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amy winehouse

  • Sylvia Plath - Miroir

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    Parler poésie ici, c’est un peu une tradition, non ? J’essaie de reprendre un rythme moins « vacances », et commencer doucement avec une petite poésie du dimanche me faisait plaisir. J’espère qu’à vous aussi ?

    J’ai souvent envie de vous parler des personnes que j’admire, parmi celles-ci, Sylvia Plath. Une personnalité hors du commun, avec un destin aussi court que tragique et intense…. Et au moment où certains pleuraient le décès d’Amy Winehouse comme la perte d’un génie musical de notre temps (lol), je n’ai pu m’empêcher d’avoir une pensée émue pour Sylvia Plath qui a décidé trop tôt de quitter ses contemporains. Loin de moi l’idée de faire une hiérarchie  ou une concurrence entre les morts, mais je trouvais vraiment injuste que certains sombrent trop vite dans l’oubli. Quoiqu’avec Sylvia Plath, il restera toujours son œuvre, belle et riche.

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    J’aimerais partager avec vous aujourd’hui un de ces poèmes.

    La douleur, les angoisses, l’envie de vivre aussi, sont la matière d’une œuvre aussi féminine que féministe.

    Sylvia Plath parlait pour les femmes de son époque, et de la notre aussi.

    Et finalement, elle parlait pour tout être humain doué de sensibilité : accrochés que nous sommes à nos rêves, aussi forts que fragiles, qui peut se vanter du malheur de tout contrôler dans sa vie ? Qui peut se vanter de n’être que perfection et bonheur ? L’inquiétude est inhérente à notre nature d’humain. L’inquiétude, les regrets… ce sont des facettes de la vie que l’on retrouve dans les mots de Sylvia Plath, comme autant de diamants, acérés et brillants, coupants mais précieux.

    Ces faiblesses humaines ne sont pas des défauts, ce sont autant de chances de nous comprendre, nous-mêmes et ceux que nous observons. Le regard de Sylvia Plath, je le sens à travers sa poésie, je le sens comme un regard bienveillant, comme un chemin qu’elle éclaire. Ce genre de chemin sombre, qu’une fragile petite lumière vient illuminer subrepticement, juste le temps de faire un pas, puis un autre pas, puis un autre encore.

     

    MIROIR

    Je suis d’argent et exact. Je n’ai pas de préjugés.

    Tout ce que je vois je l’avale immédiatement,

    Tel quel, jamais voilé par l’amour ou l’aversion.

    Je ne suis pas cruel, sincère seulement-

    L’œil d’un petit dieu, à quatre coins.

    Le plus souvent je médite sur le mur d’en face.

    Il est rose, moucheté. Je l’ai regardé si longtemps

    Qu’il semble faire partie de mon cœur. Mail il frémit.

    Visages, obscurité nous séparent encore et encore.

     

    Maintenant je suis un lac. Une femme se penche au-dessus de moi,

    Sondant mon étendue pour y trouver ce qu’elle est vraiment.

    Puis elle se tourne vers ces menteuses, les chandelles ou la lune.

    Je vois son dos, et le réfléchis fidèlement.

    Elle me récompense avec des larmes et une agitation de mains.

    Je compte beaucoup pour elle. Elle va et vient.

    Chaque matin c’est son visage qui remplace l’obscurité.

    En moi elle a noyé une jeune fille, et en moi une vieille femme

    Se jette sur elle jour après jour, comme un horrible poisson.