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  • Henry James, Agatha Christie et une intruse...

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    L’image dans le tapis est une nouvelle de Henry James qui m’intriguait depuis longtemps. J’ai réussi à remettre la main sur le bouquin (paumé dans mes étagères…) et je ne le regrette pas. C’est un récit qui interroge le lecteur, sur la critique, l’écriture, la signification de l’un et de l’autre.

    IMAGE TAPIS JAMES.gif


    Un jeune critique vient de publier un article au sujet de Hugh Vereker, puis rencontre ce dernier lors d’une soirée. L’écrivain, qui a lu la critique en question, en vient  se confier au jeune homme. Il lui raconte que toutes ses critiques sur son œuvre passent à côté du plus important, de ce qui sous-tend celle-ci, de ce que pas un critique n’arrive à voir : « la raison particulière qui est à l'origine de chacun de ses livres, quelque chose qui appartient au plan d'ensemble primitif comme l'image compliquée d’un tapis persan » Piqué au vif, le jeune critique va se lancer dans la relecture de l’œuvre de Vereker pour percer ce secret, mais en vain. S’ensuivent alors des élucubrations entre critiques, et le lecteur ne peut s’empêcher de se demander si il y a vraiment quelque chose à trouver, autre que l’inanité de toute critique. Car finalement c’est ce qui ressort de ces quelques pages fascinantes : une œuvre recèle autant de degré de lecture qu’il y a de lecteurs, voire de moments de la vie d’un lecteur. Essayer de cadrer un auteur, voir la lecture comme un « commentaire composé » et essayer de parler pour l’œuvre, sont autant d’acte emprunt d’arrogance. Du moins c’est mon avis. Car la mise en abime est permanente avec la réflexion qu’autorise cette nouvelle de Henry James. Critiquer et interpréter une œuvre est vain, et même interpréter pour dire qu’on ne peut interpréter est vain finalement. J’aime cette nouvelle, car elle me conforte dans mon idée de la lecture : une aventure propre à chacun !

    Lecture parfaite pour le challenge Henry James de Cléanthe, challenge-henry-james.jpg

     

     

     

     

    et le challenge Nouvelles de Sabbio.challenge-la-nouvelle6.jpg

    Changement de décor, avec Une Poignée de Seigle, de notre chère Agatha Christie. Je l’ai relu tout récemment, juste après avoir vu sur TMC une adaptation du roman. 

     

    Copie de AUGIAS.gif

    Je suis vraiment fan des adaptations télé des romans de Christie, et quand je suis à la maison, je les regarde avec plaisir. Pour en revenir au roman lui-même, c’est un de mes préférés, qui met en scène Miss Marple. Mr Fortescue est un riche homme d’affaire, retrouvé mort dans son bureau, avec une poignée de grain de seigle dans la poche de son costume. Ensuite, on retrouve à Yewtree Lodge, la demeure familiale, la galerie hétéroclite des membres de la famille justement. Une jeune second épouse qui batifole avec son prof de tennis, le fils ainé infantilisé par le père malgré sa docilité ; le second fils, prodigue, sui s’en revient de voyage après une grosse brouille avec lui, la fille amoureuse en dehors du consentement paternel… Bref autant de bonnes raisons de couper la chique à Mr Fortescue. Il faudra toute la sagacité de Miss Marple pour débrouiller cet écheveau compliqué ! J’ai passé un bon moment comme toujours !

    Lu dans le cadre du challenge de George.challange-agatha-christie.jpg

     

     

     

     

    Pour finir, Lexi Smart a la mémoire qui flanche, de l’inénarrable Sophie Kinsella.

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    Bon, bah, j’ai hésité à en parler, mais enfin, c’est fait, c’est lu. Comme d’habitude une jeune trentenaire londonienne, pas franchement moche, mais pas un canon non plus, avec un boulot moyen et un petit ami pas terrible. Puis hop, il se passe un truc (dans le genre licence littéraire, Sophie Kinsella s’autorise bien des rebondissements…) et on se retrouve avec une fille canon, à un super poste, mariée à un millionnaire cannonnissime aussi. Et puis finalement, elle se rend compte que la vraie vie c’est les sorties au pub avec ses copines, et que l’argent ne fait pas tout (qu’elle me le donne bordel) et bien sûr elle rencontre l’amour le vrai, en la personne d’un architecte ( ce qui, d’expérience, me semble impossible..)

    Bref un livre à lire vite fait à la plage et à oublier aussitôt. Ou même à ne pas lire en fait.

    Lu dans le cadre de « je ne sais pas résister à une couverture pourrie de Chick Lit », challenge ultra personnel….

  • Mister Pip et Hercule Poirot

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    Souvent, quand je ne connais pas un auteur, je suis attirée par une couverture d’abord, puis un titre. Quand je dis attirée, ce n’est pas forcément positif. Je peux m’approcher d’un livre juste pour voir ce qui se cache derrière une couverture très belle ou au contraire bien trop criarde.

    Mister Pip fait partie de ces bouquins qui ont atterri dans ma bibliothèque parce que la couverture me piquait les yeux… Là c’est ma photo du bouquin qui va vous piquer les yeux…

    misterpip.JPG

    Je ne regrette pas cette jolie lecture. Je vous mets d’abord le résumé de l’éditeur : « Sur une petite île du Pacifique, Matilda et ses camarades de classe se passionnent pour les aventures vieilles d’un siècle d’un orphelin appelé Pip, dans une ville appelée Londres qui leur paraît plus réelle que leur propre région à feu et à sang. Mais dans une Île ravagée par la guerre, l’imagination ne protège pas toujours de la folie des hommes. » L’auteur, Lloyd Jones, m’était tout à fait inconnu.

    Sur cette petite île du pacifique se dessine un très honorable roman d’initiation, avec pour personnage central une petite fille, Matilda, et Pip, le héros du roman de Dickens, « les grandes espérances ». Matilda et ses camarades habitent une île dévastée par la folie des hommes, la guerre, la cupidité meurtrière et la haine quotidienne. Leur monde est bouleversé, sans repère. Un drôle de personnage, Bel Œil Watts, décide de prendre les enfants en main, de leur faire classe. Mais pas n’importe quelle classe. Il les accompagne dans une véritable école de la vie, à travers Pip, le petit orphelin créé par Dickens. Les enfants vont apprendre de Bel Œil une autre façon de considérer la vie, l’humanité, jusqu’à effrayer les adultes. Ces adultes qui ne comprennent de la vie que la violence. Je me suis attaché à Monsieur Watts, à Matilda, je me suis fais plaisir à redécouvrir aussi le roman de Dickens, qui est mis à contribution par l’auteur. C’est un roman optimiste. J’ai retenu que l’apprentissage de la vie n’a pas d’âge et ne s’arrête jamais. J’ai des yeux pour voir, et pourtant je ne regarde pas toujours…

    Un roman à lire avec son ado, ou pour soi, simplement.

    Mister Pip de Lloyd Jones - Editions du Livre de poche

     

    Changement de décor, avec un ouvrage d’Agatha Christie.

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    « Les écuries d’Augias »  est le second volume des Travaux d’Hercule. Et oui, l’antiquité avait son héros, les détectives ont le leur aussi, et quel plus grand héros que le mythique Hercule Poirot ! Agatha Christie l’a donc fait héros de 12 nouvelles reprenant la thématique des 12 travaux de l’Hercule antique. Ce recueil comprend donc les nouvelles suivantes, en plus de celle qui donne le titre :

    Le Taureau de l’ile de Crète

    Les chevaux de Diomède

    Les troupeaux de Geryon

    Les Pommes d’or du jardin des Hespérides

    La capture de Cerbère

    Christie excelle dans l’art de la métaphore. Chaque nouvelle trouve un point d’ancrage dans un fait criminel, pour ensuite se construire autour de la signification antique de chaque mission. Et puis on se plait à croiser la serviable Miss Lemon, et l’intrigante Comtesse Rossakof, dans un restaurant, l’Enfer, qui lui sied comme un écrin à une perle un peu sombre… Bref, on passe un bon moment à déguster ces petites nouvelles !

    J’en profite pour signer là ma première participation au challenge Nouvelles de Sabbio,

    challenge-la-nouvelle6.jpg

    et ma seconde pour celui de George.

    Les Ecuries d' Augias de Agatha Christie - Club des Masques.                        challange-agatha-christie.jpg

     

     

  • Amour est juste un nom romantique pour problème...

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    ...Je ne sais plus qui disait cela, un sage...

     

    Un petit tour du côté de mes lectures de la semaine. Commençons par mon chouchou du moment, William Shakespeare, un petit jeune qui débute…Cette semaine, j’ai ressorti ma vieille édition de Roméo et Juliette en poche.

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    « Deux familles, égales en noblesse,

    Dans la belle Vérone, où nous plaçons notre scène,

    Sont entraînées par d'anciennes rancunes à des rixes nouvelles

    Où le sang des citoyens souille les mains des citoyens.

    Des entrailles prédestinées de ces deux ennemies

    A pris naissance, sous des étoiles contraires, un couple d'amoureux

    Dont la ruine néfaste et lamentable

    Doit ensevelir dans leur tombe l'animosité de leurs parents.

    Les terribles péripéties de leur fatal amour

    Et les effets de la rage obstinée de ces familles,

    Que peut seule apaiser la mort de leurs enfants,

    Vont en deux heures être exposés sur notre scène.

    Si vous daignez nous écouter patiemment,

    Notre zèle s'efforcera de corriger notre insuffisance. »

     

     L’histoire, est-il besoin de la rappeler tant elle fait partie de l’imaginaire mondiale ? Nous sommes à Vérone, en Italie, les Capulet et les Montaigu se détestent au point d’ensanglanter la ville par des duels mortels incessants. Roméo est amoureux de Rosaline, et pour se changer les idées, il décide, encouragé par ses amis, de se rendre incognito à une fête donnée par les Capulet en l’honneur de Juliette, fête à laquelle sera présente Rosaline. C’est là que les regards (et le destin tragique) de nos deux héros vont se croiser. Ils finissent par se déclarer leur amour naissant, et décide de se marier en cachette, pour parer à la haine des deux familles… Entre temps, Roméo se fait bannir de Vérone pour un duel au sang de trop. Le plan conçu par les deux amoureux et Frère Laurent le confesseur de Juliette, pour se retrouver, tournera à la tragédie, et à une issue fatale pour nos deux amoureux.

     

    « ROMÉO. - Il se rit des plaies, celui qui n'a jamais reçu de blessures ! (Apercevant Juliette qui apparaît à une fenêtre.) Mais doucement ! Quelle lumière jaillit par cette fenêtre ? Voilà l'Orient, et Juliette est le soleil ! Lève-toi, belle aurore, et tue la lune jalouse, qui déjà languit et pâlit de douleur parce que toi, sa prêtresse, tu es plus belle qu'elle-même ! Ne sois plus sa prêtresse, puisqu'elle est jalouse de toi ; sa livrée de vestale est maladive et blême, et les folles seules la portent : rejette-la !... Voilà ma dame ! Oh ! Voilà mon amour ! Oh ! Si elle pouvait le savoir !... Que dit-elle ? Rien ... Elle se tait ... Mais non ; son regard parle, et je veux lui répondre ... Ce n'est pas à moi qu'elle s'adresse. Deux des plus belles étoiles du ciel, ayant affaire ailleurs, adjurent ses yeux de vouloir bien resplendir dans leur sphère jusqu'à ce qu'elles reviennent. Ah ! Si les étoiles se substituaient à ses yeux, en même temps que ses yeux aux étoiles, le seul éclat de ses joues ferait pâlir la clarté des astres, comme le grand jour, une lampe ; et ses yeux, du haut du ciel, darderaient une telle lumière à travers les régions aériennes, que les oiseaux chanteraient, croyant que la nuit n'est plus. Voyez comme elle appuie sa joue sur sa main ! Oh ! Que ne suis-je le gant de cette main ! Je toucherais sa joue ! »

     

    Outre que c’est en soi une belle histoire, basée sur des classiques assez anciens, Shakespeare réinvente l’ amour total et innocent. La pièce est à la fois tragique et très drôle par moment. Les personnages secondaires tel que la nourrice de Juliette, ou le pauvre Frère Laurent, sont parfaitement posés, juste comme des témoins impuissants du malheur en marche. C’est difficile de ne pas rentrer complètement dans cette superbe histoire d’amour éternel.

    Comment ne pas tomber sous le charme également du film de Franco Zefirelli, avec la douce Olivia Hussey et le frêle Leonard Whiting.

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    Il date de 1968 et reste une de mes adaptations préférées de cette pièce. Probablement que le visage innocent et tellement radieux des deux acteurs y est pour beaucoup…

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    Je l’ai re-visionné pour l’occasion, et le charme opère toujours, et je finis en larmes, presque dévastée par cette tragédie qui s’écrit sous nos yeux…

    J’avoue être vraiment contente du prétexte que m’offre le challenge Shakespeare de replonger le nez dans ces merveilles.shakes.gif


     

     

     

     

     

     

     

    Autre challenge, autre auteur : Agatha Christie (initiée par Les Livres de George Sand). challange-agatha-christie.jpgJe crois avoir lu à peu près tout les Agatha Christie publié en France, entre le collège et la fin du lycée. La suite de mon aventure avec elle a consisté à relire mes préférés et à me délecter des adaptations ciné ou télé, avec David Suchet ou Peter Ustinov, les deux figures tutélaires de Monsieur Hercule Poirot à l’écran. Le crime d’Halloween s’ouvre sur un crime d’enfant. Lors d’une fête d’Halloween, la petite Joyce Reynolds se vante inconsidérément d’avoir assisté à un crime. Bien sûr on la retrouve morte un peu plus tard. La chatoyante romancière Ariadne Oliver assistait à la fête et horrifiée, elle fait appel à son ami Hercule Poirot pour triompher de cette énigme.

    crimehalloween.JPG


    C’est étrange d’observer les réactions des intervenants, qui restent assez indifférents à la mort de cette gamine (certes un peu odieuse…) Ouvrir un Agatha Christie et ne pas en ressentir de contentement à la lecture est une chose impossible.. J’ai aimé retrouver dans ce roman la farfelu Ariadne, tellement éloignée des manies de Poirot…  L’enquête n’est pas la plus compliqué de la collection, mais on ne boude pas son plaisir.

    Le hasard a fait que Olivia Hussey et Agatha Christie ont ensuite recroisé ma route, mais je vous en reparlerais...

    Une dernière lecture ? Comme j’étais bien partie à pleurer sur le sort de Roméo et Juliette, et que je triais ma bibliothèque, j’ai aimé retomber sur Paul et Virginie, de Bernardin de Saint Pierre.pauletvirginie.JPG

    Autre histoire tragique d’amours contrariés. Une horreur, j’ai pleuré, encore et encore. Alors donc, l’histoire se passe sur l’île de France, autrement dit l’île Maurice de nos jours. Le narrateur se promène et tombe sur deux petites cabanes en ruine et interroge un vieux qui connait leur histoire. Madame de La Tour est la veuve d’un noble libertin, et Marguerite est une jeune bretonne séduite puis abandonnée. Les deux femmes viennent  sur l’île cacher leur honte et accoucher de Paul (pour Marguerite) et Virginie (pour Madame de La Tour)  Les deux enfants sont élevés ensembles sur cette île qui fait figure de paradis à la végétation luxuriante. Tout se passe bien, jusqu’à ce qu’un sentiment amoureux naisse dans le cœur de virginie, pour Paul et que Madame de La Tour, s’en rendant compte, décide de l’envoyer en métropole compléter son éducation, loin de Paul. La distance et les plans contraires de la famille de Virginie ne réussissent pas à éteindre cet amour, et Virginie finira par s’enfuir pour retrouver Paul dans leur paradis de l’île de France. Mais le drame d’une tempête vient briser le cœur de Paul qui voit le bateau qui transporte Virginie détruit sous ses yeux. Le désespoir tuera Paul. Celui qui ne pleure pas est un sans-cœur. Je me rappelle également de l’adaptation télévisé, que je regardais petite avec des paquets de mouchoirs pour éponger mes larmes… J’ai bien envie de remettre la main sur un streaming tiens… Le roman est vraiment très beau, poétique et puis aussi un enchantement pour ce qui est de l’environnement décrit. On a sous nos yeux un paradis naturel : c’est aussi cet attachement à la nature où ils ont été élevés, que nous content Paul et Virginie. Et me vient l’envie de connaître cette île Maurice….C’est une belle apologie de la vie en harmonie avec la nature.

    Roman qui vient compléter mon challenge nature writinglogo-naturewriting.jpg.

     

     

     

     

     

     

     

    On se retrouve demain ? Avec plus de chocolats et moins d’amours contrariés, j’espère !