08.09.2010

Breizh Izel

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La Bretagne, c’est la région de France qui fait battre mon cœur. J’aime la Bretagne, c’est simple et net. Je n’y suis pas née pourtant, mais peu importe. Je suis arrivée à Nantes à l’âge de 3 ans environ. J’entends d’ici dire « Nantes ce n’est pas la Bretagne » ! Pff… Administrativement, peut-être, et suite à une aberration de la seconde guerre mondiale. Mais Nantes historiquement reste la capitale du duché de Bretagne.

En grandissant à Nantes, j’ai grandi avec la culture et l’histoire bretonne. Les vacances, les petits séjours à Guérande, Perros-Guirec, Quimper, Quimperlé, les calvaires, l’océan… Voilà la Bretagne avec qui j’ai grandi.

J’aime cette région qui s’est toujours distinguée par ses valeurs. J’aime le caractère franc et un peu rude de ses habitants. J’ai toujours été étonnée par l’extrême générosité et la discrétion des bretons. L’art de faire ce qui est bien et juste. Sans sombrer dans le cliché, j’aime ce côté bourru qu’on y sent. Et je suis comme ça. Distante d’abord, peu expansive, et puis j’aime qu’on me fiche la paix (en théorie), mais j’ai un bon fond et suis prête à tout quand j’aime une personne : l’amitié c’est rare et sacrée.

La Bretagne avec laquelle j’ai grandi est pleine d’elfes et de korrigans. Judicaël navigue sur une barque fragile vers son destin, la statue de Saint-Gilles a l’air de manger les crêpes qu’on laisse à ses pieds…

Petite, j’avais une collection de livres que j’adorais : les contes et légendes, chez Fernand Nathan. Un de mes préférés était évidemment celui consacré à la Bretagne :

 

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Ces histoires ont contribuées à renforcer mon affection pour la Bretagne.

Et puis plus tard encore, la musique et la danse bretonne, les fest noz, le cœur Breton, l’universalisme dans le particularisme, tellement bien raconté par Tri Yann :

 

« Le breton est-il ma langue maternelle ?
Non ! Je suis né à Nantes où on n'le parle pas.
Suis-je même breton ???... Vraiment, je le crois...
Mais de pur race !!!... Qu'en sais-je et qu'importe ?
Séparatiste ? Autonomiste ? Régionaliste ?
Oui et non... Différent...
Mais alors, vous n'comprenez plus :
Qu'app'lons-nous être breton,
Et d'abord, pourquoi l'être ?

Français d'état civil, je suis nommé français,
J'assume à chaque instant ma situation de français.
Mon appartenance à la Bretagne
N'est en revanche qu'une qualité facultative
Que je peux parfaitement renier ou méconnaître...

Je l'ai d'ailleurs fait...
J'ai longtemps ignoré que j'étais breton...
Français sans problème,
Il me faut donc vivre la Bretagne en surplus
Et pour mieux dire en conscience...
Si je perds cette conscience,
La Bretagne cesse d'être en moi.
Si tous les bretons la perdent,
Elle cesse absolument d'être...

La Bretagne n'a pas de papiers,
Elle n'existe que si à chaque génération
Des hommes se reconnaissent bretons...

A cette heure, des enfants naissent en Bretagne...
Seront-ils bretons ? Nul ne le sait...
A chacun, l'âge venu, la découverte... ou l'ignorance ! »

 

Tri Yann – La découverte ou l’ignorance.

 

 

Et puis, petite anecdote : mon ex-mari, du temps que nous « sortions » ensemble, m’avais offert un petit bol breton, à mon nom… Un souvenir de nos jeunes années…

 

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Voilà ma Bretagne chère Heidi ! La parole à José-Maria de Heredia pour finir :

Bretagne

Pour que le sang joyeux dompte l'esprit morose,
Il faut, tout parfumé du sel des goëmons,
Que le souffle atlantique emplisse tes poumons ;
Arvor t'offre ses caps que la mer blanche arrose.

L'ajonc fleurit et la bruyère est déjà rose.
La terre des vieux clans, des nains et des démons,
Ami, te garde encor, sur le granit des monts,
L'homme immobile auprès de l'immuable chose.

Viens. Partout tu verras, par les landes d'Arèz,
Monter vers le ciel morne, infrangible cyprès,
Le menhir sous lequel gît la cendre du Brave ;

Et l'Océan, qui roule en un lit d'algues d'or
Is la voluptueuse et la grande Occismor,
Bercera ton cour triste à son murmure grave.

26.08.2010

La joie est en tout ; il faut savoir l'extraire

...Confucius est un petit joyeux :)

 

En un an on change, un peu, la façon de voir la vie, sur ce que l’on peut retirer de ce que l’on voyait comme des tares. Mais il y a des choses qui ne changent pas, comme je le disais hier, des avanies auxquelles on tient.

Je ne suis pas fan de vacances, au sens courant du terme. Je n’aime pas travailler et je préférerais être rentière en mon palais, il va de soi, mais les loisirs, les vacances à dates données ce n’est pas ma tasse de thé. J’ai une notion très personnelle des vacances, un peu chiante aussi, un peu comme moi en fait, pénible et chiante : les vacances maintenant pour moi, c’est une pièce blanche, un lit, quelques bouquins, et l’absence du monde. Je crois que je supprimerais même la radio. Je me contenterais de mes films et séries préférés. Juste 15 jours, ça devrait aller. Mais là je rêve debout. Cette pièce blanche en dehors du monde n’existe pas.

Alors je ferme les volets. Et je me rappelle les vacances d’avant…. Tu sais, je t’en avais déjà parlé….

 

 

C'était pas l'année dernière
c'était pas à Marienbad
comment voulez-vous que je m'en rappelle
à force de l'attendre
je ne savais plus qui l' attendait
Le temps est un traître de cape et d'épée
qui vous glisse sa poudre d'oubli
dans votre coca
Faudrait pouvoir choisir son film
j'n'avais plus qu'à me barricader
dans la p'tite maison
près du lac
avec le canoë rose, à deux places
qui flotterait, comme ça
pour personne

Fermer les volets
et ne plus changer l'eau des fleurs
oublier qui tu étais
ne plus jamais avoir peur
Se dire qu'on était pas
vraiment faite pour le rôle

Pleurer plus que le saule

Plonger sous les draps
et ne plus jamais remonter
dormir sur le pont du galion
qui s'est laissé couler
parce qu'il t'a connu
une de plus à t'aimer

Le soleil essaie de se glisser
par le store vénitien
c'est pas lui qui m'f'ra lever
je commençais une longue nuit
j'ai pas l'intention de demander le réveil
je regarde les photos qu'il à prise de moi
j'en ai aucune de lui
il s'est jamais laissé prendre
Le vent fait grincer le canoë rose, à deux places
Il servira, peut être, pour un autre film

 

Dans la maison familiale des vacances tout le monde dort.

Je suis allongée, dans la pénombre des volets clos, la douce torpeur de l'après midi, la sieste endormait toute la maisonnée dès 15h00.

Plus jamais je ne ressentirai ce total abandon, l'absence de toute crainte, juste le bonheur d'être là.

Quand on arrivait, ma première pensée était tournée vers ma grand-mère, et quelle que soit l'heure de notre arrivée, je courais vers la maison, vers ses bras, la chercher pour la ramener chez nous. Un lien très fort nous attachait toutes les deux. Je suis née en Algérie au milieu des années 70. Mon père était déjà parti vivre et travailler en France, mais ma mère ainsi que mon frère aîné et moi, nous étions restés dans notre petite ville de Kabylie, en attendant de le rejoindre. Alors ma grand-mère était très présente pour nous. Ça n'a jamais cessé jusqu'à sa mort, il y a 9 ans.

Jusqu'à mes 18 ans, les vacances, ou au moins une bonne partie, c'était retrouver ce cadre familial et amical. Le soleil surtout. Tellement présent et chaud, il rythmait la journée.

J'ai eu de très bons moments et de moins bons, mais la mémoire est sélective parfois, et ne retient que les joies passées.

Je pourrais mettre encore quelques paragraphes pour te raconter cette époque formidable, mais pas aujourd'hui. Je n'ai pas l'inspiration. Je me rappelle encore pourquoi je ne revivrai plus ces moments. D'abord on grandit tous, on perd nos amis, ils s'éparpillent loin de l'îlot central du début. Et puis les gens meurent aussi. Parfois à tout jamais.

Les vacances c'est l'enfance insouciante, les petits déjeuners bruyants, les départs agités pour la plage, les caprices pour une glace, une autre encore, la petite sortie en barque, pas trop loin du bord (j'étais peureuse...) Et puis surtout la Méditerranée. La crique à Bejaïa, avec seulement ma cousine, nos petits copains et moi, marcher sur les rochers glissants, les garçons qui plongent  la tête sous l'eau pour fanfaronner... Et le soleil qui tape sur l'eau bleue.

L'après midi, reprendre le chemin de la maison pour la sieste, que je faisais toujours en écoutant la radio, RMC ou Alger Chaîne 3 la station francophone.

Dans la pénombre l'atmosphère est unique : le véritable sens de la tranquillité est resté là, coincé à cette époque.

Au bord du saule, comme dans la chanson de Viktor Lazlo, avec Lui. Mais il s'est jamais laissé prendre...

 

 

 

Ceci est une petite participation au thème des vacances, évoqué par Maman@home !

25.08.2010

Souffrir passe. Avoir souffert ne passe pas.

Je ne sais plus de qui est cette phrase, pardonnez moi...

 

Nous sommes fin août, à quelques jours de la rentrée. J’en suis soulagée et heureuse. Vous aurez compris à mon manque d’entrain tout le mois de juillet et à ma langueur (pas monotone…) que les mois d’été sont pour moi des moments délicats. Pour de nombreuses raisons. J’ai du mal à l’expliquer vraiment, c’est un fatras dans ma tête, mais un fatras auquel je tiens.

C’est étrange de s’avouer cela : qu’il y a des douleurs et des souvenirs presque trop intenses, auxquels on tient… Mais c’est ainsi. Le changement qui s’est un peu opéré en moi, heureusement, c’est que je sais dorénavant que je peux avancer et créer à nouveau, sans trahir ce qui a été.

Alors voilà, je n’ai pas changé sinon en un an, et je remets des mots que je pensais très fort déjà l’an dernier…

 

Où es-tu passé, mon passé
Perdu dans les gorges de la Chiffa ?
Le ruisseau oublie la guerre
L'eau coule comme naguère
Les enfants ne font plus de grimaces
Ils dansent dans la vallée
Ils oublient leur faim et leur race
Ils jouent en liberté

Où es-tu mon passé
Si beau, si loin, si près ?
Où es-tu passé mon passé
Là-bas, ici ou à côté ?

Les pique-niques en famille
Les chapeaux de paille en pacotille
Les tomates ruisselantes d'huile d'olive
Les moustiques partaient sur l'autre rive
C'était le temps de la puberté,
Nous chassions les mauvaises pensées
Les arbres nous tenaient à l'ombre
Nos cœurs amoureux étaient sombres

Où es-tu mon passé
Si beau, si loin, si près ?
Où es-tu passé mon passé
Là-bas, ici ou à côté ?

Où es-tu passé, mon passé
Dans ce village de cyprès
Où coule la source la plus belle ?
Comme un oiseau, mon âme a pris ses ailes
Pour monter là-haut dans le ciel bleu
Rejoindre ce monde étrange de feu,
Le jardin parfumé des artistes,
Graver un nom de plus sur la liste

Où es-tu mon passé
Si beau, si loin, si près ?
Où es-tu passé mon passé
Là-bas, ici ou à côté ?

Mon pays sent bon le jasmin
J'aimerais y retourner demain
Les fleurs ne sont plus arrosées
La terre rouge s'est refermée !
La guerre assassine les innocents,
Les vieux, les femmes et les enfants
Et le ruisseau de ma jeunesse,
Léger, danse avec ivresse

Où es-tu passé, mon passé ?
Le soleil se couche derrière les orangers
J'ai peur d'oublier mes souvenirs
Non, non, il ne faut pas mourir !

Paroles J-C Brialy / Musique P Amoyel

 

 

Où es-tu passé mon passé ? C'est une question que je me pose quelquefois. La mémoire est  une obsession chez moi. Plus que la mémoire le regret de celle-ci. Je ne suis pas une personne particulièrement cafardeuse, mais je peux verser facilement dans  la mélancolie des souvenirs passés. J'aime la vie, le mouvement, l'idée que chaque nouveau jour offre un champ infini de possibilité. Mais je reste fidèle à ma mémoire et attachée à mon passé.

Pour tout dire, j'ai du mal avec la fin : les souvenirs ce sont avant tout des choses qui se sont terminées, qui n'existent plus. On ne peut plus rattraper le passé, il est, comme dit la chanson, si loin et si près, et je ne peux le toucher.

J'ai plus de 30 ans et cela fait bien 20 ans que j'attends de grandir, de devenir adulte. Plus petite, j'étais assez mystique, et je pensais qu'il viendrait un message d'on ne sais où, qui me dirait le moment venu, quoi faire, comment et pourquoi le faire. Et je prenais pas mal de choses au pied de la lettre. Je n'étais déjà pas très intelligente : je pensais que vers 18-20 ans, je deviendrais brusquement quelqu'un d'autre, une adulte portée vers son avenir, avec la maturité et la sérénité nécessaire à l'accomplissement de ce long chemin qu'est la vie.

Mais non. Il n'y a jamais eu de message descendu des nuages, il n'y jamais eu cette transformation d'une enfant en une adulte accomplie. Il y a juste la même personne encore assez lucide pour comprendre que chaque moment qu'elle vivait, qui se terminait, était un morceau d'elle qui lui était arraché.

Je n'aime pas le temps tel qu'on en a conscience, c'est-à-dire le temps linéaire, l'abscisse terne et trop simple. Je préfère m'accrocher à l'idée que le temps possède plusieurs dimensions. Je suis cataloguée comme littéraire (malgré mon amour des fautes d'orthographe...) mais les sciences physiques m'ont toujours attirés. L'étude de la physique est comme celle de la philosophie : un facteur essentiel de la construction de l'âme humaine.

Le temps m'échappe, il file entre mes doigts, et ce qui est passé ne reviendra jamais. J'ai cherché des moyens de me rassurer, de trouver des réponses qui me conviennent. La lecture physique du temps que j'ai pu découvrir chez Einstein, Minkowski ou Planck a pu me donner un peu d'espoir d'un point de vue théorique, mais il n'en restait pas moins que le passé ne revient pas car je ne sais pas dépasser cette dimension linéaire. J'ai longtemps crû qu'en les lisant bien et consciencieusement, je pourrais comprendre ce que ces physiciens démontraient, et alors je serais assez maligne pour sauter dans une autre dimension du temps : quand je vous dis que je ne brillais guère par mon intelligence... Bref, j'ai fini par comprendre qu'en allant plus vite que la lumière j'arriverais à peine à retourner quelques secondes en arrières... Vanité. Je continue à creuser ces théories bien compliquées pour ma petite cervelle, mais en parallèle je me suis intéressée à la notion ésotérique et philosophique  du temps, avec des référents tels que Mircea Eliade, Zénon,René Guénon ou Bertrand Russel. Mais aussi intéressante que soient ces lectures (et franchement elles le sont !), elles ne m'ont jamais apporté la solution immédiate et concrète que j'attends : le moyen de rattraper ma vie dans tous ses moments particuliers qui me sont chers.

Je pensais qu'être adulte c'était accepter de laisser les choses derrières soi, pour ne regarder que devant, ou tout au moins accepter sereinement de ne pas tout maitriser en ce domaine.

Alors j'attendais que ça vienne, la sérénité, le renoncement. Mais le temps se contente de passer, avec lui les moments et les souvenirs, les sentiments, l'amour, la mémoire.

Je ne suis plus aussi angoissée par le temps qu'à 17 ans, mais je reste dépitée par l'idée que je ne peux contrôler le temps. J'aimerais pouvoir sauter allègrement de l'année 1981 à 1992, revenir aujourd'hui et repartir en 1986. Pourquoi les choses se terminent-elles ? Pourquoi ne peut-on revivre éternellement nos moments préférés. Je ne renie pas l'avenir pour autant, parce que le passé a été un moment un avenir qui m'a offert de nouvelles joies.

Je revois mon enfance, des moments d'incroyable insouciance, le soleil dans le jardin de mes parents, ma grand-mère, les oliviers et la colline qui grimpe vers Akbou.

Mon passé c'est le ruisseau qui coulait derrière la maison, les expéditions avec mes cousins dans le verger, comme si c'était une forêt mystérieuse, le sommeil lourd de la sieste quotidienne, les premiers garçons, les lectures d'auteurs inconnus...

 

Je voudrais qu'il n'y ait que des premières fois qui durent toujours

 


19.08.2010

La mémoire est toujours aux ordres du coeur...

...ainsi disait l'impétueux Rivarol !

 

Parfois l’enchaînement des pensées produit des moments merveilleux de bonheur et d’évidence. On regarde un film, on entend vaguement une chanson. Voilà que l’on cherche la chanson sur youtube pour la réécouter un peu mieux. De clic en clic on passe de Barbara Streisand à Barry Gibb…

Et puis, sans même avoir besoin de fermer les yeux, on voit précisément l’instant où l’on a été malheureux en écoutant cette chanson. Et le souvenir même de ces larmes éperdues, devient un moment de bonheur, à l’instant où le souvenir s’envole encore, vers ailleurs. Et ailleurs c’est toujours dans la mémoire. La chanson terminée, voilà que se joue devant nous une ancienne scène, à la tirade bien connue. Un homme et une femme se font des serments, des promesses. La vie est simple, on s’aime, on s’adore, puis on se déçoit un peu, beaucoup, on se trahit. Vient la déchirure, et une autre chanson avec. Mais ce souvenir encore n’est plus le même : il y a comme une joie de l’avoir vécu : c’est une expérience, c’est la vie. Avoir eu mal, c’est avoir été vivant, preuve que l’on peut encore l’être alors ? Oui.

 

 

Autrefois, peut-être, il y avait comme un rideau gris, des larmes qui embrumaient ces souvenirs : se rappeler trop c’était se faire mal, et pour autant on ne regardait pas plus avant ; pourquoi se créer de faux souvenirs, qui viendront vous tourmenter…Maintenant c’est différent, enfin il semble…

06.07.2010

Chaque heure fait sa plaie et la dernière achève

 

Remercions Théophile Gautier de nous apporter sa lumière pour le titre du jour :)

 

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Aujourd’hui est un jour spécial, puisque administrativement, chronologiquement, tout ça quoi, j’ai un an de plus. Chouette. Bref.

Qu’ai-je fait depuis l’an dernier ? Que faisais-je l’an dernier à la même époque ?

J’avais des envies, des lubies, des projets, des croyances naïves. De manière amusante, tout, absolument tout s’est effondré, rien ne s’est déroulé comme prévu. Ce n’est pas grave c’est la vie. Mais du coup, je me demande finalement ce que signifie « fêter son anniversaire ». Je sais, je suis chiante. Je pourrais convoquer mes copines les plus proches, faire un gâteau, etc.… mais bon, non. Je préfère en général réfléchir à des trucs nuls, pas drôles, à me demander pourquoi finalement je n’ai pas eu la fête surprise avant de me rappeler mes menaces de tuerie généralisée si quiconque s’y essayait, à une fête surprise…

Bon, sinon, aux anniversaires j’aime bien faire un bilan : hou que c’est original, non ?? Bref là, les trucs auxquels je tenais :

-Passer mon permis : j’ai eu le code… la conduite attend.

-Finir mes ouvrages d’écriture en cours : presque, presque….

-Avoir un autre enfant, peut-être : bah voilà…Bref.

-Etre adulte enfin : je crois que oui ça c’est fait !!!

Et puis c’est tout je crois.

Qu’est ce que je souhaite pour l’année qui vient ? Rien de spécial, que de faire ce que j’ai à faire au mieux qui se puisse être.

Allez à demain !

 

 
Le pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Guillaume Apollinaire "Alcools" - 1913
  

16.06.2010

Oh, comme j’aime l’oubli


Oh comme j'aime l'oubli
J'aime que rien ne repose sur rien,
que mon verre soit vide puis rempli
juste parce que j'ai levé la main.
Et j'aime que tout soit évident,
que le jour tombe avec la nuit
D'ailleurs si c'est pas trop demander
j'aimerais voir un jour.. tomber..
Parfois c'est si rare, tout est bien
tout a l'air d'être comme il faut
et les néons et la radio le r'n'b copain-copain
J'aimerais ne me souvenir d'aucun
des trucs qui m'ont embarqué
que ce que j'ai aimé soit loin
et seulement voir le jour tomber.
J'aime les bars comme cela l'hiver
face à l'hippodrome à Orvault
j'aime déjà ma prochaine bière
c'est la dernière il ferme tôt ce soir
car c'est l'anniversaire de ma fille monsieur désolé
je vous en prie un dernier verre
maintenant que le jour est tombé ...

Dominique A - J'aimerais voir le jour tomber



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Tu vois, on voudrait être simple et normal, mais on n'y arrive pas. Le fait est qu'on ramasse tout son courage, on fait sa petite liste, on rédige les résolutions pour un moment nouveau. Et puis on attend, mon ange, on attend. Et rien ne se passe, personne ne vient t'aider.

Tu vois, on croit pouvoir affronter le ciel, la foule des têtes inconnues, leur sourire, faire comme si. Comme quoi d'ailleurs ? Mais non, la préméditation tue l'action. Si on se noie par surprise, l'instinct de survie nous sauvera, mais  si l'on programme cette noyade, le peu de raison qui reste nous commandera de fuir, de rester loin des berges dangereuses.

Alors on fuit mon ange, on fuit et la liste reste intacte, aucune rature. Plus tard, on regardera à nouveau. L'audace ne vient qu'en plein danger.

Tu vois, on voudrait trouver l'instinct naturel de la vie, et on ne fait qu'observer. Observer nous convient parfaitement, parfois on rentre dans le jeu, mais observer suffit amplement. Regarder la beauté comme la bassesse, les joies, les malheurs, les soubresauts de la vie des autres, les passions, les relâchements, les trahisons, les promesses.... Observer et deviner la suite : se tromper parfois, mais deviner juste la plupart du temps. Alors pourquoi se jeter dans la gueule du loup ? On sait bien ce qu'il en sera mon ange, alors pourquoi anticiper, et donner prise aux déconvenues. Après tout, on est bien là, à regarder la beauté et la bassesse du monde. Sans y prendre part plus que nécessaire.

Tu vois, à force de rire et d'être heureuse, il y a toujours, toujours, ce moment ou une simple petite chose sera la goutte d'amertume qui abimera tout, définitivement. Jusqu'aux prochains éclats de rires et de larmes.

Alors parfois, on veut juste se reposer de ce cycle, se retirer dans une bulle, ignorer le monde non choisi. Se concentrer sur la beauté et l'étrange, juste ça.

Il faudrait dire aux petites filles qu'elles grandiront, et que ce sera moins drôle.... Le chevalier et le fou ne viendront que si on les évoque très fort. Le tableau prend vie, la princesse couronnée de rose reprend espoir. Est-on stupide de vouloir vivre au temps des fées, des champs de fleurs ? Est-on si ridicule de vouloir des chemins herbeux parcourus par des rossinantes fatiguées et des cavaliers étranges et beaux ?

Tu vois, il reste encore cela à nous dire, que personne ne pourrait comprendre mieux que toi. La multitude est effrayante, même celle qui sourit... Maladroite et timide, rayonnante et audacieuse. Le jour et la nuit.

Mais je préfère la nuit mon ange.

La nuit.

 

 

05.06.2010

On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs

Merci à Alfred De Musset de m'aider en ce jour.

 


Mes agneaux, aujourd'hui j'aimerais vous parler de quelque chose qui me tient particulièrement à cœur. Un sujet à la fois personnel et public. Le don de sang.

J'ai été aimablement sollicité pour parler de la Journée Mondiale du Don du Sang, qui a lieu le 14 juin prochain. J'ai vite accepté de le faire, à titre totalement gratuit bien sûr, est-il besoin de le préciser, mais j'hésitais sur l'angle d'attaque, car, je le répète, c'est un sujet qui me touche.

Alors après quelques tergiversations, je vais juste vous dire pourquoi j'ai eu envie de vous en parler, et puis ensuite je vous détaillerais les événements autour de cette Journée Mondiale du Don de Sang.

J'ai 35 ans, et j'ai la chance de vivre encore aujourd'hui, parce qu'on m'a sauvé la vie. Je suis née avec quelques problèmes cardio-vasculaires, qui m'ont valu une opération à la nassance, une autre à 2 ans, une autre encore à 5 ans et une dernière enfin à 12 ans. Les techniques de chirurgie ont évoluées pendant toutes ces années, Dieu merci pour moi, mais il y avait une constance : chaque opération nécessitait des transfusions sanguines d'importance. Au fur et a mesure que je me vidais de ce fluide vital, il était remplacé par du sang, don d'inconnus.

J'ai longtemps cogité sur le fait d'être une survivante. Je n'exagère pas. L'année de mes 11 ans devait être la dernière, puisque la malformation de mon cœur et de mes poumons me tuait à petits feux, lentement mais surement. Puis, une nouvelle technique d'opération, « à cœur ouvert » a été exécutée sur moi, qui m'a sauvé la vie. Je remercie le Ciel, le chirurgien qui m'a opéré, mais je remercie aussi les inconnus qui ont fait don de leur sang, pour que des accidentés ou des malades comme moi puissent en bénéficier.

Depuis toute petite j'entends parler donc de ces histoires de don de sang et de plaquettes et de plasma. Et il y a une autre constance, la faiblesse des stocks. Il faut donner, si on peut. Il faut. Cela sauve des vies chaque jour. Cela permet à des personnes malades de garder un espoir de guérison.

Vous connaissez l'importance du don de sang, je ne vous apprends rien. J'aimerais juste vous rappeler d'y penser un peu, et de faire la démarche. On peut donner plusieurs fois par an, sans danger pour sa santé !

« Créé le 1er janvier 2000, l'Etablissement Français du Sang est l'opérateur unique de la transfusion sanguine en France. Exerçant sa mission sous la tutelle du Ministère de la Santé, l'EFS est habilité à prélever, préparer, qualifier, conserver et distribuer le sang et ses dérivés. Composé d'un siège national et de 17 établissements régionaux de transfusion sanguine (14 en métropole et 3 dans les DOM), l'EFS entretient des relations privilégiées avec les établissements de santé (hôpitaux, cliniques, etc.), les associations de donneurs et les associations de malades. Il est le lien permanent entre la générosité des donneurs de sang et les besoins croissants des malades. L'EFS est le garant des grands principes éthiques du don du sang : l'anonymat, le bénévolat, le volontariat et la gratuité. »

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C'est cet établissement qui prépare la Journée Mondiale du Don de Sang le 14 juin prochain. A cette occasion est organisée la 2ème édition du « Festival Globule » ! Dans 24 villes de France (DOM compris), 24 villages-évènements proposeront :

Des expositions pédagogiques sur le don du sang pour adultes et enfants

Des activités sportives variées (escalade, glisse urbaine, élastique ascensionnel)

Des animations musicales

Le Festival Globule s'adresse à tous, petits et grands, donneurs et non donneurs...


Alors mes agneaux, j'espère que vous irez jeter un œil aux liens que je vais vous donner :click click :)


-         le site "je me mobilise"

-         le blog de Karl le Globule

-         le fil twitter de Karl, auquel je suis abonnée...


Vous aurez comme ça des explications, des renseignements sur où et comment donner, qui peut donner, à quel rythme etc.... Et puis vous aurez aussi des infos sur les temps de mobilisation auxquels vous pourrez participer !


Gardez en tête que ce geste, ce don d'un peu de soi, va contribuer à sauver des vies.

On a besoin de nous, on y va ?

 

17.03.2010

Ce n'est pas la chair qui est réelle, c'est l'âme.

La chair est cendre, l'âme est flamme. C'est la suite du titre, tirée d'un extrait de Victor Hugo.


Je suis un être complexe : sous des dehors de fine tacticienne politique, se cache une âme d'enfant.

J'ai attachement particulier au passé, au temps d'avant, et parfois j'en conserve des traces (si tu me parles de mes rides, tu peux ravaler ta morgue petit insolent, je garde un visage lisse comme des fesses de mannequins botoxé)

J'ai quelque part chez moi une grosse boite (2 en fait) où je conserve des cartes, des coupures de journaux, des jaquettes de cassettes audio, des lettres aussi.

Je suis comme une petite fille qui ouvre sa boite à trésor quand je me penche sur ces cartons.  Une petite fille qui ouvre de grands yeux, encore émerveillée de ses souvenirs.

Je t'en montre certains, et ne te moques pas de ce mélange hétéroclite, chaque pièce représente un souvenir cher à mon cœur.

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Dans le sens des aiguilles d'une montre, en partant du bas, tu peux reconnaître :


- Une photo de Peter O'Toole, tirée du film Lauwrence d'Arabie, de David Lean, l'immense David Lean. Cette photo était scotchée sur la page de garde de mon cahier de français en seconde. J'aime les vieux films, David Lean et Maurice Jarre. Et ces yeux sublimes de Peter O'Toole sont un plaisir supplémentaire.

-Des photos de Marylin Monroe, idole de mon adolescence, que j'aime toujours et dont la filmographie mérite plus que le cliché de gentille blonde habituel.

-Une page de pub Opium, avec le sexy Ruppert Everett.

- Un supplément spécial Jacques Demy des Inrockuptibles. J.Demy est un cinéaste que j'adule, et pas seulement parce qu'il est nantais, ou qu'il sublime Catherine Deneuve et Françoise Dorléac, Anouk Aimé ou Jacques Perrin, ou pour tout ça à la fois...Il filme l'amour, le temps qui passe, le regard plein de tendresse de celui qui veut capter encore un instant de bonheur, un seul instant, avant de tourner les pas.

-Une coupure de journal annonçant la diffusion de Dream On, une de mes premières série culte, avec l'inénarrable Martin Tupper (joué par Brian Benben). Le héros relie chaque événement de sa vie à des scènes de film. C'est plein de dialogues drôles, percutants et tendres aussi.

-Une carte postale représentant Morten Harket, le chanteur de A-Ha, oui j'étais amoureuse, te moques pas, j'avais 13 ans à peine.... Et j'écoute toujours leurs albums, que je te conseille !

-Juste en dessous, 2 reproduction tirées du dessin animé Hercule, de Disney. Alors, un soir que nous étions peut-être un peu ivres de mauvaise vodka et en attente d'un Macdo salvateur, les copains nous attendant d'ailleurs, une amie et moi avions décidé que ces images étaient vraiment très jolies, et qu'il nous les fallait. Le hic c'est qu'elles étaient fixées, et très bien fixées, sur les chariots de Carrefour. On a donc attendu le soir pour commettre notre forfait, avec l'aide d'une sous-Zubrowska pour nous encourager. 12 ans après, je crois, je les ai toujours et je les adore ! **VOLER C'EST MAL**

- Enfin, le numéro de Vendredi, l'hebdo du Parti Socialiste, sorti à la mort de François Mitterrand. Le 8 janvier de chaque année est pour moi une date triste, même si le 10 mai me redonne le sourire ensuite. Quand il est mort, j'ai pleuré, beaucoup, longtemps. J'ai pleuré sur mon enfance, sur la joie de mon instituteur de CP en 1981, sur ces belles victoires humanistes gagnées avec Badinter, Yvette Roudy. Je pleurais sur cette hymne passé : « France socialiste
Puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant ! » et sur ces espoirs parfois déçus, et parfois source de tant de joie.

Je conserve ces choses, comme des preuves que ma vie a eu lieu, que j'ai vraiment existé toutes ces années. Ce sont des rappels d'instants tout aussi précieux que ce que j'espère encore de l'avenir.

Et comme je ne suis pas que nostalgie et sérieux, regarde comme je cède à la grelucherie sans vergogne :

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C'est un adorable ours aux ailes d'ange, dessiné par mon chouchou, Christian Lacroix lors d'un Noël pour les Galeries Lafayette. Je n'avais ni enfant ni nièce ou neveu à gâter, j'ai simplement voulu cet ours pour moi, un doudou de grande fille un peu solitaire et égoïste, un peu triste parfois, et surtout toujours capable d'ouvrir de grand yeux émerveillés devant un ours orange aux ailes blanches.

Voilà le temps de remercier Chocoladdict, qui me donne une occasion de me pencher sur mon âme d'enfant.

 

24.02.2010

La lectrice


La semaine continue, et avec elle ma liste de tag en retard (à croire que je ne sais faire les tags qu'avec retard et après tout le monde !!)

Cette fois c'est Thé Citron qui cherche à savoir comment on lit !

Belle question ! La réponse n'a pas beaucoup évolué depuis mon enfance !

Petite, je lisais tout le temps partout, dans mon lit, à la récré, dans le bus, à table... Oui à table aussi. Ou plutôt comme je n'avais pas le droit d'ouvrir un bouquin, je passais l'heure de table à détailler la boite de lait, de céréales, ou tout ce qui contenait des caractères écrits. J'étais assoiffée de lecture au point de lire tout et n'importe quoi.

Depuis ça va mieux, et surtout, je suis grande, j'ai le droit de lire un bouquin à table si je veux ! Na !

Plus sérieusement, je lis partout où il possible de lire. Le matin, en prenant le bus. Le midi, si je peux éviter de déjeuner avec mes collègues je file au square s'il fait beau, et je lis en croquant une pomme.

Le soir, une fois que les tâches du quotidien sont remplies, je mets à mon bureau pour une demi-heure de lecture, avant de divaguer sur le net comme une âme en peine.

Puis au moment de me coucher, vers minuit, je lis encore un moment.

En fait je me rends compte que je n'ai pas besoin d'un confort particulier pour lire, et tant mieux, sinon cela réduirait le champ de mes possibilités !

En période de vacances, quand je suis tranquille, ce que j'apprécie par-dessus tout, c'est de m'allonger sur un lit, l'après midi et de lire, je suis alors comme dans un bulle, ailleurs. Depuis ma vie d'adulte, chaque été c'est le même rêve qui recommence : j'essaie de retrouver cette sensation de plénitude et de bonheur simple qui habitait mon cœur lors de ces vacances en famille. Les moments que je préférais étaient ceux de la sieste, l'après midi. La maisonnée entière se reposait à l'abri du soleil. Je savais qu'ils étaient tous là, pas très loin, et moi dans ma chambre, les volets mi-clos, la radio en sourdine, je lisais un roman, pioché dans la bibliothèque parentale.

Je ne saurais décrire cette atmosphère particulière, cette sensation qui permet tout : on est là, juste bien, il n'y a rien à craindre que la chaleur. Tout est possible et à portée de main. Je voyais chaque bouquin comme un futur plaisir, et comme disait le poète, je me pressais sans hâte vers eux.

C'est comme ça que j'aimerais lire en réalité : dans cette chambre, avec la chaleur qui se devine à peine, l'ombre des volets sur le sol et la vie qui semble si douce et si simple.

Et juste pour avoir l'impression d'être encore un peu là-bas dans cette chambre au volet clos, j'ai envie d'écouter un peu de Daniel Balavoine, pour me rappeler ces moments chéris.

 

 

 

Bloody Selena aura peut-être envie de répondre ?

 

 

29.12.2009

Odeur de décembre


podcast
Yasmine et Marc Lavoine - Lentement


Tout va trop vite sur la Terre. A peine aurons-nous fêté la nouvelle année, qu'on voguera vers le printemps, les habituels marronniers de la presse, entre les régimes pré-maillots de bain, les conseils pour bien bronzer, la rentrée littéraire de septembre, voilà que reviendra encore décembre.

Décembre est un mois spécial, un peu comme les mois d'été. Il y a quelque chose dans l'air en décembre. Comme un ralentissement, pas vraiment une torpeur, mais plus une envie d'aller différemment, avec d'autres priorités, plus de douceur, une sorte d'indulgence généralisée.

Tout cela n'est qu'illusion bien sûr, un point de vue idéalisée, mais ne sentez vous pas en ce mois de décembre l'esprit des gens courir vers des champs plus amènes ?

J'ai envie d'y croire.

Mais décembre est surtout un mois de nostalgie. C'est en allant chez Juliette Rigby hier matin que je m'en suis fait la réflexion une fois de plus.

Je ne sais plus trop ce que les adultes peuvent mettre de sincère dans ces préparatifs de Noël et de Nouvel An, certainement beaucoup d'espoir, de fatigue, d'envie d'autre chose, de bonheur.

Mais enfant, la magie de décembre nous enveloppe presque à notre corps défendant. Le regard que l'on porte enfant sur cette période est le regard d'un spectateur assez passif et attentiste, mais aussi plein de rêves et d'illusions.

Aussi désuet que les cartes postales de père noël rougeaud et souriant, mes souvenirs d'enfance bénéficient certainement de la patine du temps qui passe. Mais je crois me souvenir bien.

Et je me souviens des journées particulières à se demander comment se passeraient nos soirées de réveillon. Quand je repense à ses instants, je me revois surtout entre 7 et 14 ans à peu près. Une période où l'on ne croit plus au Père Noël bien sûr, mais où la magie de l'inconnu continue à vous envelopper. Le fait d'être spectatrice puis bénéficiaire de ces moments passés en famille gardait un attrait presque magique du fait même que les préparatifs étaient réservés aux parents. Je me contentais de savourer et de profiter du moment.

Je me vois avec Isabelle ma camarade de Collège, sortir subrepticement un soir de l'école au lieu d'aller à l'étude du soir, pour nous rendre au Monoprix et acheter des cartes brillantes, des carnets colorés, des bonbons, revenir vite avant le dîner dans notre chambre et être si contente de ses menues bricoles.

Je me revois avec Alexandra au Lycée, passer des mercredis après-midi entier chez Coiffard la librairie que nous préférions, lister tout les bouquins qu'on pourrait demander à nos parents.

Emmitouflées dans nos manteaux, décembre passait bien trop vite, de tasse de chocolat en virées entre copines le mercredi. Le passage Pommeraye et ses escaliers en bois nous voyait passer et repasser, regardant les vitrines des boutiques, rêvassant entre les odeurs de bougies parfumées et les lumières des illuminations.

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Il ne s'agissait pas que de cadeaux ou de dîners plantureux. Loin de là. C'était une pause que nous offrait la vie, un mois entier d'indulgence et de magie, l'idée que l'on peut être généreux et affectueux les uns avec les autres et le manifester sans être ridicule ou ringard.

Et pouvoir l'être en permanence est un choix d'adulte.

Quand je pense à décembre, à l'enfance, je me vois derrière le mur de l'école, j'ai 12 ans je crois, j'attends Isabelle, il est 17h il fait déjà nuit, j'ai froid, la brume m'enveloppe, et il y a comme des étoiles qui scintille autour de moi. La lumière des réverbères sans doute. L'odeur même du papier des cartes de vœux me revient en mémoire, mes sensations me reviennent : je crois les ressentir encore. Une forme de bonheur calme, insouciant, sans autre idée que d'être là et d'être bien. Rien n'est un obstacle, la vie nous attend et elle sera belle.


Le temps passe et la vie nous prend dans son tourbillon, des joies, des peines, et surtout, surtout : la responsabilité. Maintenant, c'est moi l'adulte (enfin, quand j'y pense) et ce n'est plus la même insouciance. Mais il y autre chose, le désir de créer cette enveloppe de magie pour les autres, de veiller ressentir cette même indulgence et à avoir toujours un œil amical sur les gens, ne pas oublier combien cela comptait pour moi.


Et puis quand bien même, décembre adulte ; c'est ça aussi :

 

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Villars c'est l'autre nom de Satan ^^ !

 

 

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Petite consolation chocolatée d'avoir quitté l'enfance !



podcast

Loin du froid de décembre - B.O Anastasia

 


podcast

Once upon a december - Deana Carter - B.O Anastasia

 


Vous aurez compris que ceci était ma participation un peu décousue au concours de décembre qui n'est pas en novembre, de Ginie, fournisseuse officielle d'hommes nus pour ses copines ! Et de jolis cadeaux !!!

 

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