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perplexité.

  • Une partie de dés


    Hier soir j'ai regardé un peu du débat Besson-Le Pen sur France 2. Le temps de m'énerver, de m'écœurer devant les propos lénifiants d'un homme qui trouve le moyen de justifier un parcours félon.

    Je suis en général assez ouverte au débat et propre à différencier compréhension et acceptation. Je peux comprendre les circonstances qui mènent quelqu'un à agir d'une certaine manière, sans pour autant cautionner ce comportement. Hier soir je n'ai rien compris. J'ai vu un homme faire foi de sa bonne volonté, de son humanisme, sans jamais rapporter ses propos à ses actes. Jamais. Décider que cette année il lui faudra trouver X « sans-papiers », reconduire à la frontière de leur pays est un acte statistique, politique, criminel. Ne pas se poser de questions sur ce qui conduit des gens à s'endetter pour fuir leur pays, à prendre les pires risques physiques qui se puissent imaginer, ne pas se douter un instant du désespoir qui peut hanter des familles entières.... Qu'est ce que la politique ? Gagner des élections pour gagner des élections pour gagner des élections ? Ou bien tenter d'approcher le pouvoir afin d'améliorer le sort commun ?

    Je suis prête à comprendre qu'on veuille le pouvoir pour le prestige, ou pour n'importe quelle raison pourrie, mais habiller cela d'une pudique tunique appelée Service de la Nation, c'est juste une vulgarité supplémentaire.

    Vincent Peillon a eu raison de ne pas venir faire le clown entre les 2 représentants de la droite extrême, Marine et Eric, aimables danseurs de tango sur le cadavre de la République.


    Parler d'identité nationale, d'immigration et de danger quand nous sommes tous nés sur la même Terre, qui parait-il va mal, se réchauffe, est en danger ; quand les mêmes depuis plus de 50 ans vendent les armes qui servent à tuer des innocents : quand les gouvernements occidentaux continuent de soutenir les dictatures qui les intéressent au nom d'une Real Politik de merde ; quand ce sont toujours les mêmes qui s'effondrent encore au milieux des décombres ; tout cela n'a aucun sens humain, aucun.

    Je sais plus trop quoi dire en faite tellement je ne comprends rien à la manière dont le monde tourne. Les solutions théoriques me semblent si faciles et tellement à portée de main. Et pourtant, le monde continue de merder, jour après jour.

    N'est-ce pas vain de s'interroger toujours sur les mêmes aberrations quand rien ne change ?

    L'identité nationale  ça n'est jamais que le sort qui en décide, un hasard plus ou moins heureux, qui me permet de passer la soirée à twitter devant un débat de connards, avant d'aller tranquillement lire un roman au lit, pendant que d'autres errent dans un Port-au-Prince dévasté. C'est une question de chance, rien d'autre.

    Monsieur Besson ne se rend pas compte de la chance qu'il a, de l'infime chance qui lui est donné de tranquillement livrer ses atermoiements de gentil Caliméro victime de méchants vilains qui ne comprennent pas sa mission.