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haïti

  • C'était Haïti au Grand Palais

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    Le week-end dernier a été très rempli pour cause d’anniversaire de mon fils, et de plusieurs activités prévues. Parmi ces activités, une visite au Grand Palais, prévue de longue date, mais toujours remise à plus tard : les jours passent trop vite. Et c’est donc sur la corde, à deux jours de la fin, que je suis allée découvrir l’expo Haïti au Grand Palais.

    Première chose : j’ai adoré.

    Seconde chose : promis, la prochaine fois je fais en sorte d’être un peu plus dans les temps, histoire de vous encourager à visiter les expos que j’aime bien, avant qu’elles ne se terminent.

    Parce que celle-ci, sur Haïti, je n’ai qu’une envie, c’est que vous y alliez tous ! Sauf que c’est terminé, et c’est bien dommage.

    De Haïti je ne connais pas grand-chose en vérité, à part les récits de Lyonel Trouillot, Dany Laferrière, les actualités souvent tristes autour de l’ancienne dictature Duvalier, ou le séisme de 2010. C’est donc l’esprit ouvert et curieux que j’ai arpenté les lieux. Et quelle découverte pour moi ! De la couleur bien sûr, un show tropical qui éclabousse les yeux de lumière, mais aussi toute la noirceur, la lourdeur d’un héritage colonial, le sang des esclaves ! Mais surtout, se présente à nous un art haïtien bel et bien moderne et vivant ! Au-delà des deux derniers siècles d’histoire, on découvre la modernité d’un art qui se veut sans cesse en mouvement. Et c’est assez réjouissant de voir quelle diversité cela implique : on passe de Jean-Michel Basquiat, que je connais et apprécie, à Maksaens Denis, que je ne connaissais pas du tout : entre ces deux artistes s’étend tout l’espace d’une production artistique variée et surprenante. Des tableaux bien sûr, des vidéos, des sculptures, des installations de toute sortes, de la poupée au crâne : tout nous invite à découvrir Haïti la diverse, la mystérieuse, la combattante !

    Alors voilà, j’ai beau jeu aujourd’hui de vous parler de cette expo déjà terminée, et je m’en veux presque, mais si je puis vous encourager à vous procurer le catalogue de l’expo, ou simplement à vous intéresser un peu plus aux courants artistique de cette île, j’en serais heureuse.

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    J-M Basquiat

     

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    J-H Celeur

     

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    Hervé Télémaque

     

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    Mario Benjamin

     

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    Dubréus Lherisson

     

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    Myrlande Constant

  • Claude Montana, Haïti en Choeur et Monoprix en Revlon

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    Cette semaine se termine sous la pluie, mais non sans bonne humeur, et quelques petites choses à partager avec vous.

    Hier, je vous laissais en vous parlant de mes ballerines que je m’obstine à porter par temps de pluie. Et bien ça n’a pas manqué, le soir venu je me suis encore maudite de n’avoir pas mis autre chose que ces ballerines, en rentrant les pieds presque trempés…Pourtant le matin il a fait beau… D’ailleurs c’est ce que je veux retenir de ça : je suis une incurable optimiste finalement, puisque mon esprit ne peut croire, ne veut croire, qu’il pleuvra un jour gris d’octobre…

    Hier je vous parlais jupe, et bien parlons vernis aujourd’hui. Juste histoire de glisser à l’oreille, mine de rien, que les femmes élégantes jusqu’au bout des ongles qui me lisent, seront ravies de noter que chez Monoprix, jusqu’au 4 novembre prochain, pour l’achat d’un pull en cachemire, le vernis Revlon est à -50%.

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    Les cachemires Monoprix, c’est la valeur sûr que beaucoup connaissent, des pulls tout doux, et bien moins chers que d’autres marques, quant à Revlon, on ne présente plus, nos ongles connaissent et adorent. C’est le moment de se faire doublement plaisir.

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    (Vu le temps que je passe chez Monoprix, ils pourraient m’engager comme ambassadrice ^^)

    Restons encore sur le plan mode, mais cette fois côté vintage et hommage.

    J’ai eu la chance d’être invitée, lors de la Fashion Week parisienne, au cocktail de vernissage de l’exposition Claude Montana par Didier Ludot.

    Didier Ludot est connu pour être un amoureux de la mode et un collectionneur hors-pair de trésor vintage. Parmi ses trésors, de nombreuses pièces de Claude Montana, timide et brillant créateur phare des années 80.

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    Montana a marqué la mode, avec des lignes appuyées, presque exagérément, des matières originales, et des couleurs flashy, comme j’aime. C’était un privilège d’apercevoir ce créateur, qui parait frêle et timide, et qui a pourtant laissé une empreinte bien puissante dans l’histoire de la mode. Didier Ludot a réunit des pièces parmi les plus significatives de Claude Montana. Et cet hommage qu’il a voulu lui rendre dans le cadre prestigieux des arcades du Palais Royal, était tout à fait à la hauteur du maitre qui a apporté sa propre révolution à la mode.

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    Merci encore à Franck D. pour ce privilège.

    Tout autre chose, je vous parlais récemment d’un roman que je n’ai pas adoré, alors que j’attendais beaucoup de l’auteur, aujourd’hui c’est l’inverse. J’avais pris pour un de mes trajets vers le bureau, un roman de Cecilia Ahern, n’en espérant pas grand-chose qu’une distraction passagère. Mais j’ai été très agréablement surprise, par l’histoire, simple mais prenante, et surtout par l’immense sensation de bonté qui s’en dégageait.

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    L’histoire est celle d’un homme ni heureux ni malheureux, Lou, et qui ne sait pas que sa vie et sa famille prennent l’eau à cause de ses priorités. Un autre homme, Gab va lui apprendre à regarder autrement sa vie, avant qu’il ne soit trop tard. Petit à petit, Lou va changer, jusqu’à comprendre ce qui n’allait plus dans sa vie, et ce qui lui tient le plus à cœur. Le résumé de l’éditeur : « Lou a une vie parfaite, une femme magnifique, deux enfants adorables et un travail qui le comble. Mais la réussite a un prix et Lou est prêt à tout pour parvenir au sommet. En se rendant au travail un matin d'hiver dans les rues enneigées de Dublin, Lou fait la connaissance de Gabe, un sans-abri qu'il croise tous les jours. Sa vie ne sera plus jamais la même car Gabe n'est pas un homme comme les autres... A mi-chemin entre Un conte de Noël de Dickens et La Vie est belle de Capra, Un cadeau du ciel renoue avec la grande tradition du conte de Noël. Cecilia Ahern nous entraîne dans un monde où la réalité est teintée de merveilleux et où les actes ont des conséquences inattendues sur l'existence. »

    Loin des bons sentiments et du simplisme, ce récit est juste et sincère, et comment dire, plein d’une vrai bonté qui m’a touché le cœur. Peut-être étais-je de l’humeur idéale pour bien apprécier ? Je ne crois pas pourtant : au contraire, j’étais pleine de mon cynisme habituel et ces quelques pages m’ont ramené vers ce que je préfère : l’empathie et la compassion.

    Seul bémol : la couverture quand même bien girly-moche….

    Sinon, pour répondre aux questions concernant mes lectures du matin : j’ai la chance de lire vite, très vite, c’est une de mes rares qualités et j’y tiens :)

    Pour finir ce vendredi, je voudrais mettre en avant le projet Haïti en Chœur, au bénéfice de l’association Nos Petits Frères et Sœurs en France. Ce projet, porté notamment par le talent de Christian Holl, a donné lieu à un album, une symphonie pour Haïti, un projet sonore et visuel pour ne pas oublier Haïti depuis le terrible séisme du 12 janvier 2010, un projet pour continuer à soutenir une île qui a besoin de nous.

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    L’association NPFS vient en aide aux orphelinats et aux structures sanitaires de l’île depuis 1995. J’espère que vous aurez à cœur de jeter un œil au site du projet Haïti en chœur, et de découvrir le travail formidable qui est accompli. Mine de rien, nous avons encore la chance de pouvoir faire preuve de compassion, et de générosité, chacun avec ses propres moyens. Ne nous privons pas d’embellir notre vie en aidant les autres.

    La page Facebook de Haïti en Choeur.

    Sur ces derniers mots, je vous souhaite le plus agréable des vendredi, qu’il soit baigné d’amour et de bonne humeur !

  • Dumas, Murakami et Haïti

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    Merci aux huit adorables personnes qui ont pris la peine d’aller voter pour moi pour le concours de La Coquinerie. Je n’ai gagné ni le week-end (Dieu sait que j’aurais pourtant eu besoin d’une petite échappée, depuis 18 mois que je n’ai pris de vacances ^^) ni l’objet coquin (mais ça je suis déjà bien pourvue, ahem...) Mais je suis contente de mon texte, j’aime écrire, c’est toujours un exercice sympa, et rien que cela est un plaisir en soi !

    Quelques lectures à vous raconter aujourd’hui, assez différentes l’une de l’autre.

    D’abord, un Alexandre Dumas inédit pour moi : le Chevalier d’ Harmental, offert par une personne qui sait combien j’aime Dumas…

     

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    Qu’il en soit remercié, j’ai eu le plaisir d’une lecture qui m’a presque transporté dans ma chambre d’enfant, quand je découvert les Trois Mousquetaires ou  le Comte de Monte-Christo !

    Alors, ce roman est semble-t-il le premier  roman historique écris par Dumas. Raoul d’Harmental est un jeune aristocrate monté à Paris, et qui s’est illustré dans les dernières batailles précédant la mort de Louis XIV. La mort de celui-ci va changer son sort, puisqu’il va se retrouver au milieu des conflits qui marquent la régence sous la minorité de Louis XV. Après avoir perdu son régiment et sa maitresse, Raoul décide de prendre les choses en mains et pour le coup entre vraiment dans les méandres de la conspiration contre le régent. L’occasion pour lui de rencontrer une délicieuse orpheline, Bathilde (oui, le nom est d’époque, cherche pas…) et d’en tomber amoureux…C’est un vrai roman de cape et d’épée, avec des batailles, des guets-apens, des embastillements et des retournements de situations pour le plus grand bonheur du lecteur ! Il y a eu une adaptation télévisée, que je n’arrive pas encore à me procurer, mais qui m’intéresse aussi. Un extrait de l’œuvre :

    « Le 22 mars de l’an de grâce 1718, jour de la mi- carême, un jeune seigneur de haute mine, âgé de vingt- six à vingt-huit ans, monté sur un beau cheval d’Espagne, se tenait, vers les huit heures du matin, à l’extrémité du pont Neuf qui aboutit au quai de l’École. Il était si droit et si ferme en selle, qu’on eût dit qu’il avait été placé là en sentinelle par le lieutenant général de la police du royaume, messire Voyer d’Argenson.

    Après une demi-heure d’attente à peu près, pendant laquelle on le vit plus d’une fois interroger des yeux avec impatience l’horloge de la Samaritaine, son regard, errant jusque-là, parut s’arrêter avec satisfaction sur un individu qui, débouchant de la place Dauphine, fit demi-tour à droite et s’achemina de son côté.»

    […]

    « Ce qu’il avait prévu arriva. Au bout d’un instant, une charmante tête de jeune fille parut dans l’encadrement de la fenêtre ; mais comme sans doute le terrain sur lequel s’était hasardé avec tant de courage celui qui l’avait appelée était trop humide, elle ne voulut point aller plus loin. La petite levrette non moins craintive que sa maîtresse, resta près d’elle, ses pattes blanches posées sur le rebord de la fenêtre, et secouant la tête en signe de négation à toutes les instances qui lui furent faites pour l’attirer plus loin que sa maîtresse ne voulait aller.

    Cependant il s’établit un dialogue de quelques minutes entre le bonhomme et la jeune fille. D’Harmental eut donc le loisir de l’examiner avec d’autant moins de distraction que sa fenêtre étant fermée lui permettait de voir sans entendre.

    Elle paraissait arrivée à cet âge délicieux de la vie où la femme, passant de l’enfance à la jeunesse, sent tout fleurir dans son cœur et sur son visage, sentiment, grâce et beauté. Au premier coup d’œil, on voyait qu’elle n’avait pas moins de seize ans, mais pas plus de dix-huit. Il existait en elle un singulier mélange de deux races : elle avait les cheveux blonds, le teint mat et le col ondoyant d’une Anglaise, avec les yeux noirs, les lèvres de corail et les dents de perles d’une Espagnole.

    Comme elle ne mettait ni blanc ni rouge, et comme à cette époque la poudre commençait à peine à être de mode, et d’ailleurs était réservée aux têtes aristocratiques, son teint éclatait de sa propre fraîcheur, et rien ne ternissait la délicieuse nuance de sa chevelure. Le chevalier resta comme en extase. En effet, il n’avait vu dans sa vie que deux genres de femmes : les grosses et rondes paysannes du Nivernais, avec leurs gros pieds, leurs grosses mains, leurs jupons courts et leurs chapeaux en cor de chasse, et les femmes de l’aristocratie parisienne, belles sans doute, mais de cette beauté étiolée par les veilles, par le plaisir, par cette transposition de la vie qui les fait ce que seraient des fleurs qui ne verraient du soleil que quelques rares rayons, et à qui l’air vivifiant du matin et du soir n’arriverait qu’à travers les vitres d’une serre chaude. Il ne connaissait donc pas ce type bourgeois, ce type intermédiaire, si on peut le dire, entre la haute société et la population des campagnes, qui a toute l’élégance de l’une et toute la fraîche santé de l’autre. Aussi, comme nous l’avons dit, resta-t-il cloué à sa place, et longtemps après que la jeune fille était rentrée, avait-il les yeux encore fixés sur la fenêtre où était apparue cette délicieuse vision.»

    Une merveille, non ? Ceci me permet d’ajouter une petite perle au challenge Alexandre Dumas organisé par Ankia.

     

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    Ma prochaine lecture prévue de cet auteur est Le Collier de la Reine.

    Ensuite, changeons de coefficient espace-temps, comme dirait le Capitaine Kirk, et retrouvons-nous au Japon au XXème siècle.

    Les Bébés de la Consigne Automatique est un roman, des plus connus, de Ryû Murakami. Le premier que j’ai lu de cet auteur. L’histoire est sombre, noire, violente, trash pour tout dire.

     

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    Kiku et Hashi sont abandonnés à leur naissance dans le casier d’une consigne automatique. Le roman raconte le voyage aux enfers des deux enfants devenus adultes, qui revivent le traumatisme initial à travers un délire mental incessant. On suit leur vie depuis l’orphelinat, jusqu’à l’adoption et à leur déliquescence mentale. Sexe, destruction des sentiments et des gens de leur entourage, violence et haine, le roman n’a rien d’une rose épopée. C’est bien loin de l’image d’un Japon zen, propret et carré que l’on pourrait avoir.

    J’ai adoré, aussi bien l’écriture que le sujet. Le côté « dérive psychiatrique » me fascine. L’appropriation d’un traumatisme comme objet de rancune au quotidien est parfaitement décrit. Quoique rancune ne soit pas le bon terme. Il y a un aspect « fatum » plutôt, une force extérieure, presque, qui envahit les deux garçons. Et tous, autour d’eux, vont en payer le prix.  C’est un roman difficile, mais il y a des pages apaisantes curieusement, et puis des personnages secondaires qui apportent un peu de repos.  Créer des liens, être inséré dans la société, peut sembler évident et facile : il suffit d’être et d’exister. Mais ce roman montre au contraire qu’il ne suffit pas de la bonne volonté ou de la bienveillance de quelques un pour apprendre à tisser ces liens. Et on peut voir comment une enfance qui a mal commencé, avec l’abandon, même si elle s’est retrouvée sur de « bons rails », marque une vie entière. L’écriture est dense, cadencée, frénétique presque, et il y a quand même cette dimension d’introspection qui en fait pour moi un roman indispensable. Ça me rappelle un peu pourquoi je hais ce monde, autant que je peux l’adorer…

    Un extrait :

    «Au moment où elle finissait d’étaler le vernis sur l’ongle de son pouce gauche, le bébé, au fond des ténèbres de sa boîte, à la gare, était déjà en état de mort apparente. La sueur qui commençait à perler de tous ses pores, inonda d'abord sont front, puis sa poitrine, ses aisselles, et refroidit tout son corps. Il remua alors les doigts, ouvrit la bouche et se mit soudain à hurler sous l'effet de la chaleur étouffante. L'air était humide, lourd, il était trop pénible de dormir enfermé dans cette boîte doublement hermétique. La chaleur intense, accélérant la circulation de son sang, l'avait réveillé. Dans l'insupportable fournaise de cette obscure petite boîte en carton, en plein été, il venant de naître une seconde fois, soixante-seize heures après être sorti du ventre de sa mère. Il continua à hurler de toutes ses forces jusqu'à ce qu'on le découvre. »

    Ceci me donne le plaisir de participer au challenge Murakami de Martial.

     

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    Pour finir, comme nous sommes dimanche, une petite poésie, autour de la lecture justement :

    La nuque d'un lecteur debout au fond

    Son profil gauche

    Mâchoire serrée

    Concentration massive

    Il s'apprête à changer de siècle

    là, sous mes yeux

    Sans bruit

     

    J'ai toujours pensé

    que c'était le livre qui franchissait

    les siècles pour parvenir jusqu'à nous

    Jusqu'à ce que je comprenne

    en voyant cet homme

    que c'était le lecteur qui fait le déplacement

     

    Ne nous fions pas trop à cet objet couvert de signes

    que nous tenons en main

    et qui n'est là que pour témoigner

    que le voyage a bien lieu.

     

    C’est un poème de Dany Laferrière, poète haïtien.

    L’occasion pour moi de vous parler de l’association Planète-Urgence. Si vous allez sur ce site (click) vous verrez cette initiative en collaboration avec la photographe Laurence Guenoun : la possibilité d’acheter des tirages photos, qui viendront aider au financement et à la reconstruction d’Haïti. Je vous laisse lire et regarder les photos en questions. Le temps passe, et nous ne suivons pas toujours l'évolution des situations d'urgence du passé... Un petit rappel de temps en temps nous fait souvenir qu'il y a de par le monde bien des gens qui ne vievent pas un quoitidien enviable. Et tout près de chez nous aussi, hélas...

    Bon, ça nous fait un dimanche bien rempli, dont je vous laisse profiter, sans vous retenir plus longtemps. Mais en vous remerciant de votre présence ici, jour après jour.

     

    Bonus : un article sur Salade Océane !

     

     

    Les compagnons poètes du dimanche de Bookworm :

     

     Alex : Mot-à-mots Alinea66 : Des Livres... Des Histoires...Anne : Des mots et des notes, Azilis : Azi lis, Cagire :Orion fleur de carotte, Chrys : Le journal de Chrys, Ckankonvaou : Ckankonvaou, Claudialucia : Ma librairie,Daniel : Fattorius, Edelwe : Lectures et farfafouilles, Emmyne : A lire au pays des merveilles, Ferocias : Les peuples du soleil, George : Les livres de George, Hambre : Hambreellie, Herisson08 : Délivrer des livres?, Hilde : Le Livroblog d'Hilde , Katell : Chatperlipopette, L'Ogresse de Paris : L'Ogresse de Paris, L'or des chambres : L'Or des Chambres, La plume et la page : La plume et la page, Lystig : L'Oiseau-Lyre (ou l'Oiseau-Lire), Mango :Liratouva, MyrtilleD : Les trucs de Myrtille, Naolou : Les lectures de Naolou, Océane : Oh ! Océane !, Pascale :Mot à mot, Sophie : Les livres de Sophie, Wens : En effeuillant le chrysanthème, Yueyin : Chroniques de lectu


  • Haïti,et puis les autres

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    Hello les gens, tu vas bien ?


    Un post vite fait pour te saluer, et puis avoir une pensée pour Haïti. Ok ça ne sert à rien, mais ça soulage mon envie de faire un petit quelque chose, trois fois rien hélas.

    Je voulais simplement te signaler que si tu es un peu perdu, comme moi, pour savoir à qui et quoi donner, tu peux aller là, sur le blog de Christie qui a listé les liens d'asso œuvrant pour Haïti. Il y a beaucoup d'infos qui circulent, je crois qu'on a l'embarras du choix pour donner selon ses possibilités et sa conscience !


    Et puis je voudrais aussi relayer l'initiative généreuse de ma chère Julie, qui lance le 1 comm'= 1 € de don. Je trouve que c'est une façon originale pour nous de manifester notre solidarité. Et puis je rajouterais : donnons aussi pour chaque comm' qu'on laisse chez elle, histoire de démultiplier son initiative !!


    Pour finir sur ce sujet, je voulais quand même dire tout le mal que je pense du vocabulaire fataliste qui s'attache à Haïti et à ce tremblement de terre.

    Ce n'est pas une affaire de fatalité, de destin, de pas de chance. On lit dans la presse, des termes aussi idiots que malédiction, malchance, on parle de cieux défavorables etc....


    Foutage de gueule.


    C'est avant tout une catastrophe de la pauvreté extrême, dû à l'abandon  de cette île.


    Des tremblements de terre il y en a partout, et de très meurtriers. Simplement on notera que la prise en charge de populations sinistrées par leur Etat est plus efficace dans un pays prospère comme le Japon, qui en plus dispose de constructions antisismique. Certes la catastrophe reste aussi terrible humainement, mais le soutien logistique et médicale que permet un pays stable économiquement  fait la différence.

    On parle de malédiction en faisant référence aux cyclones, à l'instabilité politique, à la pauvreté extrême d'Haïti. Parler en ces termes reviens à considérer que le hasard est le maitre du jeu.

    Je ne vous referais pas une énième leçon de géopolitique dont personne à rien à faire, mais si.

    La politique ça n'est jamais que des choix, aussi bien en termes de gestion locale que de géostratégie mondiale. On va parler simplement : il y a des pays qui disposent de moyens et de pouvoirs décisionnels graves. Ces pays peuvent décider d'engloutir des sommes faramineuse dans l'invasion d'un pays qui 'a rien demandé (au hasard l'Irak, pour « sécuriser » et privatiser le parcours pétrolier au frais de la princesse Europe), ou bien ces pays peuvent décider d'aider, 10 ans en arrière, à reconstruire et à stabiliser Haïti après avoir fait tout pour expédier Aristide dans l'oubli sud-africain. Que croyez vous qui soit au cœur de ces décisions ? Un sombre fatum ? Non, juste des décisions géostratégiques motivées uniquement par l'intérêt très particulier d'un tout petit nombre.

    Oui, je vous parle de sujets qui peuvent vous sembler éloignés l'un de l'autre. Mais pensez-y : est-ce vraiment le cas ? Tout relève d'une décision humaine, il n'y pas de fatalité en ce bas monde, les catastrophes sanitaires et économiques qu'on laisse s'abattre sur des pays sont le fruit de décision humaines, de choix politiques. La politique est partout, tout est affaire de décisions humaine.

    On peut exiger de ceux qui dirigent qu'ils expliquent leurs décisions autrement que par un vocabulaire fataliste et langue-de-bois.



    Demain on parle solde, promis.