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grève

  • Fatrasie du vendredi (le retour)

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    J’aime la musique, j’aime la radio publique. Au fil des jours de grève, je continue d’écouter Radio France, et plus particulièrement France Inter, malgré la musique qui remplace les émissions, et aussi pour la musique qui remplace les émissions. Radio France malgré tout. J’ai essayé d’autres stations, Europe1, RTL, Nova, Chérie FM, trop de publicités, trop de bruits, trop de tout trop vite. Je continue donc à profiter de la musique sur Radio France, avec parfois la surprise d’une émission diffusée, malgré la grève. Je n’aime pas cette grève, égoïstement, mais je la soutiens car oui il y a une particularité à Radio France, qui a un prix (contrairement au conseil en communication de Mathieu Gallet).

    J’aime lire, toujours, et je suis assez heureuse de ma décision d’aller plus souvent en bibliothèque, comme ça je sors de mes sentiers battus, je vais plus facilement à l’inconnu, et je tombe sur des livres qui ont fait, ou pas, l’actualité, il y a cinq ans, dix ans, ou l’an dernier. Dans le fond, je n’aime pas le principe de la rentrée littéraire : comme une obligation de s’intéresser aux même cinquante livres qui font le tour des médias. Alors oui, je les lis, je suis l’injonction, mais j’aime aussi en parler quand ce n’est pas forcément le moment médiatique parfait. La médiathèque à ceci de beau qu’elle recèle dans ses rayons les dizaines de livres que je n’aurai pas vu au moment le plus fort de leur exposition médiatique.

    J’aime le printemps à Paris, observer la foule des touristes qui se pressent dans les avenues, faire du shopping ou regarder les monuments, et entendre les « wonderful », se mêler aux « wunderbar », et mille autres langages qui font de Paris une nouvelle Babel.

    J’aime faire des listes, encore, toujours, pas seulement des listes des Connelly ou des Diego :) il y a aussi la listes des fleurs à s’offrir en ce printemps ; la liste des endroits de Paris où prendre un thé en terrasse ; la liste des choses indispensables, comme cette jupe à fleurs ou ce gilet jaune, qu’il me faut nécessairement, oh oui. Et puis la liste des petits musés les moins fréquentés de la capitale à redécouvrir.

    J’aime l’idée que mon blog va bientôt prendre une année de plus. Avec des hauts et des bas, de longues interruptions, des reprises chaotiques, une ligne éditoriale aussi obscure qu’erratique, c’est comme cela que je l’aime. Malgré les désertions (les archives sont parfois cruelles, tant elles montrent les absences, les au revoir non prononcés et l’adieu unilatéral qui fait quelquefois de la peine). Mais les choses sont ce qu’elles doivent être (parole de sage que je ne suis pas) et c’est bien ainsi.

    J’aime les rêves, les sourires, les blagues ratées et aussi mon humour, qui ne fait rire que moi :)

    Et puis c’est presque le week-end ! Soyez fou.

     

    Tip du jour →

    jack Koch.jpg(Dessin de Jack Koch)

  • Ce qui ne change pas...

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    Citation du jeudi ! De circonstance !

    « Il fut terrible, jamais il n'avait parlé si violemment. D'un bras, il maintenait le vieux Bonnemort, il l'étalait comme un drapeau de misère et de deuil, criant vengeance. En phrases rapides, il remontait au premier Maheu, il montrait toute cette famille usée à la mine, mangée par la Compagnie, plus affamée après cent ans de travail; et, devant elle, il mettait ensuite les ventres de la Régie, qui suaient l'argent, toute la bande des actionnaires entretenus comme des filles depuis un siècle, à ne rien faire, à jouir de leur corps. N'était-ce pas effroyable? un peuple d'hommes crevant au fond de père en fils, pour qu'on paie des pots-de-vin à des ministres, pour que des générations de grands seigneurs et de bourgeois donnent des fêtes ou s'engraissent au coin de leur feu! Il avait étudié les maladies des mineurs, il les faisait défiler toutes, avec des détails effrayants: l'anémie, les scrofules, la bronchite noire, l'asthme qui étouffe, les rhumatismes qui paralysent. Ces misérables, on les jetait en pâture aux machines, on les parquait ainsi que du bétail dans les corons, les grandes Compagnies les absorbaient peu à peu, réglementant l'esclavage, menaçant d'enrégimenter tous les travailleurs d'une nation, des millions de bras, pour la fortune d'un millier de paresseux. Mais le mineur n'était plus l'ignorant, la brute écrasée dans les entrailles du sol. Une armée poussait des profondeurs des fosses, une moisson de citoyens dont la semence germait et ferait éclater la terre, un jour de grand soleil. Et l'on saurait alors si, après quarante années de service, on oserait offrir cent cinquante francs de pension à un vieillard de soixante ans, crachant de la houille, les jambes enflées par l'eau des tailles. Oui  le travail demanderait des comptes au capital, à ce dieu impersonnel, inconnu de l'ouvrier, accroupi quelque part, dans le mystère de son tabernacle, d'où il suçait la vie des meurt-de-faim qui le nourrissaient! On irait là-bas, on finirait bien par lui voir sa face aux clartés des incendies, on le noierait sous le sang, ce pourceau immonde, cette idole monstrueuse, gorgée de chair humaine ! »

     

    Emile Zola – Quatrième partie – Chapitre sept

     

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    Voilà, du XIXème au XXIème siècle, les problématiques restent les mêmes. Ceux qui ont déjà beaucoup, en veulent encore plus, quitte à écraser la masse des pauvres. C’est l’ordre des choses semble-t-il : il faut des maîtres et des valets. Et les maitres ont de moins en moins mauvaise conscience à écraser la face des valets. Faire travailler la masse jusqu’à l’usure, mégoter sur une retraite aussi inconsistante que ridicule, en appeler toujours et encore à la crise, à l’équilibre des comptes, tout ça pendant que la table des plus riches reste bien garnie, elle. La novlangue règne : on appelle progrès des régressions sans pareil.

    Voilà, rien ne change, rien n’est jamais acquis. Jamais.

  • Dans grève, il y a rêve

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    Je reprends ce slogan à mon compte, même si d'aucun le trouve un peu trop utopique ou bisounours.

    Je fais grève aujourd'hui, pas parce que ma situation personnelle le demande (quoi que...), mais parce que ce pays que j'aime va dans le mur.

    Notre pays est pour moi un des plus beau: oui je verse dans le patriotisme larmoyant. Notre histoire, notre patrimoine, sont un héritage que je chéri sincèrement.

     

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    Et voir aujourd'hui un "président" agir comme un gamin capricieux, offrant des prébendes à ses amis, utilisant sa situation comme un outil de drague envers un public de mannequins vieillissantes, un gamin encore traumatisé d'avoir trop bûché La Princesse de Clèves au Lycée, un gamin éblouie par un gros yatch ou une grosse villa, quitte à oublier qui paye quoi...Voir cela me révulse, et je n'ai aucune façon de l'exprimer, que par cette grève aujourd'hui.


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    Bref, aujourd'hui, je bats le pavé ! Bon courage à tous gréviste ou pas.