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Oh Océane

  • Le Chant de la Mer

    Hier matin, j’ai accompagné mon fils, et sa classe au cinéma. C’est une chose que je fais très (trop) rarement, simplement parce que je travaille.

    Nous sommes donc allés au cinéma le Louxor, à Paris, pour regarder le Chant de la Mer.

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    Bon, j’avoue que je suis une vilaine fille, parce que le premier truc que je me suis dit en voyant l’affiche : m%µ* Nolwenn Leroy chante dedans, beurk…

    Je suis vraiment une vilaine fille.

    Parce que finalement, on fait complètement abstraction de la susmentionnée chanteuse de télévision.

    Ne retenez qu’une chose : le Chant de la Mer est un fabuleux, merveilleux, tendre, émouvant, poétique et superbe film, à voir seul, ou avec ses enfants, mais franchement c’est pas obligé : ce film parle à tous les âges.

    Comme je suis à la fois une vilaine fille, et une flemmarde, je vous colle le synopsis officiel en guise de résumé :

    « Ben et Maïna vivent avec leur père tout en haut d'un phare sur une petite île. Pour les protéger des dangers de la mer, leur grand-mère les emmène vivre à la ville. Ben découvre alors que sa petite sœur est une selkie, une fée de la mer dont le chant peut délivrer les êtres magiques du sort que leur a jeté la Sorcière aux hiboux. Au cours d'un fantastique voyage, Ben et Maïna vont devoir affronter peurs et dangers, et combattre la sorcière pour aider les êtres magiques à retrouver leur pouvoir. »

    Pour en dire plus, quand même, ce film est une petite perle, d’abord d’un point de vue esthétique. Je me suis rappelée au cours de la projection, où j’avais déjà apprécié ce style : c’est que nous avions déjà adoré le film précédent du réalisateur Brendan et le Secret de Kells (que je vous encourage aussi à regarder !)

    Certaines critiques voient l’influence de Myazaki dans ce film, c’est en effet assez proche, par le parti pris poétique, naturel et enfantin, qui nous donne justement plusieurs degré de lectures, de manière à parler aussi bien aux enfants qu’aux adultes.

    La finesse du dessin, à l’ancienne si j’ose dire, facilite la transmission des émotions, et du message. J’ai aussi bien apprécié de découvrir un peu plus sur les traditions et légendes irlandaises. Et mon fils était tout fier de me dire qu’il savait déjà ce qu’était une selkie, alors que moi non ^^

    Une jolie mélodie celtique accompagne les scènes les plus émouvantes.

    Bref, on passe un bon moment, pendant le film, et après le film, car c’est l’occasion de parler des émotions, de ce qui les provoquent, des peurs, des angoisses, et des rêves aussi.

    Allez voir ce film !!!!!!!!!

    Sinon, il y a un livre disque, mais là je crois qu’on entend vraiment beaucoup Nolwenn Leroy…

     

    Le Chant de la Mer - Tomm Moore

     

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  • Claude Sautet à la Cinémathèque

    Mercredi, c’est le jour de sortie des films au cinéma, mais aujourd’hui on va un peu remonter le temps, si vous le voulez bien.

    La Cinémathèque ouvre ce jour un cycle Claude Sauter, jusqu’au 4 janvier 2015. Si vous habitez la région parisienne, ou que vous avez l’occasion de faire un saut à Paris prochainement, offrez-vous un voyage empreint de beauté et de nostalgie, en visionnant un des films de Claude Sautet dans le cadre de la Cinémathèque Française. En lus des projections, il y a tout un calendrier de conférences, qui nous en apprendront plus sur ce cinéaste.

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    J’ai été bercée dans mon enfance par le cinéma de Sautet, parce que mes parents aimaient beaucoup Montand, Piccoli, Schneider, Frey, et moi aussi d’ailleurs. J’ai été bouleversée par la plupart de ses films, que ce soit César et Rosalie, les Choses de la Vie ou Max et les Ferrailleurs. Il y a dans chacun d’entre eux un petit truc qui me plisse le cœur et qui laisse une trace indélébile. Je crois que c’est intemporel, et qu’il n’y a rien de daté dans ces films.

    Voilà, si vous passez par Paris à l’occasion des vacances de Noël, offrez-vous ce petit cadeau d’émotions.

    Plus d’info sur le site de la Cinémathèque.

     

    Pour prolonger le charme, il y a ce superbe CD des musiques de films de Sautet, par Sarde, que je ne me lasse pas d’écouter:

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    Je vous laisse avec un extrait que j’aime particulièrement.

    "C'est une maison qu'on avait oubliée.
    Carla dit qu'elle se rappelait la couleur des volets.
    Moi, je suis sûre que ce n'est pas la même.
    Mais tu sais comment sont les choses qu'on aime, on a beau les repeindre.
    ..
    Le vent s'est levé lundi et je suis contente et je t'écris ma cinquième lettre et je m'attends à ton cinquième silence.

    J'entends toute la famille qui vit et qui rit en bas et si je t'écris que je suis triste, c'est malhonnête et je le sais.

    Je ne te reverrai pas et je le sais aussi et pourtant, je voudrais qu'on me dise où tu es.
    Où tu es ? Tu vis et tu ne réponds pas.
    Évidemment, Marie-Thé a failli se tuer en sautant d'un rocher.
    Simon est amoureux.

    J'ai acheté deux robes, une petite bleue et une petite blanche au marché du matin.
    Maman a passé son permis de conduire, on se demande pourquoi tout à coup.
    Antoine est venu nous voir.
    Pour les robes, ce n'est pas vrai, je n'ai rien acheté, mais je dirais n'importe quoi pour te parler de moi.
    Ce n'est pas ton indifférence qui me tourmente, c'est le nom que je lui donne : la rancune, l'oubli.
    David,
    César sera toujours César,
    et toi, tu seras toujours David qui m'emmène sans m'emporter,
    qui me tient sans me prendre
    et qui m'aime sans me vouloir..."

     

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  • Esprit, es-tu là ?

    Le truc un peu fou en ce moment, c’est le temps infini que je peux passer à faire des listes de Noël par dizaine, avec hésitations, ratures et réflexions en tout genre.

    Bon, les listes de cadeaux, c’est une chose, mais l’esprit de Noël en est une autre.

    C’est idiot, à dire comme ça, non ? Pourtant, j’entends à longueur de journée parler de cadeaux, de fêtes, de menus (moi la première), en éludant presque complètement le cœur de l’affaire : l’aspect religieux de Noël.

    De fait, les seuls propos que j’ai entendus sur le côté religieux de Noël, portent sur la polémique des crèches de Noël dans des espaces publics.

    Sans forcément prendre position sur le sujet épineux de la laïcité de l’État, je ne vois rien d’anormal à associer Crèche, Sainte Famille et Noël. Oui je sais, je balance du scoop de première ^^ Noël serait une célébration religieuse :)

    J’aborde ce sujet, car j’ai mis en place, comme chaque année, un calendrier de l’Avent, et que bien sûr mon fils est ravie comme tout de découvrir chaque matin la surprise du calendrier, mais celui-ci se nomme calendrier de l’Avent pour une raison précise. Religieuse, la raison. Du coup, me voilà confrontée à mon consumérisme forcené, et à l’oubli de ce qui fait le cœur de cette fête : l’amour et le partage.

    J’essaie chaque jour de cette période particulière, d’expliquer un peu à mon fils ce qui est censé être le plus important (à savoir, pas les cadeaux…) Mais c’est loin d’être évident.

    Surtout parce que je suis moi-même prise par ces histoires purement matérielles, avant de réfléchir à la substance de la chose.

    J’aime Noël dans tout ses aspects : les cadeaux, l’amour des autres, se rappeler de la chance qui est la notre.

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  • Yo

    Je me suis retournée, et tout à coup, je me suis dit "mince on est en décembre, où est ma politesse et ma délicatesse ?"

    Je me suis dit plein de choses en fait, mais toutes revenaient à un point : je m'ennuie d'ici. Mon blog me manque (j'ai même failli écrire "mon blogounet", c'est vous dire le degré de manque).

    Je parie que vous êtes entre deux listes de Noël, coincés entre le pull en cashmere pour tata Jacqueline et le prélèvement de la taxe d'habitation qui donne envie de déménager à Saint-Sauveur-Les-Vaches pour économiser à l'avenir.

    Perso, je suis encore en train de me remettre de la vision de notre auguste Président en tenue de kazakh. Je vous laisse regarder sur Google si vous y tenez, j'essaie d'oublier pour ma part.

    Voilà, décembre est là. je vous salue, marris que vous étiez de mon absence (ne dites pas non ou je vais pleurer de dépit.)

    Bon, comment ça va ?

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  • Niki de Saint Phalle

    Mardi dernier, j’ai eu le bonheur de découvrir en avant-première l’exposition consacrée à Niki de Saint Phalle, au Grand Palais.

    Moment parfait qui a combiné art et réflexion (en même temps, séparer ces deux termes est assez difficile pour moi.)

    Dès l’arrivée, on est accueilli à l’extérieur par la fontaine, qui a revêtu les couleurs de Niki de Saint Phalle, pour l’occasion.

    Le visiteur pourra déambuler, et découvrir une artiste incroyable d’audace et de vérité. Je me suis souvent demandé s’il y avait un art féminin, et un  art plus masculin. Ou s’il y avait quelque chose qui, transcendant tout, « était simplement l’expression de l’artiste, de son chemin, de ses réflexions et de ses douleurs et joies.

    Avec Niki de Saint Phalle, j’ai trouvé quelque réponses : l’art est un combat, une expression. Chez elle, c’est la voie, la voix, qu’elle a trouvé pour dire au monde ce qu’elle est : une femme rebelle, dans un temps où on voulait la femme charmante et silencieuse.

    C’est d’ailleurs assez étonnant de voir cette Une de Life, avec Niki de Saint Phalle,

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    puis d’admirer derrière cette œuvre : la mort du patriarche,

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    Il faut voir l'exposition pour comprendre ce que l'artiste à apporté de renouveau et d'audace dans un monde de l'art chasse gardée des hommes. L'art comme une arme de libération, et de réappropriation de son corps, c'est aussi ce qu'elle nous dit.

    On notera aussi qu'elle a su très tôt jouer avec les médias, et se mettre elle-même en scène dans son art: attirer l'attention sur elle pour mettre en avant son propos artistique.

    Voilà ce qu’elle dit dans une de ces lettres : « "Quand mon père quittait tous les matins la maison à 8 h 30 après le petit déjeuner, il était libre (c'est ce que je pensais). Il avait droit à deux vies, une à l'extérieur et l'autre à la maison.
    Je voulais que le monde extérieur aussi devienne mien. Je compris très tôt que les HOMMES AVAIENT LE POUVOIR ET CE POUVOIR JE LE VOULAIS.
    OUI, JE LEUR VOLERAIS LE FEU. Je n'accepterais pas les limites que ma mère tentait d'imposer à ma vie parce que j'étais une femme.
    NON. Je franchirais ces limites pour atteindre le monde des hommes qui me semblait aventureux, mystérieux, excitant. »

    Une œuvre surgit dans son temps bien sûr, et la prison sociale que ressentait Niki de Saint Phalle a permis à son art de surgir.

    Mais elle nous offre aussi une beauté et une réflexion bien plus pérenne, et qui vaut encore aujourd’hui : c’est à ça que l’on reconnaît les révolutionnaires, aux traces qu’ils ont laissé bien après leur mort. A cet égard, Niki de Saint Phalle est une grande révolutionnaire.

     

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    (Tiens, je comprends mieux d'où Jeff Koons tire son "inspiration")

    Exposition Niki de Saint Phalle

    Grand Palais jusqu’au 2 février 2015

    Pour finir, il est rare que je conseille une application pour smartphone, mais l'e-album de l'expo vaut le coup : https://itunes.apple.com/app/niki-saint-phalle-le-album/id902971085

     

    niki de saint phalle,grand palais,révolution,médias

     

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  • Le Roman d' Enéas - Anonyme

    Bon.

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    Voilà un ouvrage qui m’aura donné du fil à retordre, mais que je ne regrette pas d’avoir lu.

    Le roman d’ Enéas est un récit incongru pour moi, puisque c’est la réécriture de l’ Eneide par un anonyme du Moyen-Age.

    L’histoire est donc assez connu, puisqu’elle a d’abord été l’œuvre d Virgile.

    Nous sommes au soir de la chute de Troie, vaincue par Ménélas et ses alliés. La ville est détruite, il ne reste que des cendres et le désespoir. Enéas, fils de Vénus, quitte les rives de Troie, avec les siens et les dernières richesses de la ville, sur les conseils de sa mère, pour gagner la Lombardie. Au milieu du voyage maudit par Junon,  Enéas arrive en Libye, sur les terres de la reine Didon.

    Vénus, effrayée par la réputation de cruauté des Libyens, fait en sorte que Didon et Enéas tombent amoureux, dans l’idée de protéger Enéas. Ce dernier restera un temps à Carthage, sous le coup de cet amour, qui enflammera littéralement Didon, puisque celle-ci, après avoir négligé l’administration de son royaume, subit la jalousie des prétendants qu’elle avait repoussé avant Enéas, finira par mourir sur le bûcher, las, sans avoir fait revenir à elle Enéas, les dieux ayant rappelé ce dernier à son devoir vers la Lombardie. Enéas reprend donc la mer, et après quelques péripéties arrive enfin en Lombardie,  près du royaume de Laurente. Le roi de Laurente souhaite donner sa fille, Lavine, en mariage à Enéas, mais la Reine ne l’entend pas ainsi, et par ailleurs il y a un promis de la princesse Lavine, Turnus, qui complique encore l’affaire. La reine de Laurente s’oppose au mariage de Lavine et Enéas, elle rappelle au roi la catastrophe de Troie, et la triste fin de la reine Didon : comment faire confiance à un peuple qui occasionne tant de drames ? Turnus est prêt à la guerre contre les troyens. Le roi de Laurente se résout à promettre la main de sa fille à celui qui gagnerait la guerre, de Turnus ou d’Enéas. Au terme d’une guerre cruelle, une trêve s’établit pour un moment. L’occasion pour Lavine de croiser le regard d’Enéas et de tomber amoureuse (alors que sa mère l’avait prévenue contre lui…) Enéas aussi finit par tomber amoureux, mais le dissimule, sur les conseils de Cupidon. Le jour du duel entre Turnus et Enéas arrive, et, après moult revirements, batailles et angoisse, Enéas finit par défaire Turnus et ses alliés. Il gagne ainsi la main de Lavine et les terres du roi de Laurente.

    Ce qui est assez amusant finalement, c’est que ce nouveau regard sur l’Enéide, avec la place qu’il donne à l’amour, concourt à éclaircir la vision un peu triste et sombre que l’on a du Moyen-Âge : c’est finalement l’amour qui prend toute la place, dans le roman d’Enéas, comme au Moyen-Âge. L’Amour Courtois n’est pas qu’un mythe. Je n’ai pas grand souvenir du texte de Virgile, et il faudrait certainement que je m’y replonge, mais l’auteur médiéval que j’ai lu pour l’occasion, a de toute évidence reconstruit le récit selon les codes de l’Amour Courtois.

    Les pages où Lavine se lamente de la probable indifférence d’Enéas à son égard, pendant que le même Enéas expérimente les souffrances de l’amour, sont parmi les plus belles de l’ouvrage. L’équilibre des sentiments, entre haine et amour, figuré par les batailles de l’épée et celles du cœur, rend ce roman très original par rapport à son ancêtre antique. L’amour moteur et objet de la vraie quête, finalement.

    Roman dense, touffu même, mais qui se laisse lire (je peux comprendre qu’on saute deux ou trois ligne de-ci de-là, mais pas trop, sinon on perd vite le fil)

    Je l’ai lu dans une version « bilingue », vieux français-français, au Livre de Poche. Ce n’est pas forcément très confortable, mais certainement parce que j’avais le réflexe de toujours lire la page en vieux français en parallèle de la version « traduite ».

    C’est une expérience, hors de cette rentrée littéraire et hors du temps, une vraie plongée, qui me redonne simplement envie de découvrir les autres romans antique du Moyen-Âge.

     

    Merci Maggie et Claudialucia pour cette LC.

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  • Madame - Jean Marie Chevrier (Albin Michel)

    Madame est un roman particulier.

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    Je l’ai lu il y a une semaine déjà, et j’ai attendu avant d’écrire quoi que ce soit à son sujet. Pour voir ce qu’il en resterait.

    Une petite musique de fond, un film un peu flou mais familier.

    Pendant cette semaine, j’ai vécu avec les personnages, dans le château de Madame, avec les derniers, et leur fils, Guillaume.

    Guillaume, que Madame appelle Will, que Madame confisque  chaque jour pour lui donner des leçons de maths, de littérature, d’histoire, pour faire de lui un petit gentilhomme pour gentilhommière. Guillaume, sous la férule de Madame, devient chaque jour un peu plus le remplaçant de l’autre, de celui qui est mort, de ce fils qui n’est plus. Madame ne semble pas avoir de chagrin, de sentiments, ou de vie, tout est figé dans le château comme dans ses veines.

    Les parents de Guillaume voient d’un mauvais œil cette relation, et ne comprennent pas pourquoi Madame fait des cadeaux à Guillaume, et lui apprend toutes ces choses qu’eux-mêmes ne savent pas. Comme si elle voulait le leur voler, l’élever hors du sol où ces fermiers se tiennent pour l’emmener dans ses sphères à elle.

    Madame est-elle simplement bonne et généreuse, veut-elle seulement donner à Guillaume, ce qu’elle ne peut plus offrir à l’autre enfant, le disparu ?

    Ce roman m’a entraînée, et perdue comme au milieu d’une forêt, mais c’était agréable d’être perdue ainsi. A cet égard, on est dans un flou total quant à l’époque où se situe l’action, et c’est encore une qualité car cette intemporalité vient souligner le plus important : les caractères, les sentiments. J’étais presque choquée de croiser le mot « ordinateur », tant j’avais intégré l’anéantissement du temps et de la durée !

    Madame est un roman à la psychologie simple et subtile : sa force réside dans les petits détails, dans la vanité des uns, la colère, la curiosité, la jalousie, l’envie, autant de petites piques qui viennent tracer un chemin qui mènera irrémédiablement à la chute.

    La chute. Exactement.

     

    Madame, très joli roman de Jean-Marie Chevrier, aux éditions Albin Michel.

    Une agréable surprise de cette rentrée littéraire.

     

    Bon, sinon, je me rends compte que j’ai de plus en plus envie de partager autour des bouquins que je lis.

    Je crois que je vais ranger toute les chroniques bouquins dans un blog dédié. Ou pas.

    Je vous tiens au courant, pour peu que ça fasse palpiter quelque palpitant que ce soit :)

     

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  • Rentrée, en dedans

    La rentrée scolaire me fait poser pas mal de question, sur ce qui est bon ou pas pour nos enfants. Les nouveaux rythmes scolaires, les nouveaux horaires à respecter, la qualité des activités après les cours, la courses effrénée pour être à l’heure, tout cela me fait réfléchir sur mon quotidien, sur ce que je veux pour moi et mon enfant, au-delà d’un temps partiel bancal.

    Si j’avais su qu’un jour je me balancerai à moi-même ce poncif : la qualité de vie c’est important.

    Pourtant c’est vrai.

    La réforme scolaire aura eu au moins cette qualité de me remettre profondément en question, en tant que mère, ainsi que sur le plan professionnel.

    Je n’ai pas toutes les réponses, mais je sais déjà que je dois changer de rythme, de vie et de priorités.

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  • Les Mémoires d'Hadrien - Marguerite Yourcenar

    Marguerite Yourcenar est entrée dans ma vie un matin de décembre, par la grâce de Sœur Marie-Danielle, qui m’avait envoyé croupir en étude, parce que j’avais récolté un 2/20 en math ce jour là (c’était pourtant une belle progression, j’avais tout de même doublé ma note !)

    Comme il était hors de question que je me penche sur les exercices qu’elle m’avait laissé à faire ce soir là, j’ai simplement attrapé un des livres qui trainaient dans les rayonnages bien pourvus de la salle d’étude.

    Je me rappelle qu’il y avait le Léviathan de Julien Green (on pourra en parler à l’occasion.) et donc un ouvrage de Yourcenar, l’œuvre au noir. Déjà, quel titre ! Magique et mystérieux. J’ai passé les deux heures restantes à le dévorer, me laissant emporter par la vague Yourcenar.

    Aujourd’hui, c’est d’une autre de ces pépites dont je vais vous parler. Maggie a eu la belle idée de reposer une lecture commune autour des Mémoires d’Hadrien.

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    Il s’agit des mémoires imaginaires de l’empereur Hadrien, sous la forme d’une lettre qu’il laisse à son futur successeur, Marc Aurèle. Ce n’est pas seulement le prétexte à reprendre des faits historiques sous forme romanesque. Il s’agit là plus d’un livre de méditation, de réflexion, un vademecum à la vie, à la politique, et à la mort. Un guide parfait pour être un homme de bien. Yourcenar à choisir un homme remarquable, dans une époque particulière, pour apporter une réflexion forte, autour de la vie, bien sûr, mais aussi de la mort, des choix que l’on fait, ou qu’on ne fait pas, en regard de ses obligations familiales, politiques, amicales. Elle trace à merveille un chemin, qui pour moi est le contre-pied total au Prince de Machiavel. Il y a une morale dont on doit se nourrir, y compris pour assumer nos faiblesses et nos échecs. Même l’amour qu’Hadrien éprouvait pour Antinoüs est prétexte à une réflexion profonde. Qu’est-ce que la perte, qu’est ce que le renoncement ? Le sacrifice ? Homme de bien, de paix, honnête homme, Hadrien est le portrait du dirigeant lucide et courageux.

    J’ai aimé ce récit car il offre une telle palette, si riche, de poésie, d’histoire, de philosophie… Un tout humaniste qui envisage l’homme avec ses forces et ses faiblesses, et qui le guide tranquillement vers la mort, sans regret, sans peur. Quelle peur pourrait-on ressentir de la fin, quand on a agi sa vie durant en faisant de son mieux ?

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    Statue d'Hadrien provenant du temple d'Apollon à Cyrène

     

    Merci Maggie pour cette lecture commune, à retrouver chez elle, et chez Claudia également.

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  • Concours de nouvelles #ecrireaufeminin

    Bon, je m’y prends à la dernière minute, à l’arrache, mais c’est comme souvent, je n’arrive pas à me décider avant d’être au pied du mur.

    Donc, à moins de 48h de la clôture des votes, j’ai soumis deux nouvelles au concours Ecrire Au Féminin, du site Au Féminin.

    Vous dire si je suis bien partie…

    Mais si l’envie vous vient de m’aider, de me faire plaisir simplement, vous pouvez allez là Un Été et là Guillaume lire et voter pour moi.

    Pas grand-chose à rajouter pour ce soir, mais à très vite, avec la suite de la Rentrée Littéraire sur le blog !

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