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féminisme

  • Leopard Hall - Katherine Schols

    Pour le roman d’aujourd’hui nous restons dans cette folle période des Sweet Sixties, mais plus loin de Londres puisque nous allons voyager d’Australie vers les rives du lac Tanganyika (c’est bien là l’avantage fabuleux des livres que de nous transporter ailleurs en un tour de page)

    Ce voyage particulier nous allons le faire en compagnie d’Anna, jeune femme de Melbourne, au caractère assez effacé au premier abord. Anna est une des héroïnes du nouveau roman de Katherine Schols : Leopard Hall.

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    Anna vit une existence simple et rangée, en compagnie de sa mère, à Melbourne, dans un emploi classique de secrétaire. Elle ne manque pas d’aspiration et de passion, mais somme toute sa vie est relativement terne. Mais son destin se trouve ailleurs, qui viendra la chercher sous les traits d’un détective privé. C’est le début d’une longue et agitée aventure. En effet, ce détective est envoyé par le père mourant d’Anna qui souhaite la revoir après de longues années de séparation.

    Anna quittera donc son existence tranquille de Melbourne pour rejoindre son père au Congo.

    Elle va arriver en plein milieux d’un pays agité par les soubresauts de la décolonisation. Des guerres opposent rebelles et factions gouvernementales.

    C’est là que le roman m’a prise au dépourvu, et bien heureusement. Loin de simplement conter les affres d’une jeune fille prise dans des troubles familiaux et existenciels, Leopard Hall fait le pari d’évoquer en parallèle l’émancipation d’une jeune fille plutôt effacée, et l’émancipation d’un pays nouvellement décolonisé. C’est un parallèle qui n’a rien d’artificiel, et qui doit tout aux circonstances, et aux réelles connaissances historiques de l’auteur sur ce sujet. Ainsi, après avoir retrouvé son père, Anna retrouve également un pays et une histoire, qui font partie du début de sa vie, et dont finalement elle ne connaît rien. Partant à la découverte de ses racines familiales, elle va plonger dans un Congo pris entre le magnifique et le tragique. Le magnifique avec évidemment les richesses que contient Leopard Hall, la demeure de son père, pleine de trésors pillés ça et là ; magnifiques également les paysages que l’on devine sublimes sous la plume de Katherine Schols ; magnifique la volonté de ce peuple d’aller vers sa libération totale. Mais le tragique vient hélas équilibrer cet ensemble, et le lecteur en apprend pas mal sur ces problématiques et l’agitation politique qui mettent le pays à feux et à sang, au nom de l’un ou l’autre groupe de libération. Ce bouleversement politique met à mal une population qui paye déjà un lourd tribu à la pauvreté et à la maladie.

    C’est donc au milieu de ces événements terribles qu’Anna va circuler, à la recherche de sa propre stabilité. En cours de route elle rencontrera Eliza, jeune femme bien plus aguerrie et indépendante d’esprit que ne l’est Anna. Eliza, photographe américaine, va l’accompagner dans son émancipation et offrir comme un miroir de ce que pourrait être Anna. Une autre elle-même, plus forte, plus audacieuse et qui se moque de l’avis des autres ou de sa réputation.

    En parallèle, l’auteur nous raconte le Congo en guerre vu des yeux d’un autre héros : Dan, qui dirige une troupe de mercenaires. C’est toute l’astuce de Katherine Schols : nous plonger dans cette guerre, de l’intérieur, avec un personnage, Dan, qu’on ne peut vraiment cataloguer. Il fait ce qu’il fait pour de bonnes raisons semble-t-il, et pourtant… J’ai aimé le souci qu’a eu l’auteur d’apporter de l’épaisseur au roman avec ce personnage. Ni un héros, ni un salaud, mais quelqu’un qui est là pour faire un job qui doit être fait.

    De fait les trois personnages principaux ont de l’épaisseur, et c’est le plaisir du lecteur d’en découvrir un peu plus à chaque page.

    Pour finir j’insiste sur le côté historique et réaliste, qui est vraiment le plus du roman. Une intrigue bien menée, posée dans un cadre historique maitrisé, et qui nous donne à la fin un roman palpitant et attachant.

     

    Leopard Hall - Katherine Schols 

    Editions Belfond – Traduit par Laurence Videloup

  • Les Filles au Lion - Jessie Burton

    Véritable coup de cœur de mon mois d’avril, Les Filles au Lion est le dernier roman de Jessie Burton.

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    Commencé un soir d’ennui, je n’ai pu le lâcher jusqu’à la fin (autant dire que ma nuit fut courte.)

    Le roman raconte en parallèle deux histoires, deux époques et deux jeunes femmes. La première, Odelle, est une jeune caribéenne de Trinidad-et-Tobago, exilée à Londres à la fin des années soixante suite à des études brillantes, pour y trouver une situation à la hauteur de ses aspirations et devenir écrivain. Mais cela fait cinq ans qu’Odelle vend des chaussures, et que son ambition s’amoindrit. Bientôt pourtant l’univers d’Odelle sera bouleversé : sa colocataire va se marier et quitter leur appartement, un jeune homme et son tableau vont croiser sa route, et enfin, notre héroïne va rencontrer une femme, Marjorie Quick, qui lui permettra de changer d’emploi et de relancer son envie d’écrire et d’être publiée.

    La seconde histoire nous emmène en 1936 en Espagne, à la veille de la guerre civile. Une famille composée d’un galeriste autrichien, d’une anglaise mélancolique, et de leur fille arrive dans une Espagne encore marquée par l’extrême pauvreté. La jeune fille, Olive, est peintre, mais son père ne prend guère cette passion au sérieux, tant pour lui les femmes sont incapables d’avoir une vision artistique. Alors Olive peint pour elle-même, même si elle a été acceptée dans une grande école d’art à Londres. Teresa et Isaac Robles sont deux espagnols, frère et sœur, pauvres mais débrouillards, passionnés et aussi intenses que le permet leur jeunesse. Isaac peint également. Sur fond de début de guerre civile va se jouer dans la villa espagnole une comédie des amours, des regrets, des cachotteries et des déceptions.

    En parallèle, le lecteur découvre avec Odelle un tableau, dont il apparaît vite qu’il est le pont entre l’histoire d’Olive et celle d’Odelle.

    Cette histoire est la même dans le fond : l’émancipation d’une femme, ou l’impossibilité de son émancipation. La difficulté d’être soi quand la société tout entière vous en empêche, économiquement, socialement et culturellement.

    L’histoire est très bien menée : c’est un puzzle réussi, où chaque pièce vient se mettre naturellement en place. Il y a une fluidité toute attachante dans la manière dont Odelle conte son histoire. Du côté d’Olive on ressent également cette fluidité dans le déroulé du récit. Jessie Burton fait là aussi preuve de beaucoup de minutie. Les détails du quotidien, d’un paysage, des sentiments : autant de moments de grâce dans son écriture. Beaucoup de choses affleurent : le racisme ordinaire dans un Londres des sweet sixties, un certain féminisme naissant, un propos artistique très bien articulé. Et pour autant cela reste un roman fluide, et jamais alourdi par un propos militant. C’est sa force : le lecteur constate que ces thèmes surgissent naturellement, dans un contexte, une histoire, et une évolution.

    Et il y a l’amour, forcément l’amour. Avec son lot de malentendus et de déceptions.

    Au milieu de tout cela : un tableau, étrange et magnétique, qui finira par envoyer chaque protagoniste à sa juste place, comme un totem magique.

    Il est difficile d’en dire plus sans dévoiler plus encore l’intrigue. Il y a tout à découvrir entre ces pages.

    Olive, Teresa et Odelle sont restées longtemps à flotter dans la pièce après que j’ai eu fini de lire leur histoire. Burton sait à merveille imprimer des portraits dans notre mémoire.

     

    Jessie Burton – Les Filles Au Lion

    Gallimard – Traduit par Jean Esch

     

    Extraits-

    « On ne connaît pas forcément le sort qu’on mérite. Les moments qui changent une vie — une conversation avec un inconnu à bord d’un bateau, par exemple — doivent tout au hasard. Et pourtant, personne ne vous écrit une lettre, ou ne vous choisit comme ami, sans une bonne raison. C’est ça qu’elle m’a appris : vous devez être prêt à avoir de la chance. Vous devez avancer vos pions. »

    « Son père disait toujours que les femmes pouvaient prendre un pinceau et peindre, bien sûr, mais la vérité, c’était qu’elles faisaient rarement de bons artistes. Olive n’avait jamais très bien compris la différence. Depuis que, toute petite, elle jouait dans les recoins de sa galerie, elle avait entendu Harold évoquer cette question avec ses clients, des hommes et des femmes, et souvent les femmes partageaient son point de vue, préférant investir leur argent dans de jeunes hommes plutôt que dans des personnes de leur sexe. L’idée qu’un artiste était nécessairement un homme était tellement répandue qu’Olive elle-même avait fini par y croire, à certains moments. En tant que fille de dix-neuf ans, elle était la face cachée, la mascotte tenace et courageuse de l’amateurisme. Mais désormais, à Paris, Amrita Sher-Gil, Meret Oppenheim et Gabriele Münter avaient toutes leur atelier, Olive avait même vu leurs œuvres de ses propres yeux. N’étaient-elles pas des artistes ? La différence entre un peintre ordinaire et un artiste tenait-elle simplement au fait que les gens croyaient en vous, qu’ils dépensaient deux fois plus d’argent pour acheter votre travail ? »

    « Trois jours plus tard, Quick m’a invitée chez elle. J’avais mentionné en passant que mon anniversaire approchait et j’avais trouvé sur mon bureau une petite carte me conviant à venir déjeuner le samedi. J’étais aux anges. Il n’était pas convenable que des employeurs et des employés se fréquentent de cette façon, mais ma curiosité l’emporta sur mes réserves. Je n’ai rien dit à personne.

    Mes chaussures cliquetaient sur le trottoir, et l’impression de vivre une aventure s’intensifiait. L’été vivait ses derniers jours ; Londres était un gaz d’échappement, un mégot de cigarette sur le pavé, un ciel chargé de cirrus. Je devenais une observatrice expérimentée des poussées irrégulières et des cicatrices de l’habitat londonien. Les codes postaux, la brique, rosier ou pas, le décrottoir, la hauteur du perron ou son absence constituaient un langage que j’avais appris. Vous ne pouviez pas vivre ici sans remarquer les différences entre les rues où régnaient la paix ou le chaos, un chien galeux vautré près du caniveau, des enfants en haillons, une haie de buis bien taillée, un rideau soulevé qui dansait. À Londres, il existait de nombreuses façons de vivre, mais peu de façons de changer de vie. »

  • Pour un 8 mars littéraire

    Au début, j’avais pensé ne rien écrire, et passer sous silence ce 8 mars. Chaque année nous avons droit au même bal des faux-culs, mâtiné d’un sexisme commercial de plus en plus énervant, tant ce jour est prétexte aux différentes marques pour nous fourguer leurs produits. J’adore les produits de beauté, les fringues, les chaussures etc.. mais franchement c’est insultant et agaçant de recevoir des sms/mails de la part des enseignes de cosmétiques ou mode, nous gratifiant de réductions cadeau à l’occasion de la journée de la femme. Faut vraiment être une équipe de cons finis aux services marketing des dits marques pour persister, en 2016, dans cette communication (de merde). Ces marketeux oublient une chose essentielle : le 8 mars est là pour nous rappeler que dans bien des pays, y compris le notre, les droits des femmes sont bafoués, niés, massacrés. Alors très sincèrement, les 20% de réduction sur la petite robe, ou le rouge à lèvres, ce n’est pas foncièrement la préoccupation du jour, sans compter l’éternelle réduction de la femme à ces futilités, qui ne sont qu’une infime partie de notre être bordel de nom.

    Bref, prenons le temps, ce jour comme le reste de l’année d’ailleurs, de réfléchir, d’observer ce qu’il reste encore de combats à gagner, et comment les gagner. Prenons le temps de lire aussi, des livres qui participent à l’éveil d’une conscience indispensable à ce combat.

    Je ne me suis jamais présentée comme féministe, pour moi la question ne se posait pas vraiment. Peut-être qu’avant, vers l’adolescence, il me semblait évident que tout le monde ne pouvait être que féministe : qui, dans le monde moderne des années 80/90, pouvaient ne pas vouloir l’égalité de tous ? J’étais vraiment naïve et ignorante du monde. C’est par les livres que j’ai commencé, et continué ma réflexion sur le sujet.

    Au départ, ce sont des lectures de hasard, c'est-à-dire des livres lus sans volonté précise de ma part de lire sur le sujet du féminisme, et qui m’on amené à réfléchir un peu différemment. Voire à réfléchir tout court.

    Le premier d’entre eux, c’est l’essai de Virginia Woolf, Une Chambre À Soi. Le lire m’a ouvert les yeux sur une évidence qui était pourtant là, offerte à mon regard. Pourquoi les femmes n’accèdent pas à la même réussite qu’aux hommes, pourquoi n’ont-elles pas la même possibilité d’étudier, de progresser. Sont-elles plus bêtes ? Non, évidemment. Il leur manque, il NOUS manque seulement, et essentiellement, cette fameuse chambre à soi, cette possibilité de s’isoler du fracas du monde, de s’extraire d’un rôle social, et d’obligations, pour se consacrer à autre chose qu’à un devoir biologique et social. Il manquait aux femmes de son époque la liberté de choisir une vie, de voyager, d’être financièrement indépendante. Cette liberté est encore à conquérir, en 2016, pour bien trop de femmes. Le partage des tâches ménagères et de l’éducation des enfants est une évidence encore trop théorique. Combien de femmes mettent de côté leurs ambitions, leurs rêves, parce que c’est plus simple, plus « logique » socialement ?

    Dans la suite de Virginia Woolf, j’avais lu à l’époque, et encore par hasard, sans savoir à quoi m’attendre, Une Maison de Poupée, de Henrik Ibsen. Le personnage de Nora, la « petite alouette » de son mari, marque toute jeune lectrice. J’ai ressenti de l’agacement, puis de la peine, pour cette femme d’apparence stupide et superficielle. Encore plus d’agacement envers son mari qui prolonge dans son mariage le paternalisme de toute une société. L’émancipation de Nora, son éveil à sa propre valeur, font de la pièce de Ibsen une expérience de lecture qui bouleverse les certitudes.

    Plus tard, Gisèle Halimi a fini d’ancrer dans la réalité la nécessité des combats féministes au quotidien. La Cause des Femmes, avec le procès de Bobigny, a été encore plus bouleversant. C’était étrange pour moi de considérer qu’une jeune fille, moins de vingt ans plus tôt, affrontait l’humiliation d’un procès, une accusation publique de toute la société, pour avoir subit un avortement. J’avais déjà beaucoup d’admiration pour Gisèle Halimi grâce à son combat contre la torture en Algérie (l’essai autour de Djamila Boupacha est d’ailleurs un autre livre-pivot de mon engagement politique, mais c’est un autre débat).

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    Bref, encore une fois, prise de conscience et ancrage dans le réel : les livres sont là pour nous rappeler le chemin parcouru, et ce qu’il nous reste à conquérir.

    Je me rends compte que le sujet me passionne et qu’il y a encore quelques livres traitant plus ou moins du sujet, dont j’ai envie de vous parler, peut-être plus en détail. Je pense notamment à King Kong Theorie de Despentes, au Carnet d’Or de Doris Lessing, à La Servante Écarlate de Margaret Atwood. Je pense aussi à Christine Delphy, à Nikki Gemmell et Mona Chollet, à Judith Butler et Annie Ernaux. Plein d’occasions de revenir m’épancher ici :)

  • Looking for Eric, and Kanye, and Josh...

     

    AVANT TOUT: n'oublie pas de lire ma participation à l'énooooooorme concours de Manu, c'est là où tu me verras enduite de honte, et si t'es pas la moitié d'une pute, voire un gentleman ou une princesse, tu votes pour moi ?????? T'auras peut-être droit à la suite de l'histoire comme ça :) !

    Pour voter c'est là click click !


    Mes petits biquets, on est lundi. Bouhhhhhhouhouhhh : ça, c'est pour dire que je pleure de joie d'être de retour au bureau.

    Je pleure surtout parce que ma petite J., ma collègue, est encore à New-York, tu sais bien lapin, je t'en avais parlé, elle est partie avec connardo son amoureux. J'ai eu droit à des petits texto, des news fraiches, tout va bien pour elle. J'ai hâte de la retrouver et pas seulement parce qu'elle est en mission vernis O.P.I and Essie moins cher que pas cher. La liste de couleurs que je lui ai donné devrait m'aider à tenir les prochains 6 mois. Me restera plus qu'à recourir au miracle du sport et de l'absence de nourriture, me faire une belle manucure, prendre un air inspiré et faire han han baby de ma voix mi dictame mi DJ Oriska, sucer mon doigt comme si c'était une sucette Chanel, comme dit la délicieuse Eléa, le tout en espérant que Kanye West ou Josh Hartnett passent par là et me supplient de les épouser (oui, les 2). En même temps le mariage, c'est surfait, je me contenterai largement d'une relation purement physique, hein, sans sentiments ni engagement, du moment qu'il y  a blow job.

    Non, je ne suis pas obsédée par le cul, mais entre les fessiers princiers aperçus chez Angie, la leçon de fellation magistralement expliquée par Julie, j'ai tendance à tout envisager à oilp', allongé ou pas, mais à oilp'.

    L'été est fini et bien fini, mais ce n'est pas la fin de tout. Rentrer dans l'hiver est souvent synonyme de ralentissement, de repli sur soi, comme si une routine délicate et sans danger devait nous aider à passer le cap de la saison morte.

    Mais que non mon mignon. L'hiver peut aussi être la saison du désir éclatant et de l'amour. Le froid est propice au rapprochement caliente. Un peu de réconfort calorifère dans des bras puissants, ça ne se refuse pas. Kanyyyyyyyyyyye !!! Justiiiiiiiiiiiiin !!! I'm here !!!!


    Bon, choupi, choupette, on va prendre 3 secondes de sériosité, voir de gravitude. Le monde continue de tourner, comme d'habitude la tête à l'envers, et des fois c'est bien d'en parler. Je rêve (oui comme Martin-Luther, another King) d'un monde de Barbie où tout le monde se ferait des big hug, et où mon plus grand souci serait : le 2 : 55 je le prends en noir, en gris ou les deux ? Or donc mon mignon ce n'est point le cas. D'abord le 2 : 55 est affreusement hors de ma portée, sauf si Kanye est convaincue par mes dons exceptionnels, noon j'rigole je suis pas comme ça, humm hummm...

    Mais plus grave que ça, et là hop je prends mon ton grave que je suis pas contente et que merde font chier les gens pourquoi on me demande pas systématiquement mon avis pour gouverner le monde, hein pourquoiiii ? Il y  a plusieurs choses qui me font hurler en ce moment AAAAHHHHHHHHHHHHH,  mais je vais t'épargner la liste longue comme un jour sans tartine de Nutella parce que je t'aime, surtout toi, et aussi toi et toi aussi je t'aime. Et toi plus encore que les trois précédents...

    Bref mon mignon, je m'en veux parce que samedi je ne suis pas allée à la manifestation  sur la condition féminine dans le monde et en France. Pourtant c'est un sujet qui me tient à cœur et que j'ai toujours du mal à théoriser, même  s'il y  a des principes sur lesquels on sera tous d'accord. Ne serait-ce que dans l'institution où je travaille, et qui sert entre autre à te rembourser tes médocs (suspens, koikecé comme boite ??), bah chez nous les femmes sont ultra majoritaires, mais les dirigeants sont majoritairement masculins, cherche pas, il y  a ce qu'il faut niveau compétences féminines, mais le grand dieu Hasard fait que Directeur ça sonne mieux que Directrice. Quant aux salaires, la différence est patente suivant que tu portes un boxer Calvin Klein for Men ou un string Aubade.

    Tu rajoutes à ces vils questions pécuniaires de femmes vénales, le problème de la précarité au travail, celui des femmes battues, la remise en cause du droit à l'avortement, voire sa négation dans certains pays, et tu as une condition féminine qui a pris quelques coups dans l'aile.

    Je ne sais pas si la gigantesque  manifestation anti avortement de Madrid aura des conséquences néfastes en Espagne, mais nous ne sommes vraiment plus dans une période de progrès où certains droits sembleraient évidents.

    Bref j'aurai adoré me trouver au sein de cette manif' de samedi.


    Pour la suite, je ne sais pas si on va être dans la sériosité ou la rigolitude ? Peut-être juste le foutage de gueule. On va parler de la royale famille Vagale. Côté descendance ascensionnelle : oui tu reconnais là les attributs du Prince Jean le Vagal, dit aussi Jean sans diplôme, mais c'est parce que t'es qu'un gros jaloux qui végète au service contentieux de ta PME pourrie de province quand tu te voyais déjà en haut de l'affiche bras-droit de John Moltonel le king du PQ en Europe, ainsi que te le promettait l'école de commerce qui a couté un œil et deux bras à tes imbéciles de parents non-vagaux.

    C'est parce que t'as pas eu assez de bonnes notes en fait. Or donc, le Prince Jean le Vagal n'est certes qu'en seconde année de droit à bientôt 24 ans, mais peu importe. D'abord, tu sais que la précipitation est mauvaise conseillère. Tu sais ce que dit Schopenhauer : tout ce qui est exquis murit lentement. Crois moi que Schopi (oui c'est son surnom à Arthur) c'est pas la moitié d'un con, c'est le gars qui a changé ma vie avec son petit recueil sur l'art d'avoir toujours raison. Je ne te cache pas que je réservai cette maxime sur l'exquise lenteur à des trucs un peu plus sexuels, (cf blow job susnommé par exemple). Mais là le cas de Jean le Vagal me met en lumière la réalité de cette phrase ! Schopi pensait déjà à Jean Le Vagal !

    Et oui, pourquoi faire comme tout le monde quand on peut lentement murir l'étude du droit civil, et de l'histoire du droit, tout ça pour obtenir les faramineuses notes de 11 et 14 sur 20. Je m'étonne que l'Académie du Nobel n'ait pas pensé à lui. On les connaît les notes d'Obama à la fac ??????? Je demande à ce qu'on recompte les voix en l'occurrence !!!

    Enfin, rassure-toi mon mignon, il y a de courageux hommes politiques qui n'écoutent que leur conscience (et le bruit de la robe des juges qui se rapproche) pour voler au secours de l'innocent bafoué. Oui Julien Dray, dit Juju la tocante, l'amateur de montres (bordel je ne peux même pas lui en vouloir de ça, tu me connais moi et mon amour des montres.) Juju vient donc de marquer un but contre son camp (comme d'hab' depuis 20 ans note bien) en déplorant l'acharnement, que dis-je, la meute qui vient dévorer le Vagal Chérubin. Si j'étais mauvaise, je dirais que Juju la Tocante essaie de trouver des amis, des fois qu'il soit dans l'habitude de l'Etat de faire pression sur les juges. Mais ce n'est pas le genre de la maison, n'est-ce pas. J'ai envie de dire Big Up Julien ! Merci de redonner foi en la politique !


    Bon, on arrête de s'énerver et on admire un bellâtre, sans ça ce blog perdrait un tiers de sa ligne éditoriale : beaux mecs, sexe et chaussures.


    Aujourd'hui intéressons-nous à Eric Dane. Tu sais bien, le sexy Dr Glamour de Grey's Anatomy : la seule et unique raison pour laquelle je regarde cette série indigente et larmoyante. Le roi du cunni, l'empereur des sens, c'est lui ! Et qu'on ne me parle pas du Dr Mamour ou je vomis mon petit déj, merci bien !

    Look at that:

     

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    Ce pull !!!!!

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    Le jean's !!!!! le torse !!!!!!!
    Arghhh, je meurs !!


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    La classe, simply !

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    Vas-y arrache ma robe, je m'occupe de ton t-shirt !


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    Il est pas tout choupi comme ça !?


    Bon, je vous laisse, et je retourne à mes quadra bedonnants. VDM !




     

     

  • Le féminisme et moi, émoi ??

     

    Suis-je féministe ?

     

    C’est une question que je me suis souvent posée, sans y trouver de réponse. Sauf peut-être la suivante : c’est quand j’y pense le moins que je le suis vraiment.

     

    Mais dès que je commence à réfléchir à cette question, c’est le bazar dans ma tête. Ou plutôt les réponses aux grandes questions médiatiques ne trouvent jamais écho en moi.

     

    Ainsi de ce pauvre Orelsan.

     

    Vous avez tous entendu parler d’Orelsan je pense, et de la chanson commise par lui, la délicate « sale pute ». Ce titre a au moins pour lui un certain réalisme, à la Zola ?? Qui sait…

     

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    Attention je me prépare à réfléchir :)
    Meditation, by John William Waterhouse

    J’ai écouté cette chanson, et comment dire, ce n’est pas ma tasse de thé. Les paroles sont approximatives, mal assemblées, le tout manque de cohérence et même de vigueur, malgré la vulgarité du propos.

    Ce cher Aurélien, car c’est son prénom, s’est vu l’objet d’une diatribe médiatico-bloggosphérico-politique assez unanime.

     

    Hou le méchant qui traite les femmes de pute et en appelle à leur éviscération et autre joyeusetés (pour les personnes soucieuse d’exactitude ou les amateurs de gore, je vous invite à lire ou à écouter la chanson).

    Bon, c’est clair, j’ai pas aimé, c’est pas terrible, voire à chier.

     

    Toutefois, était-ce nécessaire de lever haut le bouclier du féminisme et de désigner Orelsan comme le nouvel Ennemi ??

     

    Je ne pense pas, en toute modestie (et puis je pense un peu ce que je veux en même temps), et c’est même assez comminatoire comme procédé.

     

    Aurélien est un jeune homme qui commet une œuvre intellectuel de fort mauvais gout certes, mais ça reste une œuvre de l’esprit. Et il en est de sa chanson comme de n’importe quel œuvre de création : elle reste la liberté de l’artiste, et la censurer, et bah, c’est de la censure non ??

    Si on me rétorque que les paroles sont méchantes, pas gentilles, tout ça, je rétorquerais à mon tour que le bon goût et le talent ne sont hélas pas une condition pour sortir une œuvre dans ce pays.

     

    Vous avez déjà écouté les paroles de certaines chansons (Requiem pour un fou) où notre Jauny national annonce qu’il a tué celle qu’il aime (cette te-pu) et qu’il butera tout ce qui bouge : c’est mal non ???

     

    Et la palanqué de chanson de Michel Sardou la nouille ? Le bon temps de colonies, femmes des années 80, le bac G, je suis pour (la peine de mort, explicit lyrics comme on dit !), j’en passe et des pires : mais tout autant de chansons qui m’ont agressé et qui m’agressent par leur racisme social et ethnique, par leur misogynie et par leur stupidité. Je ne me rappelle guère d'une levée de bouclier contre ces attentats aux Grands Principes du Droit.

    Vous connaissez Charles Baudelaire ou Sade, même Zola : de bien belles ordures, le rebut de l’humanité si j’en crois les chroniques de leurs contemporains ! J’espère qu’ils sont interdits en France, je frémirais si de tendres lycéens tombaient sur leurs textes ! Dieu fasse que la Mairie de Paris exerce à leur égard la même vigilance qui a conduit à exclure Orelsan du réseau des médiathèques de la ville.

    Et nous femmes, avons-nous besoin de telles ennemis ? Est-ce là le danger ? Ou est-ce un leurre, un joujou, un os à ronger, nous détournant de la revendication naturelle de nos justes droits ?

     

    Je penche pour une belle escroquerie intellectuelle.

     

    Vous vous rappelez la parité ? J’étais pour, je suis adhérente du Parti qui l’a mise en place (Vas-y Martine nique lui sa race à Manuel, vire-le pitiééé), mais à quoi ça a servi ?

    A mettre en place des femmes déjà bien lotie dans la vie, dans l’espoir que cela fasse aussi effet sur le reste de la société. Tu parles, que dalle.

     

    Les emmerdes de la caissière à mi-temps avec un planning éclaté sur une journée complète, c’est une réalité qui continue. Les femmes employées moins bien payées que leurs collègues hommes, ça continue. Les difficultés d’accès à certaines professions, ça continue. L’utilisation de l’image de la femme de manière infantilisante ou sexiste pour vendre une bagnole, ça continue ! Pourtant Mecedes Erra a bien été présidente d’un grand groupe publicitaire, non ? Une femme…Les femmes de pouvoirs agissent encore comme les hommes de pouvoirs: dans un seul but, la recherche de la préservation et de l'accroissement de leurs privilèges. Il n' y a pas plus de sororité que de fraternité en dehors du Saint Profit et de son dieu l' Argent.

    Alors ce pauvre Orelsan, franchement c’est pipi de chat, snake oil et compagnie.

    Je dis un grand bravo à Olivia Ruiz qui lui a dédié son concert des Francofolies : la question n’est même plus à l’esthétique musicale mais au principe de la censure. Quelles limites, et quels juges : vous ? Moi ? Le bon sens populaires qui élit et réélit des VOLEURS à la mairie de Levallois Perret, des escrocs à Nice, dans les Hauts-de-Seine, des dynasties de parasites à la tête des villes de France ? Et j’en prends ma part au PS…hélas.

     

    Qui peut s’arroger le droit à la censure et s’avancer comme un blanc chevalier ?

    Qui peut s’ériger en chantre d’une morale commune ? Frédéric Lefebvre ? Haaaaaaaa haaa ha !

     

    La vraie question est celle de l’éducation et de l’égalité réelle pour tous : mais ça c’est un peu plus compliqué que de dire bouh le méchant Orelsan, et puis merde ça demande une certaine réflexion, voire de l’argent ! Non, non, non, contentons-nous d’enfermer nos jeunes en prison plutôt que de les éduquer.

    Sinon, je vais faire ma moralisatrice à 2 balles, mais il y en a qui sont allé voter aux Européennes ?

    Si, si il y a un rapport.