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henri langlois

  • Je me souviens que j'aime

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    Cet été j’apercevais souvent une affiche de la Cinémathèque, à propos de l’expo « Le Musée imaginaire d’Henri Langlois », qui retrace les passions de ce grand cinéphile, qui allaient au-delà du cinéma et traçaient un pont entre tous les arts (tiens, le Pont des Arts en quelque sorte).

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    Et puis ce soir, en rentrant, j’ai écouté une lecture de « Je me souviens », de Pérec, par Sammy Frey.

    La voix de Sammy Frey. Il y a de ces voix d’hommes, parfois de femmes, qui sont un instrument de poésie à elles seules. Je les écoute, quoi qu’elles disent je suis heureuse et émue.

    Je ne vous ai jamais parlé de mes voix préférées ? Il faudra que je le fasse.

    Georges Pérec, et Henri Langlois, donc. Je me suis souvenue, moi aussi, et je me rends compte que j’ai perdu de vue ce qui me motivait à écrire ici, au-delà de tout, me rappeler encore et encore, par le biais de l’écriture, de ce que j’aime, de ce qui a traversé ma vie, et y a laissé une petite trace de beauté, de rêverie.

    Nous avons tous un musée imaginaire. Ce qui est merveilleux, c’est qu’on peut le remplir presque indéfiniment. Et si dans le mien figurent le souvenir de mon premier bouquet de pivoines chaque année, un petit mot de mon fils, l’odeur du dernier garçon qui m’a embrassé, il y a aussi l’Homme Debout de Giacometti, à défaut de l’avoir dans mon salon, et puis le roman de Jack London, Martin Eden, Jeanne Moreau qui chante au coin d’une cheminée, ma première paire d’escarpins et cette antienne de René Girard que j’oublie trop souvent : "chacun de nous se croit seul en enfer, et c'est cela l'enfer", et puis la Sainte-Vierge de Francis Picabia, et encore l’odeur un peu passée d’Opium sur un vieux foulard, et la neige le jour de la naissance de mon fils, et puis, et puis…

    On craint toujours de faire trop de place à ses souvenirs, qu’ils prennent l’espace dédié à « l’agir », mais je ne crois pas cela. Mes souvenirs et le musée imaginaire, c’est le moteur, l’exemple, la motivation pour faire, et bien faire.

    Tout cela pour en arriver à cette simple idée : parler un peu plus ici de ce qui peuple mon musée imaginaire.