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Oh Océane - Page 2

  • Les Filles au Lion - Jessie Burton

    Véritable coup de cœur de mon mois d’avril, Les Filles au Lion est le dernier roman de Jessie Burton.

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    Commencé un soir d’ennui, je n’ai pu le lâcher jusqu’à la fin (autant dire que ma nuit fut courte.)

    Le roman raconte en parallèle deux histoires, deux époques et deux jeunes femmes. La première, Odelle, est une jeune caribéenne de Trinidad-et-Tobago, exilée à Londres à la fin des années soixante suite à des études brillantes, pour y trouver une situation à la hauteur de ses aspirations et devenir écrivain. Mais cela fait cinq ans qu’Odelle vend des chaussures, et que son ambition s’amoindrit. Bientôt pourtant l’univers d’Odelle sera bouleversé : sa colocataire va se marier et quitter leur appartement, un jeune homme et son tableau vont croiser sa route, et enfin, notre héroïne va rencontrer une femme, Marjorie Quick, qui lui permettra de changer d’emploi et de relancer son envie d’écrire et d’être publiée.

    La seconde histoire nous emmène en 1936 en Espagne, à la veille de la guerre civile. Une famille composée d’un galeriste autrichien, d’une anglaise mélancolique, et de leur fille arrive dans une Espagne encore marquée par l’extrême pauvreté. La jeune fille, Olive, est peintre, mais son père ne prend guère cette passion au sérieux, tant pour lui les femmes sont incapables d’avoir une vision artistique. Alors Olive peint pour elle-même, même si elle a été acceptée dans une grande école d’art à Londres. Teresa et Isaac Robles sont deux espagnols, frère et sœur, pauvres mais débrouillards, passionnés et aussi intenses que le permet leur jeunesse. Isaac peint également. Sur fond de début de guerre civile va se jouer dans la villa espagnole une comédie des amours, des regrets, des cachotteries et des déceptions.

    En parallèle, le lecteur découvre avec Odelle un tableau, dont il apparaît vite qu’il est le pont entre l’histoire d’Olive et celle d’Odelle.

    Cette histoire est la même dans le fond : l’émancipation d’une femme, ou l’impossibilité de son émancipation. La difficulté d’être soi quand la société tout entière vous en empêche, économiquement, socialement et culturellement.

    L’histoire est très bien menée : c’est un puzzle réussi, où chaque pièce vient se mettre naturellement en place. Il y a une fluidité toute attachante dans la manière dont Odelle conte son histoire. Du côté d’Olive on ressent également cette fluidité dans le déroulé du récit. Jessie Burton fait là aussi preuve de beaucoup de minutie. Les détails du quotidien, d’un paysage, des sentiments : autant de moments de grâce dans son écriture. Beaucoup de choses affleurent : le racisme ordinaire dans un Londres des sweet sixties, un certain féminisme naissant, un propos artistique très bien articulé. Et pour autant cela reste un roman fluide, et jamais alourdi par un propos militant. C’est sa force : le lecteur constate que ces thèmes surgissent naturellement, dans un contexte, une histoire, et une évolution.

    Et il y a l’amour, forcément l’amour. Avec son lot de malentendus et de déceptions.

    Au milieu de tout cela : un tableau, étrange et magnétique, qui finira par envoyer chaque protagoniste à sa juste place, comme un totem magique.

    Il est difficile d’en dire plus sans dévoiler plus encore l’intrigue. Il y a tout à découvrir entre ces pages.

    Olive, Teresa et Odelle sont restées longtemps à flotter dans la pièce après que j’ai eu fini de lire leur histoire. Burton sait à merveille imprimer des portraits dans notre mémoire.

     

    Jessie Burton – Les Filles Au Lion

    Gallimard – Traduit par Jean Esch

     

    Extraits-

    « On ne connaît pas forcément le sort qu’on mérite. Les moments qui changent une vie — une conversation avec un inconnu à bord d’un bateau, par exemple — doivent tout au hasard. Et pourtant, personne ne vous écrit une lettre, ou ne vous choisit comme ami, sans une bonne raison. C’est ça qu’elle m’a appris : vous devez être prêt à avoir de la chance. Vous devez avancer vos pions. »

    « Son père disait toujours que les femmes pouvaient prendre un pinceau et peindre, bien sûr, mais la vérité, c’était qu’elles faisaient rarement de bons artistes. Olive n’avait jamais très bien compris la différence. Depuis que, toute petite, elle jouait dans les recoins de sa galerie, elle avait entendu Harold évoquer cette question avec ses clients, des hommes et des femmes, et souvent les femmes partageaient son point de vue, préférant investir leur argent dans de jeunes hommes plutôt que dans des personnes de leur sexe. L’idée qu’un artiste était nécessairement un homme était tellement répandue qu’Olive elle-même avait fini par y croire, à certains moments. En tant que fille de dix-neuf ans, elle était la face cachée, la mascotte tenace et courageuse de l’amateurisme. Mais désormais, à Paris, Amrita Sher-Gil, Meret Oppenheim et Gabriele Münter avaient toutes leur atelier, Olive avait même vu leurs œuvres de ses propres yeux. N’étaient-elles pas des artistes ? La différence entre un peintre ordinaire et un artiste tenait-elle simplement au fait que les gens croyaient en vous, qu’ils dépensaient deux fois plus d’argent pour acheter votre travail ? »

    « Trois jours plus tard, Quick m’a invitée chez elle. J’avais mentionné en passant que mon anniversaire approchait et j’avais trouvé sur mon bureau une petite carte me conviant à venir déjeuner le samedi. J’étais aux anges. Il n’était pas convenable que des employeurs et des employés se fréquentent de cette façon, mais ma curiosité l’emporta sur mes réserves. Je n’ai rien dit à personne.

    Mes chaussures cliquetaient sur le trottoir, et l’impression de vivre une aventure s’intensifiait. L’été vivait ses derniers jours ; Londres était un gaz d’échappement, un mégot de cigarette sur le pavé, un ciel chargé de cirrus. Je devenais une observatrice expérimentée des poussées irrégulières et des cicatrices de l’habitat londonien. Les codes postaux, la brique, rosier ou pas, le décrottoir, la hauteur du perron ou son absence constituaient un langage que j’avais appris. Vous ne pouviez pas vivre ici sans remarquer les différences entre les rues où régnaient la paix ou le chaos, un chien galeux vautré près du caniveau, des enfants en haillons, une haie de buis bien taillée, un rideau soulevé qui dansait. À Londres, il existait de nombreuses façons de vivre, mais peu de façons de changer de vie. »

  • Le Horla - Théatre Michel

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    Si vous souhaitez observer une performance théâtrale magistrale, rendez-vous vite au Théâtre Michel ou Florent Aumaitre livre une interprétation presque parfaite du Horla de Maupassant.

    Qui a lu cette histoire un jour ne peut oublier son intensité qui monte crescendo, et l’effroi et la pitié que le lecteur ressent petit à petit pour le narrateur.

    Ce sont autant de sentiments que l’on peut revivre avec l’admirable interprétation de l’œuvre par Florent Aumaitre.

    C’est un monologue porté par l’angoisse, où la folie rampe sournoisement : Florent Aumaitre dit la peur, l’incompréhension et la folie, seul, sur scène, dans un décor sobre, et finement guidé par la mise en scène de Slimane Kacioui. J’avais peur au début d’un certain ennui : c’est le danger des monologues, quand ils sont mal incarnés, rien ne peur rattraper ça… Mais là, le spectateur est vite pris, enfermé avec le narrateur qui décrit sa lente descente vers la folie, vers cette autre qui le mènera au gouffre.

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    C’est fascinant de voir le changement s’opérer sous nos yeux : le bourgeois normand élégant cède peu à peu la place à une ombre angoissée, jusqu’au paroxysme. Et, si on a lu la nouvelle, on a beau connaître la fin, elle vous attrape quand même aux tripes. La catastrophe inéluctable se joue sous nos yeux et l’on reste sidéré.

    Il faut vraiment saluer le jeu de Florent Aumaitre, qui le lâche rien pendant une heure 20, et qui nous laisse, nous spectateur, essoufflé et ravie de la performance.

    Le théâtre c’est comme une bulle : on entre dans une belle salle, on s’assoit sur un beau fauteuil rouge, et on s’abandonne aux mains d’artistes pour un voyage inconnu. Quand le spectacle est réussi, on reste un certain temps dans cette bulle. Et ce soir là, j’ai gardé avec moi un peu de ce Horla.

     

    Le Horla – Théâtre Michel

    Dernière le 27 mai

     

     

  • Une Affaire d'Hommes - Todd Robinson

    Après Cassandra je me suis donc jeté sur le tout nouveau roman de Todd Robinson, une affaire d’hommes.

    Gros coup de cœur à nouveau pour cet auteur ! Du polar comme j’aime : efficace, piquant, percutant et avec une petite dose d’émotion juste suffisante pour rendre l’ensemble crédible et attachant.

    Nous voilà donc de retour à Boston ou Boo et Junior videur et gérant d’une boite de sécurité passe des nuits agités, enter beuveries et bagarres.

    Cette fois, c’est une des collègues de Boo qui fait appel à son sens de la chevalerie, pour venir en aide à son colocataire, importuné régulièrement par un homme. La situation va vite déraper, et nos deux héros vont se retrouver au plus mal, entre des accusations de meurtres et des hommes de main qui en ont après eux. Le milieu de la nuit est rude, implacable et ne fait guère dans le sentimentalisme ou l’écoute. Pourtant, entre deux bagarres, Boo, Junior et le reste de la bande habituelle de 4PC va apprendre à mieux se connaître, au-delà des souvenirs d’enfance dans l’orphelinat minable où ils se sont connus. On découvre une autre facette de nos héros, et surtout l’auteur aborde avec subtilité (malgré les gros poings qui jaillissent facilement) les thèmes de l’amitié, de l’homosexualité, et des préjugés qu’on ne s’avoue pas toujours.

    Bref, encore une belle aventure, avec des antihéros bien dessinés, des situations qui mènent le lecteur à frémir, rire beaucoup et franchement applaudir le style percutant de l’auteur (ouais j’ai déjà dit percutant, amis lisez le livre et prenez-le en pleine face pour comprendre)

     

    Une Affaire d'Hommes - Todd Robinson

    Gallmeister - Traduction de Laurent Bury

     

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    Sinon je suis encore de mauvaise humeur avec mes problèmes d’internet et une possible coupure encore en fin de semaine, la fatigue…

    Je ne vous parle pas de l’affreuse colère qui m’a prise dimanche soir, au résultat (de merde) que nous à offert ce premier tour (de merde) je ne m’en remets pas, et ce n’est pas un polar que je voudrais balancer à la gueule de certains mais une pile de parpaings. Je m’égare.

    Allez à demain, avec un peu de chance.

  • Jour J - Reem Kherici (avis et concours)

    Tu ne le sais peut-être pas, mais j’ai développé un amour excessif pour Julia Piaton depuis la première fois que je l’ai vue dans un film. J’aime la douceur qui se dégage de son visage, sa sensibilité d’actrice et bordel qu’est-ce qu’elle ressemble à Meryl Streep et à ses filles ! Vous ne trouvez pas ?

    Rassurez-vous, je ne vais pas vous pondre une ode à Julia Piaton (quoique je suis à deux doigts de…) mais je vais vous parler d’une très jolie comédie, Jour J, avec à l’affiche donc Julia graou Piaton, Reem Kherici, Nicolas Duvauchelle, François-Xavier Demaison, Chantal Lauby, Lionnel Astier et une pléiade d’acteurs qu’on aime.

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    Le pitch, simple et efficace, met en scène Mathias (Nicolas Duvauchelle) en couple avec Alexia (Julia Piaton). Un soir, Mathias fera une infidélité à Alexia, en couchant avec Juliette (Reem Kherici). Coup d’un soir qui deviendra source de faux-semblants et de scènes de marivaudages assez croustillantes. En effet la légitime jouée par Julia Piaton découvre dans la poche de Mathias la carte de visite de Juliette, qui est… organisatrice de mariage ! Alexia y verra la volonté de Mathias de l’épouser, et ce dernier au lieu de la détromper lui laisse croire que le Jour J se prépare pour elle : quiproquo père de tous les quiproquos. Le mariage se prépare donc, avec la fiancée et la maîtresse d’un soir, et le cœur de Mathias qui bat de l’une à l’autre.

    Gentil marivaudage donc, qui nous offre une comédie parfaite pour ce printemps, fraîche et enlevée : un bon moment à passer.

    Pour fêter la sortie du film le 26 avril, j’ai la possibilité de vous faire gagner quelques petits cadeaux.

    Il y a donc trois lots en jeux, en partenariat avec Birchbox, qui a décidé de nous gâter, comme un jour J ❤❤❤ . Chaque lot compte deux places pour aller voir le film, et une adorable pochette brodée contenant un « Crème Rouge Cheek & Lips » de la marque ModelCo, full size (Crème 2-en-1, à la fois blush et rouge à lèvre) et un flacon de serum cheveux « Tea Tree -  Oil Tea Tree Serum » de la marque CHI, format travel (15ml).

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    Elle est pas ravissante cette pochette Birchbox ❤❤❤ !

    Pour participer, très simple : dites-moi en commentaire sous ce billet, ou bien sous le post Instagram dédié, ce qui pourrait vous plaire dans ce film. (Moi c’est Julia Piaton mais vous avez compris je crois !)

    Je choisirai deux gagnants sur le blog et un gagnant sur Instagram.

    Merci de me suivre sur Facebook ou Instagram (mais ce n’est pas obligatoire)

    La page Facebook de Jour J pour voir toute l’actu du film.

     

     

    Concours ouvert jusqu’au 22 avril à minuit !

     

    EDIT du 23 avril : les gagnants.

    Parmi les commentateurs du blog : Nipette et Aurelnpsy

    Parmi les commentateurs Instagram : Anna_e_

     

    Merci de me faire parvenir vos coordonnées asap !

     

    Pour les autres participants : un autre concours bientôt, l'occasion de retenter votre chance. Merci à tous pour votre participation.

  • Cassandra (Todd Robinson) - La mort a ses raisons (Sophie Hannah)

    Quand je ne sais pas quoi lire ou que je suis bougonne, je lis un polar. C’est comme ça, même le polar le plus sombre me met de bonne humeur.

    Des polars, il y en a de toutes sortes, du classique roman policier à énigme type « whodunit », jusqu’au roman noir ou le crime est le prétexte à la mise en place d’une ambiance.

    Le mois passé j’ai du en lire une bonne dizaine, je vais tenter de vous en présenter un maximum. En tout cas deux aujourd’hui.

     

    Cassandra – Todd Robinson (Gallmeister)

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    Voilà un roman noir comme je les aime. Boo et Junior sont amis depuis leur enfance dans un foyer aussi accueillant qu'une prison nord-coréenne. Nos deux protagonistes devenus adultes sont agents de sécurité et gèrent leur propre entreprise. Travaillant essentiellement dans un bar, la nuit, ils partagent leur temps entre bagarres à arrêter et coups à éviter. Un soir, une drôle d'affaire leur est proposée: retrouver la fille mineure d'un notable du coin, discrètement et rapidement. C'est le début des ennuis et de pas mal de côtes cassées. Fugues, snuff movie, mafioso à l’ancienne, tous les ingrédients sont réunis pour un cocktail savoureux et piquant.
    Heureusement ce roman noir est aussi émaillé de beaucoup d'humour, noir certes. On appréciera le côté réaliste des choses, pas de super héros ici, pas mal de ratages et c'est ce qui rend les personnages attachants.
    Un très bon roman noir.

     

    La Mort a ses Raisons – Sophie Hannah (JC Lattès Le Masque)

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    C’est le second roman de Sophie Hannah où elle fait revivre le grand Hercule Poirot. J’étais très dubitative après avoir lu le premier : je suis du genre conservatrice et casse-couilles car je pense qu’il ne faut pas reprendre un personnage de roman au décès de son auteur, merde faites un peu preuve d’imagination quoi. Mais je suis aussi pleine de paradoxes, et lectrice omnivore. En gros je me fatigue moi-même car… impossible de m’empêcher de lire ce second roman ; il faut bien l’avouer le premier était pas mal fait du tout. Bref je suis faible et me revoilà à suivre Poirot ressuscité, avec son pote de circonstance l’inspecteur Catchpool (bien moins amusant que Hastings soit dit en passant), en visite chez une lady écrivain, pour ce qui va s’avérer une sympathique énigme. Notre lady souhaite déshériter ses deux enfants au profit de son étrange et maladif secrétaire, dans le but de révéler de grandes vérités. Mais rien ne se passe comme prévu évidemment. Une personne va mourir mais pas celle escomptée, le maladif ne l’est pas tant que ça, les enfants moins insupportables qu’il n’y paraît et tout le monde jouant double voire triple jeu, Poirot et Catchpool auront fort à faire.

    Bien écrit, bien ficelé, énigme bien construite et pas décevante, voilà un roman qui se déguste avec une bonne tasse de thé, of course, et éventuellement des scones, mais perso je préfère les Chamonix avec le thé, chacun son vice.

     

    A demain.