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Art - Page 2

  • Velázquez

    Les peintres espagnols et la France, c’est une belle histoire d’amour. Pensons seulement à Picasso et Dali, et voilà deux géants de l’art qui ont trouvé à s’épanouir chez nous. Que ce soit pour les accueillir de leur vivant, ou célébrer leur art des siècles après le dernier coup de pinceau, Paris est une amoureuse soupirant auprès de ces artistes. Alors oui aujourd’hui je dégaine le lyrisme (en carton, je t’entends petit insolent) mais c’est que j’ai passé un certain temps à soupirer moi-même la semaine dernière. Pourquoi ces soupirs, demandes-tu derrière ton écran, effrayé qu’une avanie (et framboise) puisse m’être survenue ? (Si tu t’en fiches, fais semblant, simule effroi et commisération). Et puis, te demandes-tu encore, quel rapport avec des peintres, espagnols qui plus est ? Et surtout, qu’elle en vienne au fait bordel de nom d’une pipe.

    J’y viens.

    Je rassure d’abord les compassionnels et les commiséreux : pas d’avanie à déplorer, j’ai simplement vu une expo de toute beauté. (Quoique, en y pensant, quand j’ai tendu mon invitation à l’entrée, quand la charmante dame qui scannait les dites invitations m’a demandé « vous êtes seule ce soir », j’ai failli chialer et lui raconter mes aventures de célibataire pas célibattante en recherche d’amour mais sans un pré où le trouver) (J’ai eu pitié de la dame, et je lui ai épargné la douloureuse histoire de mon cœur non couronné d’affection.)

    Ah oui, donc, l’expo, les soupirs on y arrive.

    Dans la liste de mes Diego favoris, il a Diego de la Vega (si, si, celui avec le masque de Zorro), Diego Rivera, Diego Ortiz, Diego Buñuel (sexy, va jeter un œil). Et donc, Diego Velázquez, el unico (en espagnol dans le texte).

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    Voilà, le Grand Palais accueille Diego Velázquez et sa galerie de portraits, pour une expo qui vaut très très largement le détour, malgré l’absence des Ménines. Évacuons le sujet tout de suite, cette fameuse toile n’a pu être prêtée pour le temps de l’expo, mais j’ai envie de dire tant mieux car elle est si connue qu’elle éclipse le reste de l’œuvre du maître.

    Et franchement, il y a de quoi régaler ses yeux, et soupirer d’aise.

    J’ai passé presque deux heures à déambuler de l’atelier de ses débuts à la cour des Grands d’Espagne. Les figures des Saints côtoient les infants du royaume, et on voit le style de Velázquez « se travailler », évoluer, s’adapter à ses sujets aussi.

    Qu’il peigne les petites gens ou l’infante Marie-Thérèse, il y a une signature, un regard qui plonge dans le nôtre.

    De quoi soupirer de longues minutes, à détailler les plis de la robe de telle princesse, ou le cheval supportant tel autre prince.

    L’expo a ceci d’intéressant qu’elle présente également des condisciples et élèves de Velázquez, ainsi que le travail effectué au sein de l’atelier de son maître, Pacheco.

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    Je ne peux que vous recommander cette exposition, si vos pas vous mènent à Paris.

    Elle est ouvert au public jusqu’au 13 juillet 2015.

    Plus d’information sur le site du Grand Palais.


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  • C'était Haïti au Grand Palais

    Le week-end dernier a été très rempli pour cause d’anniversaire de mon fils, et de plusieurs activités prévues. Parmi ces activités, une visite au Grand Palais, prévue de longue date, mais toujours remise à plus tard : les jours passent trop vite. Et c’est donc sur la corde, à deux jours de la fin, que je suis allée découvrir l’expo Haïti au Grand Palais.

    Première chose : j’ai adoré.

    Seconde chose : promis, la prochaine fois je fais en sorte d’être un peu plus dans les temps, histoire de vous encourager à visiter les expos que j’aime bien, avant qu’elles ne se terminent.

    Parce que celle-ci, sur Haïti, je n’ai qu’une envie, c’est que vous y alliez tous ! Sauf que c’est terminé, et c’est bien dommage.

    De Haïti je ne connais pas grand-chose en vérité, à part les récits de Lyonel Trouillot, Dany Laferrière, les actualités souvent tristes autour de l’ancienne dictature Duvalier, ou le séisme de 2010. C’est donc l’esprit ouvert et curieux que j’ai arpenté les lieux. Et quelle découverte pour moi ! De la couleur bien sûr, un show tropical qui éclabousse les yeux de lumière, mais aussi toute la noirceur, la lourdeur d’un héritage colonial, le sang des esclaves ! Mais surtout, se présente à nous un art haïtien bel et bien moderne et vivant ! Au-delà des deux derniers siècles d’histoire, on découvre la modernité d’un art qui se veut sans cesse en mouvement. Et c’est assez réjouissant de voir quelle diversité cela implique : on passe de Jean-Michel Basquiat, que je connais et apprécie, à Maksaens Denis, que je ne connaissais pas du tout : entre ces deux artistes s’étend tout l’espace d’une production artistique variée et surprenante. Des tableaux bien sûr, des vidéos, des sculptures, des installations de toute sortes, de la poupée au crâne : tout nous invite à découvrir Haïti la diverse, la mystérieuse, la combattante !

    Alors voilà, j’ai beau jeu aujourd’hui de vous parler de cette expo déjà terminée, et je m’en veux presque, mais si je puis vous encourager à vous procurer le catalogue de l’expo, ou simplement à vous intéresser un peu plus aux courants artistique de cette île, j’en serais heureuse.

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    J-M Basquiat

     

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    J-H Celeur

     

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    Hervé Télémaque

     

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    Mario Benjamin

     

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    Dubréus Lherisson

     

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    Myrlande Constant

  • Frank Gehry - Centre Beaubourg

    Bon, je me sens toujours bizarre de parler d’autre chose en ce moment, mais il va pourtant falloir n’est-ce pas ?

    Parler d’art finalement, c’est parfait. D’architecture, plus précisément. Cette semaine, j’ai traîné mon fils au Centre Beaubourg, histoire de nous changer les idées, nous en avions bien besoin. L’expo Frank Gehry était parfaite pour l’occasion, pour deux raisons : son actualité en tant qu’architecte de la Fondation Louis Vuitton (où je ne suis pas encore allée, mais ne désespérons pas), et surtout parce que mon fils connaît Frank Gehry ; grâce… Aux Simpsons ! Oui, oui, les personnages jaunes. Nous sommes fan à la maison, et malgré la cruauté, la crudité et la violence parfois présente, je laisse mon fils regarder, avec moi, car les scénarios et les dialogues sont ce qu’il y a de meilleurs, subtils, fin, cultivés, plein de références, bref que du bon.

    Donc, me voilà à expliquer à mon fils qu’il y a en ce moment une expo sur un personnage vivant, ayant fait une apparition dans les Simpsons : voilà qui l’a appâté ^^.

     

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    Nous voilà donc au Centre Beaubourg, pour la fameuse expo. Alors je vous épargne de suite mes photos pourries, il est temps que je change d’Iphone, c’est catastrophique ! Pour en revenir à l’expo en elle-même, c’est un peu froid au départ, il est vrai que dans le domaine de l’architecture, il est difficile de passer par autre chose que des maquettes, et une explication de la démarche de l’architecte. Mais une fois passé ce premier moment, et si l’on fait l’effort de regarder, si j’ose dire, on peut admirer l’audace du mec. Autant vous le dire, je ne suis pas la plus grande fan de Frank Gehry et je trouve qu’il a plus souvent tendance à se faire plaisir qu’à réfléchir à la place du bâtiment dans son environnement. Mais cette expo a justement eu ceci de bon de me faire réfléchir sur mes idées préconçues. J’ai pris le temps de regarder, et comme j’avais mon fils avec moi j’ai aussi pris le temps de réfléchir pour reformuler le propos de cet architecte. S’en est suivi un moment intéressant, où on a pu parler urbanisme et problèmes sociaux, urbanisme et écologie, urbanisme et préservation du territoire, urbanisme et patrimoine culturel etc…

    Que demander de plus à une expo que de faire réfléchir et de provoquer le dialogue, même entre une maman et son petit garçon :)

    Bref, si vous habitez Paris, ou pas loin, ou si l’envie vous vient d’y faire un tour, je vous conseille chaleureusement cette expo.

    Frank Gehry – centre Beaubourg – Fin le 26 janvier 2015

     

    Pour finir, je vous mets l’extrait de l’épisode des Simpsons avec Frank Gehry :

     

    Bise mes choupis, et prenez bien soin de vous et des autres.

  • Michael Borremans

    Le printemps dernier, je suis allée à Bruxelles, en fait j’y suis allé plusieurs fois cette année :) j’aime vraiment cette ville !

    Ma visite du printemps dernier m’a permis de découvrir un artiste incroyable, qui travaille aussi bien la peinture, le dessin, que la vidéo. Cet artiste c’est Michael Borremans. C’est assez difficile d’expliquer ce qu’on ressent quand on découvre un tel artiste. Il y a une émotion palpable, un choc visuel. Je vais faire simple, et dire que j’ai littéralement adoré.

    J’ai pris quelques photos, mais elles ne sont pas géniales, elles ne rendent pas hommage au travail de l’artiste :

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    Le musée Bozart de Bruxelles conserve encore une page d’info sur cette expo, sur le site web, je vous conseille vivement d’y faire un tour pour comprendre le talent et l’éclectisme de cet artiste !

  • Niki de Saint Phalle

    Mardi dernier, j’ai eu le bonheur de découvrir en avant-première l’exposition consacrée à Niki de Saint Phalle, au Grand Palais.

    Moment parfait qui a combiné art et réflexion (en même temps, séparer ces deux termes est assez difficile pour moi.)

    Dès l’arrivée, on est accueilli à l’extérieur par la fontaine, qui a revêtu les couleurs de Niki de Saint Phalle, pour l’occasion.

    Le visiteur pourra déambuler, et découvrir une artiste incroyable d’audace et de vérité. Je me suis souvent demandé s’il y avait un art féminin, et un  art plus masculin. Ou s’il y avait quelque chose qui, transcendant tout, « était simplement l’expression de l’artiste, de son chemin, de ses réflexions et de ses douleurs et joies.

    Avec Niki de Saint Phalle, j’ai trouvé quelque réponses : l’art est un combat, une expression. Chez elle, c’est la voie, la voix, qu’elle a trouvé pour dire au monde ce qu’elle est : une femme rebelle, dans un temps où on voulait la femme charmante et silencieuse.

    C’est d’ailleurs assez étonnant de voir cette Une de Life, avec Niki de Saint Phalle,

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    puis d’admirer derrière cette œuvre : la mort du patriarche,

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    Il faut voir l'exposition pour comprendre ce que l'artiste à apporté de renouveau et d'audace dans un monde de l'art chasse gardée des hommes. L'art comme une arme de libération, et de réappropriation de son corps, c'est aussi ce qu'elle nous dit.

    On notera aussi qu'elle a su très tôt jouer avec les médias, et se mettre elle-même en scène dans son art: attirer l'attention sur elle pour mettre en avant son propos artistique.

    Voilà ce qu’elle dit dans une de ces lettres : « "Quand mon père quittait tous les matins la maison à 8 h 30 après le petit déjeuner, il était libre (c'est ce que je pensais). Il avait droit à deux vies, une à l'extérieur et l'autre à la maison.
    Je voulais que le monde extérieur aussi devienne mien. Je compris très tôt que les HOMMES AVAIENT LE POUVOIR ET CE POUVOIR JE LE VOULAIS.
    OUI, JE LEUR VOLERAIS LE FEU. Je n'accepterais pas les limites que ma mère tentait d'imposer à ma vie parce que j'étais une femme.
    NON. Je franchirais ces limites pour atteindre le monde des hommes qui me semblait aventureux, mystérieux, excitant. »

    Une œuvre surgit dans son temps bien sûr, et la prison sociale que ressentait Niki de Saint Phalle a permis à son art de surgir.

    Mais elle nous offre aussi une beauté et une réflexion bien plus pérenne, et qui vaut encore aujourd’hui : c’est à ça que l’on reconnaît les révolutionnaires, aux traces qu’ils ont laissé bien après leur mort. A cet égard, Niki de Saint Phalle est une grande révolutionnaire.

     

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    (Tiens, je comprends mieux d'où Jeff Koons tire son "inspiration")

    Exposition Niki de Saint Phalle

    Grand Palais jusqu’au 2 février 2015

    Pour finir, il est rare que je conseille une application pour smartphone, mais l'e-album de l'expo vaut le coup : https://itunes.apple.com/app/niki-saint-phalle-le-album/id902971085

     

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