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william shakespeare

  • Coriolan - Shakespeare

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     Coriolan c’est d’abord une approche de la politique par le théâtre. Coriolan, c’est aussi un couple mère-fils d’une intensité telle qu’on entrevoit tout de suite le vaste univers psychanalytique qui le sous-tend.

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    Coriolan c’est le héros adulé, puis déchu et honni par ceux-là même qu’il a sauvé.

    Caius Martius est un patricien dans la République de Rome alors en proie à la famine et à la misère. C’est dans ces circonstances qu’on lui reproche une trop grande arrogance vis-à-vis de la plèbe de Rome, et qu’il déserte les lieux. Pendant ce temps, l’armée ennemie, les Volsques, marche sur Rome, pour défaire Caius Martius et s’emparer de la ville. Mais Caius Martius met en déroute l’armée Volsque et met à genoux leur cité de Corioles, c’est là qu’il gagne ce surnom de Coriolan et rejoint Rome auréolé de la gloire du vainqueur, et se présente pour devenir Consul. Cette élection est l’occasion de débats violents, de confrontations entre patriciens et plèbe, et certains tribuns craignant l’abus de pouvoir par Coriolan, réussissent à faire échec à son élection de Consul, ce qui met Coriolan dans une grande colère, une vraie fureur contre le système politique. Cela lui vaut procès et exil. S’ensuit un rapprochement avec les Volsques, puis divers retournements en faveur de Rome, jusqu’à l’assassinat de Coriolan alors qu’il négocie une paix entre Rome et les Voslques.

    Toutes ces batailles, ces débats, sont pour le lecteur l’occasion d’appréhender avec distance un système politique, une stratégie et surtout l’ambition, l’envie, tout ce qui meut les peuples et leurs élites, dans des combats d’une âpreté et d’une cruauté sans fard. Et à cet égard rien n’a changé.

    Coriolan, c’est la vanité du pouvoir, c’est la versatilité des hommes, du plus puissant au plus faible, l’ingratitude et l’ambition démesurée aussi.

    L’œuvre vaut aussi par le rapport entre Coriolan et sa mère, véritable patricienne, gardienne de l’honneur, des principes et d’une certaine hauteur, pour ne pas dire arrogance, qu’elle inculque à son fils. Et c’est cette ambition toute maternelle qui pousse Coriolan, puissant moteur de ses actes héroïques. Coriolan est un valeureux soldat, un vainqueur, mais redevient le simple fils de Volumnia, sa mère, quand celle-ci laisse éclater sa fierté ou l’abreuve de conseils, voire d’ordres.

    J’ai apprécié ces différents degrés de lecture, politique, philosophique, psychologique, tout simplement la beauté du texte et l’histoire évidemment.

    Cette pièce peut paraître rébarbative, trop austère ou violente, mais elle offre vraiment plusieurs facettes, qui la rendent riche et complexe. Elle n’a rien de manichéen, il ne s’agit pas des gentils contre les méchants, mais de l’âme humaine, faite de noirceur, d’ambition, de regrets, de morale, de principes et de peur, d’audace et d’envie, de trahison et d’intégrité, tour à tour sans juger des faits.

    En gros, j’ai aimé.

    Merci à Claudialucia d’avoir proposé cette lecture commune, autour du challenge Shakespeare.

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  • Antoine et Cléopâtre

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    Aujourd’hui un peu de lecture, pour tout dire une lecture commune, dans le cadre du challenge Shakespeare, avec Claudialucia et Maggie.

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    Antoine et Cléopâtre, comme un miroir à Roméo et Juliette. Shakespeare nous offre encore une histoire de passion et de fureur. Mais là où la fureur n’était que dans l’entourage de nos amants de Vérone, elle habite complètement la relation des amoureux du bord du Nil.

    Antoine et Cléopâtre, c’est le tumulte, la jalousie, les disputes amoureuses, les colères et les réconciliations, jusqu’à l’ultime union dans la mort.

    A la mort de Jules César, l’empire romain est aux mains d’un triumvirat, qui compte notamment Octave et Antoine. Ce dernier découvre l’Egypte dans sa part de l’empire, et avec l’Egypte sa reine, Cléopâtre. De cette rencontre va naitre ce qu’on ne peut appeler autrement qu’une passion tumultueuse, au risque de tomber dans les clichés harlequinesque. Mais la vérité est là : on peut observer un couple d’amants qui n’a rien de pur comme pouvaient l’être Roméo et Juliette. Ce sont deux fortes personnalités, ambitieuses et passionnés, qui vont s’adorer et se détester tour à tour. Antoine tourne le dos à la loyauté et à la morale romaine pour sa Cléopâtre, avant de retourner à Rome satisfaire aux jeux de la politique, quitte à épouser une autre femme, la sœur d’Octave.

    C’est la stratégie politique de ce dernier, Octave, qui pousse nos amants au paroxysme de la démesure. Et c’est Octave qui tirera son épingle du jeu.  Les deux amants empêtrés dans leur relation tempétueuse ne pourront rien face à la détermination politique et guerrière de Octave. Antoine aura tout perdu, l’honneur, son rang, sa vie, et très vite Cléopâtre le  rejoint dans sa décision, pour mourir à son tour avant de subir l’humiliation de la défaite.

    Cette pièce est à lire, à relire, à découvrir, à aimer… C’est une pièce sur l’amour, mais aussi sur la stratégie politique. C’est une pièce qui donne à voir un monde ancien s’écrouler et laisser place à un autre, plus moderne, délesté d’une certaine morale, au profit de la stratégie du vainqueur. L’honneur, la fierté des deux amants maudits sont écrasé par une sorte de real politik de l’époque.

    Quelques extraits :

     « Cléopatre. — Je me sens malade et chagrine.

    Antoine. — Il m'attriste d'avoir à vous faire part de ma résolution...

    Cléopatre. — Emmenez-moi. Soutiens-moi, Charmion. Je vais tomber. Cela ne peut pas durer ainsi ; les forces de la nature n'y sauraient suffire.

    Antoine. — Reine adorée...

    Cléopatre. — Ecartez-vous de moi, je vous en prie.

    Antoine. — Qu'y a-t-il ?

    Cléopatre. — Je lis dans vos regards les bonnes nouvelles que vous avez reçues. Que dit votre légitime ?... Vous pouvez vous en aller. Plût aux dieux qu'elle ne vous eût jamais laissé venir ! Qu'elle n'aille surtout pas dire que c'est moi qui vous retiens ici. Je n'ai sur vous pas le moindre pouvoir. Vous êtes à elle.

    Antoine. — Les dieux savent que...

    Cléopatre. — Oh ! jamais reine fut-elle plus indignement trahie ? Mais dès les premiers jours j'ai vu la trahison se préparer.

    Antoine. — Cléopâtre...

    Cléopatre. — Comment le croire mien et fidèle, quand ses serments secoueraient les trônes des dieux, lui qui fut parjure à Fulvie ! Exécrable folie, de se laisser piper à ces serments du bout des lèvres, et qui se brisent d'eux-mêmes aussitôt prononcés.

    Antoine. — Très douce reine.

    Cléopatre. — Non, je vous en prie, ne cherchez pas à colorer votre départ ; disons-nous adieu et partez. Quand vous imploriez pour rester, alors c'était le temps des paroles : pas question de partir, alors. Nos lèvres et nos yeux ne parlaient que d'éternité ; la belle courbe de vos sourcils abritait la félicité ; tout en nous et jusqu'à la plus chétive parcelle était de la race des dieux ; et certes rien de tout cela n'a changé — si toi, le plus grand des guerriers, tu n'es pas devenu le plus grand des menteurs.

    Antoine. — Eh quoi ! Madame.

    Cléopatre. — Que n'ai-je ta carrure. Tu apprendrais qu'il y a un cœur en Egypte.

    Antoine. — O Reine, écoutez-moi. Une impérieuse nécessité requiert par ailleurs mes services — pour un temps ; mais tout mon cœur reste occupé de vous. Sur notre terre d'Italie étincellent les glaives de la guerre civile. Sextus Pompée va forcer les portes de Rome. La dualité trop égale du pouvoir intérieur a donné prétexte aux factions. Ceux que d'abord on détestait, à présent enrichis, ont acheté la faveur publique. Et, Pompée, le proscrit, fort de la réputation de son père, s'insinue dans les cœurs de ceux qui n'ont point su profiter du régime actuel ; le nombre de ceux-ci devient menaçant. Pourrie de loisir, l'impatiente oisiveté aspire à quelque changement plein de risques... Un motif plus particulier, qui près de vous pourra justifier mon départ, c'est la mort de Fulvie.  »

     

    « Cléopatre. — Donne-moi mon manteau. Pose la couronne. Je sens une soif immortelle. Jamais plus le jus de la grappe d'Egypte ne viendra rafraîchir mes lèvres. Fais vite, Iras ! Dépêche-toi, je crois entendre Antoine ; il m'appelle ; je le vois qui se lève; il me dit : tu fais bien. Il rit à la fortune de César. Les dieux font payer trop cher la fortune. Antoine, me voici, ton épouse. Mon courage veut mériter ce titre. Je suis de la flamme et de l'air. Tout ce qui pèse en moi, je le laisse à la terre et pour alimenter d'autres vies. Eh bien ! Tout est-il prêt ? Venez ! Cueillez la dernière chaleur de ma lèvre. Bon voyage, aimable Charmion ; Iras, adieu... (Iras tombe et meurt.) Eh ! quoi ! Suis-je un aspic ! Mon baiser l'a tuée ! Quoi le nœud si facilement se défait ? Ah ! vraiment ton étreinte, ô mort, est pareille à celle d'un amant ; elle blesse, mais on la désire. Iras, oh ! comme elle est tranquille. Tu pars si doucement, comme pour montrer que le monde ne vaut pas qu'on lui dise adieu.

    Charmion. — Nuages épais, répandez vos averses, et qu'elles soient comme les larmes des dieux,

    Cléopatre. — Oh ! lâche que je suis de me laisser devancer par elle. Si maintenant elle rencontre avant moi mon Antoine aux belles boucles, elle me volera peut-être ce baiser dont je veux faire tout mon ciel. Viens, vermisseau mortel !

    (Elle applique l'aspic à son sein.)

    Ta dent aiguë saura trancher d'un coup le fil tenace de la vie. Fâche-toi, pauvre fou venimeux ! Finissons-en ! Que ne peux-tu parler ! tu me dirais : ah ! quel grand niais malavisé que ce César.

    Charmion. — Etoile du levant !

    Cléopatre. — Silence ! Silence ! Regarde : sur mon sein le nourrisson s'endort en tétant sa nourrice.

    Charmion. — Mon cœur se fend.

    Cléopatre. — Suave comme la myrrhe, aussi subtil que l'air, aussi doux... Marc Antoine ! (Elle applique à son bras un second aspic.) Viens ! je vais te nourrir aussi. Pourquoi demeurer plus longtemps...

    (Elle meurt.) »


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  • William S. - Sonnet CXLVII

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    William, le grand William Shakespeare n’a pas écrit que des pièces au ressort dramatique puissant. Il a aussi produit une magnifique œuvre poétique. C’est un de ces sonnets que je vous propose aujourd’hui. Un sonnet sombre et affligé, comme parfois l’amour peut l’être. (Après tout, c’est bientôt la Saint-Valentin, dénotons un peu au milieu de tout ce rose ^^)

    Et puis, c’est pour moi l’occasion de remettre les pieds, ailés, dans le challenge de Maggie et Claudialucia.

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    Le Sonnet CXLVII n’est pas d’une gaieté folle, certes, mais la noirceur des vers vient au secours d’un cœur déchiré, passé l’amour il reste le soin de la raison…

    My love is as a fever longing still,
    For that which longer nurseth the disease;
    Feeding on that which doth preserve the ill,
    The uncertain sickly appetite to please.
    My reason, the physician to my love,
    Angry that his prescriptions are not kept,
    Hath left me, and I desperate now approve
    Desire is death, which physic did except.
    Past cure I am, now Reason is past care,
    And frantic-mad with evermore unrest;
    My thoughts and my discourse as madmen's are,
    At random from the truth vainly expressed;
    For I have sworn thee fair, and thought thee bright,
    Who art as black as hell, as dark as night.

    Mon amour est comme une fièvre toujours altérée de ce qui l’alimente incessamment : il se nourrit de ce qui perpétue sa souffrance pour satisfaire son appétit troublé et morbide.
    Ma raison, médecin de mon amour, fâchée de ce que ses prescriptions ne sont pas suivies, m’a abandonné, et moi, désormais désespéré, je reconnais que l’affection que combattait la science est mortelle.
    Ma raison étant impuissante, je suis désormais incurable, et je délire frénétiquement dans une incessante agitation. Mes pensées et mes paroles sont, comme celles des fous, de vaines et fausses divagations.
    Car j’ai juré que tu es blanche et cru que tu es radieuse, toi qui es noire comme l’enfer et ténébreuse comme la nuit.

    william shakespeare, poésie, sonnet, sonnet 147, challenge


    Je vous souhaite un dimanche plus heureux tout de même :)

  • Dumas et Shakespeare

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    Dans ma quête de Dumas qui ne soient ni les Trois Mousquetaires, ni le Comte de Monte-Christo, j’ai été ravie de découvrir de nouvelles rééditions de romans moins connus du monsieur. Parmi ces découvertes, Othon l’archer, une petite merveille de romantisme.

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    Le romantisme est un genre littéraire qui m’a toujours plu, et il s’épanouit avec force sous la plume de Dumas père.

    L’histoire est faite d’amour paternel, de trahison, de rebondissements, bref du pur Dumas.

    Othon est le fis du Landgrave de Godesberg, mais ce dernier est miné par les insinuations de son cousin (un drôle de félon) qui veut lui faire croire que Othon est le fruit des amours infidèles de sa femme Emma. Le Landgrave finit par y croire, et enferme sa femme au couvent, et décide de mettre Othon dans un monastère. Mais Othon préfère mourir et se jette à l’eau.

    Evidemment son destin veut qu’il survive, et qu’il soit recueilli par un groupe d’archers. On les suit dans une première aventure au cœur d’un château hanté et d’un étrange cérémonial, qui marquera la première action méritoire de Othon. Celui-ci continuera ses prouesses à Clèves, rencontrera une belle jeune fille, retrouvera sa dignité auprès de ses parents, le tout dans une belle ambiance de romantisme allemand.

    Le schéma de l’histoire est classique : malheur, fuite, réapparition et mise a nu des félons, mais c’est très bien rythmé et les personnages ne sont jamais mièvres.

    Un extrait :

    « Lorsque Othon se releva le front paré de la toque qu’il venait de gagner, son visage était rayonnant de joie et de bonheur. Les cheveux d’Héléna avaient presque touché les siens, leurs haleines s’étaient confondues, c’était la première fois qu’il aspirait le souffle d’une femme.

    Son justaucorps vert allait si bien à sa taille souple et déliée, ses yeux étaient si brillants de ce premier orgueil qu’éprouve l’homme à son premier triomphe, il était si beau et si fier de son bonheur, enfin, que le prince Adolphe de Clèves pensa à l’instant même combien il lui serait avantageux de s’attacher un pareil serviteur.

    En conséquence, se tournant vers le jeune homme, qui était prêt à redescendre les degrés de l’estrade :

    – Un instant, mon jeune maître, lui dit-il, j’espère que nous ne nous quitterons point comme cela.

    – Je suis aux ordres de Votre Seigneurie, répondit le jeune homme.

    – Comment vous nommez-vous ?

    – Je me nomme Othon, monseigneur.

    – Eh bien ! Othon, continua le prince, vous me connaissez, puisque vous êtes venu à la fête que je donne. Vous savez que mes serviteurs et mes gens me considèrent comme un bon maître. Êtes-vous sans condition ?

    – Je suis libre, monseigneur, répondit Othon.

    – Eh bien ! Alors, voulez-vous entrer à mon service ?

    – En quelle qualité ? répondit le jeune homme.

    – Mais en celle qui me paraît convenable à votre condition et à votre adresse. Comme archer.

    Othon sourit avec une expression indéfinissable pour ceux qui ne devaient voir en lui qu’un habile tireur d’arc, et allait sans doute répondre selon son rang et non selon son apparence, lorsqu’il vit les yeux d’Héléna se fixer sur lui avec une telle expression d’anxiété, que les paroles s’arrêtèrent sur ses lèvres.

    En même temps, la jeune fille joignit les mains en signe de prière.

    Othon sentit son orgueil se fondre à ce premier rayon d’amour, et, se tournant vers le prince :

    – J’accepte, lui dit-il.

    Un éclair de joie passa sur la figure d’Héléna. »

    Une jolie lecture, qui est passée un peu vite peut-être...

    Othon l’archer – Alexandre Dumas

    156 pages – 5,80 € - Editions de l’Aube.

    Lu pour mon plaisir, et dans le cadre des deux challenges suivants : J’aime Alexandre Dumas (chez Ankya) 

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    et Monte-Christo Challenge (chez Chiffonnette). 

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    Après la lecture, un film, une adaptation de Shakespeare par Kenneth Branagh, le mec qui faisait de chouettes films avant de réaliser Thor pour payer ses impôts (on est peu de choses, soyons indulgents).

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    Peines d’amour perdues est une des premières comédies de William Shakespeare. Le roi de Navarre, Ferdinand décide avec ses amis Longueville, Biron et Dumaine de se consacrer tout entier à la philosophie pour quelques années et d’oublier les frivolités de ce bas-monde. C’est compter sans la Princesse de France et ses trois dames de compagnie, Rosaline, Maria et Catherine.

    Kenneth Branagh réalise en 2000 une merveilleuse comédie musicale. Les acteurs virevoltent sur les notes de Cole Porter, George Gershwin ou Irving Berlin. Il a transposé l’histoire dans l’entre deux-guerres, et ça peut paraître curieux d’entendre les vers et le rythme du 16ième siècle dans un tel décor, mais on s’y fait et on entre dans la danse avec les acteurs, tous très bons ! J’ai été enchanté, comme avec tout les films de Kenneth Branagh (Thor, on a dit c’est pour les impôts, ça compte pas)

    J’ai été aussi très contente de retrouver Alicia Silverstone, une grande habituée des clips d’Aerosmith, et l’héroïne de Clueless….

    Bref, une adaptation osée, enlevée, gaie et propre à dépoussiérer le grand Will.  Je chantonne encore "heaven, I’m in heaven, and my heart beats so that I can hardly speak, And I seem to find the happiness I seek, When we're out together dancing, Cheek To Cheek…"

    Une petite merveille visionnée dans le cadre du challenge Shakespeare de Maggie et Claudialucia.

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  • Amour est juste un nom romantique pour problème...

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    ...Je ne sais plus qui disait cela, un sage...

     

    Un petit tour du côté de mes lectures de la semaine. Commençons par mon chouchou du moment, William Shakespeare, un petit jeune qui débute…Cette semaine, j’ai ressorti ma vieille édition de Roméo et Juliette en poche.

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    « Deux familles, égales en noblesse,

    Dans la belle Vérone, où nous plaçons notre scène,

    Sont entraînées par d'anciennes rancunes à des rixes nouvelles

    Où le sang des citoyens souille les mains des citoyens.

    Des entrailles prédestinées de ces deux ennemies

    A pris naissance, sous des étoiles contraires, un couple d'amoureux

    Dont la ruine néfaste et lamentable

    Doit ensevelir dans leur tombe l'animosité de leurs parents.

    Les terribles péripéties de leur fatal amour

    Et les effets de la rage obstinée de ces familles,

    Que peut seule apaiser la mort de leurs enfants,

    Vont en deux heures être exposés sur notre scène.

    Si vous daignez nous écouter patiemment,

    Notre zèle s'efforcera de corriger notre insuffisance. »

     

     L’histoire, est-il besoin de la rappeler tant elle fait partie de l’imaginaire mondiale ? Nous sommes à Vérone, en Italie, les Capulet et les Montaigu se détestent au point d’ensanglanter la ville par des duels mortels incessants. Roméo est amoureux de Rosaline, et pour se changer les idées, il décide, encouragé par ses amis, de se rendre incognito à une fête donnée par les Capulet en l’honneur de Juliette, fête à laquelle sera présente Rosaline. C’est là que les regards (et le destin tragique) de nos deux héros vont se croiser. Ils finissent par se déclarer leur amour naissant, et décide de se marier en cachette, pour parer à la haine des deux familles… Entre temps, Roméo se fait bannir de Vérone pour un duel au sang de trop. Le plan conçu par les deux amoureux et Frère Laurent le confesseur de Juliette, pour se retrouver, tournera à la tragédie, et à une issue fatale pour nos deux amoureux.

     

    « ROMÉO. - Il se rit des plaies, celui qui n'a jamais reçu de blessures ! (Apercevant Juliette qui apparaît à une fenêtre.) Mais doucement ! Quelle lumière jaillit par cette fenêtre ? Voilà l'Orient, et Juliette est le soleil ! Lève-toi, belle aurore, et tue la lune jalouse, qui déjà languit et pâlit de douleur parce que toi, sa prêtresse, tu es plus belle qu'elle-même ! Ne sois plus sa prêtresse, puisqu'elle est jalouse de toi ; sa livrée de vestale est maladive et blême, et les folles seules la portent : rejette-la !... Voilà ma dame ! Oh ! Voilà mon amour ! Oh ! Si elle pouvait le savoir !... Que dit-elle ? Rien ... Elle se tait ... Mais non ; son regard parle, et je veux lui répondre ... Ce n'est pas à moi qu'elle s'adresse. Deux des plus belles étoiles du ciel, ayant affaire ailleurs, adjurent ses yeux de vouloir bien resplendir dans leur sphère jusqu'à ce qu'elles reviennent. Ah ! Si les étoiles se substituaient à ses yeux, en même temps que ses yeux aux étoiles, le seul éclat de ses joues ferait pâlir la clarté des astres, comme le grand jour, une lampe ; et ses yeux, du haut du ciel, darderaient une telle lumière à travers les régions aériennes, que les oiseaux chanteraient, croyant que la nuit n'est plus. Voyez comme elle appuie sa joue sur sa main ! Oh ! Que ne suis-je le gant de cette main ! Je toucherais sa joue ! »

     

    Outre que c’est en soi une belle histoire, basée sur des classiques assez anciens, Shakespeare réinvente l’ amour total et innocent. La pièce est à la fois tragique et très drôle par moment. Les personnages secondaires tel que la nourrice de Juliette, ou le pauvre Frère Laurent, sont parfaitement posés, juste comme des témoins impuissants du malheur en marche. C’est difficile de ne pas rentrer complètement dans cette superbe histoire d’amour éternel.

    Comment ne pas tomber sous le charme également du film de Franco Zefirelli, avec la douce Olivia Hussey et le frêle Leonard Whiting.

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    Il date de 1968 et reste une de mes adaptations préférées de cette pièce. Probablement que le visage innocent et tellement radieux des deux acteurs y est pour beaucoup…

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    Je l’ai re-visionné pour l’occasion, et le charme opère toujours, et je finis en larmes, presque dévastée par cette tragédie qui s’écrit sous nos yeux…

    J’avoue être vraiment contente du prétexte que m’offre le challenge Shakespeare de replonger le nez dans ces merveilles.shakes.gif


     

     

     

     

     

     

     

    Autre challenge, autre auteur : Agatha Christie (initiée par Les Livres de George Sand). challange-agatha-christie.jpgJe crois avoir lu à peu près tout les Agatha Christie publié en France, entre le collège et la fin du lycée. La suite de mon aventure avec elle a consisté à relire mes préférés et à me délecter des adaptations ciné ou télé, avec David Suchet ou Peter Ustinov, les deux figures tutélaires de Monsieur Hercule Poirot à l’écran. Le crime d’Halloween s’ouvre sur un crime d’enfant. Lors d’une fête d’Halloween, la petite Joyce Reynolds se vante inconsidérément d’avoir assisté à un crime. Bien sûr on la retrouve morte un peu plus tard. La chatoyante romancière Ariadne Oliver assistait à la fête et horrifiée, elle fait appel à son ami Hercule Poirot pour triompher de cette énigme.

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    C’est étrange d’observer les réactions des intervenants, qui restent assez indifférents à la mort de cette gamine (certes un peu odieuse…) Ouvrir un Agatha Christie et ne pas en ressentir de contentement à la lecture est une chose impossible.. J’ai aimé retrouver dans ce roman la farfelu Ariadne, tellement éloignée des manies de Poirot…  L’enquête n’est pas la plus compliqué de la collection, mais on ne boude pas son plaisir.

    Le hasard a fait que Olivia Hussey et Agatha Christie ont ensuite recroisé ma route, mais je vous en reparlerais...

    Une dernière lecture ? Comme j’étais bien partie à pleurer sur le sort de Roméo et Juliette, et que je triais ma bibliothèque, j’ai aimé retomber sur Paul et Virginie, de Bernardin de Saint Pierre.pauletvirginie.JPG

    Autre histoire tragique d’amours contrariés. Une horreur, j’ai pleuré, encore et encore. Alors donc, l’histoire se passe sur l’île de France, autrement dit l’île Maurice de nos jours. Le narrateur se promène et tombe sur deux petites cabanes en ruine et interroge un vieux qui connait leur histoire. Madame de La Tour est la veuve d’un noble libertin, et Marguerite est une jeune bretonne séduite puis abandonnée. Les deux femmes viennent  sur l’île cacher leur honte et accoucher de Paul (pour Marguerite) et Virginie (pour Madame de La Tour)  Les deux enfants sont élevés ensembles sur cette île qui fait figure de paradis à la végétation luxuriante. Tout se passe bien, jusqu’à ce qu’un sentiment amoureux naisse dans le cœur de virginie, pour Paul et que Madame de La Tour, s’en rendant compte, décide de l’envoyer en métropole compléter son éducation, loin de Paul. La distance et les plans contraires de la famille de Virginie ne réussissent pas à éteindre cet amour, et Virginie finira par s’enfuir pour retrouver Paul dans leur paradis de l’île de France. Mais le drame d’une tempête vient briser le cœur de Paul qui voit le bateau qui transporte Virginie détruit sous ses yeux. Le désespoir tuera Paul. Celui qui ne pleure pas est un sans-cœur. Je me rappelle également de l’adaptation télévisé, que je regardais petite avec des paquets de mouchoirs pour éponger mes larmes… J’ai bien envie de remettre la main sur un streaming tiens… Le roman est vraiment très beau, poétique et puis aussi un enchantement pour ce qui est de l’environnement décrit. On a sous nos yeux un paradis naturel : c’est aussi cet attachement à la nature où ils ont été élevés, que nous content Paul et Virginie. Et me vient l’envie de connaître cette île Maurice….C’est une belle apologie de la vie en harmonie avec la nature.

    Roman qui vient compléter mon challenge nature writinglogo-naturewriting.jpg.

     

     

     

     

     

     

     

    On se retrouve demain ? Avec plus de chocolats et moins d’amours contrariés, j’espère !