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  • C'est vendredi, quelle fatrasie !

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    Bonjour vendredi et bonjour les aimables passants. Vous rendez-vous compte que l’on est presque fin mai, et que pas un fichu rayon de soleil ne daigne darder ses rayons sur Paris ? Du coup, ce weekend sera certainement encore une occasion de se replier vers un musée, une salle de cinéma, ou simplement vers son lit, avec un bon bouquin.

    En attendant, cela ne m’empêchera pas de partager avec vous quelques petites choses qui m’ont marquées les jours passés.

     

    Il y a eu ce reportage autour de Renaud, réalisé par Didier Varrod : Renaud on t’a dans la peau. C’est bien le cas chez nous, et mon petit garçon est aussi très fan des chansons de Renaud, elles le touchent beaucoup. Pour vous dire, ses deux préférées sont Hexagone et Laisse Béton. Mais dans l’ensemble il les aime toutes je crois. C’est une expérience de l’observer quand il écoute Renaud, du haut de ses dix ans, et qu’il me demande de temps en temps de lui expliciter un terme, ou qu’il pouffe quand il entend une grossièreté (alors qu’il déteste viscéralement quand n’importe qui d’autre au monde dit quelque chose de vulgaire ! Il faut le voir me gronder, mon fils, quand je sors des « putain fait chier » sans m’en rendre compte…)

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    Bref, Renaud, un chanteur qu’on aimera toujours, et qui nous touche particulièrement. Manu, ou Mistral Gagnant, il y a plus d’une chanson chez lui qui me fait verser des larmes, de nostalgie, de tristesse, de bonheur aussi. Le reportage sera rediffusé le 29 mai à 23h15, si vous souhaitez regarder.

     

    Dans un autre registre, voici un projet graphique qui a retenu mon attention : une carte illustrée de ma bonne ville de Nantes, par Antoine Corbineau. C’est une jolie idée, d’autant plus réjouissante quand on connaît la ville. C’est amusant de refaire le parcours à travers ses dessins. Je me demande ce que Electra et Asphodèle pourrait en penser. Moi j’aime beaucoup en tout cas, et j’ai hâte que la carte entière m’arrive (et puis le tarif est très raisonnable pour un joli travail comme celui-ci.) Comme disait André Breton, Nantes est la capitale du monde, alors autant l’afficher chez soi :)

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    Encore une petite chose que j’aimerais avoir très vite chez moi, c’est la nouvelle série de Moleskine, autour d’Alice au Pays des Merveilles. En bonne carneto-maniaque, je me penche toujours sur les éditions limitées de Moleskine. Pour parler encore de mon petit lapinou de fils, je ne vous raconte pas la bataille héroïque pour la garde du Moleskine Lego. (J’en avais acheté un second finalement, être égoïste à mon âge ce serait moche.) Donc voici Alice en nouvelle muse Moleskine, ce qui nous vaut également un très joli film hommage par Roger Wieland, une vraie merveille :

     

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    Sinon, ces carnets me servent essentiellement à faire des listes de tout et n’importe quoi, et principalement des bêtises qui me passent par la tête.

     

    Un projet qui est loin d’être une bêtise, c’est un travail fou, qui puise sa source à une autre folie indispensable, celle de Jorge Luis Borges. C’est la bibliothèque de Babel recréée sous nos yeux, un truc dans lequel je me suis perdu un petit bout de temps : je dois être folle aussi mais c’est addictif en fait. Et puis cela m’a redonnée envie de sortir mes vieux poches de Borges, ce qui en soi est une excellente raison de se perdre dans ce labyrinthe. Voilà, le site est un petit compliqué à raconter, le mieux c’est d’y aller, et de se laisser perdre de clic en clic. Si, si, n’ayez pas peur de perdre du temps, à quoi sert le temps si ce n’est à le perdre ?

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    Pour finir, parlons quelques instants d’un autre fou que j’adore, Umberto Eco (vous aurez compris que comme Borges, il convient de lire TOUT ce que vous pouvez de Eco !) Là, c’est le journal El País qui nous offrait un article très intéressant autour d’Internet, de l’information et du journalisme, entre autre, forcément quand on interview Umberto Eco, ça ne peut être qu’intéressant ! L’article est en espagnol, pour ceux qui le parle, je vous engage vivement à lire cet article ! Sinon, moi j’ai été traumatisé de jalousie à la vue de la superbe et vaste bibliothèque personnelle de Eco, dont on voit un petit bout. Je vous laisse juger avec la photo :

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    C’est juste une bibli de fou, j’imagine les merveilles qu’il a du accumuler depuis des années ( quand je vous dit qu’il me faut bien 100m2 pour déambuler tranquille au milieu de mes livres, si j’avais l’espace et l’argent… #JeRêve)

     

    Enfin, ma petite thérapie musicale de la semaine, outre Renaud, bien sûr.

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    podcast

    Allison Crowe - Hallelujah

     


    podcast

    Daniel Darc - Elégie #2

     

    Continuons de rêver, aux livres à lire, aux voyages imaginaires ou réels qui nous attendent, et tout simplement à ce weekend, avec ou sans soleil, je vous le souhaite doux et heureux.

     

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  • Percival Everett - Blessés

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    J’ai quitté quelques temps le métro parisien pour les plaines du grand ouest américain. Non pas que j’ai pris quelque avion que ce soit, j’ai simplement ouvert un roman de Percival Everett. C’est un auteur que je ne connaissais pas, et je dois cette découverte au fait que j’aime toujours ce que peut publier Acte Sud, donc j’ai pris le livre les yeux fermés, si j’ose dire. Et j’ai pu ensuite rouvrir mes yeux sur de vastes paysages, mais surtout sur des personnages attachants et forts.  

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    Pour résumer l’histoire assez simplement, nous suivons l’histoire de John Hunt, un homme qui tient un ranch, avec l’aide de Gus, dans un environnement très « plaines de l’ouest sauvage ». John n’a pas son pareil pour dresser les chevaux, et on sent en lui un homme assez solitaire, depuis la mort de sa femme, et qui se contente très bien de la seule compagnie de Gus, de ses quelques incursions en ville, et des visites amicales de sa voisine, Morgan. Un drame va se dérouler : un jeune homosexuel est assassiné, d’autres actes de violences sont commis aussi, tout cela assombrit l’atmosphère. Ce sera également l’occasion de la visite du fils d’un vieil ami de John, venu protester contre le crime homophobe. Dès lors, beaucoup de blessures se mettent à jour. La blessure d’un enfant homosexuel incompris de ses parents et mal à l’aise dans son couple ; le divorce et l’attitude du meilleur ami de John Hunt qui révèlent aussi d’autres blessures. Il y a également le cœur blessé de John, qui a du mal à exprimer son amour envers une femme depuis le décès de son épouse. Enfin, il y  a toutes les blessures provoquées par l’homophobie et le racisme. Car John Hunt est noir dans un monde de cow-boys blanc. Le fait est que je n’ai compris qu’assez tard que John était noir : c’est là que je me rends compte que spontanément je ne m’intéresse pas à la couleur des gens. Les hommes sont ce qu’ils sont, peu importe la couleur, et le fait de lire ce livre de nombreuses pages avant de percuter que le héros était noir, m’a remis en tête que pour beaucoup la couleur fait tout, hélas. Et Percival Everett sait écrire cela sans forcer le trait, sans en faire des tonnes, en décrivant une sorte de racisme light, un racisme du quotidien, qui est en filigrane de toutes nos sociétés. John Hunt est un ancien universitaire, on le découvre amateur d’art, comme ça en passant, sans insister, et puis c’est un cow-boy, un vrai dur, un homme dans toute sa virilité : car c’est ainsi que l’être humain est, un mélange de plusieurs passions, de plusieurs intérêt, qui fabrique une personnalité complexe. C’est avec subtilité que Percival Everett brosse ses personnages : il leur prête des faiblesses, des failles, des échecs, des doutes. Mais il nous les montre aussi dans leur courage, dans la beauté de l’amitié et du secours.

    L’autre personnage principal c’est évidemment l’ouest sauvage, et puis les chevaux, les coyotes, la nature qui offre ce qu’elle a de meilleure, et puis qui tue également.

    Voilà un récit qui arrive à être à la fois un roman noir, un roman d’amour, et un western, qui nous parle de la différence, de l’indifférence et de tolérance, un grand et beau roman que je vous engage à lire.

     

    Percival Everett – Blessés – Acte Sud / Babel

     

     

  • Aparté

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    J’ai un peu déserté le blog les deux ou trois dernières semaines. Par manque de temps (et la nécessité de me concentrer sur mes projets professionnels), et par manque de sérénité également. Je ne peux pas le dire autrement, je suis en colère quasi chaque jour. Ça va à peu près bien dans ma vie, je n’ai pas à me plaindre, mais dès que je regarde au dehors, ce qui se passe chaque jour en ce bas monde, j’ai juste envie de hurler. Je me sens chanceuse de pouvoir souvent me mettre dans mon coin, pour lire tranquillement, sans la crainte excessive de quoi que ce soit. Mais nous sommes finalement une minorité de chanceux au monde. Une infime minorité. Je l’ai toujours su, et je suppose que vous aussi, il suffit de lire un journal ou de regarder les infos, depuis toujours, pour constater la chance qui est la notre, quand on peut se targuer de cette chance.

    Mais quelque chose a changé. Avant, j’avais des espoirs, des envies et des ambitions, je militais dans un  parti (un truc avec un poing et une rose, je vous laisse deviner..), j’étais bénévole pour plusieurs associations, et c’était bien. Cela me permettait de remplir ce que je croyais être mon rôle sur cette Terre : aider les autres, tant que je peux. Mais les années ont passées, et quelque chose s’est cassé. J’ai l’impression que beaucoup de choses ne s’amélioreront jamais, uniquement parce que cela nourri un système. On peut faire des associations contre l’illettrisme, pour récolter des vêtements, des dons en nourriture, etc. mais tout cela ne sera jamais qu’une goutte d’eau dans l’océan. Non pas qu’il faille arrêter, bien sûr, mais j’ai l’impression que beaucoup de gens se battent avec si peu de moyens. C’est l’histoire du tonneau des Danaïdes, et je crois que je fatigue. J’ai surtout perdu mes illusions, et avec l’envie de faire. Heureusement, il ne s’agit que de ma petite personne, mais j’avais besoin d’en parler. La colère m’accompagne chaque jour, elle enfle à chaque injustice (et la journée de ce lundi 18 mai a eu son lot d’injustices, à Rennes avec la décision de ce procès, à Palmyre, en méditerranée, au large de la Birmanie, et en trop d’endroits sur Terre pour les compter sans devenir fou. Le truc, c’est d’arriver à penser qu’il faut quand même continuer de croire et d’espérer. Voilà, désolée pour ce billet un peu n’importe quoi et pas clair, mais difficile de continuer ici sans mettre d’abord ces mots à jour.

    Avec un peu de chance demain sera un autre jour.