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le monde perdu de joey madden

  • Le monde perdu de Joey Madden

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    Il y a quinze ans de ça,  j’ai lu un roman qui m’a beaucoup touché. Un roman d’un écrivain américain que je ne connaissais pas, mais je dévorais tout ce qui paraissait aux éditions 10/18, alors je m’étais naturellement empressée de le lire.

    Le Monde perdu de Joey Madden.

     

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    Puis cette semaine j’ai fait un peu de tri, et j’ai trouvé des livres en double, pas beaucoup, mais tous avaient ce point commun qu’il s’agissait de romans que j’avais particulièrement apprécié… J’ai offert un des exemplaires à ma meilleure amie, puis j’ai relu l’autre. Et c’était toujours aussi beau, aussi fabuleux. La même petite musique s’est mise à chanter dans ma mémoire.

    Alors de quoi ça parle ? Quel est ce monde perdu ? C’est le récit à trois voix, les voix de Joey et de ses parents, qui content l’amour et l’enfance, et les illusions perdues…

     

    Le résumé de l’éditeur : « En 1954, dans une petite ville de Caroline du Nord. Jolie jeune fille de dix-sept ans, May Tilley vient d'une famille de producteurs de tabac, prospère et aimante. Star du lycée, Jimmy Madden est quant à lui promis à un bel avenir de médecin, ou d'écrivain, peut-être. Ils s'aiment d'un amour fou, ils ont la vie devant eux... Jusqu'au jour où May découvre qu'elle est enceinte.

    Le mariage, accepté à contrecœur par Jimmy, marque la fin de ses rêves d'adolescent et le début d'une lente déchéance. Le quotidien entame peu à peu les illusions du couple, sous les yeux de leur fils aîné, Joey, soudain privé de ses repères et d'un modèle paternel dont il a tant besoin.

    May, Jimmy, Joey... trois voix pour raconter l'échec d'un amour, la fragilité du bonheur, la pesanteur et la force des liens familiaux et le difficile passage de l'enfance à l'âge adulte. Tout imprégné de l'atmosphère nostalgique des années cinquante et de la touffeur du vieux sud, Le Monde perdu de Joey Madden est de ces romans qui touchent au cœur. »

    Comme à chaque fois que j’apprécie particulièrement un récit, j’ai du mal à en parler, tant cela relève de l’émotion.

    A travers les yeux de Joey, on assiste à la lente déliquescence d’un couple autrefois presque parfait. Joey va regarder ses parents se noyer dans le quotidien, les désillusions et la mort de leurs rêves. Pourtant au début, il y avait eu le bonheur, le bonheur simple de deux jeunes gens amoureux, May et Jimmy. Le bonheur de leur rencontre, et puis la description de cette vie heureuse, dans un sud profond tellement exotique pour moi… May, Jimmy et Joey nous racontent ces moments parfaits de joie et de projets.

    Et puis le quotidien, l’urgence d’élever l’enfant non-prévu, tout cela arrime de plus en plus ce couple  à une réalité moins joyeuse, moins rêveuse…

    Chacun des trois nous donne à voir le chemin qui mènera à la fin du couple, et à la fin du monde heureux de Joey.

    J’ai été très touché par les récits du point de vue des adultes : il y a une justesse et une précision dans les mots qui m’ont fait vivre cet échec de l’intérieur même du cœur…

    Mais Joey, lui, comment ne pas juste vouloir le consoler, et lui dire que ce qu’il perd n’est jamais que l’enfance que nous pleurons tous un jour…

    Je me rappelle avoir pensé, la première fois que je l’ai lu, qu’il me faudrait être très attentive au bonheur des enfants que je pourrais avoir, quoiqu’il m’arrive de vivre avec leur père. Je m’étais promis à moi-même de me rappeler de ceci qui est essentiel : la vie qu’on construit autour d’un enfant, il arrive qu’on la détruise sans y prendre garde. Alors si on ne peut forcer les choses à ne pas changer, au moins faut-il essayer d’écouter et de parler… Près de quinze ans après cette première lecture, je me retrouve jeune mère, et divorcée. Et je sais que tout ce que je dis ou fait a des conséquences sur mon fils, sa psychologie, son bien-être. Tout ce que je peux faire c’est lui répéter jour après jour, l’amour que ses parents ressentent pour lui…

    Pour en revenir au roman, vous serez bouleversés par la précision des mots, la fluidité du récit. Et c’est curieux comme certains auteurs savent créer des ambiances, jusqu’à s’y sentir bien, si bien.

    Vous serez dans ce vieux sud, avec cette famille qui lentement va se séparer sous vos yeux…

    Un roman qui reste avec vous pour un moment.