05.01.2012
L'amour est une brève épilepsie disait Paul Valéry...
Parfois on se pose pour réfléchir (hum) et on fait des edit à nos propres pensées. On change, mais quelques certitudes restent bien ancrées. Je continue de penser, avec le temps, qu'on aime les gens non pour ce qu'ils sont mais pour des raisons qui ne tiennent qu'à nous.
L'amour est au centre de la vie, simplement parce qu'on côtoie les gens et que tant qu'à faire, essayons de les apprécier. Je mets sous le vocable amour cette espèce de coup de cœur qui nous pousse vers une personne, homme ou femme, qui nous fait apprécier son être entier, son caractère, ses pensées, ses bêtises comme ses plus belles fulgurances. L'amour, l'amitié c'est pareil au début. Et ce début est génial, merveilleux. Regarder cette personne et ne voir en elle que l'appréciable, le beau, et même le laid on lui pardonne, après tout qui peut se targuer de perfection ?
On apprécie ce qui chante à notre âme et à notre cœur : l'amour nait d'abord de la validation d'une rencontre par nos critères intérieurs. On aime une personne par ces raisons qui ne tiennent qu'à nous. C'est une alchimie secrète, un mystère qui permet la réalisation du grand œuvre. Vous connaissez les étapes du Grand œuvre qui permettent la réalisation de la Pierre Philosophale : l'œuvre au noir, l'œuvre au blanc, l'œuvre au jaune et l'œuvre au rouge. Si j'osais, je rajouterais ce romantique et niaiseux œuvre au rose : la savante transformation qui s'opère en nous pour aboutir à l'Amour.
L'Amour dans le couple peut durer longtemps comme ça, si l'on laisse simplement s'opérer et accepter l'alchimie naturelle : ainsi on aime l'autre pour ce qu'il correspond à notre propre formule magique. Mais ça n'est jamais si simple. Pourquoi se met-on toujours, souvent, parfois, en situation d'interpréter ce qu'est réellement l'autre au risque de la déception. Plus généralement on apprécie une globalité en espérant que les détails inadéquats resteront des détails surmontables, voire transformables. Parfois même, fous que nous sommes, on aime ce que l'on déteste car c'est un sentiment plus puissant qui nous gouverne.
Alors c'est quoi ce truc ? Oui je dis truc parce que je ne comprends vraiment pas ce dont il s'agit. Je ne parle que pour ma propre expérience bien sûr, et peut-être manqué-je de sensibilité ou de compréhension ? La constatation que je fais est simple : je sais ce qu'est l'amour-amitié qui me fait aimer les gens sans sous catégories autre que celles énoncées précédemment : ceux que j'aime et les autres. Je sais aussi ce qu'est l'appréciation du plaisir sexuel. Ce sont là 2 choses bien distinctes. Tant que j'opère cette distinction tout va bien. Cela souffre même d'aller jusqu'à coucher essentiellement avec des personnes que j'admire, apprécie, trouve intelligent, touchant, sensible etc. etc....
Et puis un moment, fatalitas, viens se nicher dans le cœur ce truc bizarre, qui vient le plisser, le pincer, l'alourdir et l'alléger tout autant. Et ce garçon qu'on trouvait drôle, intelligent, spirituel, tendre, caustique et amusant, désirable et mystérieux, devient soudain essentiel et indispensable au repos de notre cœur. C'est ce truc que je ne comprends pas, que je ne sais pas contrôler. On aborde là les rivages de la possession, de l'exclusivité et de l'inquiétude aussi. Qu'est ce qui fait que l'alchimie trouve à franchir une étape supplémentaire, moins confortable que la situation précédente ? Disons que tant que tout va bien, tout va bien. Mais comme nous avons affaire à 2 personnes distinctes, nous aurons aussi 2 effets distincts de cette alchimie au fil du temps. Il y en a toujours un qui est plus « transformé » que l'autre, un qui aime plus, un qui s'inquiète plus.
Il parait que non, en fait, que tout est une question de rationalisation et de décision personnelle. Faire comme dit Saint-Exupéry et comprendre qu'aimer c'est juste regarder ensemble dans la même direction. Le reste n'est pas l'amour alors ? Et puis même si on ne se pose pas ces questions oiseuses pendant des années et des années, pourquoi un jour peut survenir la fin d'une alchimie ? La transmutation est donc permanente et puis un jour les 2 formules ne se conviennent plus ? Quel est le secret de l'Amour : passer sa vie à rationaliser des sentiments ?
Je ne sais pas. Par contre j'ai une certitude : sans aimer le drame, la vie ne serait rien sans les soubresauts du cœur. La passion, l'inquiétude, l'envie irrépressible, le besoin vital de l'autre, ces petits papillons à la con qui viennent vous manger le ventre, c'est une drogue, la plus addictive qui soit. C'est comme vouloir se brûler soi-même à ce brasier, de manière consentie et envieuse. Quitte à entendre un jour les mots définitifs du désamour, du détachement et de la rancœur.

Tweet22:21 Écrit par Océane dans Bavardages, Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : amour, oeuvre au noir, alchimie |
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10.07.2011
Sweet sweet heart
Me revoici, après une petite absence. Il faut croire que les vacances ont bien démarré, pour tout le monde. Je ne bouge pas pour l’instant… Des petits + et des petits – des derniers jours ?

J’ai aimé mon début de semaine, un peu hâtif, mais j’ai pu régler quelques paperasses, et ça c’est bien.
J’ai aimé les petites robes à -70% chez Monoprix, vraiment très chouettes !
J’ai bien moins aimé la mise à pied de cet employé d’un Monoprix à Marseille, sanctionné pour avoir ramassé des fruits mis à la benne. Dans quel pays vit-on pour qu’on sanctionne ça ? Déjà, cela pose la question du salaire des employés de petites, moyennes et grandes surfaces. Ces groupes, que ce soit Carrefour, Monop’ ou Auchan, présentent des bénéfices énormes et des distributions de dividendes faramineuses à leurs actionnaires. Pendant que leurs employés sont payés au SMIC horaire pour les plus chanceux. Oui, les plus chanceux. Parce que Carrefour, par exemple, s’assied sur la notion de SMIC et se fait régulièrement condamner. Alors ramasser un melon dans une benne parce qu’il n’y a pas de petites économies, qu’on soit employé chez Carrefour ou Monoprix, je le comprends. Il ne s’agit pas de boycotter ces enseignes, c’est quasi impossible vu le partage du marché entre elles, mais on peut faire entendre sa voix, son mécontentement.
J’ai aimé inaugurer un nouveau carnet, avec des notes sur certaines humeurs…
J’aime l’idée qu’on puisse être à la fois utile, futile, citoyen actif, spectateur attentif de la société. J’aime sautiller de joie parce que j’ai de nouveaux vernis qui me rendent toute gamine. J’aime l’idée que j’ai encore le droit d’ouvrir ma gueule pour dire ce qui me déplait dans mon beau pays de France.
J’ai aimé regarder Le Marchand de Sable avec mon fils ! Merci Krokette !!
J’ai adoré recevoir deux, oui 2 énormes boites pleine de chocolat Milka ! La folie à l’ouverture, à regarder ces tablettes gourmandes ! Merci Carole Nipette et Fémin’elles !
J’ai moins aimé me prendre la tête sur mes éventuelles date de vacances : rentrer d’un arrêt longue maladie te mets en dernière position pour ce qui est du choix des dates en questions… En gros, je passe après 49 personnes, et je prends ce qui reste, suivant les besoins du service. Cool…
J’ai aussi pas vraiment aimé ce manque de participation à mes minis concours. Peut-être que je n’en fais pas assez la publicité ? Que les instructions ne sont pas assez claires ? Je me demande si ça vous intéresse vraiment. Après tout ce ne sont que quelques livres, quelques babioles de filles... J’ai voulu me dispenser de sponsor pour plus de libertés, mais du coup je ne peux me permettre de vous offrir un énorme cadeau qui plaise à tous. J’ai espoir quand même que le plus important soit le geste, et l’intention. Pour le reste, je présenterais demain la suite du concours, avec un nouveau sujet.
J’ai aimé profité de G+ comme d’un espace nouveau de délire en liberté, pendant qu’il était fermé au public. C’était amusant de se retrouver à quelques uns seulement, avant que les invitations ne reprennent. Ça m’a rappelé mes débuts sur Twitter…
J’ai adoré me faire la liste des séries à regarder cet été, comme une session de rattrapage, et celle des listes de livres à lire aussi. Toujours un bonheur !
J’ai adoré recevoir le questionnaire de ma binôme, dans le cadre du Swap de Soukee ! Là aussi un pur bonheur !
Pour finir, un autre bonheur, poétique celui-là, parfait pour clore ce dimanche, que je vous souhaite beau et heureux :
SENSATION
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.
Arthur Rimbaud, Poésies
Edelwe, Mango, Abeille, Emmyne, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , George, Uhbnji , Fleur, Esmeraldae,Armande, Satya, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Schlabaya,Hilde, Saphoo, La plume et la page, Tinusia, Chrys, Roseau, MyrtilleD, Cagire, Caro[line], L’or des chambres, Violette, claudialucia,Séverine, Maggie, Sev, Azilis.
Tweet05:35 Écrit par Océane dans Bavardages, Fatrasie, Poésie | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : arthur rimbaud, poésie, listes |
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17.06.2011
Love
J’aime la pub du PMU avec la musique « la nuit est chaude », elle me met de bonne humeur.
J’aime la couleur orange que je vois sur plein de portant, chez H&M, Zara…
J’aime l’été qui approche, les petites robes à ressortir, les ongles à vernir… Le sourire qui me vient à la caresse du soleil.
J’aime qu’une amie soit enceinte, être heureuse pour elle et l’inviter à boire le thé, lui préparer des cookies de toute sorte.
J’aime la liste des activités prévues avec mon petit garçon à l’approche des grandes vacances. J’espère lui voir des sourires, l’entendre rire et s’émerveiller !
J’aime revoir La Vie Est Belle, un de mes films favoris de Frank Capra. J’aime voir James Stewart et Dona Reed me donner une des plus belles leçons de vie et d’optimisme du cinéma.

J’aime lire le blog de Kaderick, plus qu’un blog de cuisine, c’est une jolie petite aventure humaine, une nana qui s’est lancé il y a un an, pour partager, communiquer sa bonne humeur, sa gourmandise et ça fonctionne si bien.
J’aime Odilon Redon au Grand Palais. Sourire à l’araignée, regarder Ophélie se noyer dans les fleurs, et m’émerveiller des touches de couleurs…

Deux jeunes filles en fleurs

L'araignée souriante

Ophélie
J’aime écouter mes albums de Jean-Jacques Goldman, de Daniel Balavoine, alterner avec Anthony and the Johnson et un peu de Bellini…
J’aime entendre mon fils me réclamer L’Hiver ou L’Eté et le voir danser au son de Vivaldi.
J’aime tout ces gens qui sont allé donner de leur sang le 14 juin ou un autre jour. J’aime ce geste gratuit, anonyme, tellement généreux et essentiel.
![dong_du_sang[1].jpg](http://danslessouliersdoceane.hautetfort.com/media/02/02/3643544693.jpg)
J’aime la Dinette, le fabuleux blog d’Alistair et Eloïse : des douceurs, du style et de la bonne humeur à revendre !
J’aime nos ongles qui s’exposent, avec des vernis plus colorés les uns que les autres ! Du flashy, du pastel, mais toujours de l’audace au bout des doigts.
J’aime ces piles de livres qui sont autant de promesses de bons moments et de bonheur en quelques pages…
J’aime flâner dans Paris, me perdre dans des rues que je ne connais pas forcément, et découvrir de beaux bâtiments, des jardins dans la ville, insoupçonnés et cachés de la foule. M’asseoir sur un banc et lire une petite heure, loin de tout…
J’aime regarder le sourire craquant de Michael Fassbender, juste comme ça.

J’aime la vie, et me rappeler cette phrase de John Lennon : « La vie c’est ce qui arrive pendant qu’on est occupé à faire d’autres projets. »
Tweet06:30 Écrit par Océane dans Bavardages, Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : michael fassbender, odilon redon, don du sang, it's a wondeful life, spencer tracy, dona reed |
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30.05.2011
Echolalie jusqu'à la lie
Vous ne trouvez pas que les vitamines sont hors de prix ? Je dis ça, parce que je prends des compléments alimentaires, pour cause d’anémie (pauvre petite…) et ça coute un bras au long cours…
Je fais des listes de vitamines à prendre, vous vous en doutez…. C’est que je suis toujours en train de faire mille choses à la fois (et toutes sont bien faites, je vous vois venir, langue de vipère ^^), des listes avec des noms aussi drôle que vitamine D, actiQ10 ou magné B6… On peut y voir une certaine poésie, non ? Non. Ou si, après tout… La poésie apothicaire de l’hypocondriaque blasée.
Je refais ma playlist Youtube, qui n’est pas la même que ma playlist Deezer, elle-même différente de ma playlist Spotify, qui n’a rien à voir avec ma playlist Itunes. Et je lorgne de plus en plus sur Hype Machine… Dieu merci, j’ai fermé Last.fm et 8Tracks…. Pour l’instant. Par contre je suis de plus en plus tentée par Soundcloud. Je continue à enregistrer des lectures de poèmes ou de textes qui me plaisent, même si je n’en montre plus tellement ici… Je songe à les regrouper là-bas.
Je fais des listes avec des titres de bouquins, des noms d’auteurs, des thèmes qui m’intéressent. Ça nous en fait des listes encore… Je m’y retrouve enfin un peu dans mes envies, mes anciennes lectures, mes relectures.
Et du coup, j’avoue apprécier le principe des challenges littéraires : ça rappelle à mon souvenir des bouquins que j’aurais aimé lire, et qui ont disparu au fond d’une liste antédiluvienne. J’ai pris un de mes jolis cahiers Hema pour noter la liste des challenges auxquels je me suis inscrite, les titres des ouvrages pouvant correspondre, et ma critique de ceux-ci. Au moins, je m’y retrouverais plus facilement.
En parlant challenge, je publie mercredi un billet sur le challenge Daphné du Maurier… Il était temps, non : ) ?
Je fais la liste des petites choses colorées qu’il me faut pour cet été, un peu de maquillage léger, quelques t-shirt, de nouveaux maillots de bains bien flashy. J’ai envie de tester de nouvelles crèmes de nuit, ma peau se lasse trop vite…
Je fais des listes des femmes que je regarde avec des yeux presque amoureux, tant elles dégagent de la lumière et me fascinent. Je repense à Claudine Longet (oui, encore elle…) Michelle Phillips, Marina Tsvetaeva… Je finis par repenser combien j’ai été injuste, adolescente, avec Anna Karina. J’aimerais vous parler d’elles toutes un peu plus.
J’ai loupé l’anniversaire de mon tumblr le 27 mars dernier, plus d’un an que j’ai développé là-bas un univers composé de tout ce que j’aime : des photos, des artistes, des poèmes, des extraits d’œuvres, parfois des textes de moi, tout ce qui m’aide à vivre et à être bien. Scotomisation c’est presque mon lieu préféré…
J’ai aussi loupé l’anniversaire de ce blog-ci, ouvert le 18 mai 2008. Pourtant j’aimerais organiser quelque chose, mais je m’y suis prise un peu tard. Je vais voir si je trouve quelques sponsors pour un partenariat, mais au pire, je ferais un petit truc pour vous remercier de votre présence ici. La date dépendra de la suite de mes investigations, mais je pense être prête pour septembre, difficilement avant.
Enfin, je reviens sur mon idée de swap en couleur. Je vais publier un billet précisant l’objet, les règles et des dates de participations, mais je peux vous dire tout de suite qu’il s’agira de faire travailler son imagination autour de la couleur. J’espère que l’idée vous plaira, et qu’il y aura quelques participants ?
Sinon, j'ai publié une recette sur Salade Océane : des verrines de crèmes de carambar.... C'est trèèèèès bon : )
Et vous savez quoi ? Je suis de sacrément bonne humeur, au point que je vous colle sans remords quelques petits coeurs.

On pourra pas dire que je suis pas la plus gentille des blogueuses....
Tweet02:13 Écrit par Océane dans Bavardages, Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : hype machine, lastfm, 8tracks, youtupe, spotify, deezer, soundcloud, itunes, playlist, hypocondriaque, listes, echolalie, listomanie, magné b6, actiq10, vitamines, claudine longet, michelle phillips, daphné du maurier, anna karina |
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20.05.2011
L'amour est un chaos ordonné mon ange

J'ai du mal avec l' amour.
Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé : un mariage et demi, des tas de fiancés qui ont tenu sur de longues distances, j'ai même eu un enfant avec un légitime époux approuvé fiscalement.
L'amour est au centre de la vie, simplement parce qu'on côtoie les gens et que tant qu'à faire, essayons de les apprécier, m'enfin pas tous, il y en a des moches quand même. Non, je plaisante, j'aime aussi les moches. Je mets sous le vocable amour cette espèce de coup de cœur qui te pousse vers une personne, homme ou femme, qui te fait apprécier son être entier, son caractère, ses pensées, ses bêtises comme ses plus belles fulgurances. L'amour, l'amitié c'est pareil au début. Et ce début est génial, merveilleux. Regarder cette personne et ne voir en elle que l'appréciable, le beau, et même le laid on lui pardonne, après tout qui peut se targuer de perfection ?
On apprécie ce qui chante à notre âme et à notre cœur : l'amour nait d'abord de la validation d'une rencontre par nos critères intérieurs. On aime une personne par ces raisons qui ne tiennent qu'à nous. C'est une alchimie secrète, un mystère qui permet la réalisation du grand œuvre. Tu connais les étapes du Grand œuvre qui permettent la réalisation de la Pierre Philosophale : l'œuvre au noir, l'œuvre au blanc, l'œuvre au jaune et l'œuvre au rouge. Si j'osais, je rajouterais ce romantique et niaiseux œuvre au rose : la savante transformation qui s'opère en nous pour aboutir à l'Amour.
L'Amour dans le couple peut durer longtemps comme ça, si l'on laisse simplement s'opérer et accepter l'alchimie naturelle : ainsi on aime l'autre pour ce qu'il correspond à notre propre formule magique. Mais ça n'est jamais si simple. Pourquoi se met-on toujours, souvent, parfois, en situation d'interpréter ce qu'est réellement l'autre au risque de la déception. Plus généralement on apprécie une globalité en espérant que les détails inadéquats resteront des détails surmontables, voire transformables. Parfois même, fous que nous sommes, on aime ce que l'on déteste car c'est un sentiment plus puissant qui nous gouverne.
Alors c'est quoi ce truc ? Oui je dis truc parce que je ne comprends vraiment pas ce dont il s'agit. Je ne parle que pour ma propre expérience bien sûr, et peut-être manqué-je de sensibilité ou de compréhension ? La constatation que je fais est simple : je sais ce qu'est l'amour-amitié qui me fait aimer les gens sans sous catégories autre que celles énoncées précédemment : ceux que j'aime et les autres. Je sais aussi ce qu'est l'appréciation du plaisir sexuel. Ce sont là 2 choses bien distinctes. Tant que j'opère cette distinction tout va bien. Cela souffre même d'aller jusqu'à coucher essentiellement avec des personnes que j'admire, apprécie, trouve intelligent, touchant, sensible etc. etc....
Et puis un moment, fatalitas, viens se nicher dans le cœur ce truc bizarre, qui vient le plisser, le pincer, l'alourdir et l'alléger tout autant. Et ce garçon qu'on trouvait drôle, intelligent, spirituel, tendre, caustique et amusant, désirable et mystérieux, devient soudain essentiel et indispensable au repos de notre cœur. C'est ce truc que je ne comprends pas, que je ne sais pas contrôler. On aborde là les rivages de la possession, de l'exclusivité et de l'inquiétude aussi. Qu'est ce qui fait que l'alchimie trouve à franchir une étape supplémentaire, moins confortable que la situation précédente ? Disons que tant que tout va bien, tout va bien. Mais comme nous avons affaire à 2 personnes distinctes, nous aurons aussi 2 effets distincts de cette alchimie au fil du temps. Il y en a toujours qui est plus « transformé » que l'autre, un qui aime plus, un qui s'inquiète plus.
Il parait que non, en fait, que tout est une question de rationalisation et de décision personnelle. Faire comme dit Saint-Exupéry et comprendre qu'aimer c'est juste regarder ensemble dans la même direction. Le reste n'est pas l'amour alors ? Et puis même si on ne se pose pas ces questions oiseuses pendant des années et des années, pourquoi un jour peut survenir la fin d'une alchimie ? La transmutation est donc permanente et puis un jour les 2 formules ne se conviennent plus ? Quel est le secret de l'Amour : passer sa vie à rationaliser des sentiments ?
Je ne sais pas. Par contre j'ai une certitude : sans aimer le drame, la vie ne serait rien sans les soubresauts du cœur. La passion, l'inquiétude, l'envie irrépressible, le besoin vital de l'autre, ces petits papillons à la con qui viennent vous manger le ventre, c'est une drogue, la plus addictive qui soit. C'est comme vouloir se brûler soi-même à ce brasier, de manière consentie et envieuse. Quitte à entendre un jour les mots définitifs du désamour, du détachement et de la rancœur.
Bon, tout ça j'en sais rien, alors j'arrête de me prendre la tête et la tienne avec.
Tweet01:59 Écrit par Océane dans Bavardages, Fantaisies fantasmées, Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : amour, alchimie, oeuvre au noir, oeuvre au blanc |
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18.05.2011
Parfois le titre ne dit rien
Jonny Cash - Highwayman
Le square était désert, je décidais de m'asseoir sur le banc le plus proche. La pluie venait de cesser, les gouttes d'eau rendaient l'opération un peu risquée, mais il fallait bien s'arrêter et regarder le monde tourner. Le chemin quotidien est le même. Se lever, ouvrir les fenêtres factices que sont la télévision, l'ordinateur et la radio. Trouver de quoi s'enflammer. Souvent la motivation prend la forme d'un thé et d'un peu de lecture. Parfois il s'agit juste d'assumer son rôle social.
L'amour ne suffit jamais vraiment. L'amour c'est un partage entre 2 personnes, mais il y a le reste du monde qui regarde.
Ismael Lo - Tajabone
Ecouter la radio en s'affairant permet au moins de savoir pourquoi on est en colère. Les mêmes nouvelles reviennent du plus loin de mon enfance, les mêmes revendications et récriminations, les mêmes excuses au malheur des gens, les mêmes qui assurent faire au mieux dans le meilleur des mondes.
Le square est vide pour l'instant. C'est étrange comme l'observation d'un toboggan peut mener à n'importe quoi. Vraiment n'importe quoi. On revoit les jeux dans la cours de récréation, en CP avec Madame Le Floch. Moi qui voyais maman passer parfois à 10h me faire coucou à travers les barreaux de la cours. Isabelle, ma meilleure amie, 1,2,3 soleil contre le mur blanc du préau. A quoi pouvais-je rêver ? Je ne sais plus vraiment, mais je me rappelle ma frayeur, année après année, de me rapprocher du monde des grands. Je me rappelle du soleil, de la tranquillité, des repas pris à la maison avec maman. Pourquoi les choses ne se figent-elles pas au pic du bonheur ? A cause de ce truc vain qu'on appelle espoir : qui sait ce qui peut arriver encore ?
Je me lève du banc, ressort dans la rue, et je me demande comment affronter cette nouvelle journée, avec quelles armes.
Car l'amour ne suffit jamais vraiment.
Les cow boys fringuants - Une étoile filante
Tweet23:23 Écrit par Océane dans Bavardages, Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : johny cash, les cow boys fringuants, ismael lo |
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04.05.2011
Buffy, un swap, Daphné, Romy, Orane et les autres
Une journée à liste, des petites choses que je ne veux pas oublier.
La liste des films que j’ai envie de revoir : Marcel Pagnol, Claude Sautet, pour commencer. Ma mémoire me rappellera les autres ensuite. Mais là tout de suite, j’ai envie de revoir Le Secret de Maitre Cornille, ou Marius, et puis les beaux yeux de Romy face à Montand aussi…
La liste des bouquins que j’ai envie de lire, suite à des avis, vu ici ou là. C’est le problème quand tu visites des blogs de lectures, ces envies là ne font que croitre…
La liste des gens à qui j’ai envie d’écrire, un mot, pas un mail, mais un mot, sur du papier…
Poster les dernières recettes que j’ai réalisé, c’était délicieux !! J’aime de plus en plus cuisiner ! Je me fais plaisir, et ça fait plaisir…
J’ai un billet récap’ swap à venir, il faut que je vous montre ces petits échanges. Justement, ça vous intéresse un swap vers juin ? Sur le thème de la couleur par exemple ? J’ai une idée, que je pourrais détailler, si ça vous dit ?
J’ai enfin fait tirer au sort le gagnant du cadal pour le challenge Daphné Du Maurier, on en reparle.
En parlant de Daphné, la chanteuse cette fois, je suis amoureuse de sa voix, et si vous l’aimez aussi, stay tuned comme on dit, vous ne le regretterez pas !
Un jour, je vous parlerais de la dimension sacramentelle de Buffy. Très important ça.

Il y a des histoires de vernis que je dois vous conter aussi, du jaune, du bleu pâle, du rose corail…. Un arc-en-ciel de vernis… Et puis il y a cette jolie robe, que je regarde de temps à autre sans céder, non pas qu’elle soit trop chère, loin de là, mais je voudrais d’abord recentrer mes envies, ça va trop dans tout les sens. Quelle prise de tête juste pour une robe….
Il faut dire qu’elle est blanche cette robe…
Enfin tu vois…
Ou tu verras….
Tweet01:31 Écrit par Océane dans Bavardages, Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : romy schneider, buffy contre les vampires, claude sauter, marcel pagnol, orane demazis, pierre fresnay, sarah michelle gellar, vernis à ongles, robes |
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26.04.2011
C'est mardi, c'est fatrasie aussi
Qui aurait cru qu’on pouvait autant manger, ne rien faire, à part manger, glander, et manger aussi ?
Je ne vais pas être très ordonnée aujourd’hui, quoiqu’on s’en fiche, non ?
Donc on a mangé. Oui, mais pas que…
En fait on a été raisonnable, même je trouve, chez nous…
Certes, les cloches sont passées, et la récolte a été bonne :
On a fait un sort à une petite boite d’un délicieux foie gras bio qui passait par là…
Ce fut un week-end dédié au plaisir et à la glandouille (oui, c’était plus de la glandouille que du farniente, la différence est subtile, mais je te prie de la noter…)
Prendre son temps permet de faire plus de choses finalement… je me suis fait plaisir à ranger toutes mes affaires de papeterie courante, les enveloppes, le papier à lettre, les timbres, dans une jolie boite dédiée. J’ai fait pareil pour les moules à pâtisserie…. Oui, comme je me suis sérieusement lancée en cuisine, il faut un peu d’ordre, et d’ustensiles… Sans déc’ ça prend de la place ces trucs si on n’y prend garde…
J’ai eu la bonne surprise de trouver une de mes vieilles séries favorites en streaming, elle s’appelle Action, elle met en scène un producteur qui porte bien son nom, Peter Dragon, une merveille de cynisme et d’humour, qui n’a pas connu le succès mérité. En parlant de série, j’ai aussi plongé dans le bain de Community. Il faut bien que je patiente entre deux épisodes de Glee…
J’ai adoré me parfumer avec Amande Persane, gagné chez les Ménagères. Ça sent bon, ça me rappelle un peu l’école, cette odeur d’amande un peu amère…
Il faudrait que je fasse une petite, toute petite liste d’indispensables pour cet été, en terme de maquillage. J’ai changé de crème de jour récemment, et c’est vraiment un miracle pour la peau. Du coup, je songe à harmoniser avec la crème de nuit, et modifier un peu ma façon de me maquiller. Même si de ce côté j’ai toujours fait dans la légèreté : le maquillage « pot de peinture » ce n’est pas mon truc (c’est le truc de quelqu’un ??)
Je peux vous avouer un truc ? Je suis tombé sur une pub avec Alessandra Sublet, pour une crème de jour justement. La crème, on s’en fiche, mais je me suis rendue compte que je ne supportais pas cette pauvre Alessandra, c’est épidermique : je la vois, ça m’énerve. Je ne me l’explique pas. En tout cas, je suis contente qu’elle ne vienne plus « pourrir » à son insu mes dimanche matin sur France Inter… Ô joie…
Autre liste à prévoir, du shopping pour le petit essentiellement. Ses vêtements rapetisse à une vitesse, c’en est indécent… J’adore lui choisir ses petites fringues, avec de la couleur, des imprimés, c’est chouette de l’habiller, un vrai jeu ! Quant à moi, il me faut juste quelques robes, hum.
La semaine s’annonce chaude, et encore plus agréable raccourcie du lundi fatal : je vous la souhaite heureuse et enjouée !
Si tout va bien, je réponds à vos commentaires dans la journée !
Bonus track : un livre culinaire différent à découvrir par ici.
Mon avis sur l’affaire Cassez par là.
Tweet06:25 Écrit par Océane dans Bavardages, Fatrasie, Food | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : chocolat, pâques, oeufs à la liqueur, friture de chocolat, lapin de pâques, les cloches, foie gras, manger c'est bien, alessandra sublet, france inter, maquillage, crème de jour, crème de nuit, shopping, fringues. |
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18.04.2011
Confessions intimes
Les confessions, en général c’est le dimanche (ou le jeudi dans la religion de Saint-Twitter). Mais moi je suis une rebelle (ha ha) ce sera donc aujourd’hui lundi le moment de quelques aveux point trop graves…
J’ai envie de parler de trucs dont j’ai un peu honte mais pas vraiment en fait, mais un peu quand même…. Tu vois ?
-J’écoute toujours Ah-a : depuis mes 13 ans, qui sont passés depuis longtemps… Et je me mords encore les doigts d’avoir loupé leur tournée d’adieu, qui est passée par Paris juste quand j’avais le genou en vrac…
-J’aime la chick-litt, avant j’en consommais en cachette, maintenant je me cache moins. Ça me détend, c’est incroyable comme ça me vide agréablement la tête… Sophie Kinsella, Candace Bushnell, Jennifer Weiner, Isabel Wolf, Zoë Barnes etc… Et ça ne m’empêche pas de dauber sur Marc Musso, Guillaume Lévy, Anna Pankol et Katherine Gavalda… (Hi hi je suis drôle)
-Oui je suis de mauvaise foi (se référer à l’item précédent…) quand il s’agit de trouver une bonne raison de soutenir une cause qui me tient à cœur… je peux la main sur le cœur justement tenir tout un débat sur l’inanité du talent de J.K Rowlings, qui certes écrit bien, mais bordel ça vaut pas de vendre autant de bouquins et de susciter un tel engouement ! Zut quoi… Non ?
-J’adore les œufs à la liqueur : tu sais, les trucs pas bon, plein de sucre et franchement écœurant quand tu en manges plus de deux… Mais je peux en manger plus de deux (soyons francs : citer un chiffre serait indécent…)
-Quand je suis à une terrasse de café, ou n’importe où il y a du passage, je scrute les gens, et tente d’évaluer fringues et chaussures. C’est mal... C’est très mal. D’autant que je ne suis pas toujours un modèle à cet égard…
-Je commence systématiquement les polars par la fin : en fait je lis le chapitre du début, je pose le livre, j’essaye de trouver l’énigme, le coupable etc... Je vérifie de suite si j’ai raison, puis je lis le roman dans son entier. Certains trouvent ça curieux (je fais pareil pour les films…)
-J’ai quelques superstitions pas piquées des vers… je ne mets jamais de vernis la veille d’un rendez-vous très important. Je ne mets jamais un vêtement neuf pour un premier rendez-vous. J’entame toujours un trottoir du pied droit… je m’arrête là, mais il est possible qu’il y en ai d’autre, dont j’ai un petit peu trop honte… Et j'ai longtemps eu très peur des papillons, vraiment très peur...

En fait on va s’arrêter là pour ses mini-confessions intimes : il faut bien en laisser pour une prochaine fois !
Tweet00:05 Écrit par Océane dans Bavardages, Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : a-ha, papillons, superstitions, vernis, guillaume musso, marc lévy, katherine pancol, anna gavalda, littérature, chick lit, jennifer weiner, zoe barnes, isabel wolfe, sophie kinsella |
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17.04.2011
Dumas, Murakami et Haïti
Merci aux huit adorables personnes qui ont pris la peine d’aller voter pour moi pour le concours de La Coquinerie. Je n’ai gagné ni le week-end (Dieu sait que j’aurais pourtant eu besoin d’une petite échappée, depuis 18 mois que je n’ai pris de vacances ^^) ni l’objet coquin (mais ça je suis déjà bien pourvue, ahem...) Mais je suis contente de mon texte, j’aime écrire, c’est toujours un exercice sympa, et rien que cela est un plaisir en soi !
Quelques lectures à vous raconter aujourd’hui, assez différentes l’une de l’autre.
D’abord, un Alexandre Dumas inédit pour moi : le Chevalier d’ Harmental, offert par une personne qui sait combien j’aime Dumas…
Qu’il en soit remercié, j’ai eu le plaisir d’une lecture qui m’a presque transporté dans ma chambre d’enfant, quand je découvert les Trois Mousquetaires ou le Comte de Monte-Christo !
Alors, ce roman est semble-t-il le premier roman historique écris par Dumas. Raoul d’Harmental est un jeune aristocrate monté à Paris, et qui s’est illustré dans les dernières batailles précédant la mort de Louis XIV. La mort de celui-ci va changer son sort, puisqu’il va se retrouver au milieu des conflits qui marquent la régence sous la minorité de Louis XV. Après avoir perdu son régiment et sa maitresse, Raoul décide de prendre les choses en mains et pour le coup entre vraiment dans les méandres de la conspiration contre le régent. L’occasion pour lui de rencontrer une délicieuse orpheline, Bathilde (oui, le nom est d’époque, cherche pas…) et d’en tomber amoureux…C’est un vrai roman de cape et d’épée, avec des batailles, des guets-apens, des embastillements et des retournements de situations pour le plus grand bonheur du lecteur ! Il y a eu une adaptation télévisée, que je n’arrive pas encore à me procurer, mais qui m’intéresse aussi. Un extrait de l’œuvre :
« Le 22 mars de l’an de grâce 1718, jour de la mi- carême, un jeune seigneur de haute mine, âgé de vingt- six à vingt-huit ans, monté sur un beau cheval d’Espagne, se tenait, vers les huit heures du matin, à l’extrémité du pont Neuf qui aboutit au quai de l’École. Il était si droit et si ferme en selle, qu’on eût dit qu’il avait été placé là en sentinelle par le lieutenant général de la police du royaume, messire Voyer d’Argenson.
Après une demi-heure d’attente à peu près, pendant laquelle on le vit plus d’une fois interroger des yeux avec impatience l’horloge de la Samaritaine, son regard, errant jusque-là, parut s’arrêter avec satisfaction sur un individu qui, débouchant de la place Dauphine, fit demi-tour à droite et s’achemina de son côté.»
[…]
« Ce qu’il avait prévu arriva. Au bout d’un instant, une charmante tête de jeune fille parut dans l’encadrement de la fenêtre ; mais comme sans doute le terrain sur lequel s’était hasardé avec tant de courage celui qui l’avait appelée était trop humide, elle ne voulut point aller plus loin. La petite levrette non moins craintive que sa maîtresse, resta près d’elle, ses pattes blanches posées sur le rebord de la fenêtre, et secouant la tête en signe de négation à toutes les instances qui lui furent faites pour l’attirer plus loin que sa maîtresse ne voulait aller.
Cependant il s’établit un dialogue de quelques minutes entre le bonhomme et la jeune fille. D’Harmental eut donc le loisir de l’examiner avec d’autant moins de distraction que sa fenêtre étant fermée lui permettait de voir sans entendre.
Elle paraissait arrivée à cet âge délicieux de la vie où la femme, passant de l’enfance à la jeunesse, sent tout fleurir dans son cœur et sur son visage, sentiment, grâce et beauté. Au premier coup d’œil, on voyait qu’elle n’avait pas moins de seize ans, mais pas plus de dix-huit. Il existait en elle un singulier mélange de deux races : elle avait les cheveux blonds, le teint mat et le col ondoyant d’une Anglaise, avec les yeux noirs, les lèvres de corail et les dents de perles d’une Espagnole.
Comme elle ne mettait ni blanc ni rouge, et comme à cette époque la poudre commençait à peine à être de mode, et d’ailleurs était réservée aux têtes aristocratiques, son teint éclatait de sa propre fraîcheur, et rien ne ternissait la délicieuse nuance de sa chevelure. Le chevalier resta comme en extase. En effet, il n’avait vu dans sa vie que deux genres de femmes : les grosses et rondes paysannes du Nivernais, avec leurs gros pieds, leurs grosses mains, leurs jupons courts et leurs chapeaux en cor de chasse, et les femmes de l’aristocratie parisienne, belles sans doute, mais de cette beauté étiolée par les veilles, par le plaisir, par cette transposition de la vie qui les fait ce que seraient des fleurs qui ne verraient du soleil que quelques rares rayons, et à qui l’air vivifiant du matin et du soir n’arriverait qu’à travers les vitres d’une serre chaude. Il ne connaissait donc pas ce type bourgeois, ce type intermédiaire, si on peut le dire, entre la haute société et la population des campagnes, qui a toute l’élégance de l’une et toute la fraîche santé de l’autre. Aussi, comme nous l’avons dit, resta-t-il cloué à sa place, et longtemps après que la jeune fille était rentrée, avait-il les yeux encore fixés sur la fenêtre où était apparue cette délicieuse vision.»
Une merveille, non ? Ceci me permet d’ajouter une petite perle au challenge Alexandre Dumas organisé par Ankia.
Ma prochaine lecture prévue de cet auteur est Le Collier de la Reine.
Ensuite, changeons de coefficient espace-temps, comme dirait le Capitaine Kirk, et retrouvons-nous au Japon au XXème siècle.
Les Bébés de la Consigne Automatique est un roman, des plus connus, de Ryû Murakami. Le premier que j’ai lu de cet auteur. L’histoire est sombre, noire, violente, trash pour tout dire.
Kiku et Hashi sont abandonnés à leur naissance dans le casier d’une consigne automatique. Le roman raconte le voyage aux enfers des deux enfants devenus adultes, qui revivent le traumatisme initial à travers un délire mental incessant. On suit leur vie depuis l’orphelinat, jusqu’à l’adoption et à leur déliquescence mentale. Sexe, destruction des sentiments et des gens de leur entourage, violence et haine, le roman n’a rien d’une rose épopée. C’est bien loin de l’image d’un Japon zen, propret et carré que l’on pourrait avoir.
J’ai adoré, aussi bien l’écriture que le sujet. Le côté « dérive psychiatrique » me fascine. L’appropriation d’un traumatisme comme objet de rancune au quotidien est parfaitement décrit. Quoique rancune ne soit pas le bon terme. Il y a un aspect « fatum » plutôt, une force extérieure, presque, qui envahit les deux garçons. Et tous, autour d’eux, vont en payer le prix. C’est un roman difficile, mais il y a des pages apaisantes curieusement, et puis des personnages secondaires qui apportent un peu de repos. Créer des liens, être inséré dans la société, peut sembler évident et facile : il suffit d’être et d’exister. Mais ce roman montre au contraire qu’il ne suffit pas de la bonne volonté ou de la bienveillance de quelques un pour apprendre à tisser ces liens. Et on peut voir comment une enfance qui a mal commencé, avec l’abandon, même si elle s’est retrouvée sur de « bons rails », marque une vie entière. L’écriture est dense, cadencée, frénétique presque, et il y a quand même cette dimension d’introspection qui en fait pour moi un roman indispensable. Ça me rappelle un peu pourquoi je hais ce monde, autant que je peux l’adorer…
Un extrait :
«Au moment où elle finissait d’étaler le vernis sur l’ongle de son pouce gauche, le bébé, au fond des ténèbres de sa boîte, à la gare, était déjà en état de mort apparente. La sueur qui commençait à perler de tous ses pores, inonda d'abord sont front, puis sa poitrine, ses aisselles, et refroidit tout son corps. Il remua alors les doigts, ouvrit la bouche et se mit soudain à hurler sous l'effet de la chaleur étouffante. L'air était humide, lourd, il était trop pénible de dormir enfermé dans cette boîte doublement hermétique. La chaleur intense, accélérant la circulation de son sang, l'avait réveillé. Dans l'insupportable fournaise de cette obscure petite boîte en carton, en plein été, il venant de naître une seconde fois, soixante-seize heures après être sorti du ventre de sa mère. Il continua à hurler de toutes ses forces jusqu'à ce qu'on le découvre. »
Ceci me donne le plaisir de participer au challenge Murakami de Martial.
Pour finir, comme nous sommes dimanche, une petite poésie, autour de la lecture justement :
La nuque d'un lecteur debout au fond
Son profil gauche
Mâchoire serrée
Concentration massive
Il s'apprête à changer de siècle
là, sous mes yeux
Sans bruit
J'ai toujours pensé
que c'était le livre qui franchissait
les siècles pour parvenir jusqu'à nous
Jusqu'à ce que je comprenne
en voyant cet homme
que c'était le lecteur qui fait le déplacement
Ne nous fions pas trop à cet objet couvert de signes
que nous tenons en main
et qui n'est là que pour témoigner
que le voyage a bien lieu.
C’est un poème de Dany Laferrière, poète haïtien.
L’occasion pour moi de vous parler de l’association Planète-Urgence. Si vous allez sur ce site (click) vous verrez cette initiative en collaboration avec la photographe Laurence Guenoun : la possibilité d’acheter des tirages photos, qui viendront aider au financement et à la reconstruction d’Haïti. Je vous laisse lire et regarder les photos en questions. Le temps passe, et nous ne suivons pas toujours l'évolution des situations d'urgence du passé... Un petit rappel de temps en temps nous fait souvenir qu'il y a de par le monde bien des gens qui ne vievent pas un quoitidien enviable. Et tout près de chez nous aussi, hélas...
Bon, ça nous fait un dimanche bien rempli, dont je vous laisse profiter, sans vous retenir plus longtemps. Mais en vous remerciant de votre présence ici, jour après jour.
Bonus : un article sur Salade Océane !
Les compagnons poètes du dimanche de Bookworm :
Alex : Mot-à-mots Alinea66 : Des Livres... Des Histoires...Anne : Des mots et des notes, Azilis : Azi lis, Cagire :Orion fleur de carotte, Chrys : Le journal de Chrys, Ckankonvaou : Ckankonvaou, Claudialucia : Ma librairie,Daniel : Fattorius, Edelwe : Lectures et farfafouilles, Emmyne : A lire au pays des merveilles, Ferocias : Les peuples du soleil, George : Les livres de George, Hambre : Hambreellie, Herisson08 : Délivrer des livres?, Hilde : Le Livroblog d'Hilde , Katell : Chatperlipopette, L'Ogresse de Paris : L'Ogresse de Paris, L'or des chambres : L'Or des Chambres, La plume et la page : La plume et la page, Lystig : L'Oiseau-Lyre (ou l'Oiseau-Lire), Mango :Liratouva, MyrtilleD : Les trucs de Myrtille, Naolou : Les lectures de Naolou, Océane : Oh ! Océane !, Pascale :Mot à mot, Sophie : Les livres de Sophie, Wens : En effeuillant le chrysanthème, Yueyin : Chroniques de lectu
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