Aujourd’hui on fait dans le cadavre, mais exquis le cadavre !!
En effet, je prends la suite du roman interactif initié par Doudette !
Alors le premier épisode et les règles ici chez elle donc !
Le premier chapitre chez Doudette: Mais que diable allait-elle faire dans cette galére?
Le deuxième chapitre chez Patrice: J’ai besoin d’air
Le troisième chapitre chez Spads: Ecrire
Le quatrième chapitre chez TitiMoby: La musique adoucit les moeurs
Le cinquième chapitre chez Manu: Rêve et Alpaga
Le sixième chapitre chez Nipette: La renaissance
Enfin, le huitième chapitre chez Emma : Ma vie sans moi
Et ma participation !!!
Chapitre neuf : Respiration
J’avais pensé qu’avec le temps le souvenir de ces années heureuses, avec lui, s’effacerait. Le temps efface tout, non ? Il faut croire que ça ne fonctionne pas toujours aussi simplement.
Oui, je ne fais que regarder ma vie se vivre sans moi : j’observe les autres, je ne participe pas.
Mais dans le fond, si je suis devenue si passive, si je me laisse comme ça errer au gré du courant, c’est que je n’ose plus me tromper, ni souffrir. Qui ne tente rien n’a rien, certes, mais qui en tente rien, ne risque pas non plus l’effondrement de ses espoirs…
Pourtant je me rends compte que tout me ramène vers cette question essentielle : le revoir, une dernière fois, peut-être pour le chasser définitivement de mon cœur, peut-être pour recommencer quelque chose ? Mais je dois agir, faire quelque chose de moi, de ces sentiments qui m’étouffent.
Le retrouver, lui parler, faire mon mea culpa ? J’ai tout gâché avec mes peurs d’autrefois, et il me manque… Oui, contrairement à ce qu’on lit dans les magazines féminins, c’est moi qui ai eu peur de construire quelque chose de définitif avec lui : je pensais qu’il me restait encore des mondes à conquérir sans lui, qu’il serait un obstacle à mon épanouissement…
Las… Je me retrouve seule, à cracher de la ligne au kilomètre, racontant des histoires de trentenaire parisienne célibataire et battante…
Demain, je trouverai son numéro, un mail, quelque chose… Je vais l’appeler, lui dire simplement le vide que j’ai créé autour de moi
Sa voix... Comme elle m’apaisait avant… Juste sa voix au creux de mon oreille et la chaleur de sa main sur ma nuque… Ses mots rassurants, encourageants. Il aimait ce que j’étais : audacieuse, ambitieuse, lumineuse parfois, oh oui ! Je ne comprenais pas son besoin de rester à mes côtés, juste comme ça, se contentant de notre amour. Se contenter, voilà bien la plus vilaine des choses que j’ai pu lui dire !
Son manque d’ambition professionnel me l’avait presque fait mépriser. Et des années après, je me retrouve écrivaillonne de bas étage, pendant que lui… Lui…
Je cherche frénétiquement cette coupure de presse que je garde dans mon portefeuille. Il y est photographié, souriant, si calme et aussi beau que dans mes souvenirs… Je sais comment le contacter, et je sais que demain, oui, demain je prendrais ma vie en main. Je vais l’appeler, le revoir, expurger le passé de mes erreurs.
Ecrire c’était notre respiration à tout les deux… Il ne l’aura pas oublié. Il ne m’aura pas oublié j’espère… Demain….
Et pour la suite, j’aimerais voir ce que la plume avisée de Sandra pourrait inventer !!