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Les roses couronnent l'aurore radieuse

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Le hasard des homonymies fait qu’un de mes écrivains préférés se nomme comme une de mes actrices favorites : Elizabeth Taylor. Et là où l’actrice donne à voir un regard aux reflets changeants, et une palette de rôles comme autant d’émotions différentes, l’auteur nous charme par une écriture tellement, tellement quoi ? Je n’ose dire anglaise, tant ce serait un cliché réducteur.

Elizabeth Taylor est un écrivain britannique du XXème siècle. Je l’avais lu par hasard la première fois, juste parce qu’elle était éditée par Rivages. Il en faut peu pour faire de belles rencontres, qui vous accompagnent toute une vie.

Peut-être avez-vous vu le film Angel, de François Ozon, tiré de son roman (éponyme). Pour le reste elle n’est pas très connue en France et c’est bien dommage. Ses romans sont pour la plupart des portraits de femmes, tout en subtilités, des portraits de vies plus ou moins brillantes. Elle a l’art de raconter le quotidien dans un trait délicat et raffiné. Mais pas de mièvrerie pour autant. La délicatesse avoisine la noirceur des cœurs.

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Une couronne de rose n’échappe pas à cette dualité. Voici le résumé de l’éditeur : « Pour Camilla, les vacances à la campagne aux côtés de ses amies Frances et Liz n’ont plus le même parfum : Frances occupe désormais ses journées à peindre, enfermée dans son atelier, tandis que Liz, devenue mère, se laisse accaparer par son enfant.
Effrayée à l’idée de se retrouver enfermée – et très seule – entre les quatre murs de l’école de filles où elle travaille comme secrétaire, Camilla se lance alors dans une invraisemblable liaison avec Richard Elton. Mais ce garçon rencontré dans le train est aussi menteur et dangereux qu’il est charmant et sûr de lui.
Publié en 1949, Une couronne de roses est un très beau roman sur l’amitié féminine et sans doute aussi le livre le plus noir d’Elizabeth Taylor.»

C’est toujours assez difficile de raconter un roman où il ne se passe pas grand-chose qui ne dévoile l’intrigue. Concentrons-nous sur l’écriture. Toute la magie d’Elizabeth Taylor réside dans cette faculté qu’elle a à raconter si bien les petits riens, le vide de l’existence, les heures qui passent à converser ou à interroger des sentiments intérieurs. C’est la peur de l’ennui qui guide Camilla vers  Richard. Le spectacle de la vie de ses amies l’amène à interroger ses propres désirs, ses peurs, ses frustrations… Et s’il ne faut jamais se fier aux apparences, ce n’est que le début de la leçon que recevra Camilla. L’écriture de Taylor est aussi fine qu’une porcelaine de Chine. Pardon pour ce cliché éculé, mais je ne sais autrement comment rendre compte de sa petite musique…

Le lirez-vous ?

Pour ma part il vient à merveille démarrer ce challenge vintage que j’avais un peu oublié…

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Un autre roman ? Oui ! Et pas des moindres ! Un de mes favoris parmi l’œuvre magistrale de Jack London. J’ai profité du challenge Nature Writing découvert chez Keisha, pour le relire.

Jack London revêt une importance particulière pour moi. Je vous en avais déjà parlé là, avec Martin Eden, un chef d’œuvre. Comment expliquer le bouleversement politique et philosophique qu’a pu créer en moi cet homme… Ses romans, comme ses essais, racontent l’Homme dans ses errements, les injustices, la beauté et le savoir comme ultime refuge. C’est ce qui m’a le plus marqué chez lui : cette façon qu’il a eu d’élever l’amour du Beau et du Savoir au rang de nécessité vitale pour chacun d’entre nous.

Burning Daylight ou Radieuse Aurore, possède la même force tragique que Martin Eden, avec une issue un peu plus heureuse toutefois. Le résumé de l’éditeur indique que c’est l’œuvre la plus désillusionnée de London. Je ne suis pas d’accord. C’est au contraire la plus optimiste peut-être. Curieusement, elle présente une gaieté totalement absente dans Martin Eden.

En résumé, le héros, Burning Daylight, est un homme du grand nord, un aventurier, un chercheur d’or, un homme qui risque tout et ne craint rien de perdre.

« Rares étaient ceux qui connaissaient Radieuse Aurore sous son vrai nom, Elam Harnish. Il avait conquis son sobriquet dès les premiers temps dans le pays à force de tirer le matin ses compagnons de leurs couvertures en leur cornant aux oreilles que l’aurore était radieuse »

Joueur dans l’âme et tenace, Burning Daylight fera sa  fortune grâce à une mine d’or, et contre toute attente deviendra un homme d’affaire prospère et millionnaire à New-York, puis San Francisco. Mais le milieu de la finance et son absence de valeurs et de morale, auront sur lui un effet pervers. Peu à peu il perd sa bonté, sa générosité et sa compassion. Il devient froid et impitoyable, à l’image du monde qu’il côtoie depuis sa fortune faite. Il faudra le hasard de sa rencontre avec une de ses employées, Dede Mason. Celle-ci va rester à ses côtés pendant de longs mois et l’observer, pendant que lui va tomber amoureux d’elle. Et c’est en voulant l’épouser qu’il découvre à travers ses yeux l’homme qu’il est devenu, si loin du Burning Daylight qu’elle aimait au début.

Il y a une réflexion très intéressante sur la façon dont l’argent et le pouvoir transforment immanquablement les hommes les plus purs. Burning Daylight sera ébranlé par le portrait que fera Dede de lui, de ce qu’il était, de ce que le pouvoir et l’argent ont fait de lui. Et il en tirera la meilleure conclusion qui soit pour sa santé morale et mentale.

Je trouve ce roman autrement plus optimiste que ce qu’en disent les critiques, au sens où le héros saura trouver sa propre absolution, pour renaitre à l’homme qu’il était. Et là où Martin Eden perd foi en l’Homme et préfère quitter ce monde, Elam Harnish retrouve le chemin de l’aurore radieuse.

Tous les bouquins de London me font cet effet : une montagne russe entre espoir et désespoir… Et le questionnement qu’il propose aux lecteurs trouve toujours un écho dans ma propre vie. Nos choix font de nous ce que nous sommes…

C’est un roman que je recommande les yeux fermés (si je puis dire) et puis on a l’occasion aussi de découvrir les décors de la ruée vers l’or dans le grand nord, cette nature si chère au cœur de Jack London ! Et hop un roman qui rentre dans le cadre du challenge Nature Writing !

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Demain, nous serons bien loin de ses plaines sauvages…

Commentaires

  • Ouch là, que voilà un billet dangereux...
    Cela fait des années que je lis un roman d'Elisabeth Taylor, par ci par là, avec son univers difficilement racontable, je sais. je me souviens de ... hôtel... , tu vois le tire, une merveille, et puis un autre où l'héroine est une peste cachée (ma mémoire me joue des tours...)
    Je note le titre de London, il est temps que je découvre!
    Dans le vintage, je te recommande Barbara Pym (et daphne du maurier, évidemment)

  • Hotel Claremont :) Oui, une merveille !! Cède donc !

  • J'avais vu Angel de François Ozon. Ambiance particulière en effet, j'avais été assez intriguée. Pourquoi ne pas tester un roman (en même temps tu sais que je ne sais lire que des blogs ;-)).

  • Hé hé ;) c'est vrai ça ^^ Tu vas adorer Miss Taylor, tu m'en diras des nouvelles !

  • Je ne connaissais pas l'écrivain Elizabeth Taylor et je n'ai pas lu beaucoup de romans de Jack London alors ton billet me donne des idées! Merci et bonne journée ;o)

  • J'en suis contente :)

  • J'ai lu Angel jadis quand j'étais étudiante... Il n'y a pas que les Français qui la connaissent peu. Ma prof de littérature américaine n'en avait jamais entendu parler!

  • Elle reste vraiment trop méconnue...

  • Mais dis donc cette Elizabeth Taylor ressemble beaucoup à Sagan si l'on en croit ton billet, "la petite musique", les thèmes de l'ennui, ect. Je ne connaissais pas et je note. Quant au titre de Jack London, il est noté, Marion de Buried Talent en a fait également un billet dithyrambique !! Tu aggraves la surcharge pondérale de ma LAL, ce n'est pas bien du tout...^^

  • Taylor est plus riche (hi hi) que Sagan, mais lis et tu m'en reparle, je serais contente d'avoir ton avis !

  • Je connais de nom. ;)

  • Il te reste à la lire :)

  • je lirai peut-être Elizabeth Taylor, car j'ai déjà vu quelques billets sur elle, et ses romans m'intriguent ...
    en ce qui concerne London, je suis en grande admiratrice de cet auteur. C'est vrai l'intrigue ressemble à celle de Martin Eden. Comme j'avais beaucoup aimé ce roman et c'est peut dire, je note celui-ci. J'en lis un de temps en temps car il aborde des thèmes riches et variés...

  • je pense que tu vas apprécier Taylor, vraiment !!

  • J'avais lu quelques livres de London, mais pas ceux que tu as cité...
    bonne journée :-)

  • Contente de te les faire découvrir :)

  • tiens encore quelque chose que je ne savais pas, ce qui est bien avec toi c'est que j'apprends souvent de nouvelles choses, quand tu as commencé à parler de Elisabeth taylor bien sûre j'ai pensé à l'actrice aux yeux violets et je ne savais pas qu'il y avait aussi une ecrivain qui s'appelait ainsi

  • Merci, tu es choupette :)

  • Je n'ai pas lu ces auteurs... à découvrir donc!

  • Oui, à découvrir :)

  • Ayé c'est officiel ton blog a viré au blog littéraire ! :) En même temps puisque tu lis tant ^^
    Je t'avoue ne pas connaitre Elizabeth Taylor ni Angel... Je ne saurais dur à brûle pourpoint si c'est un univers dans lequel je souhaiterais me plonger!
    Jack London, je n'en sais rien ou pas grand chose. Jack London c'est l'un de mes meilleurs souvenirs... Celui de mes parents partant en courses de rentrée sans moi (une fois de plus malade) et revenant du coup avec un livre, croc blanc, tout vert (oui même les pages!) Je l'ai évidemment lu en moins de 24h! Je crois sans en être sûre qu'il s'agissait de mon premier livre offert par mes parents, je devais avoir 7 ans alors...
    J'aime ton enthousiasme qui ne t'empêche de belles et profondes analyses! :)

  • Non, j'ai toujours parlé bouquins de temps en temps, rien de changé :)

  • E.Taylor?? Parfaitement inconnue..Alors je note et vais tâcher de la découvrir à la médiathèque.
    J London...Jeune oui j'en ai lu mais depuis....je devrais me fier aux titres que tu as donnés.
    ton billet est remarquablement écrit...

  • Merci du compliment :)

  • Ah, Jack London est toujours un bon choix. Il faudra que je relise ce titre...

  • Il se relit avec le même plaisir !

  • Autant pour moi !^^ Je ne suis soit pas tombée sur les bonnes notes, soit je ne te lis pas depuis assez longtemps ;-)
    Quoiqu'il en soit j'apprécie ce volet! :)
    Bon dimanche :)

  • C'est très aléatoire en fait, je peux cumuler les notes livresque pendant un moment, puis plus rien, donc faut voir selon les périodes :)

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