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paris bloqué

  • Victor Hugo

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    C'est un peu difficile de penser et de parler d'autre chose que de tristesse et de crainte. Pourtant il faut bien. Parler d'autre chose, sans oublier pour autant les morts et les questions.

    Alors je convoque les mots du grand Victor Hugo en ce jour, juste pour me souvenir de ce qui est beau. et j'en profite pour remercier Claudialucia qui a eu cette bonne idée de nous demander notre poème préféré de Hugo.

    Pour l'occasion, j'en indique deux, mon préféré "demain, dès l'aube", ainsi qu'un autre qui m'est venu en tête, au regard d se qui a secoué la région parisienne cette semaine. ce second poème étant "Paris Bloqué".

    "Demain, dès l'aube" représente beaucoup pour moi. Hugo l'avait écrit suite à la mort de sa fille. J'ai toujours beaucoup aimé ce poème. Il a été d'un grand secours également quand j'ai eu à traverser le deuil de ma propre fille. J'ai toujours eu beaucoup de mal à en parler, et j'avoue que ce poème est toujours un viatique efficace.

    "Paris bloqué" est un poème plein d'espoir et d'amour, et qui nous montre combien il est important de se relever et de vivre.

    Voilà, j'espère que vous apprécierez l'un ou l'autre de ces poèmes.

    Passez un bon weekend mes choupis et prenez grand soin de vous et des autres.

     

    Paris bloqué

    Ô ville, tu feras agenouiller l’histoire.
    Saigner est ta beauté, mourir est ta victoire.
    Mais non, tu ne meurs pas. Ton sang coule, mais ceux
    Qui voyaient César rire en tes bras paresseux,
    S’étonnent : tu franchis la flamme expiatoire,
    Dans l’admiration des peuples, dans la gloire,
    Tu retrouves, Paris, bien plus que tu ne perds.
    Ceux qui t’assiègent, ville en deuil, tu les conquiers.
    La prospérité basse et fausse est la mort lente ;
    Tu tombais folle et gaie, et tu grandis sanglante.
    Tu sors, toi qu’endormit l’empire empoisonneur,
    Du rapetissement de ce hideux bonheur.
    Tu t’éveilles déesse et chasses le satyre.
    Tu redeviens guerrière en devenant martyre ;
    Et dans l’honneur, le beau, le vrai, les grandes moeurs,
    Tu renais d’un côté quand de l’autre tu meurs.

    Victor Hugo - L’année terrible

     

    Demain, dès l’aube…

     

    Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,

    Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
    J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
    Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

    Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
    Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
    Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
    Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

    Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
    Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
    Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
    Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

    Victor Hugo, extrait du recueil «Les Contemplations»

     

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