10.06.2010
C'est de la confiance que naît la trahison
On voudrait voir la vie d'une fenêtre de taxi sous le ciel pluvieux de New York et l'on se retrouve dans son salon, devant un écran d'ordinateur froid, aussi froid que le mail que l'on vient de lire. L'amitié, l'affection, on la donne difficilement, avec retenue, par choix, après avoir observé et aimé un comportement, un être. Une fois déjà, on avait accordé notre confiance à une personne ainsi. Oh qu'elle paraissait digne et bonne, et que son apparence était flatteuse. Gentillesse et compliments fusaient de sa bouche. Puis un jour la source vit s'écouler des flots de mots plus visqueux et sales les uns que les autres. Ô rage de n'avoir pas d'explication. On décidait pourtant d'en demander encore et encore. En vain. La vanité de l'exclu qui veut savoir pourquoi on le rejette. Non. Pars, sois banni et crève dans l'envie de savoir, tu ne sauras rien. Tu n'es rien. Tu n'es pas même digne d'un mot. Pars et accepte d'avoir galvaudé ton amitié et ta confiance auprès de vil récipiendaire.
D'accord. Comme le corbeau de la fable, on retiendra la leçon, et jamais on ne nous y reprendra. Sauf que.
Sauf qu'à déclamer haut et fort qu'on n'aime pas les gens en général mais seulement en particulier, s'ils le valent bien, on se fait fort de croire à ses propres mots (oh les maux qui viendront de ces mots...). On y croit tant qu'on se fait confiance. Et vient le jour on l'on veut y croire plus que tout car finalement on vit pour connaître le monde, et le monde c'est aussi les autres. Alors on rencontre à nouveau la gentillesse et la flatterie. On croit reconnaître l'amitié, alors on partage et on donne de soi. On donne tant et plus, sans retenue encore, après avoir tant tergiversé : la balance a parlé, elle est lourde du poids de l'amitié et de la confiance. On se donne, sa confiance et son affection avec. On croit voir une sœur presque, un miroir ? L'amitié et l'affection.
Mais on s'était trompé. Il a suffit d'un léger coup de vent, d'une pichenette pour que tombe ce bel édifice, lentement construit. Bâti sur du vent. On entend des mots : trahison, déception peine... Ô tout cela n'est que mensonge et dol : on a bien matière à reprendre pour soi ces mots, trahison, déception, peine. Encore. Elle a tout jeté à bas, sans l'ombre d'une hésitation, préférant la violence de ces mots à la confiance et à l'amitié.
Un an, si peu de temps dans le cœur des hommes, bien assez pour se voir reprendre deux amitiés. Du moins c'est ainsi qu'on le voyait, qu'on le vivait.
Se retirer, ne laisser que la surface et le cynisme, l'apparence et le mensonge cordial. Tenir les autres à distance, puisque personne n'est sûr. Accepter de n'être qu'une coquille vide. On peut vivre ainsi longtemps, le ventre creux, le cœur vide bien que plein, et l'âme triste et vaniteuse quand même.
Que faire de ces sentiments qui nous submergent ? Que faire quand l'amitié cogne, cogne, cogne, veut se manifester ? Rien. Tais-toi et passe ton chemin. Ne fais confiance à personne : on t'accusera de trahir et de décevoir pour mieux te noyer. Passe ton chemin, et ferme ta portes à cette absurdité : la confiance et l'amitié sincère ne se distribue qu'avec parcimonie. Garde le peu qu'il te reste pour le donner au prochain mendiant qui croisera ta route.
C'en est trop, d'être prise, aimée et renvoyée. Gardons nous de nous même. Le manteau sur les épaules, il faut fuir au premier geste d'affection : le prix est excessif.
Tweet00:01 Écrit par Océane dans Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne, Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : amitié, trahison, déception |
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25.02.2010
1+1+1+1+1+1+1=Moi
Moi + tag = retard.
Mais là, je ne suis pas peu fière de moi, puisque ce tag de Chouyo ne date pas d'il y a 6 mois !
Allons, allons, passons à la question !
1 signe particulier : Heu, je ne sais pas... Je crois avoir déjà indiqué que j'avais les yeux de deux couleurs différentes. Sinon, oui, je lis très vite, très vite, très très vite. Et pas en diagonale, hein, en entier. Ça fait bien longtemps que je n'ai pas compté le nombre de mot minute, mais pour donner un ordre d'idée, je lis 350 pages en format livre de poche en un peu moins de 2 heures environ. C'est une particularité que j'adore, en tant que lectrice assidue !
1 trait de caractère : J'ai beaucoup de mal avec les faux semblants et l'hypocrisie. De fait, quand j'ai affaire à une personne dont je finis par découvrir la méchanceté, la bêtise ou simplement la médiocrité, je ne peux faire semblant de garder de bonnes relations. En général je préfère cesser toutes relations dans ces cas là. Je n'arrive pas à faire semblant, même dans des relations purement formalistes.
1 mauvais souvenir : Je ne sais pas si on peut qualifier cela de souvenir. Disons qu'il y a des épreuves que la vie vous fait subir, et qu'il convient de surmonter. J'ai eu à subir certaine de ces épreuves, y compris tout récemment, et je préfère me dire qu'il ne s'agira pas d'en garder le souvenir bon ou mauvais, mais de l'accepter et de tourner la page. Ce qu'on ne peut changer, il faut l'accepter dit Epictète. J'essaie.
1 souvenir d'enfance : Le petit court d'eau derrière la maison de vacances, le chemin qui mène au centre ville, le parcourir sous le soleil, arriver en nage, passer des moments avec mes cousins à refaire le monde, à se promener, regarder la télé avec eux, nager...
1 de mes défauts : J'ai du mal à accepter l'injustice et l'hypocrisie. Du coup, je peux m'obstiner un long moment pour avoir une explication, pour comprendre les motivations de ce genre d'acte. Alors que finalement la médiocrité et la lâcheté ne connaissent pas forcément d'explication, c'est même antinomique. Sinon, il n'y aurait ni lâcheté, ni médiocrité. Pourtant, je retombe dans le piège systématiquement : je cherche à comprendre...En vain...
1 film « bonne mine » : N'importe quel film avec Ewan Mac Gregor ou Owen Wilson dedans. N'importe lequel vraiment !
1 meilleure amie : Je n'aime pas le concept de meilleur ami. J'ai 4 amis, dont une que je connais depuis le primaire. Il s'agit de confiance, de loyauté, le reste n'a pas de sens. Seul un petit nombre de personne peut justifier de ces critères. Les autres sont des relations plus ou moins proche, ce qui n'exclut pas un grand respect et une affection grandissante. A la fin, on peut dire qu'il y a 2 catégories de personnes : celles qu'on aime et les autres.
Alors, y aura-t-il un volontaire pour reprendre ces questions ?
J'attends les réponses de Bloody Selena avec impatience !
Tweet09:19 Écrit par Océane dans Tagg attaque ! | Lien permanent | Commentaires (52) | Envoyer cette note | Tags : lecture rapide, amitié, médiocrité |
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15.08.2009
L'émotion, c'est émouvant

Aujourd'hui, je voudrais penser particulièrement à de géniales bloggeuse, fort occupées en ce moment, puisque l'une se marie et l'autre, ça ne saurait tarder.
J'aime ces deux jeunes femmes, chacune pour des raisons différentes. Elles me font parfois sourire, quelquefois elles soulèvent des émotions moins légères, mais quoi qu'il en soit j'aime les lire et j'apprécie la personnalité qu'elles dégagent.
Bon, il faut dire que j'ai une caractéristique un peu chiante : je pleure dès qu'il s'agit de mariage. Oui, dès que j'apprends que quelqu'un tombe amoureux, ou se marie, se pacse, les grandes eaux de Versailles sont lâchées. Je pleure tout ce qui est pleurable en moi (néologisme inside) et des fois il y a beaucoup à pleurer.
Le bonheur c'est beau et tragique à la fois. Cherchez pas, il n'y a rien à comprendre, c'est juste que je ne sais jamais quoi faire de mes émotions, il y en a trop et elles ne sont pas super autonomes.
Et là, ça y va fort. Je suis à deux doigts d'écouter d'Amour ou d'Amitié de Céline Dion, kayakiste chère à Manu.
Voire même du Joe Dassin de derrière les fagots.
Vous voyez l'état du chantier quand même.
Pourquoi soudain ai-je l'impression d'être un peu décousu dans mes propos ?
Pas grave, je fais ce que je veux. Ça se trouve j'aurais pu chanter, et alors là, tous aux abris mes agneaux !
Bref, je suis émue et heureuse pour ces deux pétasses qu'elles aient trouvé l'amour, sniff, ainsi que la possibilité miraculeuse de faire des économies fiscales non négligeables.
Que faire quand l'émotion me submerge ? M'offrir des kleenex double épaisseur (je suis sensible du nez ma poule) et puis sinon, j'écoute de la musique qui fait pleurer, avec du violon à la guimauve dedans.
Hein que c'est joli Luca Turilli ??
Et cette version aussi elle est pas mal non (oui, je collectionne vraiment tout, pas que les chaussures et les marinières).
Et sinon, je lis des jolis poèmes d'auteurs trop peu connus (non, en vrai ça c'est parce que je suis une snob péteuse), et je regarde de belles toiles de mon ami John William Waterhouse, juste parce que c'est le peintre le plus émouvant du monde pour moi.

Réveil - Albert SAMAIN (1858-1900)
L'aube d'une clarté s'épanche dans mon âme.
Au mur de l'horizon j'ai vu luire une flamme.
Les lys soudain dans l'ombre ont frémi de ferveur
Et j'ai senti passer la robe du sauveur.
Je suis le voyageur endormi sur la route,
Las et le cœur sinistre, au carrefour du doute,
Suant l'angoisse au fond d'un cauchemar mortel,
Et qui, dans le matin dressé comme un autel,
D'un beau geste ébloui se réveille et se lève
À l'appel d'un grand ciel tout ruisselant de rêve !
Le verbe des hauteurs, ranimant mes pensers
Pareils après l'orage aux épis renversés,
Les redresse d'un seul frisson vers la lumière ;
Et mon cœur, comme un mort qui soulève sa pierre,
Mon cœur ressuscité bat sa vie à grands coups.
Car l'épouse mystique a retrouvé l'époux.
Ô mon âme, la nuit a lâché sa capture.
Tu peux encor tenter la divine aventure,
Et vers ton inconnu, d'un frémissant essor,
Monter légère au ciel comme une flèche d'or.
Va-t'en, va-t'en : déjà le vent de la Parole
Fait tressaillir ta chevelure qui s'envole
Et met la joie au cœur des chênes des forêts.
Va, belle, conquérir les magiques secrets,
Dont l'amour pour toi seule a soulevé les voiles.
L'amour t'attend, le grand papillon des étoiles...
Et flotte au large azur l'oriflamme d'argent,
L'ange a terrassé l'égoïsme intelligent,
La bête au ventre lourd, l'hydre à l'échine torse
Qui veut le mordre encore au talon et s'efforce...
Éveillée aux rayons, éventée aux fraîcheurs,
La mer spirituelle émerge des blancheurs
Avec des vols ravis d'âmes neuves encore
Comme des alcyons qui tournent dans l'aurore :
La mer spirituelle aux vagues de clarté
Où monte ton soleil vivant, ô Vérité !
Quand je marchais, perdu, l'œil plein d'un couchant sombre,
Une main de lumière a pris ma main dans l'ombre
Et m'a conduit le long du mystique sentier,
Aux jardins où jaillit la source de pitié,
Sous les palmes d'où tombe une paix angélique.
Alors j'ai revêtu la candide tunique
Et l'espoir des enfants a visité mon cœur,
Ô mon âme, sois donc forte et fuis la langueur
L'âme s'englue au miel du rêve et de la flûte.
La vie est à ce prix : roidis-toi pour la lutte.
N'attends pas vainement : ton futur t'appartient.
Tiens-toi toujours debout pour celui-là qui vient
Et dont sur les chemins les pieds gravent l'exemple.
Sois le prêtre vêtu de blanc au seuil du temple,
Pur et qui tend les bras vers le soleil levant !
L'aile des envoyés palpite dans le vent,
L'étoile brille au ciel entre toutes bénie,
Et voici revenus les temps d'épiphanie.
Puisque la moisson croît pour l'éternel semeur,
Puisque le lys fleurit en loyal serviteur,
Je veux donner ma vie à la Bonne Espérance,
À la règle, à l'effort, à la persévérance,
L'ennoblir de sagesse, et de force l'armer,
L'alléger de prière et toute l'enfermer
Dans la soif de comprendre et la splendeur d'aimer.
Et vous avez intérêt à le lire le poème, lundi il y a interro dessus.
Il parle d'amour, c'est joli, non ? Si quelqu'un peut m'éclairer sur la métaphore des semailles et des moissons, je ne dis pas non.

Waterhouse - The sorceress
Tout mes vœux les greluches (là, le côté un peu vulgaire, c'est aussi parce que je suis trop émue, si, si.)
Tweet02:14 Écrit par Océane dans Bavardages, La musique, Les livres, When I was young | Lien permanent | Commentaires (42) | Envoyer cette note | Tags : albert samain, luca turilli, céline dion, joe dassin, mariage, amour, amitié |
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