24.07.2009
Le féminisme et moi, émoi ??
Suis-je féministe ?
C’est une question que je me suis souvent posée, sans y trouver de réponse. Sauf peut-être la suivante : c’est quand j’y pense le moins que je le suis vraiment.
Mais dès que je commence à réfléchir à cette question, c’est le bazar dans ma tête. Ou plutôt les réponses aux grandes questions médiatiques ne trouvent jamais écho en moi.
Ainsi de ce pauvre Orelsan.
Vous avez tous entendu parler d’Orelsan je pense, et de la chanson commise par lui, la délicate « sale pute ». Ce titre a au moins pour lui un certain réalisme, à la Zola ?? Qui sait…

J’ai écouté cette chanson, et comment dire, ce n’est pas ma tasse de thé. Les paroles sont approximatives, mal assemblées, le tout manque de cohérence et même de vigueur, malgré la vulgarité du propos.
Ce cher Aurélien, car c’est son prénom, s’est vu l’objet d’une diatribe médiatico-bloggosphérico-politique assez unanime.
Hou le méchant qui traite les femmes de pute et en appelle à leur éviscération et autre joyeusetés (pour les personnes soucieuse d’exactitude ou les amateurs de gore, je vous invite à lire ou à écouter la chanson).
Bon, c’est clair, j’ai pas aimé, c’est pas terrible, voire à chier.
Toutefois, était-ce nécessaire de lever haut le bouclier du féminisme et de désigner Orelsan comme le nouvel Ennemi ??
Je ne pense pas, en toute modestie (et puis je pense un peu ce que je veux en même temps), et c’est même assez comminatoire comme procédé.
Aurélien est un jeune homme qui commet une œuvre intellectuel de fort mauvais gout certes, mais ça reste une œuvre de l’esprit. Et il en est de sa chanson comme de n’importe quel œuvre de création : elle reste la liberté de l’artiste, et la censurer, et bah, c’est de la censure non ??
Si on me rétorque que les paroles sont méchantes, pas gentilles, tout ça, je rétorquerais à mon tour que le bon goût et le talent ne sont hélas pas une condition pour sortir une œuvre dans ce pays.
Vous avez déjà écouté les paroles de certaines chansons (Requiem pour un fou) où notre Jauny national annonce qu’il a tué celle qu’il aime (cette te-pu) et qu’il butera tout ce qui bouge : c’est mal non ???
Et la palanqué de chanson de Michel Sardou la nouille ? Le bon temps de colonies, femmes des années 80, le bac G, je suis pour (la peine de mort, explicit lyrics comme on dit !), j’en passe et des pires : mais tout autant de chansons qui m’ont agressé et qui m’agressent par leur racisme social et ethnique, par leur misogynie et par leur stupidité. Je ne me rappelle guère d'une levée de bouclier contre ces attentats aux Grands Principes du Droit.
Vous connaissez Charles Baudelaire ou Sade, même Zola : de bien belles ordures, le rebut de l’humanité si j’en crois les chroniques de leurs contemporains ! J’espère qu’ils sont interdits en France, je frémirais si de tendres lycéens tombaient sur leurs textes ! Dieu fasse que la Mairie de Paris exerce à leur égard la même vigilance qui a conduit à exclure Orelsan du réseau des médiathèques de la ville.
Et nous femmes, avons-nous besoin de telles ennemis ? Est-ce là le danger ? Ou est-ce un leurre, un joujou, un os à ronger, nous détournant de la revendication naturelle de nos justes droits ?
Je penche pour une belle escroquerie intellectuelle.
Vous vous rappelez la parité ? J’étais pour, je suis adhérente du Parti qui l’a mise en place (Vas-y Martine nique lui sa race à Manuel, vire-le pitiééé), mais à quoi ça a servi ?
A mettre en place des femmes déjà bien lotie dans la vie, dans l’espoir que cela fasse aussi effet sur le reste de la société. Tu parles, que dalle.
Les emmerdes de la caissière à mi-temps avec un planning éclaté sur une journée complète, c’est une réalité qui continue. Les femmes employées moins bien payées que leurs collègues hommes, ça continue. Les difficultés d’accès à certaines professions, ça continue. L’utilisation de l’image de la femme de manière infantilisante ou sexiste pour vendre une bagnole, ça continue ! Pourtant Mecedes Erra a bien été présidente d’un grand groupe publicitaire, non ? Une femme…Les femmes de pouvoirs agissent encore comme les hommes de pouvoirs: dans un seul but, la recherche de la préservation et de l'accroissement de leurs privilèges. Il n' y a pas plus de sororité que de fraternité en dehors du Saint Profit et de son dieu l' Argent.
Alors ce pauvre Orelsan, franchement c’est pipi de chat, snake oil et compagnie.
Je dis un grand bravo à Olivia Ruiz qui lui a dédié son concert des Francofolies : la question n’est même plus à l’esthétique musicale mais au principe de la censure. Quelles limites, et quels juges : vous ? Moi ? Le bon sens populaires qui élit et réélit des VOLEURS à la mairie de Levallois Perret, des escrocs à Nice, dans les Hauts-de-Seine, des dynasties de parasites à la tête des villes de France ? Et j’en prends ma part au PS…hélas.
Qui peut s’arroger le droit à la censure et s’avancer comme un blanc chevalier ?
Qui peut s’ériger en chantre d’une morale commune ? Frédéric Lefebvre ? Haaaaaaaa haaa ha !
La vraie question est celle de l’éducation et de l’égalité réelle pour tous : mais ça c’est un peu plus compliqué que de dire bouh le méchant Orelsan, et puis merde ça demande une certaine réflexion, voire de l’argent ! Non, non, non, contentons-nous d’enfermer nos jeunes en prison plutôt que de les éduquer.
Sinon, je vais faire ma moralisatrice à 2 balles, mais il y en a qui sont allé voter aux Européennes ?
Si, si il y a un rapport.

Tweet00:29 Écrit par Océane dans Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note | Tags : orelsan, féminisme, vive martine aubry, une femme une vraie |
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Commentaires
Écrit par : Angélita | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Océane | 24.07.2009
Quant à Orelsan, j'avoue n'avoir pas une haute opinion de lui mais de là à censurer...
Quant à Mike et à John, ce sont des stars très $$$$$$, alors on censure pas la poule aux oeufs d'or.
Écrit par : Angie | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Océane | 24.07.2009
Pour te témoigner mon amour, je te pretterai mes bottes :D
Écrit par : camille | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireOui ne parlons pas de la nouille, parlons de tes bottes plutôt ^^, tu veux pas déménager à Paris, et on seraient super copine, et on s'échangerait nos chaussures (surtout tes bottes, je te le cache pas), allez dit oui :)
Écrit par : Océane | 24.07.2009
Écrit par : Madame Kévin | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Océane | 24.07.2009
Ma poule, tu peux me donner ta définition du féminisme stp ?
Écrit par : Anna | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireMais te fâche pas Anna !! Pitié...
Écrit par : Océane | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : camille | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Océane | 24.07.2009
Écrit par : stylistic | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : chocoladdict | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireChocoladdict: le paradoxe est là. je voulais parler de ça s'en lui donner trop d'importance à lui, mais c'est pas facile...
Écrit par : Océane | 24.07.2009
Écrit par : Shane | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireEt pour tout le reste, je suis sûre que je suis d'accord avec toi. Les inégalités entre les femmes se retrouvent dans la recherche de l'égalité entre hommes et femmes. C'est ça qu'il faut combattre, aussi.
Écrit par : Kahlan | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireKahlan: c'est vraiment une question épineuse. Le fait est qu'on se satisfait souvent de grandes victoires médiatiques, pour oublier quelquefois les petites gens.
Écrit par : Océane | 24.07.2009
En voici une, citée par Susan Faludi dans "Backlash". Il s'agit d'une phrase de Rebecca West (en 1913) : "Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson."
Et Susan Faludi écrit :
"Le sens du mot "féministe" n'a guère changé depuis sa première apparition, le 27 avril 1895, dans la chronique littéraire de l'Athenaeum. Il désignait alors une femme "qui a la capacité de conquérir son indépendance"."
Écrit par : Madame Kévin | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Océane | 24.07.2009
Franchement je reste béate face à cette définition du féminisme ... Elle est un peu vieillote, c'est vrai, mais je trouve scandaleux qu'on parle d'une femme comme ça.
Toutes les femmes ont la capacité, que dis-je, le pouvoir, le droit, l'obligation, et ce de manière NATURELLE, de conquérir son indépendance.
Indépendance, indépendance, on né et on est tous indépendant à la base. Qui aujourd'hui peut se targuer de ne pas être indépendant ???
Écrit par : Anna | 26.07.2009
en même temps, change le mot "pute" en "bougnoule" "niakoué" "nègre" "youpin" (ptain, ça me fait bizarre rien que de l'écrire... eurk...)... tu crois que Cali et Ruiz ouvriraient leur bouche pour approuver?
ceci était donc ma première et dernière intervention sur le sujet.
;)
Écrit par : Maman Klingon en mode speed | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Océane | 24.07.2009
Écrit par : Sorcière Camomille | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Sorcière Camomille | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireMais vive le débat et les gens pas d'accord :))
Écrit par : Océane | 24.07.2009
http://blog.plafonddeverre.fr/
Écrit par : emanu124 | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Océane | 25.07.2009
Je ne suis pas d'accord avec toi Sorcière Camomille pour cette raison simple que tu évoques : le principe de liberté d'expression. Qu'on soit clair, en tant que femme, j'ai vu son clip et j'ai trouvé ce texte mauvais et cela m'a même dégoutée. Cela étant, le pb, c'est que si on interdit cette chanson, cela veut dire quoi ? Que les artistes auront bientot besoin d'une liste des thèmes qu'ils auront le droit d'aborder dans leurs oeuvres ? Les angles aussi ? L'art est aussi là pour choquer, et qu'on le veuille ou non, si ce mec de 25 ans a écrit ça, on devrait plutôt s'interroger sur le reflet du miroir de notre société que cela renvoit. J'ai pris la peine d'écouter son album, qui est loin d'être mauvais, ou il apparait comme un chroniqueur de son temps. C'est macho parfois, maladroit aussi, mais c'est aussi un jeune qui confie la plupart du temps le malaise qu'il ressent dans cette société. Il évoque son rapport à l'avenir, au travail, à l'argent, aux filles, et il me semble d'être loin de l'image du mec violent qui va trucider sa femme. De plus, cette chanson ne figure pas sur son album, je pense que cela aurait du suffire à calmer les féministes, ce n'est qu'un épi-phénomène encore une fois, et pendant qu'on fait un fromage sur une chanson en l'interdisant, pendant ce temps là, on ne s'occupe pas à faire respecter des lois qui existent déjà, notamment sur l'égalité des salaires, et la condition des femmes en général.
Écrit par : Dalyna | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dalyna | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Océane | 25.07.2009
Écrit par : MissBrownie | 24.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Océane | 25.07.2009
Le plus souvent, les gens ont hurlé contre ce texte en disant que son auteur ne se rend pas compte que des gamins vont reprendre les paroles à leur compte : c'est absolument vrai. Donc : ces gens feraient mieux de s'occuper plus du niveau de compréhension des adolescents et de leur capacité à exercer un esprit critique plutôt que d'aller trouver du sensationnel chez des auteurs qui n'en sont même pas. Comme tu l'as dit, c'est mal écrit et cela n'a aucune finesse.
J'aime beaucoup ta synthèse sur les municipalités françaises, mouahahahah !
Écrit par : Chouyo | 25.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Océane | 26.07.2009
Répondre à ce commentaireChez moi en tous cas, je refuse l'entrée de tous les gens que je juge méprisables, dangereux, fascistes. Et c'est mon droit, pas une censure, le droit de décider qui vient chez moi ou non.
L'inviter, c'est cautionner ses paroles.
Écrit par : Ed | 26.07.2009
Répondre à ce commentaireExclure un interprète d'un réseau de médiathèque, c'est une rupture d'égalité grave. Baudelaire et Sade ont subi ce genre d'exclusion et même pire. Je ne compare pas la qualité des œuvres, mais le schéma, le principe. Ou bien on se donne des droits et des principes qu'on respecte pour tous, ou bien on modifie la règle.
Auquel cas je demande solennellement l'exclusion de Christophe Maé des ondes françaises :)))fait trop mal au crâne lui ^^ !
Et Welcome au passage :)
Écrit par : Océane | 26.07.2009
Répondre à ce commentaireJ’ai déjà eu l’occasion d’en discuter sur le site de « penséesderonde », de lire bon nombre de commentaires se rapportant à cette « triste » affaire, et honnêtement je partage l’indignation générale. Je n’en suis pas réduite à faire un amalgame facile entre le « putain mais ce type c’est un taré castrez-le ! » et le féminisme, soit disant nouveau et magnifique prétexte à n’importe quoi pour bon nombre d’entre nous (d’après ce que je peux lire de ci de là, le féminisme est une tare actuellement. Autre source de désillusion et de regrets pour moi, je ne le dirais jamais assez) ; par contre je déplore qu’un si faible talent soit exposé à la face du monde et que la surenchère de trash continue à trouver son public dans un monde bien assez dégueulasse comme ça.
Outre la pauvreté du vocabulaire (dire qu’on le compare à Vian, qui en son temps avait accouché dans la douleur de textes autrement plus évocateurs) et la nullité abyssale de la « mélodie », le prétexte du second degré est brandi comme un miroir aux alouettes qui ne trompe personne. C’est cru, c’est trash, c’est écrit avec les ongles de pied, et oui, ça peut passer comme une incitation à la violence. Après on pourra toujours gloser, confortablement installés sur nos chaises, sur son impact ou non sur la population française, il n’en demeure pas moins vrai (désolée pour les tournures de phrases, je fais des indigestions de disserts juridiques ;)) que dans un contexte où la violence augmente chaque jour, ça fait peur.
Ravie de découvrir ce blog, au passage.
Écrit par : Elea | 26.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Elea | 26.07.2009
Répondre à ce commentaireJe ne suis pas anti-féministe, vu ma condition ce serait suicidaire. Je suis simplement dans le questionnement, je trouve quelquefois que le féminisme médiatique qu'on nous propose est très limité dans ses préoccupations justement, et je me pose aussi la question de la place des hommes dans ce questionnement. Mais de la même manière, je suis d'origine étrangère et j'abhorre le communautarisme, l'ethnocentrisme et autre politique de quota, et pourtant j'entends que ce serait la seule solution ?? Je ne sais pas. J'ai beaucoup plus de doute que de certitudes.
Merci pour ton passage ici en tout cas ! Ta réflexion est très intéressante :)
Écrit par : Océane | 26.07.2009
Répondre à ce commentaireLe débat est toujours intéressant^^
Écrit par : Elea | 26.07.2009
Répondre à ce commentaireEt s'il avait composé Sale Pédé, tu pense que FMitterrand aurait défendu sa "liberté de penser"?
Écrit par : M1 | 26.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Océane | 26.07.2009
Répondre à ce commentaireEt je ne supporte pas les autres chansons que tu as citées non plus !
Écrit par : Shane | 26.07.2009
Répondre à ce commentaireJe suis plutôt partisane d'une liberté d'expression totale (version USA) car je pense que c'est en faisant de la politique et en débattant qu'on empeche ce genre de propos et pas en les censurant.
Par contre, sans empecher Orelsan de parler, je voudrais souligner quand même deux problèmes :
- que certains hommes publics en arrive à défendre ses propos (Frédéric Mitterrand) alors qu'il explique juste que les femmes sont toutes des salopes (merci le stéréotype pourri vieux comme le monde)
- que l'argent public finance ses concerts. Pour moi, l'argent public doit permettre, sur le plan culturel, d'élever le niveau général, pas de valider un sexisme, racisme, homophobie qui sont malheureusement encore bien présents dans notre société.
Pour en savoir plus, lisez Osez le féminisme, journal 100% féministe ! http://www.osezlefeminisme.fr
Écrit par : Caroline | 27.07.2009
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