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vive martine aubry

  • Le féminisme et moi, émoi ??

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    Suis-je féministe ?

     

    C’est une question que je me suis souvent posée, sans y trouver de réponse. Sauf peut-être la suivante : c’est quand j’y pense le moins que je le suis vraiment.

     

    Mais dès que je commence à réfléchir à cette question, c’est le bazar dans ma tête. Ou plutôt les réponses aux grandes questions médiatiques ne trouvent jamais écho en moi.

     

    Ainsi de ce pauvre Orelsan.

     

    Vous avez tous entendu parler d’Orelsan je pense, et de la chanson commise par lui, la délicate « sale pute ». Ce titre a au moins pour lui un certain réalisme, à la Zola ?? Qui sait…

     

    medium_Méditation_1893_collection_privée_.3.jpg
    Attention je me prépare à réfléchir :)
    Meditation, by John William Waterhouse

    J’ai écouté cette chanson, et comment dire, ce n’est pas ma tasse de thé. Les paroles sont approximatives, mal assemblées, le tout manque de cohérence et même de vigueur, malgré la vulgarité du propos.

    Ce cher Aurélien, car c’est son prénom, s’est vu l’objet d’une diatribe médiatico-bloggosphérico-politique assez unanime.

     

    Hou le méchant qui traite les femmes de pute et en appelle à leur éviscération et autre joyeusetés (pour les personnes soucieuse d’exactitude ou les amateurs de gore, je vous invite à lire ou à écouter la chanson).

    Bon, c’est clair, j’ai pas aimé, c’est pas terrible, voire à chier.

     

    Toutefois, était-ce nécessaire de lever haut le bouclier du féminisme et de désigner Orelsan comme le nouvel Ennemi ??

     

    Je ne pense pas, en toute modestie (et puis je pense un peu ce que je veux en même temps), et c’est même assez comminatoire comme procédé.

     

    Aurélien est un jeune homme qui commet une œuvre intellectuel de fort mauvais gout certes, mais ça reste une œuvre de l’esprit. Et il en est de sa chanson comme de n’importe quel œuvre de création : elle reste la liberté de l’artiste, et la censurer, et bah, c’est de la censure non ??

    Si on me rétorque que les paroles sont méchantes, pas gentilles, tout ça, je rétorquerais à mon tour que le bon goût et le talent ne sont hélas pas une condition pour sortir une œuvre dans ce pays.

     

    Vous avez déjà écouté les paroles de certaines chansons (Requiem pour un fou) où notre Jauny national annonce qu’il a tué celle qu’il aime (cette te-pu) et qu’il butera tout ce qui bouge : c’est mal non ???

     

    Et la palanqué de chanson de Michel Sardou la nouille ? Le bon temps de colonies, femmes des années 80, le bac G, je suis pour (la peine de mort, explicit lyrics comme on dit !), j’en passe et des pires : mais tout autant de chansons qui m’ont agressé et qui m’agressent par leur racisme social et ethnique, par leur misogynie et par leur stupidité. Je ne me rappelle guère d'une levée de bouclier contre ces attentats aux Grands Principes du Droit.

    Vous connaissez Charles Baudelaire ou Sade, même Zola : de bien belles ordures, le rebut de l’humanité si j’en crois les chroniques de leurs contemporains ! J’espère qu’ils sont interdits en France, je frémirais si de tendres lycéens tombaient sur leurs textes ! Dieu fasse que la Mairie de Paris exerce à leur égard la même vigilance qui a conduit à exclure Orelsan du réseau des médiathèques de la ville.

    Et nous femmes, avons-nous besoin de telles ennemis ? Est-ce là le danger ? Ou est-ce un leurre, un joujou, un os à ronger, nous détournant de la revendication naturelle de nos justes droits ?

     

    Je penche pour une belle escroquerie intellectuelle.

     

    Vous vous rappelez la parité ? J’étais pour, je suis adhérente du Parti qui l’a mise en place (Vas-y Martine nique lui sa race à Manuel, vire-le pitiééé), mais à quoi ça a servi ?

    A mettre en place des femmes déjà bien lotie dans la vie, dans l’espoir que cela fasse aussi effet sur le reste de la société. Tu parles, que dalle.

     

    Les emmerdes de la caissière à mi-temps avec un planning éclaté sur une journée complète, c’est une réalité qui continue. Les femmes employées moins bien payées que leurs collègues hommes, ça continue. Les difficultés d’accès à certaines professions, ça continue. L’utilisation de l’image de la femme de manière infantilisante ou sexiste pour vendre une bagnole, ça continue ! Pourtant Mecedes Erra a bien été présidente d’un grand groupe publicitaire, non ? Une femme…Les femmes de pouvoirs agissent encore comme les hommes de pouvoirs: dans un seul but, la recherche de la préservation et de l'accroissement de leurs privilèges. Il n' y a pas plus de sororité que de fraternité en dehors du Saint Profit et de son dieu l' Argent.

    Alors ce pauvre Orelsan, franchement c’est pipi de chat, snake oil et compagnie.

    Je dis un grand bravo à Olivia Ruiz qui lui a dédié son concert des Francofolies : la question n’est même plus à l’esthétique musicale mais au principe de la censure. Quelles limites, et quels juges : vous ? Moi ? Le bon sens populaires qui élit et réélit des VOLEURS à la mairie de Levallois Perret, des escrocs à Nice, dans les Hauts-de-Seine, des dynasties de parasites à la tête des villes de France ? Et j’en prends ma part au PS…hélas.

     

    Qui peut s’arroger le droit à la censure et s’avancer comme un blanc chevalier ?

    Qui peut s’ériger en chantre d’une morale commune ? Frédéric Lefebvre ? Haaaaaaaa haaa ha !

     

    La vraie question est celle de l’éducation et de l’égalité réelle pour tous : mais ça c’est un peu plus compliqué que de dire bouh le méchant Orelsan, et puis merde ça demande une certaine réflexion, voire de l’argent ! Non, non, non, contentons-nous d’enfermer nos jeunes en prison plutôt que de les éduquer.

    Sinon, je vais faire ma moralisatrice à 2 balles, mais il y en a qui sont allé voter aux Européennes ?

    Si, si il y a un rapport.