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Les livres

  • Cassandra (Todd Robinson) - La mort a ses raisons (Sophie Hannah)

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    Quand je ne sais pas quoi lire ou que je suis bougonne, je lis un polar. C’est comme ça, même le polar le plus sombre me met de bonne humeur.

    Des polars, il y en a de toutes sortes, du classique roman policier à énigme type « whodunit », jusqu’au roman noir ou le crime est le prétexte à la mise en place d’une ambiance.

    Le mois passé j’ai du en lire une bonne dizaine, je vais tenter de vous en présenter un maximum. En tout cas deux aujourd’hui.

     

    Cassandra – Todd Robinson (Gallmeister)

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    Voilà un roman noir comme je les aime. Boo et Junior sont amis depuis leur enfance dans un foyer aussi accueillant qu'une prison nord-coréenne. Nos deux protagonistes devenus adultes sont agents de sécurité et gèrent leur propre entreprise. Travaillant essentiellement dans un bar, la nuit, ils partagent leur temps entre bagarres à arrêter et coups à éviter. Un soir, une drôle d'affaire leur est proposée: retrouver la fille mineure d'un notable du coin, discrètement et rapidement. C'est le début des ennuis et de pas mal de côtes cassées. Fugues, snuff movie, mafioso à l’ancienne, tous les ingrédients sont réunis pour un cocktail savoureux et piquant.
    Heureusement ce roman noir est aussi émaillé de beaucoup d'humour, noir certes. On appréciera le côté réaliste des choses, pas de super héros ici, pas mal de ratages et c'est ce qui rend les personnages attachants.
    Un très bon roman noir.

     

    La Mort a ses Raisons – Sophie Hannah (JC Lattès Le Masque)

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    C’est le second roman de Sophie Hannah où elle fait revivre le grand Hercule Poirot. J’étais très dubitative après avoir lu le premier : je suis du genre conservatrice et casse-couilles car je pense qu’il ne faut pas reprendre un personnage de roman au décès de son auteur, merde faites un peu preuve d’imagination quoi. Mais je suis aussi pleine de paradoxes, et lectrice omnivore. En gros je me fatigue moi-même car… impossible de m’empêcher de lire ce second roman ; il faut bien l’avouer le premier était pas mal fait du tout. Bref je suis faible et me revoilà à suivre Poirot ressuscité, avec son pote de circonstance l’inspecteur Catchpool (bien moins amusant que Hastings soit dit en passant), en visite chez une lady écrivain, pour ce qui va s’avérer une sympathique énigme. Notre lady souhaite déshériter ses deux enfants au profit de son étrange et maladif secrétaire, dans le but de révéler de grandes vérités. Mais rien ne se passe comme prévu évidemment. Une personne va mourir mais pas celle escomptée, le maladif ne l’est pas tant que ça, les enfants moins insupportables qu’il n’y paraît et tout le monde jouant double voire triple jeu, Poirot et Catchpool auront fort à faire.

    Bien écrit, bien ficelé, énigme bien construite et pas décevante, voilà un roman qui se déguste avec une bonne tasse de thé, of course, et éventuellement des scones, mais perso je préfère les Chamonix avec le thé, chacun son vice.

     

    A demain.

  • Les Pièges de l'Exil - Philip Kerr

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     Il y a des personnages de roman qu’on prend plaisir à retrouver, comme un vieil ami. Bernie Gunther est un de ces vieux compagnons de lecture, que l’on suit depuis maintenant onze volumes !

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    J’ai connu le héros de Philip Kerr avec la Trilogie Berlinoise, lu d’une traite tellement c’était passionnant. Un héros égal de Philip Marlowe et Sam Spade, à l’époque sombre et agitée du Nazisme : c’était très tentant. Au roman de détective classique, avec son univers de marlous et de femmes fatales, Philip Kerr a ajouté une bonne dose d’histoire et de politique, pour un mélange qui rend accro les lecteurs.

    C’est un pari que de faire tenir du roman policier dans une période aussi glauque, sans faire de son héros un cliché du Mal ou du Bien. C’est ce que j’ai aimé avec Bernie Gunther : observer un ex-flic reconverti dans le privé, se frotter au double problème de sa profession particulière, et de la situation politique de son pays. Tout en nuances et d’un réalisme historique admirable, les romans mettant en scène Bernie Gunther abordent l’histoire de l’Allemagne depuis la montée de Hitler, jusqu’à la chute de son régime, la construction du mur de Berlin et l’après guerre.

    On retrouve donc notre héros en France, début des années cinquante, reconverti en tant que concierge d’un hôtel à Saint-Jean-Cap-Ferrat : les activités de Gunther dans l’Allemagne Nazie ont laissé des traces, et même s’il est loin d’avoir été un serviteur du Reich, Gunther se retrouve sur une liste de criminels nazis (ce qui est ma foi fort ironique quand on a lu toutes ses aventures… mais je vous laisse le plaisir de les découvrir.)

    Bref, Bernie s’ennuie sur la Côte d’Azur, et franchement je le comprends, c’est depuis toujours un repaire de petites dames âgés et d’anglais mortifères. Mais heureusement sa route va croiser celle d’un anglais tout sauf ennuyeux: rien moins que Somerset Maugham, l’écrivain (le roi de la nouvelle, pas ennuyeux du tout !), mais aussi espion de la Couronne. Et c’est en tant qu’ex-espion que Somerset se retrouve dans l’embarras, embarras duquel notre bon Bernie va tenter de le sortir, au risque de compromettre sa propre sécurité.

    On a donc là tout les ingrédients d’un bon polar : paysage, femme fatale, personnages troubles, jeux de dupes et mystère, le tout sous la menace d’un danger permanent.

    J’ai adoré retrouvé ce personnage. J’aime sa façon de traverser l’Histoire, de naviguer entre les mensonges des uns et ses propres illusions. J’aime infiniment sa mélancolie, qui confine à une forme de détachement et de fatalisme, tout en élégance.

    Encore une réussite de Philip Kerr, tant sur le plan de l’intrigue que de la représentation historique.

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    Les Pièges de l'Exil - Philip Kerr

    Éditions du Seuil - Traduction de Philippe Bonnet

    400 pages - 22€

  • Quand on s'y attend le moins - Chiara Moscardelli

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    Avec les envies de printemps, reviennent les envies de lectures légères (tiens il faudra que je vous parle un jour de la saisonnalité de mes lectures (grand terme pour dire pas grand’chose, à savoir que ce que j’aime lire, bah des fois ça dépend du temps) (j’aime bien mettre des parenthèses je crois aussi (mais ça, j’en parlerai plutôt à mon psy) (à moins que vous soyez intéressées et à l’écoute ? (non, je vous épargne))))

    Légèreté, mais aussi rythme (Mon Dieu du rythme à en essouffler mes pauvres poumons de parisienne asthmatique !), suspense, romance, amitiés et rigolades (de celles qui donnent envie de se taper sur les cuisses), voilà la recette du roman de Chiara Moscardelli : quand on s’y attend le moins. Et j’avoue je ne m’y attendais pas. À quoi ? À aimer pardi ! Parce que j’ai aimé cet ovni à couverture rose smoothie aussi doux à toucher qu’à lire.

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    Partons donc à Milan, en Italie, patrie des beaux gosses et de la fashion (comme Paris donc, mais avec l’accent italien, et ça, ça n’a pas de prix) (c’est sexy l’accent italien, même quand on ne comprend rien à la conversation)

    Et que trouve le lecteur à Milan ? Penelope ! Pas la Penny de François Fillon, ni la patiente Pénélope d’Ulysse le héros d’endurance ; mais Penelope, la rêveuse, gaffeuse, romantique, speedée et déjantée Penelope de Chiara Moscardelli. Un personnage aussi attachant que fatiguant !

    La vie de Penelope se partage entre son travail comme attachée de presse pour une entreprise de serviettes hygiéniques, et des piges pour des magazines. Penelope se rêve écrivain et se morfond dans l’écriture de quizz. Côté cœur c’est Waterloo morne plaine, et s’il n’y avait ses amis et sa nature aussi rêveuse qu’audacieuse, la petite Penelope Stregatti pourrait voir la vie en noir. Mais voilà, Penelope est une sorte de Pierre Richard au féminin, en plus mignon (même si je trouve Pierre Richard infiniment cute, et cessez de me faire digresser je vous prie), dotée d’un optimisme à toute épreuve. Le prétexte du livre est assez bien trouvé pour ne pas lasser le lecteur : un jour Penelope renverse accidentellement le bel Alberto, éprouve un coup de cœur qu’on ne peine pas à comprendre, mais tout s’arrête à la porte des Urgences. Dommage pour elle n’est-ce pas ? Mais qui voit-elle débarquer quelques semaines plus tard à son travail ? Le bel Alberto, qui par on ne sait quel bizarrerie est devenu le beau Ricardo. Si le prénom a changé, l’homme en question recèle toujours la même séduction aux yeux de notre chère Penelope.

    Et c’est là que moi j’ai été cueillie, fauchée, emportée et offerte à quelques jolis moments de rigolades : le roman classique de chick-lit comme on les aime (quand on aime), s’est transformé en un délicieux polar, révélant chez notre personnage principal des traits de caractère bien plus intéressants encore. Tout le charme de Penelope s’est développé là, avec son désir d’en savoir plus, de tirer au clair cette affaire de Alberto/Ricardo, jusqu’à l’audace, parfois le n’importe quoi et la fébrilité. C’est exactement cela qui me l’a attachée et qui m’a réjoui dans ce livre : la quête de Penelope, l’envie de résoudre ce mystère, a engendré un second roman (policier) dans le roman (romantique), et a offert même une troisième lecture (féministe) grâce à l’introspection que ne manque pas de mener Penelope dans toute cette aventure. Car ce qu’elle finira par comprendre, et nous avec, c’est que sa recherche de complétude (qu’elle personnifie un moment avec Alberto/Ricardo) n’est pas ce qu’elle croit. Penelope n’est pas incomplète sans un homme, elle n’est ni ratée, ni inutile, ni à plaindre.

    C’est plaisant de lire un roman qui se revendique léger et puis émouvant, et qui n’hésite pas à mélanger les genres, car après tout la vraie vie ça n’est que ça : un mélange de genre !

    Prenez la route pour Milan et découvrez Penelope et sa recette pour une vie multivitaminée.

    Pour ma part, c’est à Paris que j’ai rencontré la « maman » de Penelope, Chiara Moscardelli, aussi déjantée, drôle et surprenante que son personnage !

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    Chiara Moscardelli, avec Renaud Temperini

     

    Toutes les réflexions que j’ai pu me faire au sujet de son livre, et dont j’ai parlé ici, j’ai pu en discuter avec elle, par l’intermédiaire de son traducteur pour la France, Renaud Temperini. C’était réjouissant de l’entendre et de voir son personnage vivre par sa voix. Intéressant aussi de l’entendre nous parler de sa façon d’écrire, de sa volonté justement de mélanger les genres, romantique et giallo (giallo étant le genre « polar » en Italie). C’est toujours un moment privilégié de parler avec des créateurs, auteurs, artistes : c’est une façon d’appréhender leur sujet de manière plus personnelle, ou simplement un moment de partage qui donne un peu plus de sens aux choses.

    Et j’ai eu ma dédicace en italien :)

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    Chiara Moscardelli - quand on s'y attend le moins

    Traduit de l'italien par Renaud Temperini

    Belfond - 336 pages - 19€

     

    Aujourd’hui je vous propose de gagner un exemplaire de ce roman. Dites-moi en commentaire si vous souhaitez participer au tirage au sort, et si vous croyez au hasard bénéfique.

    Concours ouvert jusqu’au vendredi 17 mars à minuit.

     

    EDIT du 22 mars : la gagnante du livre est EveEva : merci de me communiquer tes coordonnées par email pour l'envoi de ton lot !

  • Friandises Littéraires - Joseph Vebret

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    J’ai passé toutes mes études de Droit le nez plongé dans des Mélanges : des recueils de textes autour du droit, dédié à une personnalité. J’ai encore un souvenir ému des Mélanges Jean Carbonnier. C’était encore le doux temps des études.

    Pourquoi vous parlé-je de ça ? Pour arriver doucement, tel un efficace lancement de rubrique dans n’importe quelle émission, vers le livre du jour : Les Friandises Littéraires de Joseph Vebret.

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    Un recueil de petites histoires et d’anecdotes autour de la littérature qui nourrira le lecteur le plus curieux. Navrée pour la métaphore apéritive, mais c’est comme un plateau dans lequel on peut picorer un peu de tout : la liste des interprètes d’Hercule Poirot, les auteurs suicidés, des échanges peu amènes d’un auteur à l’autre, la première femme a avoir remporté le Goncourt, la liste des livres les plus célèbres maintes fois refusés avant publication, l’intégrale des insultes du Capitaine Haddock, les chats d’écrivains etc.

    Difficile et inutile de résumer un tel livre : il faut picorer vous dis-je, et avec 220 entrées, de la plus insolite à la plus effrayante, incongrue, drôle ou mignonne, il y en a pour tous les goûts.

    C'est le genre de savoir inutile et pourtant indispensable, dont je suis friande. Et pour citer Oscar Wilde : c'est une bien triste chose qu'il y ait de nos jours si peu d'informations inutiles.

    Je suis très bon public pour ce genre : je suis la plus grande fan du monde Ben Schott et de ces différents volumes de Miscellanées.

    C’est un joli cadeau à faire à un lecteur compulsif, ou simplement curieux d’un peu d’histoire et d’insolite.

     

    Friandises Littéraires – Joseph Vebret

    Éditions Ecriture

     

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  • En cas de doute, je lis de la poésie

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    Dis, ça fait longtemps qu’on n’a pas parlé poésie par ici ! Enfin, parlé, c’est un bien grand mot. (Tiens ça fait longtemps aussi que je n’ai pas fait de podcast poétique)

    Bref, un dimanche sous la pluie, parfait pour rester au chaud sous la couette, quand on peut, à lire. Pour moi ce sera une énième relecture de Capitale de la Douleur, dont est extrait le poème suivant. (Par Paul Eluard, bien sûr) (what else ?)

     

    Ta bouche aux lèvres d'or n'est pas en moi pour rire

    Et tes mots d'auréole ont un sens si parfait

    Que dans mes nuits d'années, de jeunesse et de mort

    J'entends vibrer ta voix dans tous les bruits du monde

     

    Dans cette aube de soie où végète le froid

    La luxure en péril regrette le sommeil,

    Dans les mains du soleil tous les corps qui s'éveillent

    Grelottent à l'idée de retrouver leur cœur

     

    Souvenirs de bois vert, brouillard où je m'enfonce

    J'ai fermé les yeux sur moi, je suis à toi

    Toute ma vie t'écoute et je ne peux détruire

    Les terribles loisirs que ton amour me crée

     

    Paul Eluard (in Capital de la Douleur)

     

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