12.02.2012
William S. - Sonnet CXLVII
William, le grand William Shakespeare n’a pas écrit que des pièces au ressort dramatique puissant. Il a aussi produit une magnifique œuvre poétique. C’est un de ces sonnets que je vous propose aujourd’hui. Un sonnet sombre et affligé, comme parfois l’amour peut l’être. (Après tout, c’est bientôt la Saint-Valentin, dénotons un peu au milieu de tout ce rose ^^)
Et puis, c’est pour moi l’occasion de remettre les pieds, ailés, dans le challenge de Maggie et Claudialucia.

Le Sonnet CXLVII n’est pas d’une gaieté folle, certes, mais la noirceur des vers vient au secours d’un cœur déchiré, passé l’amour il reste le soin de la raison…
My love is as a fever longing still,
For that which longer nurseth the disease;
Feeding on that which doth preserve the ill,
The uncertain sickly appetite to please.
My reason, the physician to my love,
Angry that his prescriptions are not kept,
Hath left me, and I desperate now approve
Desire is death, which physic did except.
Past cure I am, now Reason is past care,
And frantic-mad with evermore unrest;
My thoughts and my discourse as madmen's are,
At random from the truth vainly expressed;
For I have sworn thee fair, and thought thee bright,
Who art as black as hell, as dark as night.
Mon amour est comme une fièvre toujours altérée de ce qui l’alimente incessamment : il se nourrit de ce qui perpétue sa souffrance pour satisfaire son appétit troublé et morbide.
Ma raison, médecin de mon amour, fâchée de ce que ses prescriptions ne sont pas suivies, m’a abandonné, et moi, désormais désespéré, je reconnais que l’affection que combattait la science est mortelle.
Ma raison étant impuissante, je suis désormais incurable, et je délire frénétiquement dans une incessante agitation. Mes pensées et mes paroles sont, comme celles des fous, de vaines et fausses divagations.
Car j’ai juré que tu es blanche et cru que tu es radieuse, toi qui es noire comme l’enfer et ténébreuse comme la nuit.

Je vous souhaite un dimanche plus heureux tout de même :)
Tweet06:00 Écrit par Océane dans Challenge, Poésie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : william shakespeare, poésie, sonnet, sonnet 147, challenge |
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31.01.2012
Poésie, ensuite
La poésie et la chanson, c’est une belle histoire, qui s’écrit depuis longtemps, autour des notes des plus grands.
On connaît tous au moins un poème d’Aragon ou de Prévert, et parfois même on connaît une interprétation qui nous touche. Jean Ferrat qui chante Aragon ou Yves Montand qui interprète Prévert, c’est une façon d’aborder la poésie, avec une émotion supplémentaire. Une émotion qui traverse les générations et qui revit encore avec de nouveaux interprètes, certains même assez inattendu.
La Bande des Mots, c’est un projet collectif, qui engage des artistes différents, autour de la poésie et de l’école. Cet album réunit des gens aussi divers que Oxmo Puccino, Luce, Claire Keim, Marc Lavoine, Camélia Jordana, Arthur H…
De belles voix sur de beaux mots, au profit d’une belle cause. En effet, ces interprétations du répertoire poétique, en plus de nous faire « réviser » nos plus beaux poèmes, soutiennent la lutte contre l’échec scolaire, et une partie des bénéfices du disque sera reversée à des associations qui aident les enfants en échec scolaire et les élèves handicapés. Voilà pour la forme. Pour le fond, on a affaire à de bien jolies surprises.
Je suis du genre assez amatrice, en poésie, je vous saoule assez avec ça je crois :) c’est donc avec une oreille très attentive que j’ai écouté cet album.
Je connaissais déjà certaines interprétation, comme celle de Françoise Hardy, sur le poème d’Aragon que j’ai posté hier ; je connais et adore aussi la version de Ferré, sur « Est-ce ainsi que les hommes vivent » du même Aragon. J’ai redécouvert avec plaisir Marc Lavoine chantant Guillaume Apollinaire :
« Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse »
Marc Lavoine - Le Pont Mirabeau
la voix de Marc Lavoine sait trouver le petit endroit juste là où le cœur se met à battre...
J’étais bien moins agréablement disposée à l’égard de Jenifer et de Luce, et je dois vous le confesser j’avais tort. Tort de les mépriser d’emblée parce qu’elles sont issues de télé crochet, tort de considérer qu’elles ne peuvent rien faire de beau. C’est faux et (et d’autant plus paradoxale que j’adore Camélia Jordana qui a aussi fait un télé crochet...)
J’ai rangé mon snobisme et mon petit ton péremptoire et j’ai ouvert mes oreilles. Et c’est mon cœur qui s’est ouvert avec, tant l’interprétation de Luce du poème de Maurice Carême m’a tourneboulée (c’est moche comme mot, mais je n’en vois pas d’autre là...) J’aime ce poète, Maurice Carême, c’est par lui que j’ai découvert l’amour de la poésie et des mots à l’école. Je me rappelle comme si c’était hier (avant-hier on va dire..) de ma classe de primaire, et de moi me tenant debout au tableau pour réciter l’un ou l’autre de ses poèmes...
"Il pleut doucement, ma mère,
Et c’est l’automne
Si doucement
Que c’est la même pluie
Et le même automne
Qu’il y a bien des ans.
Il pleut et il y a encore,
Comme il y a bien des ans,
Combien de cœurs au fil de l’eau
Et combien de petits sabots
Rêvant au coin de l’âtre.
Et c’est le soir, ma mère,
Et tes genoux sont là
Si près du feu
Que c’est le même soir
Et les mêmes genoux
Qu’il y a bien des ans.
Il pleut doucement, ma mère,
Et c’est l’automne
Et c’est le soir, ma mère,
Et tes genoux sont là.
Prends-moi sur tes genoux, ce soir,
Comme il y a bien des ans
Et raconte-moi l’histoire
De la Belle au bois dormant."
Luce a posé un ton juste et émouvant sur chacun de ses mots.
Quant à Jenifer qui interprète "Je te l’ai dit pour les nuages", de Paul Eluard (et vous connaissez mon amour inconditionnel pour Eluard..) elle a réussi elle aussi à toucher la corde sensible…
C’est peut-être la force de ces auteurs de susciter l’émotion, le talent des compositeurs d’avoir trouvé le bon accompagnement, il y aussi le talent de ces interprètes, et Oxmo Puccino qui ouvre l’album avec "Les Assis" de Rimbaud, est juste géant, parfait !
Il y a un site officiel pas mal fait du tout, avec des portrait de chaque interprète, des vidéos d’élèves commentant les œuvres choisies, plus d’infos sur les associations dont il est question, le projet global est bien expliquée, avec la petite page Facebook qui va bien.
L’album sort le 6 février 2012 (ça fera une chouette ambiance musicale, quelque soit votre soirée du 14 février...)
Tweet06:30 Écrit par Océane dans La musique, Poésie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : oxmo puccino, jenifer, camélia jordana, luce, rimbaud, aragon, léo ferré, paul eluard, marc lavoine, guillaume apollinaire, claire keim, arthur h, babx, claude nougaro, elie semoun, baudelaire, victor hugo, verlaine, maurice carême, poésie, chanter la poésie, patrimoine |
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14.01.2012
Neige
A force d'attendre la neige, je me suis décidée à la faire venir, autrement.
C'est toujours si romantique, ces grandes étendues blanches, le froid qui pique, le vent qui cingle la peau.
En attendant de faire des boules de neige dans le jardin, allons chercher la neige ailleurs, dans les mots de Catulle Mendès :
Paysage de neige
Au dedans, le silence et la paix sont profonds ;
De froides pesanteurs descendent des plafonds,
Et, miroirs blanchissants, des parois colossales
Cernent de marbre nu l'isolement des salles.
De loin en loin, et dans les dalles enchâssé,
Un bassin de porphyre au rebord verglacé
Courbe sa profondeur polie, où l'onde gèle ;
Le froid durcissement a poussé la margelle,
Et le porphyre en plus d un endroit est fendu ;
Un jet d'eau qui montait n'est point redescendu,
Roseau de diamant dont la cime évasée
Suspend une immobile ombelle de rosée.
Dans la vasque, pourtant, des fleurs, givre à demi,
Semblent les rêves frais du cristal endormi
Et sèment d'orbes blancs sa lucide surface,
Lotus de neige éclos sur un étang de glace,
Lys étranges, dans l'âme éveillant l'idéal
D'on ne sait quel printemps farouche et boréal.

Tweet22:27 Écrit par Océane dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : catulle mendès, poésie, neige |
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18.12.2011
Charles Bukowski - Un oiseau bleu
La poésie est puissance.
La puissance des mots, du sens, la compréhension.
La totale compréhension du monde. Une lucidité qui rend la vie à la fois lourde, pesante, et pourtant si légère... La légèreté de celui qui sait et qui voit, ce que les autres ne savent ni ne voient.
Avez-vous vu cet oiseau bleu ?
il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui veut sortir
mais je suis trop coriace pour lui,
je lui dis, reste là, je ne veux pas qu’on te voie.
il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui veut sortir
mais je verse du whisky dessus et inhale
une bouffée de cigarette
et les tapins et les barmen et les employés d’épicerie
ne savent pas qu’il est là.
il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui veut sortir
mais je suis trop coriace pour lui,
je lui dis, tiens-toi tranquille, tu veux me fourrer dans le pétrin ?
tu veux foutre en l’air mon boulot ?
tu veux faire chuter les ventes de mes livres en Europe ?
il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui veut sortir
mais je suis trop malin, je ne le laisse sortir
que de temps en temps la nuit quand tout le monde dort
je lui dis, je sais que tu es là, alors ne sois pas triste.
puis je le remets, mais il chante un peu là-dedans,
je ne le laisse pas tout à fait mourir
et on dort ensemble comme ça liés par notre pacte secret
et c’est assez beau pour faire pleurer un homme,
mais je ne pleure pas,
et vous ?
-Charles Bukowski. Il y a un oiseau bleu dans mon cœur
Tweet16:14 Écrit par Océane dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : il y a un oiseau bleu dans mon coeur, charles bukowski, poésie |
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29.10.2011
Baudelaire, en dictame
Une pause poétique, avec le grand Charles, non pas De Gaulle, l' autre grand Charles, Baudelaire...
Prenons le temps d'une lecture, ou d'une écoute, c'est comme il vous plaira.
Dès que j'aurai un peu plus de temps devant moi, je prendrais la peine de rédiger des notes un peu plus travaillées, plus fouillées, pour vous parler de mes poètes favoris.
Pour ce jour, je me contente de vous en vous lire un peu :)
Parfum Exotique
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;
Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
Ciel Brouillé
On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
Ton oeil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)
Alternativement tendre, rêveur, cruel,
Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.
Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,
Qui font se fondre en pleurs les coeurs ensorcelés,
Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,
Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.
Tu ressembles parfois à ces beaux horizons
Qu'allument les soleils des brumeuses saisons...
Comme tu resplendis, paysage mouillé
Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !
Ô femme dangereuse, ô séduisants climats !
Adorerai-je aussi ta neige et vos frimas,
Et saurai-je tirer de l'implacable hiver
Des plaisirs plus aigus que la glace et le fer ?
Tweet21:30 Écrit par Océane dans Bavardages, Indéfectible beauté, Les podcasts d' Océane, Poésie | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note | Tags : charles baudelaire, lecture, poésie, podcast |
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04.09.2011
Dimanche avec Paul Eluard
Paul Eluard parle à mon cœur comme personne avant lui. Il n’est pas un moment de ma vie, que je n’ai pu assimiler à un de ces poèmes. Jours heureux ou jours de pluie, je trouve toujours quelques lignes chez lui pour accompagner ces moments.
Ce recueil, « J’ai un visage pour être aimé » contient des perles. C’est une jolie compilation de ces textes les plus beaux.
Parmi ceux-là, Intimes, que voici.
Je vous souhaite un joli dimanche poétique.
INTIMES – In Les yeux Fertiles
I
Tu glisses dans le lit
De lait glacé tes sœurs les fleurs
Et tes frères les fruits
Par le détour de leurs saisons
A l’aiguille irisée
Au flanc qui se répète
Tes mains tes yeux et tes cheveux
S’ouvrent aux croissances nouvelles
Perpétuelles
Espère espère espère
Que tu vas te sourire
Pour la première fois
Espère
Que tu vas te sourire
A jamais
Sans songer à mourir.
II
A toutes brides toi dont le fantôme
Piaffe la nuit sur un violon
Viens régner dans les bois
Les verges de l’ouragan
Cherchent leur chemin par chez toi
Tu n’es pas de celles
Dont on invente les désirs
Tes soifs sont plus contradictoires
Que des noyées
Vient boire un baiser par ici
Cède au feu qui te désespère.
III
Quel soleil dans la glace qui fait fondre un œuf
Quelle aubaine insensée le printemps tout de suite.
IV
Figure de force brûlante et farouche
Cheveux noirs où l’or coule vers le sud
Aux nuits corrompues
Pr englouti étoile impure
Dans un lit jamais partagé
Aux veines des tempes
Comme au bout des seins
La vie se refuse
Les yeux nul ne peut les crever
Boire leur éclat ni leurs larmes
Le sang au-dessus d’eux triomphe pour lui seul
Intraitable démesurée
Inutile
Cette santé bâtit une prison
V
Je n’ai envie que de t’aimer
Un orage emplit la vallée
Un poisson la rivière
Je t’ai faite à la taille de ma solitude
Le monde entier pour se cacher
Des jours des nuits pour se comprendre
Pour ne plus rien voir dans tes yeux
Que ce que je pense de toi
Et d’un monde à ton image
Et des jours et des nuits réglés par tes paupières.

Tweet06:38 Écrit par Océane dans Indéfectible beauté, Poésie | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : paul eluard, poésie |
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21.08.2011
Je n'ai toujours pas d' Iphone 4 mais je vais bien
En fait, je ne vous parlerais pas téléphonie, parce que c'est un sujet qui m'indiffère totalement. Curieusement. Comme si j'étais devenue un peu plus sage... Fut un temps, les dernières sorties de tel ou tel matériel me passionnaient. Jusqu'à ce que je me rende compte que c'était une course perpétuelle, incessante et vaine.
Par contre j'aime toujours la poésie, l'amour et le maquillage... Pour ce dernier élément, est-ce un signe que je suis encore trop attachée à certaines apparences ? je ne sais pas. Mais en lisant ce poème de Yeats, que je vous invite à découvrir, j'ai reconnu certaines préocupations, certains désirs cachés.
AVANT QUE LE MONDE NE FUT - W.B YEATS
Si j’assombris mes cils
Et illumine mes yeux
Et fais mes lèvres plus écarlates,
Ou demande si tout cela est juste
De miroir en miroir,
Sans montrer de vanité :
Je cherche le visage que j’avais
Avant que le monde ne fût.
Et si je regarde un homme
Comme on regarde son aimé,
Comme si mon sang un instant se glace
Dans mon coeur immobile ?
Pourquoi penserait-il que je suis cruel
Ou qu’il soit trahi ?
J’aurais aimé le voir aimer ce qui était
Avant que le monde ne fût.

Tweet07:39 Écrit par Océane dans Bavardages, Poésie | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : yeats, poésie, maquillage, make up, apparence, iphone, blackberry |
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13.08.2011
Sylvia Plath - Miroir
Parler poésie ici, c’est un peu une tradition, non ? J’essaie de reprendre un rythme moins « vacances », et commencer doucement avec une petite poésie du dimanche me faisait plaisir. J’espère qu’à vous aussi ?
J’ai souvent envie de vous parler des personnes que j’admire, parmi celles-ci, Sylvia Plath. Une personnalité hors du commun, avec un destin aussi court que tragique et intense…. Et au moment où certains pleuraient le décès d’Amy Winehouse comme la perte d’un génie musical de notre temps (lol), je n’ai pu m’empêcher d’avoir une pensée émue pour Sylvia Plath qui a décidé trop tôt de quitter ses contemporains. Loin de moi l’idée de faire une hiérarchie ou une concurrence entre les morts, mais je trouvais vraiment injuste que certains sombrent trop vite dans l’oubli. Quoiqu’avec Sylvia Plath, il restera toujours son œuvre, belle et riche.

J’aimerais partager avec vous aujourd’hui un de ces poèmes.
La douleur, les angoisses, l’envie de vivre aussi, sont la matière d’une œuvre aussi féminine que féministe.
Sylvia Plath parlait pour les femmes de son époque, et de la notre aussi.
Et finalement, elle parlait pour tout être humain doué de sensibilité : accrochés que nous sommes à nos rêves, aussi forts que fragiles, qui peut se vanter du malheur de tout contrôler dans sa vie ? Qui peut se vanter de n’être que perfection et bonheur ? L’inquiétude est inhérente à notre nature d’humain. L’inquiétude, les regrets… ce sont des facettes de la vie que l’on retrouve dans les mots de Sylvia Plath, comme autant de diamants, acérés et brillants, coupants mais précieux.
Ces faiblesses humaines ne sont pas des défauts, ce sont autant de chances de nous comprendre, nous-mêmes et ceux que nous observons. Le regard de Sylvia Plath, je le sens à travers sa poésie, je le sens comme un regard bienveillant, comme un chemin qu’elle éclaire. Ce genre de chemin sombre, qu’une fragile petite lumière vient illuminer subrepticement, juste le temps de faire un pas, puis un autre pas, puis un autre encore.
MIROIR
Je suis d’argent et exact. Je n’ai pas de préjugés.
Tout ce que je vois je l’avale immédiatement,
Tel quel, jamais voilé par l’amour ou l’aversion.
Je ne suis pas cruel, sincère seulement-
L’œil d’un petit dieu, à quatre coins.
Le plus souvent je médite sur le mur d’en face.
Il est rose, moucheté. Je l’ai regardé si longtemps
Qu’il semble faire partie de mon cœur. Mail il frémit.
Visages, obscurité nous séparent encore et encore.
Maintenant je suis un lac. Une femme se penche au-dessus de moi,
Sondant mon étendue pour y trouver ce qu’elle est vraiment.
Puis elle se tourne vers ces menteuses, les chandelles ou la lune.
Je vois son dos, et le réfléchis fidèlement.
Elle me récompense avec des larmes et une agitation de mains.
Je compte beaucoup pour elle. Elle va et vient.
Chaque matin c’est son visage qui remplace l’obscurité.
En moi elle a noyé une jeune fille, et en moi une vieille femme
Se jette sur elle jour après jour, comme un horrible poisson.
Tweet23:11 Écrit par Océane dans Indéfectible beauté, Poésie | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : sylvia plath, poésie, amy winehouse |
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10.07.2011
Sweet sweet heart
Me revoici, après une petite absence. Il faut croire que les vacances ont bien démarré, pour tout le monde. Je ne bouge pas pour l’instant… Des petits + et des petits – des derniers jours ?

J’ai aimé mon début de semaine, un peu hâtif, mais j’ai pu régler quelques paperasses, et ça c’est bien.
J’ai aimé les petites robes à -70% chez Monoprix, vraiment très chouettes !
J’ai bien moins aimé la mise à pied de cet employé d’un Monoprix à Marseille, sanctionné pour avoir ramassé des fruits mis à la benne. Dans quel pays vit-on pour qu’on sanctionne ça ? Déjà, cela pose la question du salaire des employés de petites, moyennes et grandes surfaces. Ces groupes, que ce soit Carrefour, Monop’ ou Auchan, présentent des bénéfices énormes et des distributions de dividendes faramineuses à leurs actionnaires. Pendant que leurs employés sont payés au SMIC horaire pour les plus chanceux. Oui, les plus chanceux. Parce que Carrefour, par exemple, s’assied sur la notion de SMIC et se fait régulièrement condamner. Alors ramasser un melon dans une benne parce qu’il n’y a pas de petites économies, qu’on soit employé chez Carrefour ou Monoprix, je le comprends. Il ne s’agit pas de boycotter ces enseignes, c’est quasi impossible vu le partage du marché entre elles, mais on peut faire entendre sa voix, son mécontentement.
J’ai aimé inaugurer un nouveau carnet, avec des notes sur certaines humeurs…
J’aime l’idée qu’on puisse être à la fois utile, futile, citoyen actif, spectateur attentif de la société. J’aime sautiller de joie parce que j’ai de nouveaux vernis qui me rendent toute gamine. J’aime l’idée que j’ai encore le droit d’ouvrir ma gueule pour dire ce qui me déplait dans mon beau pays de France.
J’ai aimé regarder Le Marchand de Sable avec mon fils ! Merci Krokette !!
J’ai adoré recevoir deux, oui 2 énormes boites pleine de chocolat Milka ! La folie à l’ouverture, à regarder ces tablettes gourmandes ! Merci Carole Nipette et Fémin’elles !
J’ai moins aimé me prendre la tête sur mes éventuelles date de vacances : rentrer d’un arrêt longue maladie te mets en dernière position pour ce qui est du choix des dates en questions… En gros, je passe après 49 personnes, et je prends ce qui reste, suivant les besoins du service. Cool…
J’ai aussi pas vraiment aimé ce manque de participation à mes minis concours. Peut-être que je n’en fais pas assez la publicité ? Que les instructions ne sont pas assez claires ? Je me demande si ça vous intéresse vraiment. Après tout ce ne sont que quelques livres, quelques babioles de filles... J’ai voulu me dispenser de sponsor pour plus de libertés, mais du coup je ne peux me permettre de vous offrir un énorme cadeau qui plaise à tous. J’ai espoir quand même que le plus important soit le geste, et l’intention. Pour le reste, je présenterais demain la suite du concours, avec un nouveau sujet.
J’ai aimé profité de G+ comme d’un espace nouveau de délire en liberté, pendant qu’il était fermé au public. C’était amusant de se retrouver à quelques uns seulement, avant que les invitations ne reprennent. Ça m’a rappelé mes débuts sur Twitter…
J’ai adoré me faire la liste des séries à regarder cet été, comme une session de rattrapage, et celle des listes de livres à lire aussi. Toujours un bonheur !
J’ai adoré recevoir le questionnaire de ma binôme, dans le cadre du Swap de Soukee ! Là aussi un pur bonheur !
Pour finir, un autre bonheur, poétique celui-là, parfait pour clore ce dimanche, que je vous souhaite beau et heureux :
SENSATION
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.
Arthur Rimbaud, Poésies
Edelwe, Mango, Abeille, Emmyne, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , George, Uhbnji , Fleur, Esmeraldae,Armande, Satya, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Schlabaya,Hilde, Saphoo, La plume et la page, Tinusia, Chrys, Roseau, MyrtilleD, Cagire, Caro[line], L’or des chambres, Violette, claudialucia,Séverine, Maggie, Sev, Azilis.
Tweet05:35 Écrit par Océane dans Bavardages, Fatrasie, Poésie | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : arthur rimbaud, poésie, listes |
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19.06.2011
Caramels, bonbons et chocolats (ou pas)
L’idée de faire un concours anniversaire du blog me trotte dans la tête depuis longtemps, mais l’imagination me fait défaut et le manque de temps est une réalité cruelle… Finalement, à voir l’enthousiasme et la volonté de Sandra, j’ai pris exemple sur elle, et j’ai concocté un truc à ma sauce.
Mon idée, faire plaisir à ceux qui me lisent, et qui construisent jour après jour un drôle de dialogue, entre gens qui ne se connaissent finalement qu’à travers des mots. Mais quoi de plus véritables que les mots que l’on donne quand ils sont sincères et entiers.
Je vous propose donc quelques semaines de concours anniversaire, au rythme d’un rendez-vous par semaine, avec à chaque fois un petit lot à gagner.
Je procède ainsi pour deux raisons : je ne veux pas consacrer mon blog à ça une période entière, je préfère donc étaler et semer des petites babioles de-ci delà, et comme tout est à ma charge, ça me permet de faire plaisir au maximum en étalant dans le temps. Car oui, ceci est une opération non sponsorisé (si ce n’est par moi-même). J’ai pensé à contacter quelques marques que j’aime bien, mais cela prend du temps : du temps pour moi histoire de savoir ce que j’ai vraiment envie de faire, et lister les marques que j’aime vraiment et que j’utilise, et puis du temps aussi pour être recontactée ! Ce n’est donc que partie remise !
Stop au blabla et place aux photos des modestes cadeaux que je vous propose. Ce sont des cadeaux à mon image, à l’image de ce que j’aime, de ce que je suis.
Il y a une petite bannière, si vous voulez, mais rien d’obligatoire.

Rendez vous demain, pour jouer pour le lot n°1, le livre de recettes Marabout sur les éclairs et un joli petit carnet aux motifs gourmands !
Et puis nous sommes dimanche, je n'oublie pas ma poésie du jour ! Restons dans le domaine du don, du cadeau, avec ces superbes vers de Théophile Gautier, Diamant du Coeur. Je le dédie à ceux, qui en leur coeur, savent ce qui est le plus précieux !
Tout amoureux, de sa maîtresse,
Sur son coeur ou dans son tiroir,
Possède un gage qu'il caresse
Aux jours de regret ou d'espoir.
L'un d'une chevelure noire,
Par un sourire encouragé,
A pris une boucle que moire
Un reflet bleu d'aile de geai.
L'autre a, sur un cou blanc qui ploie,
Coupé par derrière un flocon
Retors et fin comme la soie
Que l'on dévide du cocon.
Un troisième, au fond d'une boîte,
Reliquaire du souvenir,
Cache un gant blanc, de forme étroite,
Où nulle main ne peut tenir.
Cet autre, pour s'en faire un charme,
Dans un sachet, d'un chiffre orné,
Coud des violettes de Parme,
Frais cadeau qu'on reprend fané.
Celui-ci baise la pantoufle
Que Cendrillon perdit un soir ;
Et celui-ci conserve un souffle
Dans la barbe d'un masque noir.
Moi, je n'ai ni boucle lustrée,
Ni gant, ni bouquet, ni soulier,
Mais je garde, empreinte adorée
Une larme sur un papier :
Pure rosée, unique goutte,
D'un ciel d'azur tombée un jour,
Joyau sans prix, perle dissoute
Dans la coupe de mon amour !
Et, pour moi, cette obscure tache
Reluit comme un écrin d'Ophyr,
Et du vélin bleu se détache,
Diamant éclos d'un saphir.
Cette larme, qui fait ma joie,
Roula, trésor inespéré,
Sur un de mes vers qu'elle noie,
D'un oeil qui n'a jamais pleuré !
Edelwe, Mango, Abeille, Emmyne, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , George, Uhbnji , Fleur, Esmeraldae,Armande, Satya, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Schlabaya,Hilde, Saphoo, La plume et la page, Tinusia, Chrys, Roseau, MyrtilleD, Cagire, Caro[line], L’or des chambres, Violette, claudialucia,Séverine, Maggie, Sev, Azilis.
Tweet00:05 Écrit par Océane dans Bavardages, Concours, Indéfectible beauté, Poésie | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : théophile gautier, cadeaux, poésie, concours, livres marabout, album larousse, carnets, stylos bics 4 couleurs |
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