15.02.2012

Le sommeil de l'enfance s'achève en oubli, disait Victor Hugo

Une année inconsidérée, j’ai décidé que j’étais prête pour avoir un enfant, que moi qui jurais ne pas vouloir être mère, j’avais changé d’avis.

Il ne s’agissait pas d’avoir un enfant, mais de l’avoir lui. Il a mis presque trois ans à se décider, mais quand il est arrivé, je l’ai reconnu immédiatement, ce bébé était une évidence, la plus belle de toute.

C’est curieux comme la minute d’avant on est une certaine personne, et la minute d’après on en devient une autre, celle qui n’imagine plus l’univers sans lui. L’inconnu devient indispensable, essentiel, vital, nécessaire.

Et c’est curieux aussi, comme on a cette impression de le reconnaître, alors même qu’il vient de naitre. Quel est ce miracle ? N’y a-t-il que moi qui le connaisse ? Ça ne peut se renouveler, c’est impossible, il n’y a que moi qui puisse ressentir ça. Et pourtant…

Je l’ai reconnu, à la seconde où je l’ai tenu entre mes bras. Dieu sait que ça n’a pas été simple. On ne me la confié que plus de 24h après sa naissance. Vingt-quatre heures à me demander à quoi il ressemble, si je l’aimerais, s’il m’aimerait aussi, et si je saurais m’en occuper.

Vingt-quatre heures conclues par la plus belle rencontre de ma vie, ses petits doigts serrant les miens. Il était déjà trop tard, comment ne pas l’aimer, c’était lui que j’attendais, et qui est arrivé un 15 février, discrètement, sans ennuyer sa maman par un travail trop prolongé… Je fais partie de ces mères un peu béates (un peu bête ?) qui s’extasient sur la moindre minute de leur accouchement… Sept ans après, je m’émerveille encore de ce qui a été une promenade parfaite vers le statut de « maman », et je me dis que je suis la plus chanceuse de toutes, de l’avoir, lui, mon fils.

 

Je vais voler à Paul Eluard ces quelques mots, qui expliquent si bien ce que je ressens à chaque fois que je le vois :

 

Il fallait bien qu’un visage
Réponde à tous les noms du monde.

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C’est si simple, et si évident….

Joyeux anniversaire à toi.

24.01.2012

Carnets du monde

J’avais mis de côté un carnet, dans lequel j’avais dessiné, maladroitement, des nuages, des gouttes de pluie, des sortes d’oisillons et puis quelques tasses à thé aussi. Je ne sais pas dessiner, je dessine mal, mais j’aime ça quand même. J’avais presque oublié ce carnet, quand je suis retombé dessus en cherchant un Moleskine neuf. C’est curieux comme un simple dessin (ou une chanson, une scène de film, une odeur…) peut nous transporter pile au moment où cela représentait pour nous la plus belle émotion.


C’est magique les souvenirs. On aperçoit une petite étoile maladroitement esquissée, et tout un univers de sentiments revient. J’aime comme cela emporte tout les sens, comme ce voyage dans le passé, de quelques instants, est pourtant si concret !


Je reprends un autre Moleskine, et je suis heureuse par avance de ce que je vais en faire : je collectionne les photomatons de mon fils, que nous prenons depuis qu’il est petit bébé, et j’avais envie d’en faire quelque chose. Pour l’instant, ces mini-clichés trônent sur mon bureau, mais j’aimerais les mettre en scène dans ce carnet, avec des dessins, des collages, des annotations, faire appel à mes souvenirs, ceux collés à chaque période du cliché.


Pourtant, je ne suis pas la reine des albums-photos, j’ai des piles entières qui attendent d’être classées…  Je ne suis pas non plus très « scrap booking »… J’ai juste eu cette envie subite de voir les milles petits visages de mon fils danser sur un fil du temps bien à nous, une chronologie personnalisée.

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En espérant que dans quelques mois, quelques années, ouvrir ce carnet sera un doux voyage dans le passé.

06.10.2011

L'enfance de l'amour

Hier j’ai pu observer chez mon fils, pour la première fois, la trace d’un chagrin d’amour. Ou quelque chose d’approchant.

Depuis la petite section, mon fils connaît une petite fille, Sarah, avec qui il aimait jouer. Pendant les trois ans de maternelles, je l’ai souvent taquiné à ce sujet, parce que je les avais quelquefois surpris à se tenir la main, à se faire des bisous sur la joue, et il est arrivé souvent que mon fils dessine des cœurs en écrivant le prénom de la dite Sarah au milieu… Pourtant, mon fils a toujours protesté du contraire, ce qui me menait à le taquiner encore plus.

Puis cette année de grande rentrée au CP, nous apprenons que Sarah déménage loin. Jusqu’ici je n’y attachais plus d’importance. Puis j’ai remarqué que mon fils montrait un certain abattement, quand on parlait d’elle. Hier, c’était le summum. On regardait les zouzous le midi sur France 5, j’allais fermer la télévision au moment de Princesse Sarah (dessin animé tragique de mon adolescence…) quand le petit a demandé à regarder, en me faisant des yeux de panda tout triste. Et comme ça, il a regardé Princesse Sarah, en faisant une vraie tête d’enterrement… Puis, à la fin, il a éteint la télé, et est allé dans sa chambre prendre un des derniers cadeaux que Sarah lui avait fait à son anniversaire, un livre, avec la même tête d’enterrement…. Il a gardé ce livre une bonne  heure, sans le lire, et voilà…

J’ai un peu parlé avec lui ensuite, il est resté tout calme et tout doux, avec une sorte de lassitude qui m’a vraiment peiné.

Je trouve que ça ressemble bien à un chagrin d’amour… En tout cas il a eu une contrariété dans ses sentiments, c’est le moins qu’on puisse dire…

Je sais que ça passera, mais ça me fait tout drôle de le voir comme ça…

Pour citer Stendhal, un spécialiste en la matière « on ne se console pas des chagrins, on s’en distrait ». J’espère qu’il s’en distraira assez vite…

13.07.2011

Promenade aquatique en plein Paris

La semaine passée nous avons eu l’occasion de visiter l’Aquarium de Paris, CinéAqua, avec mon fils. C’était une sortie prévue de longue date, qui a été avancée grâce à l’adorable proposition de Xavier !

C’est donc avec un petit garçon impatient que j’ai franchi les portes de cet aquarium pas comme les autres. On avait hâte de croiser le regard des requins, mais pas que !

On n’a pas été déçu ! Choupi a tout de suite plongé dans le bain, si j’ose dire. Bassins remplis de faunes multicolores et lumière tamisés font de cette promenade aquatique un enchantement. Une petite parenthèse bien agréable.

L’Aquarium de Paris m’intéressait parce que ce n’est pas ,un aquarium comme les autres. Il y a des ateliers pour les petits, des activités, des petites expo (notamment celle sur Miyazaki, un bonheur !!!) et deux salles de ciné. Les séances de films ou docu sont un vrai petit plus à cette visite !

Mon fils a adoré observer les requins, en fanfaronnant un peu devant ^^ Et il a aussi aimé plonger ses mains dans le bassin des poissons, avec tout les autres gamins émerveillés !

J’ai pris quelques photos, qui ne rendent pas justice aux lieux, mais tout de même.

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Bref, on s’est amusé, émerveillé, c’est une sortie à faire et refaire ! 

Ouvert tout les jours de 10h à 19h, plus d'info sur le site de CinéAqua

29.06.2011

Une école, une autre

Je marchais dans la rue et j’ai vu une enseigne Tang. Et j’ai pensé au tang. Une poudre orange, qu’on versait dans de l’eau pour obtenir une boisson bizarrement bonne et tellement chimique.  Ma mère rangeait le paquet dans un placard derrière la porte de la cuisine. Parfois, pendant la sieste, je filais en douce, en prendre un peu, à la cuillère. Ça piquait un peu je crois, c’était bon, interdit et sucré. Je n’en n’ai pas gouté depuis cette époque lointaine.

Et puis, hier, en reposant mon flacon de Castelbajac, je me suis rappelé une autre odeur d’amande amère, celle de la colle Cléopâtre de mon enfance.

L’école élémentaire où j’allais, je crois m’en souvenir. Je revois les couloirs et les étages. La cour, où je jouais à 1, 2,3, Soleil, courir et aller plaquer les mains contre le mur blanc juste à l’entrée du préau. Je me rappelle d’une petite bourse de tissu blanc, comme une minaudière. Qu’est ce que je pouvais mettre dedans ? Des trésors certainement. Je me souviens de ma déception quand je l’ai perdue…

Je revois Marie-Hélène, qui dessinait si bien du haut de ses six ans. Ses dessins me fascinaient. Alors elle m’avait offert un petit cahier, aux pages blanches, dans lequel elle avait dessiné Bambi et Panpan entre autre. C’était mon premier carnet précieux…

Parfois, je rêve de cette époque. Dans mon sommeil je retourne sur ces lieux, et je joue à l’élastique, à la corde… Je revois la petite bibliothèque de l’école où j’ai découvert le clan des 7, Alice Reporter et la collection de contes du monde de Nathan. Je n’allais pas en court de sport, alors je passais quelques heures fabuleuses à lire, tranquille…

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Je me remémore ces souvenirs à la veille de la réunion d’entrée en CP de mon fils. Je me demande ce qu’il peut garder de ces années, quel monde imaginaire est le sien. J’aimerais qu’il traverse ses années dans l’insouciance et la joie, le jeu, l’émerveillement.

C’est fou, près de six ans après, je n’en reviens pas d’être mère. 

22.06.2011

It's a small small world

Dimanche, avec mon petit garçon, nous avons passée une journée faite de rêves, de magie, de courses, de grottes mystérieuses et de pirates sympathiques. J’ai fini par céder, et je l’ai accompagné à Disneyland Paris, pour lui faire plaisir.

Les parcs d’attraction et moi, ce n’est pas trop ça. Mais allez savoir, on change… Et j’ai passé une journée fabuleuse à regarder mon fils s’émerveiller, sauter, grimper, hurler parfois d’une peur feinte et se jeter dans mes bras. J’ai adoré le voir poser avec un Jack Sparrow de fantaisie, s’émerveiller de voler comme Peter Pan et faire un score d’as intergalactique avec le vaisseau de Buzz l’éclair.

Je crois que ce qui me manquait comme motivation jusque là, pour ce genre d’endroit, ce n’était que les rires de mon fils, sa joie et le bonheur d’être avec lui.

Une belle journée, oui.

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31.05.2011

A bout de souffle

Le week-end ainsi que le lundi ont été agités en fait. Il y a eu des quintes de toux, des nuits blanches, la courses aux docteurs… Puis hier, lundi, après une dernière radio, le diagnostique a été posé : mon fils est asthmatique.

C’est à la fois bénin et grave pour moi.

Je suis peinée de voir mon fils essayer de s’habituer à cette petite machine (une chambre d’inhalation) pour prendre un traitement qui va être quotidien pour un sacré bout de temps…

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L’asthme est une maladie mal connue je me rends compte. Je suis devenue asthmatique à 26 ans seulement, et depuis ces dix dernières années, j’essaie d’équilibrer ma respiration, de jongler avec les 36000 traitements et innovations qu’on me propose. Respirer c’est vivre. Ça devrait être simple et naturel. Mais je sais, pour le vivre, comme la panique peut te gagner quand tu sens tes poumons étouffer, et toi avec. La panique qui vient quand tu ne sais pas quoi faire pour trouver un peu d’air.

Je ne voulais pas de ça pour mon fils, et j’espérais qu’il y échapperait, puisque je n’avais pas été asthmatique dans mon enfance…

Depuis ces derniers jours je m’en veux un peu. De quoi ? Je ne sais pas. J’ai bien écouté son père, et les médecins, m’expliquer que ça n’avait rien avoir avec quelque chose que je lui aurais transmis, ou quelque chose que j’aurais mal fait dans les soins que je lui apporte. Mais c’est comme ça. Et pourtant je m’en veux. Je sais que ça va passer…. Mais je déteste le voir comme ça.  Puis je me dis ; ce n’est QUE de l’asthme… Mais c’est mon petit bébé.

Je lisais récemment chez Sandra je crois, de jolies réflexions autour de la mère parfaite ou indigne, j’y ai donné mon avis, en disant qu’on ne fait jamais que ce qu’on peut finalement, et de son mieux. Je sais que c’est l’attitude la plus simple et la plus saine, et la plus réaliste aussi.

Alors pourquoi ce sentiment de culpabilité irrationnelle aujourd’hui ?

12.05.2011

ASL aime EAL

"Un enfant prodige est un enfant dont les parents ont beaucoup d'imagination." Jean Cocteau

 

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C’est ma citation pour les jeudis de Chiffonnette.

Quand j’ai eu mon premier enfant dans les bras, pour la première fois, chez moi, seule avec son père, je me suis demandé comment faire. Comment m’occuper de lui, si je saurais faire. J’étais toute bizarre, non pas paniquée, mais dans une sorte d’état second. Cela me semblait improbable que moi, la fille un peu trop spontanée et parfois « absente », je puisse avoir un enfant. Et il était là, dans mes bras. Depuis, je ne cesse de me poser des questions sur l’éducation que nous lui donnons, sur notre capacité à bien discuter avec lui ; sur la manière d’allier subtilement fermeté et dialogue…

Et toutes ces questions n’ont trouvé qu’une seule et même forme de réponse : l’amour, bien sûr, et les mots. Parler, dire ce qu’on aime de lui. Répéter chaque jour que c’est ce qu’il est qui nous plait et le rassurer surtout. Parce qu’il y a une chose que j’ai retenu de la vie : ne pas oublier l’enfant qu’on a été, et combien la vie peu sembler étrange, injuste, difficile parfois.

Plus que tout, et pour en revenir à Cocteau, je veux un enfant prodige : un enfant qui n’a pas peur d’être lui-même, ni d’aimer les autres. Je veux un enfant pour qui la gentillesse n’est pas une tare, mais la qualité essentielle. Je veux un enfant qui fasse de son imagination le moteur de sa vie.

C’est une chose curieuse à dire, mais cet enfant là ne pouvait avoir que nous comme parents… C’est la vérité universelle de toutes les mamans, je sais bien :)

Bref, chouchou, je t’aime.