. J’ai envie de laisser la place à la douceur et à la gentillesse toutes entières.
La douceur du jour sera celle que je ressens envers l’ humanité, cette envie presque naïve que tous nous comprenions à quel point nous sommes si faibles, et si petits dans l’univers, trop faibles et trop petits pour nous détester entre nous. J’ai conscience d’écrire des lignes assez naïves, peut-être enfantines, mais c’est cet élan que j’ai en moi aujourd’hui, pourquoi le contrarier :)
Et j’en profite pour vous rappeler que l’Etablissement Français du Sang à toujours besoin de vos dons : si la journée mondiale consacrée à ce sujet a lieu le 14 juin, vous pouvez donner votre sang dès maintenant et toute l’année. Je vous redonne le lien du site d’info, où vous pourrez trouver toutes les indications sur les lieux et dates de collectes du sang près de chez vous, ainsi que des réponses à toutes les questions que vous pourriez vous poser : http://jmds.dondusang.net
Par ailleurs, et dans un souci d’interaction, des chats sont organisés sur le site en question, et le prochain a lieu ce soir à 18h. Le sujet sera la question des stocks, question essentielle et cruciale.
Et comme toujours, je vous invite à suivre le fil twitter de Karl le globule : http://twitter.com/karlleglobule et sa page Facebook https://www.facebook.com/pages/Karl-Le-Globule/184589691581843
Voilà une façon peut-être de rajouter un peu de douceur en ce monde, en faisant ce geste du don.

C'était mon moment de douceur (et de partage) pour Maman@home.
Tweet06:27 Écrit par Océane dans Bavardages, Challenge, Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : douceur, amour, partage, don du sang, don de soi, efs, jmds, don de plaquettes, santé publique |
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17.04.2011
Dumas, Murakami et Haïti
Merci aux huit adorables personnes qui ont pris la peine d’aller voter pour moi pour le concours de La Coquinerie. Je n’ai gagné ni le week-end (Dieu sait que j’aurais pourtant eu besoin d’une petite échappée, depuis 18 mois que je n’ai pris de vacances ^^) ni l’objet coquin (mais ça je suis déjà bien pourvue, ahem...) Mais je suis contente de mon texte, j’aime écrire, c’est toujours un exercice sympa, et rien que cela est un plaisir en soi !
Quelques lectures à vous raconter aujourd’hui, assez différentes l’une de l’autre.
D’abord, un Alexandre Dumas inédit pour moi : le Chevalier d’ Harmental, offert par une personne qui sait combien j’aime Dumas…
Qu’il en soit remercié, j’ai eu le plaisir d’une lecture qui m’a presque transporté dans ma chambre d’enfant, quand je découvert les Trois Mousquetaires ou le Comte de Monte-Christo !
Alors, ce roman est semble-t-il le premier roman historique écris par Dumas. Raoul d’Harmental est un jeune aristocrate monté à Paris, et qui s’est illustré dans les dernières batailles précédant la mort de Louis XIV. La mort de celui-ci va changer son sort, puisqu’il va se retrouver au milieu des conflits qui marquent la régence sous la minorité de Louis XV. Après avoir perdu son régiment et sa maitresse, Raoul décide de prendre les choses en mains et pour le coup entre vraiment dans les méandres de la conspiration contre le régent. L’occasion pour lui de rencontrer une délicieuse orpheline, Bathilde (oui, le nom est d’époque, cherche pas…) et d’en tomber amoureux…C’est un vrai roman de cape et d’épée, avec des batailles, des guets-apens, des embastillements et des retournements de situations pour le plus grand bonheur du lecteur ! Il y a eu une adaptation télévisée, que je n’arrive pas encore à me procurer, mais qui m’intéresse aussi. Un extrait de l’œuvre :
« Le 22 mars de l’an de grâce 1718, jour de la mi- carême, un jeune seigneur de haute mine, âgé de vingt- six à vingt-huit ans, monté sur un beau cheval d’Espagne, se tenait, vers les huit heures du matin, à l’extrémité du pont Neuf qui aboutit au quai de l’École. Il était si droit et si ferme en selle, qu’on eût dit qu’il avait été placé là en sentinelle par le lieutenant général de la police du royaume, messire Voyer d’Argenson.
Après une demi-heure d’attente à peu près, pendant laquelle on le vit plus d’une fois interroger des yeux avec impatience l’horloge de la Samaritaine, son regard, errant jusque-là, parut s’arrêter avec satisfaction sur un individu qui, débouchant de la place Dauphine, fit demi-tour à droite et s’achemina de son côté.»
[…]
« Ce qu’il avait prévu arriva. Au bout d’un instant, une charmante tête de jeune fille parut dans l’encadrement de la fenêtre ; mais comme sans doute le terrain sur lequel s’était hasardé avec tant de courage celui qui l’avait appelée était trop humide, elle ne voulut point aller plus loin. La petite levrette non moins craintive que sa maîtresse, resta près d’elle, ses pattes blanches posées sur le rebord de la fenêtre, et secouant la tête en signe de négation à toutes les instances qui lui furent faites pour l’attirer plus loin que sa maîtresse ne voulait aller.
Cependant il s’établit un dialogue de quelques minutes entre le bonhomme et la jeune fille. D’Harmental eut donc le loisir de l’examiner avec d’autant moins de distraction que sa fenêtre étant fermée lui permettait de voir sans entendre.
Elle paraissait arrivée à cet âge délicieux de la vie où la femme, passant de l’enfance à la jeunesse, sent tout fleurir dans son cœur et sur son visage, sentiment, grâce et beauté. Au premier coup d’œil, on voyait qu’elle n’avait pas moins de seize ans, mais pas plus de dix-huit. Il existait en elle un singulier mélange de deux races : elle avait les cheveux blonds, le teint mat et le col ondoyant d’une Anglaise, avec les yeux noirs, les lèvres de corail et les dents de perles d’une Espagnole.
Comme elle ne mettait ni blanc ni rouge, et comme à cette époque la poudre commençait à peine à être de mode, et d’ailleurs était réservée aux têtes aristocratiques, son teint éclatait de sa propre fraîcheur, et rien ne ternissait la délicieuse nuance de sa chevelure. Le chevalier resta comme en extase. En effet, il n’avait vu dans sa vie que deux genres de femmes : les grosses et rondes paysannes du Nivernais, avec leurs gros pieds, leurs grosses mains, leurs jupons courts et leurs chapeaux en cor de chasse, et les femmes de l’aristocratie parisienne, belles sans doute, mais de cette beauté étiolée par les veilles, par le plaisir, par cette transposition de la vie qui les fait ce que seraient des fleurs qui ne verraient du soleil que quelques rares rayons, et à qui l’air vivifiant du matin et du soir n’arriverait qu’à travers les vitres d’une serre chaude. Il ne connaissait donc pas ce type bourgeois, ce type intermédiaire, si on peut le dire, entre la haute société et la population des campagnes, qui a toute l’élégance de l’une et toute la fraîche santé de l’autre. Aussi, comme nous l’avons dit, resta-t-il cloué à sa place, et longtemps après que la jeune fille était rentrée, avait-il les yeux encore fixés sur la fenêtre où était apparue cette délicieuse vision.»
Une merveille, non ? Ceci me permet d’ajouter une petite perle au challenge Alexandre Dumas organisé par Ankia.
Ma prochaine lecture prévue de cet auteur est Le Collier de la Reine.
Ensuite, changeons de coefficient espace-temps, comme dirait le Capitaine Kirk, et retrouvons-nous au Japon au XXème siècle.
Les Bébés de la Consigne Automatique est un roman, des plus connus, de Ryû Murakami. Le premier que j’ai lu de cet auteur. L’histoire est sombre, noire, violente, trash pour tout dire.
Kiku et Hashi sont abandonnés à leur naissance dans le casier d’une consigne automatique. Le roman raconte le voyage aux enfers des deux enfants devenus adultes, qui revivent le traumatisme initial à travers un délire mental incessant. On suit leur vie depuis l’orphelinat, jusqu’à l’adoption et à leur déliquescence mentale. Sexe, destruction des sentiments et des gens de leur entourage, violence et haine, le roman n’a rien d’une rose épopée. C’est bien loin de l’image d’un Japon zen, propret et carré que l’on pourrait avoir.
J’ai adoré, aussi bien l’écriture que le sujet. Le côté « dérive psychiatrique » me fascine. L’appropriation d’un traumatisme comme objet de rancune au quotidien est parfaitement décrit. Quoique rancune ne soit pas le bon terme. Il y a un aspect « fatum » plutôt, une force extérieure, presque, qui envahit les deux garçons. Et tous, autour d’eux, vont en payer le prix. C’est un roman difficile, mais il y a des pages apaisantes curieusement, et puis des personnages secondaires qui apportent un peu de repos. Créer des liens, être inséré dans la société, peut sembler évident et facile : il suffit d’être et d’exister. Mais ce roman montre au contraire qu’il ne suffit pas de la bonne volonté ou de la bienveillance de quelques un pour apprendre à tisser ces liens. Et on peut voir comment une enfance qui a mal commencé, avec l’abandon, même si elle s’est retrouvée sur de « bons rails », marque une vie entière. L’écriture est dense, cadencée, frénétique presque, et il y a quand même cette dimension d’introspection qui en fait pour moi un roman indispensable. Ça me rappelle un peu pourquoi je hais ce monde, autant que je peux l’adorer…
Un extrait :
«Au moment où elle finissait d’étaler le vernis sur l’ongle de son pouce gauche, le bébé, au fond des ténèbres de sa boîte, à la gare, était déjà en état de mort apparente. La sueur qui commençait à perler de tous ses pores, inonda d'abord sont front, puis sa poitrine, ses aisselles, et refroidit tout son corps. Il remua alors les doigts, ouvrit la bouche et se mit soudain à hurler sous l'effet de la chaleur étouffante. L'air était humide, lourd, il était trop pénible de dormir enfermé dans cette boîte doublement hermétique. La chaleur intense, accélérant la circulation de son sang, l'avait réveillé. Dans l'insupportable fournaise de cette obscure petite boîte en carton, en plein été, il venant de naître une seconde fois, soixante-seize heures après être sorti du ventre de sa mère. Il continua à hurler de toutes ses forces jusqu'à ce qu'on le découvre. »
Ceci me donne le plaisir de participer au challenge Murakami de Martial.
Pour finir, comme nous sommes dimanche, une petite poésie, autour de la lecture justement :
La nuque d'un lecteur debout au fond
Son profil gauche
Mâchoire serrée
Concentration massive
Il s'apprête à changer de siècle
là, sous mes yeux
Sans bruit
J'ai toujours pensé
que c'était le livre qui franchissait
les siècles pour parvenir jusqu'à nous
Jusqu'à ce que je comprenne
en voyant cet homme
que c'était le lecteur qui fait le déplacement
Ne nous fions pas trop à cet objet couvert de signes
que nous tenons en main
et qui n'est là que pour témoigner
que le voyage a bien lieu.
C’est un poème de Dany Laferrière, poète haïtien.
L’occasion pour moi de vous parler de l’association Planète-Urgence. Si vous allez sur ce site (click) vous verrez cette initiative en collaboration avec la photographe Laurence Guenoun : la possibilité d’acheter des tirages photos, qui viendront aider au financement et à la reconstruction d’Haïti. Je vous laisse lire et regarder les photos en questions. Le temps passe, et nous ne suivons pas toujours l'évolution des situations d'urgence du passé... Un petit rappel de temps en temps nous fait souvenir qu'il y a de par le monde bien des gens qui ne vievent pas un quoitidien enviable. Et tout près de chez nous aussi, hélas...
Bon, ça nous fait un dimanche bien rempli, dont je vous laisse profiter, sans vous retenir plus longtemps. Mais en vous remerciant de votre présence ici, jour après jour.
Bonus : un article sur Salade Océane !
Les compagnons poètes du dimanche de Bookworm :
Alex : Mot-à-mots Alinea66 : Des Livres... Des Histoires...Anne : Des mots et des notes, Azilis : Azi lis, Cagire :Orion fleur de carotte, Chrys : Le journal de Chrys, Ckankonvaou : Ckankonvaou, Claudialucia : Ma librairie,Daniel : Fattorius, Edelwe : Lectures et farfafouilles, Emmyne : A lire au pays des merveilles, Ferocias : Les peuples du soleil, George : Les livres de George, Hambre : Hambreellie, Herisson08 : Délivrer des livres?, Hilde : Le Livroblog d'Hilde , Katell : Chatperlipopette, L'Ogresse de Paris : L'Ogresse de Paris, L'or des chambres : L'Or des Chambres, La plume et la page : La plume et la page, Lystig : L'Oiseau-Lyre (ou l'Oiseau-Lire), Mango :Liratouva, MyrtilleD : Les trucs de Myrtille, Naolou : Les lectures de Naolou, Océane : Oh ! Océane !, Pascale :Mot à mot, Sophie : Les livres de Sophie, Wens : En effeuillant le chrysanthème, Yueyin : Chroniques de lectu
Tweet00:05 Écrit par Océane dans Challenge, Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne, Fatrasie, Les livres | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : haïti, japon, séisme, ryu murakami, challenge, romans, poésie, poème, dany laferrière, alexandre dumas, le chevalier d' harmental, planète urgence, faire un don pour haïti, aider, un toit pour l'avenir |
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13.04.2011
Une note sans twitter ni Morano, ni Britney Spears
Avant-propos : le mieux quand même, aujourd'hui, c'est de me lire là Le long de la rivière ou là Bouhhhhh cake mais tu fais comme tu veux...
Je ne suis pas très vieille suivant les canons de la société, mais je n’ai plus l’âge des études. Pourtant j’ai entamé il y a un certain temps, de changer des petites choses, et cela passait par un changement professionnel. Une envie d’aborder un domaine qui m’intéresse depuis des années. Ça passe par une reprise d’étude, et de la patience.
Je suis juriste de formation, et c’est moins fraternel que ce je croyais en faire, petite. Je ne défends ni la veuve, ni l’orphelin, parfois même c’est le contraire. Ça me déplait. J’ai quitté le secteur privé espérant trouver dans le public un peu plus de cette éthique qui avait guidé mon choix d’études, mais las, les motivations y sont les mêmes : faire gagner de l’argent à l’entreprise….
Changer d’orientation professionnelle est une décision pas si difficile que ça pour moi, compte tenu du fait que je sais ce que je ne veux pas faire. Mais techniquement il y a des efforts à faire et des barrières à renverser. Ce n’est pas simple, ni forcément compréhensible par tous.
A cet égard, je trouve qu’on vit dans un monde paradoxal, qui veut que nous soyons mobiles et prêts au changement, mais qui ne supporte pas les parcours atypiques ou les CV un peu particuliers. Il faut cacher ses vrais sentiments, expliquer qu’on rêve d’intégrer une grande famille du travail, mais juste ce qu’il faut pour ne pas sembler ni trop demandeur ni trop instable. Il faut savoir quitter un poste pour trouver mieux ailleurs, sans donner l’impression d’avoir la bougeotte.
Bref, on veut de nous tout et son contraire…
J’envie parfois ces gens qui ont une idée toute tracée de leur vie.
Dans le fond, je n’aimerais qu’une chose : vivre de ma plume.
Tweet02:13 Écrit par Océane dans Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne, Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (42) | Envoyer cette note | Tags : travail, famille, patrie, orientation professionnelle, changement de travail |
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17.03.2011
East
Le Japon est à la une de l’actualité, un peu plus d’un an après Haïti…. La vie ne laisse pas le temps d’oublier un malheur qu’un autre surgit.
Je ne vais pas gloser sur le sujet, le malheur c’est le malheur et chacun de nous le gère comme il peut. J’espère que tout s’arrangera pour eux, comme pour tous. Que souhaiter de plus…
J’aime le Japon, son histoire, sa culture, son patrimoine, que je connais encore mal, depuis des années. J’y suis entrée par la littérature bien sûr. Yukio Mishima le premier, qui m’a ouvert à l’adolescence les yeux sur tout un univers, codé, parfois sombre, mais où les sentiments et les mots font l’objet d’une précision et d’une justesse qui me comblent. Les mots ont un sens, les gestes aussi, et il m’a été agréable de découvrir une littérature ou le minimalisme et la précision devenait un art.
Et puis, toujours à l’adolescence, Yasunari Kawabata et sa « nuée d’oiseaux blancs » ou ses « belles endormies » ont achevé de me faire aimer ce pays.
La littérature japonaise classique m’a plu à cause ou malgré son dépouillement stylistique, son intensité incroyable. Peut-être que c’est de là que me vient ma quête du beau invisible, l’infini détail qui échappe à l’œil.
Les plus modernes ont su développer une écriture à part, plus fantasque encore.
J’aime la littérature japonaise, ancienne ou plus contemporaines. J’aimerais en citer certains de mes préférés, et si votre chemin croise une librairie, n’ayez pas peur de les emporter avec vous. N’ayez pas peur de découvrir la délicatesse de Yasunari Kawabata, ou de Yasushi Inoue. Découvrez l’étonnant Lafcadio Hearn, le plus japonais des Irlandais. Junichiro Tanizaki, Kenzaburo Oe, Yukio Mishima, Haruki Murakami, Yoshikawa Eiji, la liste pourrait être longue encore…
J’aime la littérature japonaise et puis l’histoire et les traditions japonaises. J’aime l’idée que je m’en fais. La cérémonie du thé, la peinture minutieuse des kanji, la beauté des kimonos, une certaine exubérance parfois, tout me plait.
Pour finir, voici quelques œuvres réalisés suite au drame qui frappe le Japon. J’aime leur simplicité.
Print 070/365 by The Living Conspiracy
Et comme nous sommes jeudi, voici une citation à rajouter au tableau de Chiffonnette :
«Il se trouve toujours quelque chose pour déranger les calculs les plus soigneusement établis par l'homme.»
Saikaku Ihara.
Très vrai, n’est-ce pas ?
La Grande Vague de Kanagawa - par Katsushika Hokusai -1831
Tweet00:03 Écrit par Océane dans Art, Bavardages, Citations, pensées, Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne, Les livres | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : junichiro tanizaki, kenzaburo oe, yukio mishima, haruki murakami, yoshikawa eiji, yasushi inoue, lafcadio hearn, japon, seisme, compassion |
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