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hexagone

  • Toute ressemblance ne serait pas fortuite

     

     

    Très contemporain, non ?

     

     

    Sinon, je ne me suis pas foulée aujourd'hui. Un extrait du magnifique "Napoléon le petit" de Victor Hugo. Remplacez simplement l'image de Louis-Napoléon par celle d'un être un peu nerveux, un peu bourré de tics (et parfois d'alccol), un peu hâbleur et veule, un peu inculte et beauf, un peu autoritariste, un peu con pour résumer grossièrement, et cela fera la blague pour ce jour.

     

    [...] Qu'on traduise devant les assises un malfaiteur quelconque, le voleur dira aux juges: Le chef de l'État a volé vingt-cinq millions à la Banque; le faux témoin dira aux juges: Le chef de l'État a fait un serment à la face de Dieu et des hommes, et ce serment, il l'a violé; le coupable de séquestration arbitraire dira: Le chef de l'État a arrêté et détenu contre toutes les lois les représentants inviolables du peuple souverain; l'escroc dira: Le chef de l'État a escroqué son mandat, escroqué le pouvoir, escroqué les Tuileries; le faussaire dira: Le chef de l'État a falsifié un scrutin; le bandit du coin du bois dira: Le chef de l'État a coupé leur bourse aux princes d'Orléans; le meurtrier dira: Le chef de l'État a fusillé, mitraillé, sabré et égorgé les passants dans les rues; - et tous ensemble, escroc, faussaire, faux témoin, bandit, voleur, assassin, ajouteront: - Et vous, juges, vous êtes allés saluer cet homme, vous êtes allés le louer de s'être parjuré, le complimenter d'avoir fait un faux, le glorifier d'avoir escroqué, le féliciter d'avoir volé et le remercier d'avoir assassiné ! qu'est-ce que vous nous voulez ?
    Certes, c'est là un état de choses grave. S'endormir sur une telle situation, c'est une ignominie de plus.
    Il est temps, répétons-le, que ce monstrueux sommeil des consciences finisse. Il ne faut pas qu'après cet effrayant scandale, le triomphe du crime, ce scandale plus effrayant encore soit donné aux hommes: l'indifférence du monde civilisé.
    Si cela était, l'histoire apparaîtrait un jour comme une vengeresse; et dès à présent, de même que les lions blessés s'enfoncent dans les solitudes, l'homme juste, voilant sa face en présence de cet abaissement universel, se réfugierait dans l'immensité du mépris.[...]

     

    [...]

     

    [...]Les sceptiques sourient et insistent; ils disent: "N'espérez rien. Ce régime, selon vous, est la honte de la France. Soit; cette honte est cotée à la Bourse. N'espérez rien. Vous êtes des poëtes et des rêveurs si vous espérez. Regardez donc: la tribune, la presse, l'intelligence, la parole, la pensée, tout ce qui était la liberté a disparu. Hier cela remuait, cela s'agitait, cela vivait, aujourd'hui cela est pétrifié. Eh bien, on est content, on s'accommode de cette pétrification, on en tire parti, on y fait ses affaires, on vit là-dessus comme à l'ordinaire. La société continue, et force honnêtes gens trouvent les choses bien ainsi. Pourquoi voulez-vous que cette situation change ? pourquoi voulez-vous que cette situation finisse ? Ne vous faites pas illusion, ceci est solide, ceci est stable, ceci est le présent et l'avenir."[...]

     

    Pour les moins fainéants d'entre nous, il est possible de lire le texte en entier à cet endroit.