13.08.2011
Sylvia Plath - Miroir
Parler poésie ici, c’est un peu une tradition, non ? J’essaie de reprendre un rythme moins « vacances », et commencer doucement avec une petite poésie du dimanche me faisait plaisir. J’espère qu’à vous aussi ?
J’ai souvent envie de vous parler des personnes que j’admire, parmi celles-ci, Sylvia Plath. Une personnalité hors du commun, avec un destin aussi court que tragique et intense…. Et au moment où certains pleuraient le décès d’Amy Winehouse comme la perte d’un génie musical de notre temps (lol), je n’ai pu m’empêcher d’avoir une pensée émue pour Sylvia Plath qui a décidé trop tôt de quitter ses contemporains. Loin de moi l’idée de faire une hiérarchie ou une concurrence entre les morts, mais je trouvais vraiment injuste que certains sombrent trop vite dans l’oubli. Quoiqu’avec Sylvia Plath, il restera toujours son œuvre, belle et riche.

J’aimerais partager avec vous aujourd’hui un de ces poèmes.
La douleur, les angoisses, l’envie de vivre aussi, sont la matière d’une œuvre aussi féminine que féministe.
Sylvia Plath parlait pour les femmes de son époque, et de la notre aussi.
Et finalement, elle parlait pour tout être humain doué de sensibilité : accrochés que nous sommes à nos rêves, aussi forts que fragiles, qui peut se vanter du malheur de tout contrôler dans sa vie ? Qui peut se vanter de n’être que perfection et bonheur ? L’inquiétude est inhérente à notre nature d’humain. L’inquiétude, les regrets… ce sont des facettes de la vie que l’on retrouve dans les mots de Sylvia Plath, comme autant de diamants, acérés et brillants, coupants mais précieux.
Ces faiblesses humaines ne sont pas des défauts, ce sont autant de chances de nous comprendre, nous-mêmes et ceux que nous observons. Le regard de Sylvia Plath, je le sens à travers sa poésie, je le sens comme un regard bienveillant, comme un chemin qu’elle éclaire. Ce genre de chemin sombre, qu’une fragile petite lumière vient illuminer subrepticement, juste le temps de faire un pas, puis un autre pas, puis un autre encore.
MIROIR
Je suis d’argent et exact. Je n’ai pas de préjugés.
Tout ce que je vois je l’avale immédiatement,
Tel quel, jamais voilé par l’amour ou l’aversion.
Je ne suis pas cruel, sincère seulement-
L’œil d’un petit dieu, à quatre coins.
Le plus souvent je médite sur le mur d’en face.
Il est rose, moucheté. Je l’ai regardé si longtemps
Qu’il semble faire partie de mon cœur. Mail il frémit.
Visages, obscurité nous séparent encore et encore.
Maintenant je suis un lac. Une femme se penche au-dessus de moi,
Sondant mon étendue pour y trouver ce qu’elle est vraiment.
Puis elle se tourne vers ces menteuses, les chandelles ou la lune.
Je vois son dos, et le réfléchis fidèlement.
Elle me récompense avec des larmes et une agitation de mains.
Je compte beaucoup pour elle. Elle va et vient.
Chaque matin c’est son visage qui remplace l’obscurité.
En moi elle a noyé une jeune fille, et en moi une vieille femme
Se jette sur elle jour après jour, comme un horrible poisson.
Tweet23:11 Écrit par Océane dans Indéfectible beauté, Poésie | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : sylvia plath, poésie, amy winehouse |
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21.03.2011
Sylvia et un narcisse
Cette journée s’achève au milieu des fleurs et de la poésie. Les fleurs ce sont les narcisses que j’ai croisés à tant de rues aujourd’hui… Et la poésie, c’est elle qu’on célébrait aussi ce 21 mars.
Alors allions les deux, fleurs et poésie, avec ce court extrait de Sylvia Plath. Encore une femme d’exception qui a brûlé sa vie comme une étoile filante.
AMONG THE NARCISSI
Spry, wry, and gray as these March sticks,
Percy bows, in his blue peajacket, among the narcissi.
He is recuperating from something on the lung.
The narcissi, too, are bowing to some big thing :
It rattles their stars on the green hill where Percy
Nurses the hardship of his stitches, and walks and walks.
There is a dignity to this; there is a formality-
The flowers vivid as bandages, and the man mending.
They bow and stand : they suffer such attacks!
And the octogenarian loves the little flocks.
He is quite blue; the terrible wind tries his breathing.
The narcissi look up like children, quickly and whitely.
AU MILIEU DES NARCISSES
Alerte, courbé, et aussi blême que ces bâtons de mars,
Percy se penche, dans son caban bleu, au milieu des narcisses.
Il est là qui se remet de quelque chose au poumon.
Les narcisses, eux aussi, s’inclinent devant quelque grande chose :
Leurs corolles en sont tout agitées sur cette verte colline où Percy
Prend soins de ses sutures douloureuses, et marche, marche, marche.
Il y a une dignité à cela ; il y a un cérémonial –
Ces fleurs aussi lumineuses que des pansements, et cet homme en train de guérir.
Ils s’inclinent et se redressent : ils endurent de telles attaques !
Et l’octogénaire aime ces petits troupeaux.
Il est tout bleu ; le vent atroce éprouve sa respiration.
Vifs et blancs, les narcisses lèvent les yeux comme des enfants.
J’espère que cette petite fleur du soir trouvera grâce auprès de Chrys et Zaza, en ce lundi (pas tout à fait) comme les autres !
Et pour clôturer cette journée, regardez ce que j’ai reçu de Marie-Ange !! Fin décembre j’ai participé à deux swaps, et il y a eu comme qui dirait des soucis postaux, pour rester polie…. J’ai ainsi été lésée de deux colis swap, et de diverses bricoles commandées à distance et qui ne sont jamais arrivées jusqu’à moi…
Certaines choses ont pu être remboursées, mais les colis perso, c’est toujours irrécupérable !
Vous comprenez mon plaisir à l'ouverture de ce colis !
Marie-Ange est un ange :)
Tweet21:49 Écrit par Océane dans Bavardages, Les livres, Poésie | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : fleurs, narcisse, fête de la poésie, sylvia plath, among the narcissi, au milieu des narcisses, swap, café, thé, chocolat, nutella, livres de recettes |
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