Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

francis picabia

  • L'accro du shopping à la rescousse - Sophie Kinsella

    Pin it!

    La semaine passée je faisais des recherches sur mon chouchou Picabia (un jour une de ses œuvres sera mienne !), et je suis tombée sur cette phrase de lui : “La bonne conscience du rire me repose des gens sérieux.” C’est exactement ça ! On pourrait sinon, dire comme Les Nuls, que c’est bon de rire parfois. Et je saute de Picabia aux Nuls pour arriver à ma petite joie du jour : Sophie Kinsella.

    Les courageux qui me lisent depuis quelques années savent que l’éclectisme littéraire est un sport que je pratique beaucoup, enfin je crois que ça se voit assez ! Et c’est ainsi qu’un de mes auteurs chouchou de ce qu’on nomme Chick Litt (est-ce que je suis une poule, je vous le demande !), n’est autre que Sophie Kinsella. Je suis tombée dans le sac à main de son accro du shopping dès le premier opus, pour la meilleure raison du monde, la plus simple : Becky c’est moi. Et oui, mon lourd secret, enfin pas si secret que ça, c’est d’être la madame Bovary du shopping (pardon Flaubert), et j’ai été ébahie à la lecture des premières aventures de Becky, tellement j’avais l’impression d’un miroir que l’on me tendait… c’est dire si j’ai de suite accordé mon affection à cette héroïne. J’avais l’impression de me voir, jusque dans ses maladresses et ses erreurs. Depuis, je suis présente à chaque nouvelle aventure de mon Accro du Shopping préférée. J’avoue avoir moins aimée L’Accro du Shopping Attend un Bébé, pas assez renouvelé à mon gout et trop prévisible. Mais Sophie Kinsella est un auteur dynamique et surtout plein d’une incroyable candeur imaginative. Aussi j’ai allègrement replongée pour les aventures de Becky en jeune maman et Becky à Hollywood.

    2016-05-24 001.JPG

    C’est donc à Hollywood qu’on avait laissé Becky, blasée des paillettes et des mirages de la célébrité. C’est une Becky plus authentique qu’on retrouve, la gentille petite anglaise, nature et bienveillante, attachée à ses amis, à sa famille et sur qui on peut compter. L’Accro du Shopping à la Rescousse c’est un véritable road trip dans les plaines désertiques du Nevada, où chacun cherche non pas son chat mais une personne chère. Becky part retrouver son père, lui-même parti aider un ami, pendant que Suze se fait du souci pour ce cher Tarquin ! Quel plaisir de les retrouver, tous. Ça m’a vraiment fait l’effet d’une famille réunie, des amis qu’on connaît depuis toujours : c’est ce qui arrive quand un auteur dessine avec amour ses personnages de roman, avec profondeur et caractère.

    Il y a de tout dans la Chick Litt et j’ai déjà dit combien je n’aimais finalement pas ce terme si réducteur ! Avec Jennifer Weiner, Marian Keyes et Isabel Wolff, Sophie Kinsella fait partie des femmes dont j’aime lire l’humour et la sensibilité. C’est une écriture difficile à tenir, car arriver à amuser, émouvoir, surprendre et faire rire aux larmes son lecteur en un seul roman, c’est du grand art. Et de l’émotion, du rire, des larmes, on en trouve à foison dans ce nouvel opus des aventures de Becky. J’ai apprécié un certain retour aux racines de la série, à la simplicité et à l’amitié encore plus forte et présente. J’ai retrouvé cette bonne vieille Becky qui gaffe mais qui ne veut que du bien aux gens, j’ai retrouvé l’inénarrable Suze et Tarquin le lunaire… Une petite tribu qui m’a vraiment manqué : même Alicia la vilaine aux belles jambes m’avait manquée ^^ Bref, un vrai retour réussie pour Becky.

    2016-04-28 005.JPG

    J’ai aussi eu la chance d’assister à une des rencontres avec Sophie Kinsella, et quel bonheur, toujours, d’entendre les auteurs parler de leur façon d’écrire, de leur cheminement et de ce qui les motive ou les fait douter au contraire. J’ai trouvé Sophie Kinsella aussi pétillante que Becky, accessible et follement drôle. C’est amusant, je ne pensais pas être aussi charmée par son naturel. J’ai ri en écoutant Sophie Kinsella, presque autant que j’ai ri en lisant Becky : c’est cette spontanéité du rire qui fait tant de bien. C’est bon et précieux !

    Alors oui, je perds souvent quelques heures à cogiter sur des questions oiseuses, ou à me lamenter des duretés de la vie : j’équilibre en me plongeant dans le rire dès que j’en ai l’occasion. Écoutez ce que dit Picabia et faites comme moi :)

     

    L'accro du shopping à la rescousse - Belfond

  • Je me souviens que j'aime

    Pin it!

    Cet été j’apercevais souvent une affiche de la Cinémathèque, à propos de l’expo « Le Musée imaginaire d’Henri Langlois », qui retrace les passions de ce grand cinéphile, qui allaient au-delà du cinéma et traçaient un pont entre tous les arts (tiens, le Pont des Arts en quelque sorte).

    langlois.jpg

    Et puis ce soir, en rentrant, j’ai écouté une lecture de « Je me souviens », de Pérec, par Sammy Frey.

    La voix de Sammy Frey. Il y a de ces voix d’hommes, parfois de femmes, qui sont un instrument de poésie à elles seules. Je les écoute, quoi qu’elles disent je suis heureuse et émue.

    Je ne vous ai jamais parlé de mes voix préférées ? Il faudra que je le fasse.

    Georges Pérec, et Henri Langlois, donc. Je me suis souvenue, moi aussi, et je me rends compte que j’ai perdu de vue ce qui me motivait à écrire ici, au-delà de tout, me rappeler encore et encore, par le biais de l’écriture, de ce que j’aime, de ce qui a traversé ma vie, et y a laissé une petite trace de beauté, de rêverie.

    Nous avons tous un musée imaginaire. Ce qui est merveilleux, c’est qu’on peut le remplir presque indéfiniment. Et si dans le mien figurent le souvenir de mon premier bouquet de pivoines chaque année, un petit mot de mon fils, l’odeur du dernier garçon qui m’a embrassé, il y a aussi l’Homme Debout de Giacometti, à défaut de l’avoir dans mon salon, et puis le roman de Jack London, Martin Eden, Jeanne Moreau qui chante au coin d’une cheminée, ma première paire d’escarpins et cette antienne de René Girard que j’oublie trop souvent : "chacun de nous se croit seul en enfer, et c'est cela l'enfer", et puis la Sainte-Vierge de Francis Picabia, et encore l’odeur un peu passée d’Opium sur un vieux foulard, et la neige le jour de la naissance de mon fils, et puis, et puis…

    On craint toujours de faire trop de place à ses souvenirs, qu’ils prennent l’espace dédié à « l’agir », mais je ne crois pas cela. Mes souvenirs et le musée imaginaire, c’est le moteur, l’exemple, la motivation pour faire, et bien faire.

    Tout cela pour en arriver à cette simple idée : parler un peu plus ici de ce qui peuple mon musée imaginaire.