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Mes Moires

Qu’ai-je fais ces temps derniers, à part de plus avoir de temps ? Beaucoup de choses, et si peu pourtant. Ma mémoire s’efface, elle gomme les images inutiles des corvées quotidiennes, des courses à faire, des paperasses, et même du temps au bureau : tout cela ne vaut pas de gâcher l’espace restreint des souvenirs.

Il reste les envies, les traces de la beauté entrevue furtivement, les élans poétiques, évidemment plus beaux qu’ils n’étaient alors, mais c’est ce qu’on aime avec les souvenirs, après tout :)

Il me reste donc un peu de Myazaki, et du vent qui se lève, un peu des images d’avions qui décollent, de l’amour qui sombre dans une quinte de toux. Il me reste le poème de Paul Valéry, ressorti pour l’occasion, et cette chanson à l’être aimé qui s’en va, les poumons qui s’étiolent et le cœur qui explose de trop aimer. Aime-t-on jamais trop ?

Il me reste aussi quelques nymphéas, entr’aperçus lors du lancement de la nouvelle exposition du Musée Marmottan. Des nymphéas de Monet, des pivoines aussi, des vue de Gennevilliers, des promenades à Argenteuil, et des portraits de femmes soigneusement aimées par le pinceau qui les dessinent. Qui pourrait m’aimer assez pour me dessiner, malgré tout ?

Il me reste une curieuse envie d’écharpe, d’étole, de foulards de soie et de coton, des envies d’étamine pour mon cou, de lin et de fin cachemire, de couleurs, plein de couleurs et de fleurs, et de motifs délicats, des envies d’enrouler à mon cou de la douceur une chaleur légère. De grands carrés, de grandes pièces de tissus, pour les parfumer, et y enfouir mon nez, respirer une odeur amie, et oublier pour une seconde, un instant, les murs beige mort de mon bureau. Existe-t-il un bureau idéal, rose et blanc et bleu, où l’on ne travaille que sur l’envie et le bonheur ?

Il me reste quelques timbres, et des cartes, et du papier, encore du papier, des crayons pour les user, des crayons pour retrouver les traits simples, des nuages, et des gouttes colorées, des tasses de thé à peine esquissées, des papillons maladroits et des hibou interrogeant mon regard. La distribution des lignes et des couleurs ne mènent qu’à une chose : dessiner fait sourire et comble, et fait aimer, et donne envie encore de partager. Est-il permis de partager encore un peu ?

Ma mémoire me joue des tours et embellit tout, mais c’est pour cela que je l’aime.

pivoine.jpg

Commentaires

  • cela me fait penser au film se souvenirs des belles choses ...j'ai aussi la mémoire très sélective, très affective

  • Très beau billet.... Et oui comme Virginie ça me fait penser au film se souvenir des belles choses...... bisous

  • Nous sommes finalement bien faits, notre mémoire nous aide à nous souvenir du meilleur. Ton billet est très chouette

  • Joli... j'aime cette esquisse de ta vie, qui révèle juste ce qu'il faut.

  • Un bureau où l'on ne travaille que lorsque l'on a envie, je dis oui! Bises

  • J'ai une mémoire très sélective moi aussi, certains disent mémoire de poisson rouge... J'avoue que c'est bien utile parfois ! ;-)

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