15.02.2012
Le sommeil de l'enfance s'achève en oubli, disait Victor Hugo
Une année inconsidérée, j’ai décidé que j’étais prête pour avoir un enfant, que moi qui jurais ne pas vouloir être mère, j’avais changé d’avis.
Il ne s’agissait pas d’avoir un enfant, mais de l’avoir lui. Il a mis presque trois ans à se décider, mais quand il est arrivé, je l’ai reconnu immédiatement, ce bébé était une évidence, la plus belle de toute.
C’est curieux comme la minute d’avant on est une certaine personne, et la minute d’après on en devient une autre, celle qui n’imagine plus l’univers sans lui. L’inconnu devient indispensable, essentiel, vital, nécessaire.
Et c’est curieux aussi, comme on a cette impression de le reconnaître, alors même qu’il vient de naitre. Quel est ce miracle ? N’y a-t-il que moi qui le connaisse ? Ça ne peut se renouveler, c’est impossible, il n’y a que moi qui puisse ressentir ça. Et pourtant…
Je l’ai reconnu, à la seconde où je l’ai tenu entre mes bras. Dieu sait que ça n’a pas été simple. On ne me la confié que plus de 24h après sa naissance. Vingt-quatre heures à me demander à quoi il ressemble, si je l’aimerais, s’il m’aimerait aussi, et si je saurais m’en occuper.
Vingt-quatre heures conclues par la plus belle rencontre de ma vie, ses petits doigts serrant les miens. Il était déjà trop tard, comment ne pas l’aimer, c’était lui que j’attendais, et qui est arrivé un 15 février, discrètement, sans ennuyer sa maman par un travail trop prolongé… Je fais partie de ces mères un peu béates (un peu bête ?) qui s’extasient sur la moindre minute de leur accouchement… Sept ans après, je m’émerveille encore de ce qui a été une promenade parfaite vers le statut de « maman », et je me dis que je suis la plus chanceuse de toutes, de l’avoir, lui, mon fils.
Je vais voler à Paul Eluard ces quelques mots, qui expliquent si bien ce que je ressens à chaque fois que je le vois :
Il fallait bien qu’un visage
Réponde à tous les noms du monde.
C’est si simple, et si évident….
Joyeux anniversaire à toi.
Tweet06:10 Écrit par Océane dans Lorsque l'enfant parait | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : paul eluard, amour, enfance, victor hugo |
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31.01.2012
Poésie, ensuite
La poésie et la chanson, c’est une belle histoire, qui s’écrit depuis longtemps, autour des notes des plus grands.
On connaît tous au moins un poème d’Aragon ou de Prévert, et parfois même on connaît une interprétation qui nous touche. Jean Ferrat qui chante Aragon ou Yves Montand qui interprète Prévert, c’est une façon d’aborder la poésie, avec une émotion supplémentaire. Une émotion qui traverse les générations et qui revit encore avec de nouveaux interprètes, certains même assez inattendu.
La Bande des Mots, c’est un projet collectif, qui engage des artistes différents, autour de la poésie et de l’école. Cet album réunit des gens aussi divers que Oxmo Puccino, Luce, Claire Keim, Marc Lavoine, Camélia Jordana, Arthur H…
De belles voix sur de beaux mots, au profit d’une belle cause. En effet, ces interprétations du répertoire poétique, en plus de nous faire « réviser » nos plus beaux poèmes, soutiennent la lutte contre l’échec scolaire, et une partie des bénéfices du disque sera reversée à des associations qui aident les enfants en échec scolaire et les élèves handicapés. Voilà pour la forme. Pour le fond, on a affaire à de bien jolies surprises.
Je suis du genre assez amatrice, en poésie, je vous saoule assez avec ça je crois :) c’est donc avec une oreille très attentive que j’ai écouté cet album.
Je connaissais déjà certaines interprétation, comme celle de Françoise Hardy, sur le poème d’Aragon que j’ai posté hier ; je connais et adore aussi la version de Ferré, sur « Est-ce ainsi que les hommes vivent » du même Aragon. J’ai redécouvert avec plaisir Marc Lavoine chantant Guillaume Apollinaire :
« Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse »
Marc Lavoine - Le Pont Mirabeau
la voix de Marc Lavoine sait trouver le petit endroit juste là où le cœur se met à battre...
J’étais bien moins agréablement disposée à l’égard de Jenifer et de Luce, et je dois vous le confesser j’avais tort. Tort de les mépriser d’emblée parce qu’elles sont issues de télé crochet, tort de considérer qu’elles ne peuvent rien faire de beau. C’est faux et (et d’autant plus paradoxale que j’adore Camélia Jordana qui a aussi fait un télé crochet...)
J’ai rangé mon snobisme et mon petit ton péremptoire et j’ai ouvert mes oreilles. Et c’est mon cœur qui s’est ouvert avec, tant l’interprétation de Luce du poème de Maurice Carême m’a tourneboulée (c’est moche comme mot, mais je n’en vois pas d’autre là...) J’aime ce poète, Maurice Carême, c’est par lui que j’ai découvert l’amour de la poésie et des mots à l’école. Je me rappelle comme si c’était hier (avant-hier on va dire..) de ma classe de primaire, et de moi me tenant debout au tableau pour réciter l’un ou l’autre de ses poèmes...
"Il pleut doucement, ma mère,
Et c’est l’automne
Si doucement
Que c’est la même pluie
Et le même automne
Qu’il y a bien des ans.
Il pleut et il y a encore,
Comme il y a bien des ans,
Combien de cœurs au fil de l’eau
Et combien de petits sabots
Rêvant au coin de l’âtre.
Et c’est le soir, ma mère,
Et tes genoux sont là
Si près du feu
Que c’est le même soir
Et les mêmes genoux
Qu’il y a bien des ans.
Il pleut doucement, ma mère,
Et c’est l’automne
Et c’est le soir, ma mère,
Et tes genoux sont là.
Prends-moi sur tes genoux, ce soir,
Comme il y a bien des ans
Et raconte-moi l’histoire
De la Belle au bois dormant."
Luce a posé un ton juste et émouvant sur chacun de ses mots.
Quant à Jenifer qui interprète "Je te l’ai dit pour les nuages", de Paul Eluard (et vous connaissez mon amour inconditionnel pour Eluard..) elle a réussi elle aussi à toucher la corde sensible…
C’est peut-être la force de ces auteurs de susciter l’émotion, le talent des compositeurs d’avoir trouvé le bon accompagnement, il y aussi le talent de ces interprètes, et Oxmo Puccino qui ouvre l’album avec "Les Assis" de Rimbaud, est juste géant, parfait !
Il y a un site officiel pas mal fait du tout, avec des portrait de chaque interprète, des vidéos d’élèves commentant les œuvres choisies, plus d’infos sur les associations dont il est question, le projet global est bien expliquée, avec la petite page Facebook qui va bien.
L’album sort le 6 février 2012 (ça fera une chouette ambiance musicale, quelque soit votre soirée du 14 février...)
Tweet06:30 Écrit par Océane dans La musique, Poésie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : oxmo puccino, jenifer, camélia jordana, luce, rimbaud, aragon, léo ferré, paul eluard, marc lavoine, guillaume apollinaire, claire keim, arthur h, babx, claude nougaro, elie semoun, baudelaire, victor hugo, verlaine, maurice carême, poésie, chanter la poésie, patrimoine |
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26.01.2012
Beautiful girl
« Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l'âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps. » Victor Hugo
Une citation qui me fait penser automatiquement à Catherine Deneuve. Elle est belle bien sûr, mais sa beauté irradie, sur sa peau, dans ses yeux, c’est curieux comme elle m’attire, comme un soleil. C’est plus que de la simple beauté.

La citation du jeudi, une initiative de Chiffonnette.
Tweet06:03 Écrit par Océane dans Citations, pensées | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : catherine deneuve, victor hugo, citation, beauté |
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07.04.2011
Pied de nez, pied de biche
Je n’ai pas le permis. Pour plein de raisons, pas intéressantes à exposer ici forcément. Passons. Je marche beaucoup. De fait, marcher est l’acte le plus naturel qui me soit. Autant, respirer j’ai du mal, autant marcher relève du réflexe.
En ville, ado, étudiante, je marchais, de chez moi au pensionnat, puis de chez moi à la fac (avec parfois un peu de bus au milieu, avouons-le.)
« Je marche parce que je dois mourir, toi Ahasvérus, jusqu'à mon retour, tu marcheras sans mourir »
Je marche sans arrêt, d’un point à l’autre. Je me promène dans des parcs, les pieds dansant au soleil qui pointe. Je vais au pas de course, les pieds pressés d’en finir avec ces corvées du quotidien. Je vais, d’un pas plus léger, courir au devant du sourire de mon fils, le soir après l’école.
Que ferais-je d’un pas léger ? Aller m’acheter une robe, respirer les premières pivoines et faire un baiser à l’ avenir.
Mon pas se fait plus lourd parfois le matin, quand je préfèrerai rester chez moi, au creux de mon lit bien chaud, plutôt que d’affronter les visages déjà las de mes voisins de bus…
C’est le premier pas qui coute, puis le deuxième, et le troisième et ainsi de suite, pas à pas on avance pour ne pas tomber…Et parfois, au détour d’une fatigue, sous les pieds crissent les feuilles de l’automne, et ce bruit est comme une petite musique habitée de souvenirs. Le sourire commence à nos pieds qui dansent, et s’allègent de la morosité. De souvenir en souvenir, sous nos pas crisse le sable des vacances, le sable chaud qui appelle les cris de joie, les jeux dans l’océan, les pique-niques au pied de la dune, ou derrière les rochers.
Mes pieds me mènent à bien des endroits, parfois sans bouger. Je suis là, je marche dans une rue parisienne, mais mes pieds savent bien où je suis en réalité : ailleurs.
Je prends mes pieds, je prends mon pied, le plaisir vient de terre, il est si concret. Je prends mon pied à penser, à m’évader en silence.
Un pied pour s’échapper. Un pied rythmé et cela devient de la poésie.
Les pieds des vers de Victor Hugo mènent la danse, douze pieds, un alexandrin, une merveille par ligne :
Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?
Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?
Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !
Comme l'eau caressait doucement le rivage !
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.
J’aime mes pieds, je les polis, je les crème et les vernis. Mes pieds me portent sur terre et dans mes pensées. Le voyage quotidien qu’est la vie est peut-être le plus précieux que nous ferons.
Une citation encore pour cette journée sur la pointe des pieds, qui reste un jeudi, n’est-ce pas Chiffonnette :
"Le but du voyage n'est pas de poser le pied sur une terre étrangère. C'est finalement de poser le pied dans son propre pays comme s'il s'agissait d'une terre étrangère." Gilbert Keith Chesterton
*Une petite réflexion sur le pied, c’était ma participation ce jeudi, Euréka et Lucky Sophie.
Tweet00:05 Écrit par Océane dans Citations, pensées, Fatrasie, Poésie | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : ahasvérus, victor hugo, poésie, pieds, prendre son pied, g.k.chesterton |
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29.05.2010
Que la création est une grande roue qui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu'un
Merci à Victor Hugo d'être une source infinie pour mes titres...
Après Mary Anne, j'ai donc lu un autre ouvrage de Daphné Du Maurier. Cette fois il s'agit d'un récit : Le Monde Infernal De Branwell Brontë.
J'étais attirée par ce titre d'abord parce que j'associe constamment Du Maurier et les Brontë, je ne sais pourquoi, certainement l'écriture, le souffle, l'imaginaire un peu sombre. Le Monde Infernal De Branwell Brontë n'est pas un roman comme les autres. Il s'attache aux faits, à la vie particulière de ce jeune homme tragique. Branwell est le frère oublié des sœurs Brontë. Enfin, oublié, c'est une façon de parler : méconnu plutôt.
L'œuvre des trois sœurs est connue, mais je ne soupçonnais pas l'importance de ce frère dans leur processus de création. Branwell est un être fantasque, créatif, fascinant. Aussi torturé que génial. Et là où ses sœurs ont su trouver un épanouissement dans la création intellectuelle, il a rencontré la souffrance, le questionnement tragique et l'incessante torture de l'artiste maudit. Car son génie ne le conduit qu'à la frustration et à la destruction pour lui-même. L'amour des trois sœurs pour ce frère est éclatant et sans faille, et leur œuvre porte la trace de cet amour.

Il reste dans l'ombre, mais paradoxalement il les éclaire d'une lumière créatrice, quand lui se consume dans l'autodestruction. Glass Town, cette fabuleuse construction de mondes imaginaires qui a contribué à l'éveil littéraire des sœurs Brontë, est en grande partie le fait de Branwell. Et c'est étrange comme ce fils préféré, ce frère adulé pour son talent, son génie même, propre à enflammer l'imagination de ses sœurs, ce frère donc ne saura pas affronter le monde, le vrai, celui du dehors, celui des amours déçues, des amitiés contrariées, le monde où il faut se contraindre à des tâches ingrates d'employés pour qui a en son esprit une véritable fatrasie. Comment survivre en ce monde, sans l'aide de l'alcool et du laudanum ? Comment surmonter la perte de l'amour, l'échec, les blocages, la vanité de la création, sans ces béquilles indispensables ? La folie et la maladie s'emparent du corps et de l'esprit du petit frère devenu grand. Branwell n'était pas fait pour ce monde. Qui d'ailleurs peut y survivre, s'il ose se déciller les yeux ?
Daphné Du Maurier plonge au cœur de cet amour et du désespoir. L'écriture fine et ciselée (merci la traductrice, Jane Fillion, de la famille de Nathan Fillion ???) sied à merveille au récit. Le tout est documenté, comme il se doit pour une biographie, mais il bénéficie surtout du talent de romancière de l'auteur, qui dépeint le tragique et la descente aux enfers avec une plume captivante. Du Maurier rend hommage à un de ces confrères artiste génial oublié et malheureux. Un jeune homme que l'on regarde tomber, tomber, d'une chute si longue et si douloureuse, tomber et finir à 30 ans, convoqué par la mort, comme il se caricaturera lui-même.

C'est peu dire que j'ai été touchée par ce récit. Je me sens proche de Branwell, plus encore que de ses sœurs, non pas que je m'associe à sa souffrance de génie frustré, mais je connais ces affres par lesquelles il est passé. Cette idée que le monde réel (IRL comme on dirait maintenant) n'est pas fait pour soi. L'idée que le prix à payer est trop lourd pour le regarder en face, car à le regarder justement, on en voit que les détails, ceux du diable. La beauté inaccessible, la laideur des cœurs, la vacuité des esprits et la mesquinerie des âmes. Pourquoi tout cela saute-t-il aux yeux de certains, au point que cela encombre le cerveau, qu'on ne voit plus que ça presque, et qu'il faille batailler pour apercevoir une lumière, une raison d'espérer, un but, quelque chose à aimer, et qui vous soigne en retour.
Branwell est un être d'exception, un vrai, un de ceux qui comprennent ces vérités, qui s'affranchissent des petitesses qui font le bonheur des autres. Il est de ceux qui veulent embrasser un destin, et qui n'y arrivant pas suffisamment, s'embrasent dans les flammes de la déception, de la frustration. Quand l'esprit bruisse de trop de pensées, de trop d'idées, quand le cerveau devient une machine qui s'emballe, hors de contrôle, la seule façon de survivre un peu, un tout petit peu, c'est d'embrumer l'esprit, de le noyer d'alcool ou de psychotropes quelconques juste pour avoir la paix. Même si c'est une paix illusoire, et l'antichambre à la paix éternelle.
Daphné Du Maurier a pénétré cet esprit, l'hommage qu'elle lui rend m'a laissé émue et conquise. Et désespérée de n'avoir pas une once de son talent, aussi.
« O, Homme qu'es-tu ? Une créature misérable
Ballottée sur les flot du temps,
Se meurtrissant aux rocs, happée par les remous,
Impuissante à se soustraire
Aux vagues et aux abîmes du malheur et du crime. »
P Branwell Brontë.
Lu dans le cadre du challenge Du Maurier ===> Click

Tweet22:18 Écrit par Océane dans Challenge, Les livres | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : victor hugo, daphné du maurier, le monde infernal de branwell brontë |
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14.04.2010
La rumeur est la fumée du bruit
Que seraient mes titres sans Victor Hugo, et son sens de la formule...
La rumeur bruisse depuis des semaines. Marie Antoinette trompe Louis XVI avec Fersen.
Outre le fait que Fersen est certainement plus séduisant que Louis XVI, cette rumeur présente d'autres intérêts, d'autres questionnements.
J'en retiens un, essentiel : le respect.
Comment fait-on pour en arriver à une situation où il est possible de voir au centre des revues de presses, des discussions, les coucheries supposées ou réelles de Madame ? Les cornes de Monsieur, la mauvaise humeur du Palais ?
Nous avons eu des présidents un peu coureurs, un peu bigames, un peu séducteurs... Nous serait-il venu à l'idée simplement de rire du sujet nommément ? Non.
Non pas que je cautionne les journalistes taiseux qui connaissait l'existence de certaine Dauphine née hors mariage...
Non que je vienne renforcer les rumeurs qui prêtent à certain accordéoniste d'Auvergne de s'être fâché avec le Naïf du Béarn parce que celui-ci ne voulait pas présenter la maitresse (ou le fils de la maîtresse je ne sais plus) du dit Ex-Locataire du Palais sur une liste aux Européennes...
Non que je ne veuille en avoir plus sur l'attrait de certaines beautés japonaises que ressent le grand gars de Corrèze.
Non, je suis pour la transparence, la clarté et contre la Rumeur.
Toutefois, jamais nous n'aurions osé demander à l'un des trois précédents si ce que l'on murmurait à son compte n'était vrai, pas vrai, blessant...
Pourquoi : car ils inspiraient le respect, l'autorité et la dignité de chef d'Etat ? Oui, les trois, même le grand Escogriffe de Corrèze et l'Auvergnat auteur érotomane.
Alors que notre locataire actuel du Palais inspire quoi ? Le rire, le mépris, le dépit ? Cette façon qu'il avait de revendiquer son absence de gout pour la Culture, la Beauté, l'Art, le Savoir. Son amour immodéré de ce qui brille, des apparences les plus vulgaires et les plus arrivistes. Tout cela procède d'un même personnage qu'on ne peut forcément prendre au séreux bien longtemps. Un personnage qui avilit sa propre personne et sa fonction au point qu'on ne craint de rire de lui et de supputer sur les coucheries de Madame.
Là où Louis XIV n'aurait pas eu à subir ce type d'outrage, Louis XVI passe pour un bouffon nerveux et autoritariste.
C'est ce qui me peine le plus. On a pu se moquer de W. le newborn néo-con des USA, ou de Berlu le Cavaliere qui ne cesse de me filer la berlue justement. Mais nous ne sommes plus en reste.
Une nation avec une identité forte, monsieur l'Auvergnat, nécessite d'abord une figure à sa tête. Un homme ou une femme de stature, qui envisage la République et notre Histoire avec l'envergure nécessaire. Une vision pour une Nation, et non pas un malotru chicaneur et capricieux, voilà ce qu'il nous faut.
Cette rumeur n'a de raison que par la médiocrité de celui qui l'inspire.
La rumeur, cette vérité qui se promène comme un mensonge, de bouche à oreille, qui ne fait pas réfléchir les gens, qui passe comme un soupir au-dessus du vent. (Charles Soucy)
Tweet06:25 Écrit par Océane dans Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne | Lien permanent | Commentaires (72) | Envoyer cette note | Tags : victor hugo, louis xiv, louis xvi, marie antoinette, fersen, bruni, biolay, nain vagal, mazarine pingeot, vge, chirac, japon, auvergne |
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08.04.2010
A la recherche du livre
Je n'ose plus compter les tags en retard, mais je me rassure en me disant que l'essentiel est de penser à les faire...
Aujourd'hui je me penche sur le tag de Thé Citron : « comment tu choisis tes livres » !
Bien, bien, bien, je crois venue le moment où je vais clairement apparaître comme une psychopathe.... (Sauf si c'est déjà fait dans ton cœur bien sûr ^^)
Alors, si tu ne le sais pas, j'aime lire. J'adore lire. Certains diront que cela confine au vice, mais fuck, je m'en fiche et n'en ai cure.
Ceci posé : ne t'avise JAMAIS de m'offrir un livre, roman, essai, poésie, peu importe, ne m'offre jamais de livre, sauf si tu disposes d'une liste de titres fournie par moi. Le fait est que les quelques personnes qui se sont aventurées à faire ce geste, s'en morde encore les doigts : soit j'ai déjà lu le bouquin en question, soit je voue un mépris sans fond à Marc Lévy, Guillaume Musso, Anna Gavalda l'auteur.
Seul deux personnes disposent d'une dispense pour contourner cet interdit...
Ensuite, pour choisir un bouquin, il y a différentes étapes. Quatre étapes.
D'abord, j'ai une liste de titres, que je note sur un carnet, des titres entrevus lors de critiques, entendus à la radio, ou des réminiscences de certains classiques oubliés. Je vais donc forcément chercher à acquérir des ouvrages de cette liste.
Ensuite, je m'attaque aux nouveautés en poches : j'adore farfouiller dans les grandes tablées à la Fnac, au Virgin, ou dans les librairies de quartier, qui se font bien rares je trouve ! Même si je ne connais pas du tout l'auteur, je peux tout à fait céder.
Puis, je m'intéresse aux collections : il y a des éditeurs dont j'achète le catalogue presque les yeux fermés, essentiellement 10/18, Phébus Libretto, Rivages, le Serpent à Plumes et Actes Sud. Je peux être quasi certaine qu'un ouvrage issu de ces maisons me comblera parfaitement !
Enfin, je craque régulièrement à la beauté d'une couverture. Et à cet égard je vous invite à jeter un œil chez Anouchka, et plus particulièrement à ce billet, où elle montre quelques magnifiques couvertures des éditions Zulma.
Voilà, je suis assez rigide sur ces étapes, je procède toujours de la même manière.
Maintenant, évidemment, je vais avoir la joie infinie, sans exagérer, de demander à Mona, Elizabeth et Alicia leur façon de faire sur ce sujet !
Tweet06:47 Écrit par Océane dans Bavardages, Les livres, Tagg attaque ! | Lien permanent | Commentaires (78) | Envoyer cette note | Tags : victor hugo, livres |
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17.03.2010
Ce n'est pas la chair qui est réelle, c'est l'âme.
La chair est cendre, l'âme est flamme. C'est la suite du titre, tirée d'un extrait de Victor Hugo.
Je suis un être complexe : sous des dehors de fine tacticienne politique, se cache une âme d'enfant.
J'ai attachement particulier au passé, au temps d'avant, et parfois j'en conserve des traces (si tu me parles de mes rides, tu peux ravaler ta morgue petit insolent, je garde un visage lisse comme des fesses de mannequins botoxé)
J'ai quelque part chez moi une grosse boite (2 en fait) où je conserve des cartes, des coupures de journaux, des jaquettes de cassettes audio, des lettres aussi.
Je suis comme une petite fille qui ouvre sa boite à trésor quand je me penche sur ces cartons. Une petite fille qui ouvre de grands yeux, encore émerveillée de ses souvenirs.
Je t'en montre certains, et ne te moques pas de ce mélange hétéroclite, chaque pièce représente un souvenir cher à mon cœur.
Dans le sens des aiguilles d'une montre, en partant du bas, tu peux reconnaître :
- Une photo de Peter O'Toole, tirée du film Lauwrence d'Arabie, de David Lean, l'immense David Lean. Cette photo était scotchée sur la page de garde de mon cahier de français en seconde. J'aime les vieux films, David Lean et Maurice Jarre. Et ces yeux sublimes de Peter O'Toole sont un plaisir supplémentaire.
-Des photos de Marylin Monroe, idole de mon adolescence, que j'aime toujours et dont la filmographie mérite plus que le cliché de gentille blonde habituel.
-Une page de pub Opium, avec le sexy Ruppert Everett.
- Un supplément spécial Jacques Demy des Inrockuptibles. J.Demy est un cinéaste que j'adule, et pas seulement parce qu'il est nantais, ou qu'il sublime Catherine Deneuve et Françoise Dorléac, Anouk Aimé ou Jacques Perrin, ou pour tout ça à la fois...Il filme l'amour, le temps qui passe, le regard plein de tendresse de celui qui veut capter encore un instant de bonheur, un seul instant, avant de tourner les pas.
-Une coupure de journal annonçant la diffusion de Dream On, une de mes premières série culte, avec l'inénarrable Martin Tupper (joué par Brian Benben). Le héros relie chaque événement de sa vie à des scènes de film. C'est plein de dialogues drôles, percutants et tendres aussi.
-Une carte postale représentant Morten Harket, le chanteur de A-Ha, oui j'étais amoureuse, te moques pas, j'avais 13 ans à peine.... Et j'écoute toujours leurs albums, que je te conseille !
-Juste en dessous, 2 reproduction tirées du dessin animé Hercule, de Disney. Alors, un soir que nous étions peut-être un peu ivres de mauvaise vodka et en attente d'un Macdo salvateur, les copains nous attendant d'ailleurs, une amie et moi avions décidé que ces images étaient vraiment très jolies, et qu'il nous les fallait. Le hic c'est qu'elles étaient fixées, et très bien fixées, sur les chariots de Carrefour. On a donc attendu le soir pour commettre notre forfait, avec l'aide d'une sous-Zubrowska pour nous encourager. 12 ans après, je crois, je les ai toujours et je les adore ! **VOLER C'EST MAL**
- Enfin, le numéro de Vendredi, l'hebdo du Parti Socialiste, sorti à la mort de François Mitterrand. Le 8 janvier de chaque année est pour moi une date triste, même si le 10 mai me redonne le sourire ensuite. Quand il est mort, j'ai pleuré, beaucoup, longtemps. J'ai pleuré sur mon enfance, sur la joie de mon instituteur de CP en 1981, sur ces belles victoires humanistes gagnées avec Badinter, Yvette Roudy. Je pleurais sur cette hymne passé : « France socialiste
Puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant ! » et sur ces espoirs parfois déçus, et parfois source de tant de joie.
Je conserve ces choses, comme des preuves que ma vie a eu lieu, que j'ai vraiment existé toutes ces années. Ce sont des rappels d'instants tout aussi précieux que ce que j'espère encore de l'avenir.
Et comme je ne suis pas que nostalgie et sérieux, regarde comme je cède à la grelucherie sans vergogne :
C'est un adorable ours aux ailes d'ange, dessiné par mon chouchou, Christian Lacroix lors d'un Noël pour les Galeries Lafayette. Je n'avais ni enfant ni nièce ou neveu à gâter, j'ai simplement voulu cet ours pour moi, un doudou de grande fille un peu solitaire et égoïste, un peu triste parfois, et surtout toujours capable d'ouvrir de grand yeux émerveillés devant un ours orange aux ailes blanches.
Voilà le temps de remercier Chocoladdict, qui me donne une occasion de me pencher sur mon âme d'enfant.
Tweet01:43 Écrit par Océane dans Concours, Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne, When I was young | Lien permanent | Commentaires (69) | Envoyer cette note | Tags : christian lacroix, victor hugo, martin tupper, brian benben, hercule, disney, françois mitterrand, dream on, jacques demy, les inrockuptibles, catherine deneuve, françoise dorléac, jacques perrin |
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26.07.2009
Toute ressemblance ne serait pas fortuite
Très contemporain, non ?
Sinon, je ne me suis pas foulée aujourd'hui. Un extrait du magnifique "Napoléon le petit" de Victor Hugo. Remplacez simplement l'image de Louis-Napoléon par celle d'un être un peu nerveux, un peu bourré de tics (et parfois d'alccol), un peu hâbleur et veule, un peu inculte et beauf, un peu autoritariste, un peu con pour résumer grossièrement, et cela fera la blague pour ce jour.
[...] Qu'on traduise devant les assises un malfaiteur quelconque, le voleur dira aux juges: Le chef de l'État a volé vingt-cinq millions à la Banque; le faux témoin dira aux juges: Le chef de l'État a fait un serment à la face de Dieu et des hommes, et ce serment, il l'a violé; le coupable de séquestration arbitraire dira: Le chef de l'État a arrêté et détenu contre toutes les lois les représentants inviolables du peuple souverain; l'escroc dira: Le chef de l'État a escroqué son mandat, escroqué le pouvoir, escroqué les Tuileries; le faussaire dira: Le chef de l'État a falsifié un scrutin; le bandit du coin du bois dira: Le chef de l'État a coupé leur bourse aux princes d'Orléans; le meurtrier dira: Le chef de l'État a fusillé, mitraillé, sabré et égorgé les passants dans les rues; - et tous ensemble, escroc, faussaire, faux témoin, bandit, voleur, assassin, ajouteront: - Et vous, juges, vous êtes allés saluer cet homme, vous êtes allés le louer de s'être parjuré, le complimenter d'avoir fait un faux, le glorifier d'avoir escroqué, le féliciter d'avoir volé et le remercier d'avoir assassiné ! qu'est-ce que vous nous voulez ?
Certes, c'est là un état de choses grave. S'endormir sur une telle situation, c'est une ignominie de plus.
Il est temps, répétons-le, que ce monstrueux sommeil des consciences finisse. Il ne faut pas qu'après cet effrayant scandale, le triomphe du crime, ce scandale plus effrayant encore soit donné aux hommes: l'indifférence du monde civilisé.
Si cela était, l'histoire apparaîtrait un jour comme une vengeresse; et dès à présent, de même que les lions blessés s'enfoncent dans les solitudes, l'homme juste, voilant sa face en présence de cet abaissement universel, se réfugierait dans l'immensité du mépris.[...]
[...]
[...]Les sceptiques sourient et insistent; ils disent: "N'espérez rien. Ce régime, selon vous, est la honte de la France. Soit; cette honte est cotée à la Bourse. N'espérez rien. Vous êtes des poëtes et des rêveurs si vous espérez. Regardez donc: la tribune, la presse, l'intelligence, la parole, la pensée, tout ce qui était la liberté a disparu. Hier cela remuait, cela s'agitait, cela vivait, aujourd'hui cela est pétrifié. Eh bien, on est content, on s'accommode de cette pétrification, on en tire parti, on y fait ses affaires, on vit là-dessus comme à l'ordinaire. La société continue, et force honnêtes gens trouvent les choses bien ainsi. Pourquoi voulez-vous que cette situation change ? pourquoi voulez-vous que cette situation finisse ? Ne vous faites pas illusion, ceci est solide, ceci est stable, ceci est le présent et l'avenir."[...]
Pour les moins fainéants d'entre nous, il est possible de lire le texte en entier à cet endroit.
Tweet17:32 Écrit par Océane dans Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne, Les livres | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : napoléon le petit, victor hugo, renaud séchan, hexagone, président de la république de petite taille |
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