23.02.2012
Daniel Darc (oui encore)
En ce moment, je me saoule à la voix et aux mots de Daniel Darc, c'est fou comme chacune de ses chansons, des deux derniers albums surtout, trouve un écho en moi...
J'aimerais partager celle-ci avec vous, écoutez là bien, les paroles ne sont-elles pas merveilleuses ?
Daniel Darc - Rouge Rose
serait-ce le vent?
serait-ce la pluie?
serait-ce simplement l’ennui?
toi, tu m’attends
moi, je m’enfuis
tu pleureras toute la nuit
combien de roses
à peine écloses
m’as-tu offertes, souviens-toi
elles sont fanée
comme ces années
vécues entre toi et moi
est-ce au levant
est-ce dans la nuit
que je dirais:
” je t’en prie “?
je t’aimais tant
oui mais pourtant
je crois que c’est bien fini
….tournons et tournons encore
et ne dis pas un mot
tournons et tournons encore
avant qu’il ne soit trop tard
ou trop tôt
viens tournons sans un mot
viens tournons…il fait noir
mon amour
la nuit ne dure pas
le soleil rouge rose détruit tout chaque fois
il se fout de toi et moi
rouge sang
rose ta peau
…c’est fini…
Et ceci est ma citation du jeudi !
Tweet05:26 Écrit par Océane dans Bavardages, Citations, pensées, Indéfectible beauté, La musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : citation, daniel darc, rouge rose |
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02.02.2012
La cage aux oiseaux
On ouvre un livre comme on ouvre un univers inconnu, avec ses personnages, ses règles, ses secrets, que l’on va observer d’un œil extérieur.
Et il y a des livres qu’on ouvre comme une cage aux oiseaux, pour laisser échapper une multitude de couleurs et de sentiments.
La métaphore est un peu facile, concernant le roman dont je vais vous parler, Des Vies d’Oiseaux, de Véronique Ovaldé.

C’est un roman que j’ai eu entre les mains il y a longtemps déjà, au moment de sa sortie, mais que j’avais gentiment rangé de côté quelques temps avant de le lire : j’avais feuilleté quelques pages au hasard, et je savais que ce récit allait être important pour moi.
Je l’ai donc lu, avec énormément d’attentes, et toutes, presque, ont été comblées.
Dans un pays imaginaire d’Amérique du Sud vivent une poignée de personnages, dans un univers fait de clichés et de séparation. Vida et sa famille habitent la colline Dollars, ce lieu protégé ou s’ennuient de riches familles.
Un jour Vida et son mari font appel à la police parce que leur villa a été visitée par des indélicats, en leur absence. L’inspecteur Taïbo va s’occuper de cette enquête, à sa manière.
Loin d’une enquête policière classique, Taïbo va se pencher sur la vie de ses gens, sur ce qui les retient, les fait marcher inlassablement. On découvre assez vite que c’est Paloma, la fille de Vida, et son étrange amoureux Alfonso qui occupent les maisons de la colline Dollars désertées par les propriétaires. C’est un couple de coucou particulier qui change de nid, au gré des absences.
Vida ne fait pas partie de cet univers de richesse ennuyée, elle vient d’ Irigoy, la lie de l’humanité pour les riches rapaces qui nichent en haut de la colline Dollars. Vida va se rappeler de ses origines, chercher à comprendre pourquoi Paloma rejette tant ses parents, d’où vient cette colère qui l’anime et comment combler l’ennui de sa propre vie.
Avec Taïbo, c’est une enquête à la manière d’Hérodote qu’elle va accomplir, et découvrir ainsi les réponses aux questions qu’elle avait peur de se poser.
J’ai adoré ce récit. J’y ai retrouvé cette écriture sud-américaine que j’aime tant, qui m’a étonné et ce fut comme un cadeau inattendu.
Lire ses lignes, qui parfois me rappelait la folie toute particulière d’un Gabriel Garcia marquez par exemple, avec en plus une douceur mélancolique parfaitement maitrisée, fut une des plus belles expériences de lectures de cette dernière année.
Nombre de ces mots, de ces phrases chantant un chant aléatoire, au rythme d’une ponctuation et de monologues si particuliers, ont atteint en plein cœur un universalisme parfait. L’universalisme auquel je tiens, qui montre qu’avec des mots et des histoires particulières, on peur accrocher les sentiments, les questions et les angoisses les plus équitablement partagées en ce bas monde.
Compliqué d’en dire plus :) lisez le !
En attendant, quelques extraits parmi mes préférés, que je dédie au jeudi citation de Chiffonnette :
"Vida s’est dit que la première chose que l’on remarque chez quelqu’un qu’on voit nu pour la première fois, ou qu’on s’apprête à voir nu, c’est son odeur, vais-je m’habituer à cette odeur ? Et aurais-je d’ailleurs à m’y habituer ?
Taïbo sentait les cascades et les marécages, la mangrove et la roche rouge du désert, il sentait la selle des chevaux, il sentait Liberty Valance et la tristesse chilienne, il sentait les pays que l’on quitte et le cuir qui s’est patiné.
Il n’a pas paru surpris quand elle est arrivée dans sa chambre, la lumière était allumée, un abat-jour encore sous plastique posé sur la lampe de chevet et Vida s’est demandé si le plastique n’allait pas fondre, mais pourquoi avait-elle tant de pensées parasites à un moment aussi crucial, et lui il était en maillot de corps allongé sur le lit, il fumait, il était absent, ou alors il était vraiment là dans cette chambre de la maison culturelle d’ Irigoy, ce drôle d’endroit abandonné qui ne servait qu’à donner bonne conscience à qui voulait avoir bonne conscience, il y avait ces étranges tapis pendus au mur, des tapis qu’on ne met qu’au sol, mais ainsi pendus au mur on avait l’impression d’un chamboulement des volumes, et Vida a eu envie de les arracher en entrant dans la chambre de Taïbo, elle voulait qu’ils reprennent la place qui était la leur, peut-être Taïbo était-il vraiment là, allongé sur ce lit, impossible de le certifier, cet homme avait la possibilité d’être tout près de vous et très loin à la fois, c’était une sorte de qualité mélancolique, de qualité tragique, son absence était palpable et douce, Vida aurait pu embrasser l’absence de cet homme, alors Taïbo s’est levé, il s’est levé pour l’accueillir, et c’était tout à fait cela, il l’accueillait et ce sont ses bras nus et secs et puissants qui l’ont accueillie, il est venu vers elle, il a fermé très posément la porte, et chacun de ses gestes étaient silencieux, Vida n’entendait que le bruissement de son sang à ses propres oreilles et elle était éblouie par la beauté de cet homme, par la justesse de cet homme, et il a parlé, mais ce devait être dans une langue qu’elle ne connaissait pas, elle n’a pas compris un mot de ce qu’il a prononcé, ça n’avait d’ailleurs aucune importance, dans ses rêves, elle ne comprend jamais ce qu’on lui dit et elle peine à trouver des repères, mais là elle avait accepté de marcher dans la tourbe avec lui, il l’a prise dans ses bras et il a passé la main sous son chemisier, et sentir la main de cet homme sur sa peau était une chose inconnaissable et inadmissible, jamais aucun homme depuis Gustavo n’avait posé la main sur sa peau, elle s’est souvenue de s’être dit un jour, disons qu’il y avait de cela cinq ans, qu’elle ne connaitrait plus un autre corps d’homme avant sa mort, elle y avait renoncé et elle s’était faite à cette idée parce qu’elle l’avait voulu ainsi, avait-elle toujours pensé, parce que c’était ainsi, il a chuchoté à son oreille et elle a compris qu’il disait qu’elle était très belle alors elle l’a laissé faire et il l’a soulevée, et elle était si pressée tout à coup de savoir à quoi il ressemblait nu, elle voulait voir son torse et son sexe et sa peau, et quelqu’un d’autre qu’elle, ou une certaine partie d’elle, celle qui se trouve toujours dans un coin du plafond et qui la regarde faire, ricanait et lui disait qu’elle ne serait pas fière le lendemain de tout cela, mais en attendant elle voulait juste ceci, la peau de cet homme, l’entièreté de sa peau, qu’aucun grain ne lui soit inconnu, il l’a soulevée et déposée sur le minuscule lit monacal et elle s’est dit, « Il ne faut pas qu’il me voit nue, il va me trouver si vieille », elle a voulu éteindre la lumière et il a retenu sa main, il a secoué la tête, il a dit, « Je veux te voir », il l’a déshabillé, et elle était incapable soudain de faire le moindre geste, elle était paralysée, elle ne voulait que la peau de cet homme dont elle ne savait rien, elle ne savait même pas s’il vivait avec une femme, il parlait si peu de lui, et sentir ses seins contre le torse de cet homme était déjà une chose magnifique et inquiétante et elle était presque prête à ce que cela fût suffisant pour cette soirée mais comme visiblement il n’avait aucune intention de s’arrêter là elle a fermé les yeux pour ne pas voir le démon dragon dans l’angle du plafond et depuis combien de temps n’avait-elle pas fait l’amour avec un homme, c’était une chose si simple, elle a rouvert les yeux et elle a cherché avidement sur le visage de l’homme sa propre nudité tandis qu’il cherchait la sienne ; cette avidité, cette maladresse ont fait place à l’étonnement de découvrir leur intimité dévoilée, ces gestes qu’on ne devinait pas, ces caresses amorcées qu’on ne soupçonnait pas chez l’autre, et il s’est remis à pleuvoir, elle a entendu la pluie qui tambourinait contre les volets et qui plicploquait au grenier pendant qu’elle était sous cet homme et que le sexe de cet homme dont elle était en train de devenir très amoureuse (ce sont ces histoires d’ ocytocine et d’on ne sait quoi qui la rendait si triste et aimante et tendre), pendant que le sexe de cet homme était en elle, elle se fichait de ce que le docteur Kuckart aurait dit (quelque chose comme, « Méfiez-vous de la passion amoureuse, cette maladie mentale »), elle voulait juste que cet homme la complétât et la soulevât, dramatiquement, qu’il pressât sa queue dans sa bouche, que sa nudité fût complète et augmentée, et depuis combien d’années n’avait-elle pas mis la queue d’un homme dans sa bouche, la peau si lisse et tendue, sa texture et son sel ?"
"Quand ils s’étaient quittés après ce moment passé dans le grand appartement avec vue sur les îles, quand il l’avait accompagnée jusqu’en bas de la colline Dollars, Paloma lui avait demandé si elle allait le revoir et il lui avait caressé les cheveux et embrassé les paupières puis il avait dit, « Bien sûr, maintenant tu es ma femme ».
Et comment expliquer ce que cette phrase faisait résonner en Paloma. Théoriquement elle représentait tout c qu’elle rejetait depuis le jour où elle avait décidé de devenir un individu indépendant et de n’avoir jamais ni mari ni enfant.(…) Cependant quand Adolfo avait prononcé ces mots, quand Adolfo lui avait dit qu’elle était dorénavant sa femme, elle aurait volontiers tendu ses deux poignets vers lui afin qu’il les menottât et la gardât pour lui seul, et cette idée pour Paloma était dérangeante, inédite et séduisante."
"Paloma lit tout le temps. Elle aimerait écrire. Elle le souhaite depuis toujours mais elle ne parvient pas à s’y atteler. Pas encore. Elle pense qu’il lui faudrait probablement lire des centaines de livres avant d’oser prendre la plume. C’est comme un apprentissage auquel elle s’astreint. Elle trouve des livres dans les maisons, il y a toujours des livres dans les maisons, parois ils sont relégués à la cave ou dans une chambre qui ne sert pas de chambre, mais le plus souvent, une pièce leur est réservée, personne ne les touche jamais, alors Paloma, dès qu’elle entre dans une maison où il existe une bibliothèque, s’enchante du programme à venir, elle songe que c’est la première fois de sa vie qu’elle est aussi heureuse et qu’elle ne pourra plus jamais l’être autant, elle goute chaque instant de cette existence, elle se dit, « Ne pensons pas à demain », elle ne veut pas vivre dans ce léger décalage, cette infime projection, qui a toujours empêché sa mère de vivre pleinement les événements les plus agréables. Paloma a des livres et son amour, elle pourrait vivre toute sa vie ainsi. Elle aime lire quand Adolfo est avec elle, elle fait « Mmmmh » quand il lui parle et de cette manière il sait qu’elle n’est pas vraiment là. Elle est quelque part dans ses pages, quelque part en Bolivie ou au Japon, Paloma a une prédilection pour les romans japonais, Adolfo ne peut pas lutter contre quelque chose comme ça, il s’assoit, il pose son pied abîmé sur un siège luxueux, il boit, il fume, et il regarde lire sa princesse. Il semble littéralement s’abreuver à sa contemplation, il dit, « Je suis impressionné par la beauté de tes cuisses », il scrute sa cambrure, et ne peut se lasser de voir ses cheveux, ses magnifiques cheveux qui créent d’infimes tornades sur les draps et dans son cœur."
Des vies d'oiseaux - Véronique Ovaldé
236 pages - 19 €
Tweet06:13 Écrit par Océane dans Indéfectible beauté, Les livres | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : véronique ovaldé, roman, récit, des vies d'oiseaux, gabriel garcia marquez, éditions de l'olivier |
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20.12.2011
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Ali McGraw est une de ces femmes que je me suis mise à aimer très tôt. Dès la première fois où j’ai croisé son visage sur un écran. C’était pour l’inoubliable Love Story, qui aura fait pleuré des rivières, comme dirait l’autre.
Après Love Story, j’ai cherché et vu la plupart d ses films et séries. Cette actrice exerce sur moi une attraction fatale, comme souvent les belles actrices hollywoodiennes…
D’ailleurs, dans ce paradis de blondes aux charmes fragiles, les brunes ont toujours occupé une place à part…
Pour en revenir à Ali, sa carrière n’est pas faramineuse, quelques beaux films, dont Guet Apens avec Steve McQueen qui fut son compagnon.

Voilà pourtant une femme qui n’a cessé de m’attirer, de me plaire. La simplicité de sa beauté, ses longs cheveux noirs, son regard incroyable… Et puis un jeu d’actrice rare et talentueux. Je ne m’explique pas qu’elle n’ait fait une plus belle carrière… Quoiqu’elle avait tant de centres d’intérêt, que cela ne la touchait peut être pas tant que ça ?
Et puis il y a eu les hommes, l’alcool aussi. Dépendance dont elle s’est sorti, mais qui laisse des traces.
Qu’importe, j’ai toujours admiré Ali. Au-delà de ce qu’elle est réellement et que je ne connais finalement que par ce qui en est publiquement dit, j’aime son image. Au sens premier. Ce visage de madone brune, ce visage parfait/imparfait, comme on voudra, mais cette beauté qui pour moi est une sorte de perfection. J’y vois aussi de l’empathie, de la profonde gentillesse, de la douceur.

Autant de choses que j’imagine peut-être ? Mais là aussi qu’importe. L’image est ce que nous en faisons. Et au moment de choisir un avatar, quelque chose qui me colle, me représente sans me dévoiler, donne un peu de moi sans rien dire, et bien il n’y avait qu’ Ali de possible. Comme une évidence. Pourtant, formellement nous n’avons pas grand-chose en commun. Une affection (quasi pathologique chez moi !) pour Steve McQueen, des longs cheveux bruns, la comparaison s’arrête là, hélas pour moi :)

Mais le propre de l’identification n’est-il pas de se projeter, dans des idées, des rêves, des croyances ? L’avatar que l’on se choisit sur internet est une forme personnelle et ultime de déification de soi. Une façon de se chosifier aussi, tout en gardant la maitrise sur le vrai soi.
J’aime mon avatar, parce qu’il est moi, sans être moi, tout en donnant à connaître le plus intime de moi…
Voilà un sujet qu’il me tenait à cœur d’aborder depuis longtemps. Parce que je ne me sens pas fan, dans l’esprit, ni midinette. Et pourtant l’admiration est ce qui motive la plupart de mes actions.
J’ai envie, après cette note d’aujourd’hui, d’aborder, de temps à autres, les quelques figures que je peux admirer.
J’avais aussi envie de vous interroger sur ce qui a conclu votre choix pour tel ou tel avatar ? Quelle est son histoire, que signifie-t-il pour vous ?
J’aimerais poser cette question à quelques personnes, dont l’avatar m’intrigue.
Leoetlisa, avec son petit oiseau bleu,
Electra, et sa grenouille,
Carole Nipette et sa figurine,
Et enfin, Xtinette.
Si d’autres sont intéressés par le sujet n’hésitez pas !
(Mon Dieu on dirait un tag, non ???)
Tweet06:10 Écrit par Océane dans Fantaisies fantasmées, Indéfectible beauté | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : ali macgraw, steve mcqueen, avatar, internet |
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29.10.2011
Baudelaire, en dictame
Une pause poétique, avec le grand Charles, non pas De Gaulle, l' autre grand Charles, Baudelaire...
Prenons le temps d'une lecture, ou d'une écoute, c'est comme il vous plaira.
Dès que j'aurai un peu plus de temps devant moi, je prendrais la peine de rédiger des notes un peu plus travaillées, plus fouillées, pour vous parler de mes poètes favoris.
Pour ce jour, je me contente de vous en vous lire un peu :)
Parfum Exotique
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;
Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
Ciel Brouillé
On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
Ton oeil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)
Alternativement tendre, rêveur, cruel,
Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.
Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,
Qui font se fondre en pleurs les coeurs ensorcelés,
Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,
Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.
Tu ressembles parfois à ces beaux horizons
Qu'allument les soleils des brumeuses saisons...
Comme tu resplendis, paysage mouillé
Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !
Ô femme dangereuse, ô séduisants climats !
Adorerai-je aussi ta neige et vos frimas,
Et saurai-je tirer de l'implacable hiver
Des plaisirs plus aigus que la glace et le fer ?
Tweet21:30 Écrit par Océane dans Bavardages, Indéfectible beauté, Les podcasts d' Océane, Poésie | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note | Tags : charles baudelaire, lecture, poésie, podcast |
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04.09.2011
Dimanche avec Paul Eluard
Paul Eluard parle à mon cœur comme personne avant lui. Il n’est pas un moment de ma vie, que je n’ai pu assimiler à un de ces poèmes. Jours heureux ou jours de pluie, je trouve toujours quelques lignes chez lui pour accompagner ces moments.
Ce recueil, « J’ai un visage pour être aimé » contient des perles. C’est une jolie compilation de ces textes les plus beaux.
Parmi ceux-là, Intimes, que voici.
Je vous souhaite un joli dimanche poétique.
INTIMES – In Les yeux Fertiles
I
Tu glisses dans le lit
De lait glacé tes sœurs les fleurs
Et tes frères les fruits
Par le détour de leurs saisons
A l’aiguille irisée
Au flanc qui se répète
Tes mains tes yeux et tes cheveux
S’ouvrent aux croissances nouvelles
Perpétuelles
Espère espère espère
Que tu vas te sourire
Pour la première fois
Espère
Que tu vas te sourire
A jamais
Sans songer à mourir.
II
A toutes brides toi dont le fantôme
Piaffe la nuit sur un violon
Viens régner dans les bois
Les verges de l’ouragan
Cherchent leur chemin par chez toi
Tu n’es pas de celles
Dont on invente les désirs
Tes soifs sont plus contradictoires
Que des noyées
Vient boire un baiser par ici
Cède au feu qui te désespère.
III
Quel soleil dans la glace qui fait fondre un œuf
Quelle aubaine insensée le printemps tout de suite.
IV
Figure de force brûlante et farouche
Cheveux noirs où l’or coule vers le sud
Aux nuits corrompues
Pr englouti étoile impure
Dans un lit jamais partagé
Aux veines des tempes
Comme au bout des seins
La vie se refuse
Les yeux nul ne peut les crever
Boire leur éclat ni leurs larmes
Le sang au-dessus d’eux triomphe pour lui seul
Intraitable démesurée
Inutile
Cette santé bâtit une prison
V
Je n’ai envie que de t’aimer
Un orage emplit la vallée
Un poisson la rivière
Je t’ai faite à la taille de ma solitude
Le monde entier pour se cacher
Des jours des nuits pour se comprendre
Pour ne plus rien voir dans tes yeux
Que ce que je pense de toi
Et d’un monde à ton image
Et des jours et des nuits réglés par tes paupières.

Tweet06:38 Écrit par Océane dans Indéfectible beauté, Poésie | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : paul eluard, poésie |
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13.08.2011
Sylvia Plath - Miroir
Parler poésie ici, c’est un peu une tradition, non ? J’essaie de reprendre un rythme moins « vacances », et commencer doucement avec une petite poésie du dimanche me faisait plaisir. J’espère qu’à vous aussi ?
J’ai souvent envie de vous parler des personnes que j’admire, parmi celles-ci, Sylvia Plath. Une personnalité hors du commun, avec un destin aussi court que tragique et intense…. Et au moment où certains pleuraient le décès d’Amy Winehouse comme la perte d’un génie musical de notre temps (lol), je n’ai pu m’empêcher d’avoir une pensée émue pour Sylvia Plath qui a décidé trop tôt de quitter ses contemporains. Loin de moi l’idée de faire une hiérarchie ou une concurrence entre les morts, mais je trouvais vraiment injuste que certains sombrent trop vite dans l’oubli. Quoiqu’avec Sylvia Plath, il restera toujours son œuvre, belle et riche.

J’aimerais partager avec vous aujourd’hui un de ces poèmes.
La douleur, les angoisses, l’envie de vivre aussi, sont la matière d’une œuvre aussi féminine que féministe.
Sylvia Plath parlait pour les femmes de son époque, et de la notre aussi.
Et finalement, elle parlait pour tout être humain doué de sensibilité : accrochés que nous sommes à nos rêves, aussi forts que fragiles, qui peut se vanter du malheur de tout contrôler dans sa vie ? Qui peut se vanter de n’être que perfection et bonheur ? L’inquiétude est inhérente à notre nature d’humain. L’inquiétude, les regrets… ce sont des facettes de la vie que l’on retrouve dans les mots de Sylvia Plath, comme autant de diamants, acérés et brillants, coupants mais précieux.
Ces faiblesses humaines ne sont pas des défauts, ce sont autant de chances de nous comprendre, nous-mêmes et ceux que nous observons. Le regard de Sylvia Plath, je le sens à travers sa poésie, je le sens comme un regard bienveillant, comme un chemin qu’elle éclaire. Ce genre de chemin sombre, qu’une fragile petite lumière vient illuminer subrepticement, juste le temps de faire un pas, puis un autre pas, puis un autre encore.
MIROIR
Je suis d’argent et exact. Je n’ai pas de préjugés.
Tout ce que je vois je l’avale immédiatement,
Tel quel, jamais voilé par l’amour ou l’aversion.
Je ne suis pas cruel, sincère seulement-
L’œil d’un petit dieu, à quatre coins.
Le plus souvent je médite sur le mur d’en face.
Il est rose, moucheté. Je l’ai regardé si longtemps
Qu’il semble faire partie de mon cœur. Mail il frémit.
Visages, obscurité nous séparent encore et encore.
Maintenant je suis un lac. Une femme se penche au-dessus de moi,
Sondant mon étendue pour y trouver ce qu’elle est vraiment.
Puis elle se tourne vers ces menteuses, les chandelles ou la lune.
Je vois son dos, et le réfléchis fidèlement.
Elle me récompense avec des larmes et une agitation de mains.
Je compte beaucoup pour elle. Elle va et vient.
Chaque matin c’est son visage qui remplace l’obscurité.
En moi elle a noyé une jeune fille, et en moi une vieille femme
Se jette sur elle jour après jour, comme un horrible poisson.
Tweet23:11 Écrit par Océane dans Indéfectible beauté, Poésie | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : sylvia plath, poésie, amy winehouse |
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19.06.2011
Caramels, bonbons et chocolats (ou pas)
L’idée de faire un concours anniversaire du blog me trotte dans la tête depuis longtemps, mais l’imagination me fait défaut et le manque de temps est une réalité cruelle… Finalement, à voir l’enthousiasme et la volonté de Sandra, j’ai pris exemple sur elle, et j’ai concocté un truc à ma sauce.
Mon idée, faire plaisir à ceux qui me lisent, et qui construisent jour après jour un drôle de dialogue, entre gens qui ne se connaissent finalement qu’à travers des mots. Mais quoi de plus véritables que les mots que l’on donne quand ils sont sincères et entiers.
Je vous propose donc quelques semaines de concours anniversaire, au rythme d’un rendez-vous par semaine, avec à chaque fois un petit lot à gagner.
Je procède ainsi pour deux raisons : je ne veux pas consacrer mon blog à ça une période entière, je préfère donc étaler et semer des petites babioles de-ci delà, et comme tout est à ma charge, ça me permet de faire plaisir au maximum en étalant dans le temps. Car oui, ceci est une opération non sponsorisé (si ce n’est par moi-même). J’ai pensé à contacter quelques marques que j’aime bien, mais cela prend du temps : du temps pour moi histoire de savoir ce que j’ai vraiment envie de faire, et lister les marques que j’aime vraiment et que j’utilise, et puis du temps aussi pour être recontactée ! Ce n’est donc que partie remise !
Stop au blabla et place aux photos des modestes cadeaux que je vous propose. Ce sont des cadeaux à mon image, à l’image de ce que j’aime, de ce que je suis.
Il y a une petite bannière, si vous voulez, mais rien d’obligatoire.

Rendez vous demain, pour jouer pour le lot n°1, le livre de recettes Marabout sur les éclairs et un joli petit carnet aux motifs gourmands !
Et puis nous sommes dimanche, je n'oublie pas ma poésie du jour ! Restons dans le domaine du don, du cadeau, avec ces superbes vers de Théophile Gautier, Diamant du Coeur. Je le dédie à ceux, qui en leur coeur, savent ce qui est le plus précieux !
Tout amoureux, de sa maîtresse,
Sur son coeur ou dans son tiroir,
Possède un gage qu'il caresse
Aux jours de regret ou d'espoir.
L'un d'une chevelure noire,
Par un sourire encouragé,
A pris une boucle que moire
Un reflet bleu d'aile de geai.
L'autre a, sur un cou blanc qui ploie,
Coupé par derrière un flocon
Retors et fin comme la soie
Que l'on dévide du cocon.
Un troisième, au fond d'une boîte,
Reliquaire du souvenir,
Cache un gant blanc, de forme étroite,
Où nulle main ne peut tenir.
Cet autre, pour s'en faire un charme,
Dans un sachet, d'un chiffre orné,
Coud des violettes de Parme,
Frais cadeau qu'on reprend fané.
Celui-ci baise la pantoufle
Que Cendrillon perdit un soir ;
Et celui-ci conserve un souffle
Dans la barbe d'un masque noir.
Moi, je n'ai ni boucle lustrée,
Ni gant, ni bouquet, ni soulier,
Mais je garde, empreinte adorée
Une larme sur un papier :
Pure rosée, unique goutte,
D'un ciel d'azur tombée un jour,
Joyau sans prix, perle dissoute
Dans la coupe de mon amour !
Et, pour moi, cette obscure tache
Reluit comme un écrin d'Ophyr,
Et du vélin bleu se détache,
Diamant éclos d'un saphir.
Cette larme, qui fait ma joie,
Roula, trésor inespéré,
Sur un de mes vers qu'elle noie,
D'un oeil qui n'a jamais pleuré !
Edelwe, Mango, Abeille, Emmyne, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , George, Uhbnji , Fleur, Esmeraldae,Armande, Satya, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Schlabaya,Hilde, Saphoo, La plume et la page, Tinusia, Chrys, Roseau, MyrtilleD, Cagire, Caro[line], L’or des chambres, Violette, claudialucia,Séverine, Maggie, Sev, Azilis.
Tweet00:05 Écrit par Océane dans Bavardages, Concours, Indéfectible beauté, Poésie | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : théophile gautier, cadeaux, poésie, concours, livres marabout, album larousse, carnets, stylos bics 4 couleurs |
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23.04.2011
Amour est juste un nom romantique pour problème...
...Je ne sais plus qui disait cela, un sage...
Un petit tour du côté de mes lectures de la semaine. Commençons par mon chouchou du moment, William Shakespeare, un petit jeune qui débute…Cette semaine, j’ai ressorti ma vieille édition de Roméo et Juliette en poche.
« Deux familles, égales en noblesse,
Dans la belle Vérone, où nous plaçons notre scène,
Sont entraînées par d'anciennes rancunes à des rixes nouvelles
Où le sang des citoyens souille les mains des citoyens.
Des entrailles prédestinées de ces deux ennemies
A pris naissance, sous des étoiles contraires, un couple d'amoureux
Dont la ruine néfaste et lamentable
Doit ensevelir dans leur tombe l'animosité de leurs parents.
Les terribles péripéties de leur fatal amour
Et les effets de la rage obstinée de ces familles,
Que peut seule apaiser la mort de leurs enfants,
Vont en deux heures être exposés sur notre scène.
Si vous daignez nous écouter patiemment,
Notre zèle s'efforcera de corriger notre insuffisance. »
L’histoire, est-il besoin de la rappeler tant elle fait partie de l’imaginaire mondiale ? Nous sommes à Vérone, en Italie, les Capulet et les Montaigu se détestent au point d’ensanglanter la ville par des duels mortels incessants. Roméo est amoureux de Rosaline, et pour se changer les idées, il décide, encouragé par ses amis, de se rendre incognito à une fête donnée par les Capulet en l’honneur de Juliette, fête à laquelle sera présente Rosaline. C’est là que les regards (et le destin tragique) de nos deux héros vont se croiser. Ils finissent par se déclarer leur amour naissant, et décide de se marier en cachette, pour parer à la haine des deux familles… Entre temps, Roméo se fait bannir de Vérone pour un duel au sang de trop. Le plan conçu par les deux amoureux et Frère Laurent le confesseur de Juliette, pour se retrouver, tournera à la tragédie, et à une issue fatale pour nos deux amoureux.
« ROMÉO. - Il se rit des plaies, celui qui n'a jamais reçu de blessures ! (Apercevant Juliette qui apparaît à une fenêtre.) Mais doucement ! Quelle lumière jaillit par cette fenêtre ? Voilà l'Orient, et Juliette est le soleil ! Lève-toi, belle aurore, et tue la lune jalouse, qui déjà languit et pâlit de douleur parce que toi, sa prêtresse, tu es plus belle qu'elle-même ! Ne sois plus sa prêtresse, puisqu'elle est jalouse de toi ; sa livrée de vestale est maladive et blême, et les folles seules la portent : rejette-la !... Voilà ma dame ! Oh ! Voilà mon amour ! Oh ! Si elle pouvait le savoir !... Que dit-elle ? Rien ... Elle se tait ... Mais non ; son regard parle, et je veux lui répondre ... Ce n'est pas à moi qu'elle s'adresse. Deux des plus belles étoiles du ciel, ayant affaire ailleurs, adjurent ses yeux de vouloir bien resplendir dans leur sphère jusqu'à ce qu'elles reviennent. Ah ! Si les étoiles se substituaient à ses yeux, en même temps que ses yeux aux étoiles, le seul éclat de ses joues ferait pâlir la clarté des astres, comme le grand jour, une lampe ; et ses yeux, du haut du ciel, darderaient une telle lumière à travers les régions aériennes, que les oiseaux chanteraient, croyant que la nuit n'est plus. Voyez comme elle appuie sa joue sur sa main ! Oh ! Que ne suis-je le gant de cette main ! Je toucherais sa joue ! »
Outre que c’est en soi une belle histoire, basée sur des classiques assez anciens, Shakespeare réinvente l’ amour total et innocent. La pièce est à la fois tragique et très drôle par moment. Les personnages secondaires tel que la nourrice de Juliette, ou le pauvre Frère Laurent, sont parfaitement posés, juste comme des témoins impuissants du malheur en marche. C’est difficile de ne pas rentrer complètement dans cette superbe histoire d’amour éternel.
Comment ne pas tomber sous le charme également du film de Franco Zefirelli, avec la douce Olivia Hussey et le frêle Leonard Whiting.
Il date de 1968 et reste une de mes adaptations préférées de cette pièce. Probablement que le visage innocent et tellement radieux des deux acteurs y est pour beaucoup…

Je l’ai re-visionné pour l’occasion, et le charme opère toujours, et je finis en larmes, presque dévastée par cette tragédie qui s’écrit sous nos yeux…
J’avoue être vraiment contente du prétexte que m’offre le challenge Shakespeare de replonger le nez dans ces merveilles.
Autre challenge, autre auteur : Agatha Christie (initiée par Les Livres de George Sand).
Je crois avoir lu à peu près tout les Agatha Christie publié en France, entre le collège et la fin du lycée. La suite de mon aventure avec elle a consisté à relire mes préférés et à me délecter des adaptations ciné ou télé, avec David Suchet ou Peter Ustinov, les deux figures tutélaires de Monsieur Hercule Poirot à l’écran. Le crime d’Halloween s’ouvre sur un crime d’enfant. Lors d’une fête d’Halloween, la petite Joyce Reynolds se vante inconsidérément d’avoir assisté à un crime. Bien sûr on la retrouve morte un peu plus tard. La chatoyante romancière Ariadne Oliver assistait à la fête et horrifiée, elle fait appel à son ami Hercule Poirot pour triompher de cette énigme.
C’est étrange d’observer les réactions des intervenants, qui restent assez indifférents à la mort de cette gamine (certes un peu odieuse…) Ouvrir un Agatha Christie et ne pas en ressentir de contentement à la lecture est une chose impossible.. J’ai aimé retrouver dans ce roman la farfelu Ariadne, tellement éloignée des manies de Poirot… L’enquête n’est pas la plus compliqué de la collection, mais on ne boude pas son plaisir.
Le hasard a fait que Olivia Hussey et Agatha Christie ont ensuite recroisé ma route, mais je vous en reparlerais...
Une dernière lecture ? Comme j’étais bien partie à pleurer sur le sort de Roméo et Juliette, et que je triais ma bibliothèque, j’ai aimé retomber sur Paul et Virginie, de Bernardin de Saint Pierre.
Autre histoire tragique d’amours contrariés. Une horreur, j’ai pleuré, encore et encore. Alors donc, l’histoire se passe sur l’île de France, autrement dit l’île Maurice de nos jours. Le narrateur se promène et tombe sur deux petites cabanes en ruine et interroge un vieux qui connait leur histoire. Madame de La Tour est la veuve d’un noble libertin, et Marguerite est une jeune bretonne séduite puis abandonnée. Les deux femmes viennent sur l’île cacher leur honte et accoucher de Paul (pour Marguerite) et Virginie (pour Madame de La Tour) Les deux enfants sont élevés ensembles sur cette île qui fait figure de paradis à la végétation luxuriante. Tout se passe bien, jusqu’à ce qu’un sentiment amoureux naisse dans le cœur de virginie, pour Paul et que Madame de La Tour, s’en rendant compte, décide de l’envoyer en métropole compléter son éducation, loin de Paul. La distance et les plans contraires de la famille de Virginie ne réussissent pas à éteindre cet amour, et Virginie finira par s’enfuir pour retrouver Paul dans leur paradis de l’île de France. Mais le drame d’une tempête vient briser le cœur de Paul qui voit le bateau qui transporte Virginie détruit sous ses yeux. Le désespoir tuera Paul. Celui qui ne pleure pas est un sans-cœur. Je me rappelle également de l’adaptation télévisé, que je regardais petite avec des paquets de mouchoirs pour éponger mes larmes… J’ai bien envie de remettre la main sur un streaming tiens… Le roman est vraiment très beau, poétique et puis aussi un enchantement pour ce qui est de l’environnement décrit. On a sous nos yeux un paradis naturel : c’est aussi cet attachement à la nature où ils ont été élevés, que nous content Paul et Virginie. Et me vient l’envie de connaître cette île Maurice….C’est une belle apologie de la vie en harmonie avec la nature.
Roman qui vient compléter mon challenge nature writing
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On se retrouve demain ? Avec plus de chocolats et moins d’amours contrariés, j’espère !
Tweet01:27 Écrit par Océane dans Bavardages, Challenge, Citations, pensées, Indéfectible beauté, Les films, Les livres | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : roméo et juliette, paul et virginie, le crime d' halloween, hercule poirot, ariadne oliver, agatha christie, romans policiers, romans d'amour, pièce de théatre, franco zefirelli, olivia hussey, leonard withing, william shakespeare, bernardin de saint-pierre, tragédie, amours contrariés |
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24.03.2011
Une place au soleil
J’ai un peu l’impression de me spécialiser dans la nécrologie en ce moment. La faute à ces idoles de ma jeunesse (et d’après…) qui nous quittent…
Elizabeth Taylor est donc morte.
J’aimais sa beauté évidente, son talent et la douceur qui se dégageait de son regard. Je ne suis pas d’un naturel « fan de », quoiqu’on pourrait m’opposer que j’ai une façon tranchée d’affirmer mes amours et mes détestations…
Elizabeth Taylor était d’abord une belle actrice, que je regardais petite, parce que je la trouvais si jolie… Et puis pour tout vous avouer, elle m’avait consolée sans le savoir. Les enfants sont cruels entre eux, surtout les petites filles, de vraies chipies souvent… Quand j’étais enfant, j’étais souvent en but aux moqueries de mes camarades de primaire à cause de mes yeux. Quant on me regarde, on sent qu’il y a un truc qui cloche. J’ai un regard un peu lointain de myope, mais avec une « infirmité » supplémentaire : j’ai les yeux hétérochromes, un œil vert et un œil marron. Cela donne un regard un peu étrange, absent. Les lunettes me protègent, mais je n’en ai pas toujours porté. Et donc, petite, cela me valait des moqueries, je n’étais pas « normale ». Mon frère ainé, pour me consoler, et me rendre fière de moi, m’avait expliqué que mes yeux étaient au contraire encore plus uniques, comme ceux d’Elizabeth Taylor. Son incroyable regard violet, ses yeux merveilleux l’étaient parce qu’ils étaient atteint de cette même « anomalie » génétique, l’hétérochromie. C’est tout bête, mais cela m’a attaché à elle. Et je remercie mon frère de m’avoir montré la vie sous cet angle : être fier de ce qui nous rend unique. Et même si je suis loin d’être aussi belle qu’elle, j’aime l’idée de cette petite « ressemblance ».
Ensuite, la filmographie exceptionnelle d’Elizabeth Taylor a fini de me la rendre unique au monde. Sa beauté de brune douce et sensible a été utilisée dans de nombreux films. Je me rappelle vous avoir parlé d’Ivanhoé sur ce blog, et aussi d’Une Place Au Soleil, un des plus beaux films de tout les temps… A chaque fois, il se dégage de son visage une telle douceur, une douleur presque…
Et puis sa vie personnelle, je ne parle pas de ses mariages particulièrement. Plutôt de ses luttes pour les causes humanitaires et notamment contre le SIDA, à une époque où cele ne se faisait pas si simplement.
Je vous laisse sur cette citation (oui c’est jeudi citation…) de Paul Claudel :
« Il y a des yeux qui reçoivent la lumière et il y a des yeux qui la donnent »
Avec Montgomery Clift
Taylor et Clift dans Une Place au Soleil
Tweet00:09 Écrit par Océane dans Bavardages, Fatrasie, Indéfectible beauté, Les films | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : elizabeth taylor, montgomery clift, a place in the sun, une place au soleil, hétérochromie, bichromie, yeux vairons, actrice, acteur |
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07.11.2010
My Steve for the day
Je dis souvent qu’un bon acteur est (hélas) un acteur mort. Au sens où la majorité des comédiens que je puis admirer, est morte et enterrée.
Au panthéon, figure en bonne place Steve McQueen.
Aujourd’hui est le trentième anniversaire de son décès.
J’aime cet acteur, son jeu, son élégance, son je ne sais quoi de si masculin.
J’aurais du mal à expliquer ce que je ressens à le regarder jouer, à simplement le regarder vivre au travers de photos ou de vidéos. Dieu sait pourtant que je ne suis pas du genre Fan2 mais bon…
Aujourd’hui, j’ai juste envie de me souvenir de lui un peu plus encore. Voilà.

Steve et Ali McGraw




Sinon, c’est dimanche, jour de poésie mes chers amis, initiative gérée par Bookworm ! Et bien voici quelques lignes de Pierre Louÿs, tirées des chansons de Bilitis :
La Lune aux yeux bleus
La nuit, les chevelures des femmes et les branches des saules se confondent.
Je marchais au bord de l’eau. Tout à coup, j’entendis chanter : alors seulement je reconnus qu’il y avait là des jeunes filles.
Je leur dis : « Que chantez-vous ? » Elles répondirent : « Ceux qui reviennent. » L’une attendait son père et l’autre son frère ; mais celle qui attendait son fiancé était la plus impatiente.
Elles avaient tressé pour eux des couronnes et des guirlandes, coupé des palmes aux palmiers et tiré des lotus de l’eau. Elles se tenaient par le cou et chantaient l’une après l’autre.
Je m’en allai le long du fleuve, tristement, et toute seule, mais en regardant autour de moi, je vis que derrière les grands arbres la lune aux yeux bleus me reconduisait.
Tweet00:10 Écrit par Océane dans Bavardages, Fantaisies fantasmées, Indéfectible beauté, Les films, Les podcasts d' Océane | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note | Tags : steve macqueen, pierre louÿs, poésie |
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