23.09.2010

Ce qui ne change pas...

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Citation du jeudi ! De circonstance !

« Il fut terrible, jamais il n'avait parlé si violemment. D'un bras, il maintenait le vieux Bonnemort, il l'étalait comme un drapeau de misère et de deuil, criant vengeance. En phrases rapides, il remontait au premier Maheu, il montrait toute cette famille usée à la mine, mangée par la Compagnie, plus affamée après cent ans de travail; et, devant elle, il mettait ensuite les ventres de la Régie, qui suaient l'argent, toute la bande des actionnaires entretenus comme des filles depuis un siècle, à ne rien faire, à jouir de leur corps. N'était-ce pas effroyable? un peuple d'hommes crevant au fond de père en fils, pour qu'on paie des pots-de-vin à des ministres, pour que des générations de grands seigneurs et de bourgeois donnent des fêtes ou s'engraissent au coin de leur feu! Il avait étudié les maladies des mineurs, il les faisait défiler toutes, avec des détails effrayants: l'anémie, les scrofules, la bronchite noire, l'asthme qui étouffe, les rhumatismes qui paralysent. Ces misérables, on les jetait en pâture aux machines, on les parquait ainsi que du bétail dans les corons, les grandes Compagnies les absorbaient peu à peu, réglementant l'esclavage, menaçant d'enrégimenter tous les travailleurs d'une nation, des millions de bras, pour la fortune d'un millier de paresseux. Mais le mineur n'était plus l'ignorant, la brute écrasée dans les entrailles du sol. Une armée poussait des profondeurs des fosses, une moisson de citoyens dont la semence germait et ferait éclater la terre, un jour de grand soleil. Et l'on saurait alors si, après quarante années de service, on oserait offrir cent cinquante francs de pension à un vieillard de soixante ans, crachant de la houille, les jambes enflées par l'eau des tailles. Oui  le travail demanderait des comptes au capital, à ce dieu impersonnel, inconnu de l'ouvrier, accroupi quelque part, dans le mystère de son tabernacle, d'où il suçait la vie des meurt-de-faim qui le nourrissaient! On irait là-bas, on finirait bien par lui voir sa face aux clartés des incendies, on le noierait sous le sang, ce pourceau immonde, cette idole monstrueuse, gorgée de chair humaine ! »

 

Emile Zola – Quatrième partie – Chapitre sept

 

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Voilà, du XIXème au XXIème siècle, les problématiques restent les mêmes. Ceux qui ont déjà beaucoup, en veulent encore plus, quitte à écraser la masse des pauvres. C’est l’ordre des choses semble-t-il : il faut des maîtres et des valets. Et les maitres ont de moins en moins mauvaise conscience à écraser la face des valets. Faire travailler la masse jusqu’à l’usure, mégoter sur une retraite aussi inconsistante que ridicule, en appeler toujours et encore à la crise, à l’équilibre des comptes, tout ça pendant que la table des plus riches reste bien garnie, elle. La novlangue règne : on appelle progrès des régressions sans pareil.

Voilà, rien ne change, rien n’est jamais acquis. Jamais.

19.03.2009

Dans grève, il y a rêve


Je reprends ce slogan à mon compte, même si d'aucun le trouve un peu trop utopique ou bisounours.

Je fais grève aujourd'hui, pas parce que ma situation personnelle le demande (quoi que...), mais parce que ce pays que j'aime va dans le mur.

Notre pays est pour moi un des plus beau: oui je verse dans le patriotisme larmoyant. Notre histoire, notre patrimoine, sont un héritage que je chéri sincèrement.

 

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Et voir aujourd'hui un "président" agir comme un gamin capricieux, offrant des prébendes à ses amis, utilisant sa situation comme un outil de drague envers un public de mannequins vieillissantes, un gamin encore traumatisé d'avoir trop bûché La Princesse de Clèves au Lycée, un gamin éblouie par un gros yatch ou une grosse villa, quitte à oublier qui paye quoi...Voir cela me révulse, et je n'ai aucune façon de l'exprimer, que par cette grève aujourd'hui.


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Bref, aujourd'hui, je bats le pavé ! Bon courage à tous gréviste ou pas.

 

07:09 Écrit par Océane dans Bavardages | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : grève | |  Facebook |