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dormir

  • Sleep tight my love

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    A venir :  - récapitulatif des concurrents pour le concours « dans les souliers de Causette »

    - bilan d'étape du challenge Daphné Du Maurier.

     

     


     

    Mes nuits sont assez étranges en ce moment. Non, pas étrange, mais peuplées d'images. Je n'ai jamais vraiment aimé dormir. Le sommeil chez moi n'est réparateur qu'entre 5h et 8h du matin. Dormir avant 5h m'angoisse car je ne veux pas voir mourir ma vie d'avoir trop dormi. J'y succombe souvent pourtant à ce sommeil. J'aime la nuit, son calme, ses bruits particuliers. Quand je dors seule, j'écoute la radio toute la nuit, ou de la musique classique si je travaille un peu. Dormir n'est que l'occasion de manquer le soleil qui se lève, les nuages et le ciel qui prennent cette teinte si particulière. Dormir c'est s'allonger seule, même s'il y a quelqu'un à côté, et penser à ce qui a été loupé, gâché, saccagé. A ce qui sera probablement empêché d'être. Rester éveillée, à me remplir les oreilles de musique ou les yeux de belles images est une façon de dévier la pensée, de la mener vers des chemins moins dangereux, plus propice à la joie et à l'espoir.

    Dormir après 8h me laisse le gout amer de la culpabilité : toutes ces choses qui attendent d'être accomplies et moi qui reste allongée. Alors je ne dors pas. Ou mal. Dormir est un entrainement pour la mort : pourquoi s'acharner à améliorer ce qui viendra naturellement le jour dit.

    La nuit je mets de la musique, en ce moment le Requiem de Mozart et Bach par Glenn Gould évidemment... Snobisme confortable. Parfois je me contente d'écouter en agitant les doigts en l'air tel un chef d'orchestre devant ses musiciens imaginaires. Parfois j'écris, pour moi ou pour vous, ou pour personne, juste le temps de lâcher quelques mots et de ne pas les sauvegarder.

    La nuit je regarde de belles images, je lis des poèmes ou des extraits d'œuvres classiques. Elles prennent une nouvelle dimension à la faveur du calme nocturne. Je peux passer de longs moments à regarder des silhouettes, des arbres ou des livres, seulement pour en apprécier la beauté. Le beau c'est le beau, et puis voilà. Il est à telle une évidence.

    La nuit c'est un champ immense des possibles. Tout est valide et projetable dans l'avenir. Le chemin est clair et simple. C'est la journée qui vient tout gâcher inopinément, en jetant sur l'espoir la lumière crue de la réalité.

    La nuit je voudrai croire que vous dites vrai. Je voudrais croire que c'est si simple, vous et moi, de mots entre nous, la joie de se toucher enfin. Mais le jour succède à la nuit, et je retrouve la raison, compagne la plus déraisonnable qui soit. Alors j'attends la nuit, je vous attends. Même s'il m'arrive de fuir, tout me ramène à vous.

    En attendant de savoir, je savoure la beauté du monde. Avec vous.