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Les livres

  • Derniers Regards de William H. Gass

    C’est une semaine à oraison funèbre. Parmi les décès de célébrités qui s’enchainent, il y en a deux qui me touchent particulièrement, celui d’un vieil académicien que beaucoup ne voyaient que comme réac ou ringard, voire les deux. Pour moi c’était un écrivain qui a traversé ma vie, depuis que je l’ai découvert au collège. Je vous en parlerai une autre fois.

    Et ce matin, j’ai appris la mort de William H. Gass. Pardon pour le cliché mais c’est un putain de monument de la littérature qui s’en va, et je ne pensais pas en être aussi affectée. C’est un réflexe égoïste : il n’y aura plus de livres me dis-je.

    Pourquoi est-on si touché quand un auteur, un artiste, nous quitte ? Je ne répondrais pas à cette question aujourd’hui. Je me contente de partager avec vous ma lecture de Regards, son dernier ouvrage publié en France.

     

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    Cela commence comme un vieux film noir, des couleurs passées, des ombres qui battent le pavé d’une ville un peu triste, un peu terne, et puis le seuil d’une boutique. Le lecteur est par nature téméraire, lirait-il seulement sinon, et cette témérité est souvent récompensée quand c’est William H. Gass qui se trouve derrière le seuil de la boutique.

    Regards est le dernier ouvrage publié en France de l’auteur. J’ai guetté sa sortie, telle une midinette, dès que l’on m’en a parlé. Le jour J, mon précieux en mains, j’ai ressenti ce que je ressens toujours pour les quelques écrivains vivants que j’aime à en pleurer : l’envie de lire, bien sûr, et la peur d’être déçue. C’est comme un plongeon dans l’inconnu, avec à l’arrivée des pages qui se tournent, le cœur qui se froisse un peu, comme si une main mystérieuse venait en pincer les valves. Pardon pour ce lyrisme de supermarché, j’essaie de décrire ce que je ressens physiquement dans ces moments si précieux de lecture.

    J’ai donc passé le seuil de la boutique, cadre du premier récit de Regards. Ce récit, Huis clos, chambre noire, est celui qui m’a le plus touchée. Je voudrais en parler des heures, détailler chaque ligne, remonter la mécanique de l’écriture pour essayer de comprendre le prodige. Un marchand de photos et son assistant, dans une boutique presque minable, mais au fond prodigieux de richesse. Le trésor ? Des centaines de photos, des tirages parfois uniques des plus grands photographes. Atget, Emerson, Irving, Sudek, Brassaï, Stieglitz, Boubat… Comment un modeste boutiquier d’une quelconque ville américaine peut-il posséder autant de merveilles ? Le récit s’attache aux détails, comme l’amoureux de la photographie le ferait lui-même. Qu’est-ce qu’une photo sinon un instant particulier figé par un regard. Et le prodige est là : ce récit se lit comme une succession de photographies, ou de plan cinéma. Le regard du lecteur succède à celui de l’auteur, pour venir observer mille petits détails, et ainsi on regarde Monsieur Lang le marchand de photos détailler un tirage, s’attarder sur les nuances de gris, sur le positionnement de la lumière, sur chaque tâche de noir et de blanc qui compose l’objet de sa passion. Car Monsieur Lang n’a de respect que pour la photo en noir et blanc, non pour la peinture, qui elle est affaire de mensonge, de construction, de maquillage. La photo idéale c’est celle qui attrape un regard, un instant. Elle ne raconte pas, elle donne à voir. Et celui qui sait regarder peut passer une vie entière sur quelques photos, à découvrir chaque jour une nouvelle ombre, un jeu de lumière qui semblait discret jusque là.

    Passion et possession : ce n’est pas le titre d’une mauvaise romance mais les deux termes qui mèneront Monsieur Lang à sa perte. Le petit assistant, A.Kelly, presque contrefait par la nature, est l’oreille attentive et serviable de Monsieur Lang, une oreille qui a envie d’apprendre, qui lit, qui écoute les recommandations de son patron, qui écoute son idée de la beauté, de la perfection. Obsession et possession, plutôt. Comment ne pas comprendre Monsieur Lang : il y a dans la sublime simplicité de certaines photos tout un monde, une perfection qui invite l’œil à se perdre, encore et encore.

    Le reste de l’ouvrage est composé d’un autre long récit, et de quatre nouvelles. La part est belle faite aux objets, à leur psyché, à ce qu’ils se disent, loin de toute oreille humaine. C’est le piano du film Casablanca qui égrène ses souvenirs, qui nous parle de Boggie, de la Radieuse Suédoise et du tournage qui ne lui a pas laissé que des regrets. Ce monologue pour piano voisine avec une conversation de salon de coiffure. Mais là, au lieu d’écouter pérorer artiste du ciseau et clientes exigeantes, nous écoutons les fauteuils du salon, depuis leur venue au monde jusqu’à ce salon où les journées se passent à supporter des culs, et les nuits à fondre dans une drôle de mélancolie. M’est revenu en tête cette chanson de Gwana Diffusion : j’aimerais être un fauteuil dans un salon de coiffure pour Dames, pour que les fesses des belles dames s’écrasent contre mon orgueil. On peut compter sur William H.Gass pour raconter l’orgueil, la fierté et la triste mélancolie des objets. Après les fauteuils, c’est un coffre à jouet qui devient un univers complet, source de souvenirs et de scènes précises.

    Je n’ai pas encore parlé du second récit, Bonnes œuvres, qui met en scène un Monsieur Hardy, incroyable mélange de charité, de culpabilité et de vexations. Le portrait évoque la mollesse des sentiments, la pression sociale, l’ambigüité des convictions, et donne à voir comme une fuite en avant fascinante.

    Je ne vais pas vous raconter le livre en son entier, j’aimerai tellement en pousser certains d’entre vous à le rechercher, à le lire.

    Il y a cette économie des mots, nécessaire pour décrire une atonie des relations humaines, mais qui ne dépouille en rien le lecteur. Au contraire, il ressort de chacun des textes quelque chose de scintillant, de beau dans chaque détails, exactement comme lorsqu’on observe une photo à la loupe.

    Offrez-vous un beau cadeau, et lisez William H. Gass.

     

    Regards – Éditions du Cherche Midi

    Traduction de Marc Chenetier

     

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  • Leopard Hall - Katherine Schols

    Pour le roman d’aujourd’hui nous restons dans cette folle période des Sweet Sixties, mais plus loin de Londres puisque nous allons voyager d’Australie vers les rives du lac Tanganyika (c’est bien là l’avantage fabuleux des livres que de nous transporter ailleurs en un tour de page)

    Ce voyage particulier nous allons le faire en compagnie d’Anna, jeune femme de Melbourne, au caractère assez effacé au premier abord. Anna est une des héroïnes du nouveau roman de Katherine Schols : Leopard Hall.

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    Anna vit une existence simple et rangée, en compagnie de sa mère, à Melbourne, dans un emploi classique de secrétaire. Elle ne manque pas d’aspiration et de passion, mais somme toute sa vie est relativement terne. Mais son destin se trouve ailleurs, qui viendra la chercher sous les traits d’un détective privé. C’est le début d’une longue et agitée aventure. En effet, ce détective est envoyé par le père mourant d’Anna qui souhaite la revoir après de longues années de séparation.

    Anna quittera donc son existence tranquille de Melbourne pour rejoindre son père au Congo.

    Elle va arriver en plein milieux d’un pays agité par les soubresauts de la décolonisation. Des guerres opposent rebelles et factions gouvernementales.

    C’est là que le roman m’a prise au dépourvu, et bien heureusement. Loin de simplement conter les affres d’une jeune fille prise dans des troubles familiaux et existenciels, Leopard Hall fait le pari d’évoquer en parallèle l’émancipation d’une jeune fille plutôt effacée, et l’émancipation d’un pays nouvellement décolonisé. C’est un parallèle qui n’a rien d’artificiel, et qui doit tout aux circonstances, et aux réelles connaissances historiques de l’auteur sur ce sujet. Ainsi, après avoir retrouvé son père, Anna retrouve également un pays et une histoire, qui font partie du début de sa vie, et dont finalement elle ne connaît rien. Partant à la découverte de ses racines familiales, elle va plonger dans un Congo pris entre le magnifique et le tragique. Le magnifique avec évidemment les richesses que contient Leopard Hall, la demeure de son père, pleine de trésors pillés ça et là ; magnifiques également les paysages que l’on devine sublimes sous la plume de Katherine Schols ; magnifique la volonté de ce peuple d’aller vers sa libération totale. Mais le tragique vient hélas équilibrer cet ensemble, et le lecteur en apprend pas mal sur ces problématiques et l’agitation politique qui mettent le pays à feux et à sang, au nom de l’un ou l’autre groupe de libération. Ce bouleversement politique met à mal une population qui paye déjà un lourd tribu à la pauvreté et à la maladie.

    C’est donc au milieu de ces événements terribles qu’Anna va circuler, à la recherche de sa propre stabilité. En cours de route elle rencontrera Eliza, jeune femme bien plus aguerrie et indépendante d’esprit que ne l’est Anna. Eliza, photographe américaine, va l’accompagner dans son émancipation et offrir comme un miroir de ce que pourrait être Anna. Une autre elle-même, plus forte, plus audacieuse et qui se moque de l’avis des autres ou de sa réputation.

    En parallèle, l’auteur nous raconte le Congo en guerre vu des yeux d’un autre héros : Dan, qui dirige une troupe de mercenaires. C’est toute l’astuce de Katherine Schols : nous plonger dans cette guerre, de l’intérieur, avec un personnage, Dan, qu’on ne peut vraiment cataloguer. Il fait ce qu’il fait pour de bonnes raisons semble-t-il, et pourtant… J’ai aimé le souci qu’a eu l’auteur d’apporter de l’épaisseur au roman avec ce personnage. Ni un héros, ni un salaud, mais quelqu’un qui est là pour faire un job qui doit être fait.

    De fait les trois personnages principaux ont de l’épaisseur, et c’est le plaisir du lecteur d’en découvrir un peu plus à chaque page.

    Pour finir j’insiste sur le côté historique et réaliste, qui est vraiment le plus du roman. Une intrigue bien menée, posée dans un cadre historique maitrisé, et qui nous donne à la fin un roman palpitant et attachant.

     

    Leopard Hall - Katherine Schols 

    Editions Belfond – Traduit par Laurence Videloup

  • Les Filles au Lion - Jessie Burton

    Véritable coup de cœur de mon mois d’avril, Les Filles au Lion est le dernier roman de Jessie Burton.

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    Commencé un soir d’ennui, je n’ai pu le lâcher jusqu’à la fin (autant dire que ma nuit fut courte.)

    Le roman raconte en parallèle deux histoires, deux époques et deux jeunes femmes. La première, Odelle, est une jeune caribéenne de Trinidad-et-Tobago, exilée à Londres à la fin des années soixante suite à des études brillantes, pour y trouver une situation à la hauteur de ses aspirations et devenir écrivain. Mais cela fait cinq ans qu’Odelle vend des chaussures, et que son ambition s’amoindrit. Bientôt pourtant l’univers d’Odelle sera bouleversé : sa colocataire va se marier et quitter leur appartement, un jeune homme et son tableau vont croiser sa route, et enfin, notre héroïne va rencontrer une femme, Marjorie Quick, qui lui permettra de changer d’emploi et de relancer son envie d’écrire et d’être publiée.

    La seconde histoire nous emmène en 1936 en Espagne, à la veille de la guerre civile. Une famille composée d’un galeriste autrichien, d’une anglaise mélancolique, et de leur fille arrive dans une Espagne encore marquée par l’extrême pauvreté. La jeune fille, Olive, est peintre, mais son père ne prend guère cette passion au sérieux, tant pour lui les femmes sont incapables d’avoir une vision artistique. Alors Olive peint pour elle-même, même si elle a été acceptée dans une grande école d’art à Londres. Teresa et Isaac Robles sont deux espagnols, frère et sœur, pauvres mais débrouillards, passionnés et aussi intenses que le permet leur jeunesse. Isaac peint également. Sur fond de début de guerre civile va se jouer dans la villa espagnole une comédie des amours, des regrets, des cachotteries et des déceptions.

    En parallèle, le lecteur découvre avec Odelle un tableau, dont il apparaît vite qu’il est le pont entre l’histoire d’Olive et celle d’Odelle.

    Cette histoire est la même dans le fond : l’émancipation d’une femme, ou l’impossibilité de son émancipation. La difficulté d’être soi quand la société tout entière vous en empêche, économiquement, socialement et culturellement.

    L’histoire est très bien menée : c’est un puzzle réussi, où chaque pièce vient se mettre naturellement en place. Il y a une fluidité toute attachante dans la manière dont Odelle conte son histoire. Du côté d’Olive on ressent également cette fluidité dans le déroulé du récit. Jessie Burton fait là aussi preuve de beaucoup de minutie. Les détails du quotidien, d’un paysage, des sentiments : autant de moments de grâce dans son écriture. Beaucoup de choses affleurent : le racisme ordinaire dans un Londres des sweet sixties, un certain féminisme naissant, un propos artistique très bien articulé. Et pour autant cela reste un roman fluide, et jamais alourdi par un propos militant. C’est sa force : le lecteur constate que ces thèmes surgissent naturellement, dans un contexte, une histoire, et une évolution.

    Et il y a l’amour, forcément l’amour. Avec son lot de malentendus et de déceptions.

    Au milieu de tout cela : un tableau, étrange et magnétique, qui finira par envoyer chaque protagoniste à sa juste place, comme un totem magique.

    Il est difficile d’en dire plus sans dévoiler plus encore l’intrigue. Il y a tout à découvrir entre ces pages.

    Olive, Teresa et Odelle sont restées longtemps à flotter dans la pièce après que j’ai eu fini de lire leur histoire. Burton sait à merveille imprimer des portraits dans notre mémoire.

     

    Jessie Burton – Les Filles Au Lion

    Gallimard – Traduit par Jean Esch

     

    Extraits-

    « On ne connaît pas forcément le sort qu’on mérite. Les moments qui changent une vie — une conversation avec un inconnu à bord d’un bateau, par exemple — doivent tout au hasard. Et pourtant, personne ne vous écrit une lettre, ou ne vous choisit comme ami, sans une bonne raison. C’est ça qu’elle m’a appris : vous devez être prêt à avoir de la chance. Vous devez avancer vos pions. »

    « Son père disait toujours que les femmes pouvaient prendre un pinceau et peindre, bien sûr, mais la vérité, c’était qu’elles faisaient rarement de bons artistes. Olive n’avait jamais très bien compris la différence. Depuis que, toute petite, elle jouait dans les recoins de sa galerie, elle avait entendu Harold évoquer cette question avec ses clients, des hommes et des femmes, et souvent les femmes partageaient son point de vue, préférant investir leur argent dans de jeunes hommes plutôt que dans des personnes de leur sexe. L’idée qu’un artiste était nécessairement un homme était tellement répandue qu’Olive elle-même avait fini par y croire, à certains moments. En tant que fille de dix-neuf ans, elle était la face cachée, la mascotte tenace et courageuse de l’amateurisme. Mais désormais, à Paris, Amrita Sher-Gil, Meret Oppenheim et Gabriele Münter avaient toutes leur atelier, Olive avait même vu leurs œuvres de ses propres yeux. N’étaient-elles pas des artistes ? La différence entre un peintre ordinaire et un artiste tenait-elle simplement au fait que les gens croyaient en vous, qu’ils dépensaient deux fois plus d’argent pour acheter votre travail ? »

    « Trois jours plus tard, Quick m’a invitée chez elle. J’avais mentionné en passant que mon anniversaire approchait et j’avais trouvé sur mon bureau une petite carte me conviant à venir déjeuner le samedi. J’étais aux anges. Il n’était pas convenable que des employeurs et des employés se fréquentent de cette façon, mais ma curiosité l’emporta sur mes réserves. Je n’ai rien dit à personne.

    Mes chaussures cliquetaient sur le trottoir, et l’impression de vivre une aventure s’intensifiait. L’été vivait ses derniers jours ; Londres était un gaz d’échappement, un mégot de cigarette sur le pavé, un ciel chargé de cirrus. Je devenais une observatrice expérimentée des poussées irrégulières et des cicatrices de l’habitat londonien. Les codes postaux, la brique, rosier ou pas, le décrottoir, la hauteur du perron ou son absence constituaient un langage que j’avais appris. Vous ne pouviez pas vivre ici sans remarquer les différences entre les rues où régnaient la paix ou le chaos, un chien galeux vautré près du caniveau, des enfants en haillons, une haie de buis bien taillée, un rideau soulevé qui dansait. À Londres, il existait de nombreuses façons de vivre, mais peu de façons de changer de vie. »

  • Une Affaire d'Hommes - Todd Robinson

    Après Cassandra je me suis donc jeté sur le tout nouveau roman de Todd Robinson, une affaire d’hommes.

    Gros coup de cœur à nouveau pour cet auteur ! Du polar comme j’aime : efficace, piquant, percutant et avec une petite dose d’émotion juste suffisante pour rendre l’ensemble crédible et attachant.

    Nous voilà donc de retour à Boston ou Boo et Junior videur et gérant d’une boite de sécurité passe des nuits agités, enter beuveries et bagarres.

    Cette fois, c’est une des collègues de Boo qui fait appel à son sens de la chevalerie, pour venir en aide à son colocataire, importuné régulièrement par un homme. La situation va vite déraper, et nos deux héros vont se retrouver au plus mal, entre des accusations de meurtres et des hommes de main qui en ont après eux. Le milieu de la nuit est rude, implacable et ne fait guère dans le sentimentalisme ou l’écoute. Pourtant, entre deux bagarres, Boo, Junior et le reste de la bande habituelle de 4PC va apprendre à mieux se connaître, au-delà des souvenirs d’enfance dans l’orphelinat minable où ils se sont connus. On découvre une autre facette de nos héros, et surtout l’auteur aborde avec subtilité (malgré les gros poings qui jaillissent facilement) les thèmes de l’amitié, de l’homosexualité, et des préjugés qu’on ne s’avoue pas toujours.

    Bref, encore une belle aventure, avec des antihéros bien dessinés, des situations qui mènent le lecteur à frémir, rire beaucoup et franchement applaudir le style percutant de l’auteur (ouais j’ai déjà dit percutant, amis lisez le livre et prenez-le en pleine face pour comprendre)

     

    Une Affaire d'Hommes - Todd Robinson

    Gallmeister - Traduction de Laurent Bury

     

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    Sinon je suis encore de mauvaise humeur avec mes problèmes d’internet et une possible coupure encore en fin de semaine, la fatigue…

    Je ne vous parle pas de l’affreuse colère qui m’a prise dimanche soir, au résultat (de merde) que nous à offert ce premier tour (de merde) je ne m’en remets pas, et ce n’est pas un polar que je voudrais balancer à la gueule de certains mais une pile de parpaings. Je m’égare.

    Allez à demain, avec un peu de chance.

  • Cassandra (Todd Robinson) - La mort a ses raisons (Sophie Hannah)

    Quand je ne sais pas quoi lire ou que je suis bougonne, je lis un polar. C’est comme ça, même le polar le plus sombre me met de bonne humeur.

    Des polars, il y en a de toutes sortes, du classique roman policier à énigme type « whodunit », jusqu’au roman noir ou le crime est le prétexte à la mise en place d’une ambiance.

    Le mois passé j’ai du en lire une bonne dizaine, je vais tenter de vous en présenter un maximum. En tout cas deux aujourd’hui.

     

    Cassandra – Todd Robinson (Gallmeister)

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    Voilà un roman noir comme je les aime. Boo et Junior sont amis depuis leur enfance dans un foyer aussi accueillant qu'une prison nord-coréenne. Nos deux protagonistes devenus adultes sont agents de sécurité et gèrent leur propre entreprise. Travaillant essentiellement dans un bar, la nuit, ils partagent leur temps entre bagarres à arrêter et coups à éviter. Un soir, une drôle d'affaire leur est proposée: retrouver la fille mineure d'un notable du coin, discrètement et rapidement. C'est le début des ennuis et de pas mal de côtes cassées. Fugues, snuff movie, mafioso à l’ancienne, tous les ingrédients sont réunis pour un cocktail savoureux et piquant.
    Heureusement ce roman noir est aussi émaillé de beaucoup d'humour, noir certes. On appréciera le côté réaliste des choses, pas de super héros ici, pas mal de ratages et c'est ce qui rend les personnages attachants.
    Un très bon roman noir.

     

    La Mort a ses Raisons – Sophie Hannah (JC Lattès Le Masque)

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    C’est le second roman de Sophie Hannah où elle fait revivre le grand Hercule Poirot. J’étais très dubitative après avoir lu le premier : je suis du genre conservatrice et casse-couilles car je pense qu’il ne faut pas reprendre un personnage de roman au décès de son auteur, merde faites un peu preuve d’imagination quoi. Mais je suis aussi pleine de paradoxes, et lectrice omnivore. En gros je me fatigue moi-même car… impossible de m’empêcher de lire ce second roman ; il faut bien l’avouer le premier était pas mal fait du tout. Bref je suis faible et me revoilà à suivre Poirot ressuscité, avec son pote de circonstance l’inspecteur Catchpool (bien moins amusant que Hastings soit dit en passant), en visite chez une lady écrivain, pour ce qui va s’avérer une sympathique énigme. Notre lady souhaite déshériter ses deux enfants au profit de son étrange et maladif secrétaire, dans le but de révéler de grandes vérités. Mais rien ne se passe comme prévu évidemment. Une personne va mourir mais pas celle escomptée, le maladif ne l’est pas tant que ça, les enfants moins insupportables qu’il n’y paraît et tout le monde jouant double voire triple jeu, Poirot et Catchpool auront fort à faire.

    Bien écrit, bien ficelé, énigme bien construite et pas décevante, voilà un roman qui se déguste avec une bonne tasse de thé, of course, et éventuellement des scones, mais perso je préfère les Chamonix avec le thé, chacun son vice.

     

    A demain.