29.10.2011
Baudelaire, en dictame
Une pause poétique, avec le grand Charles, non pas De Gaulle, l' autre grand Charles, Baudelaire...
Prenons le temps d'une lecture, ou d'une écoute, c'est comme il vous plaira.
Dès que j'aurai un peu plus de temps devant moi, je prendrais la peine de rédiger des notes un peu plus travaillées, plus fouillées, pour vous parler de mes poètes favoris.
Pour ce jour, je me contente de vous en vous lire un peu :)
Parfum Exotique
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;
Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
Ciel Brouillé
On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
Ton oeil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)
Alternativement tendre, rêveur, cruel,
Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.
Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,
Qui font se fondre en pleurs les coeurs ensorcelés,
Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,
Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.
Tu ressembles parfois à ces beaux horizons
Qu'allument les soleils des brumeuses saisons...
Comme tu resplendis, paysage mouillé
Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !
Ô femme dangereuse, ô séduisants climats !
Adorerai-je aussi ta neige et vos frimas,
Et saurai-je tirer de l'implacable hiver
Des plaisirs plus aigus que la glace et le fer ?
Tweet21:30 Écrit par Océane dans Bavardages, Indéfectible beauté, Les podcasts d' Océane, Poésie | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note | Tags : charles baudelaire, lecture, poésie, podcast |
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09.09.2010
Lazy Lady

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;
Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont œil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
Parfum Exotique - Charles Baudelaire
Le poète de la paresse à mes yeux reste Charles Baudelaire. La paresse, ce n’est pas un vice, ce n’est pas un défaut… La paresse, la langueur, la nonchalance, c’est l’écoute que l’on s’accorde à soi-même et au monde qui nous entoure.
La paresse n’est pas la fainéantise. Paresser est une douce langueur, une chaleur qui envahit le corps, qui engourdit l’esprit gentiment.
Se lever tranquillement, sans la crainte d’un horaire à respecter, d’une obligation à assurer… Prendre le temps de soi, écouter ses envies les plus simples. Envie de se faire un thé, le boire au calme, mettre une jolie robe, voir qu’il est déjà si tard, mais le temps n’est rien.
Paresser c’est savourer à l’avance la promenade inutile qu’on fera. S’arrêter au square de la Tour Saint-Jacques, juste pour regarder la tour… regarder les pigeons avant de reprendre le chemin non tracé. Les vitrines des boutiques sont un point de mire agréable, s’y attarder, comme ça, pour rien, juste pour regarder.
Mais le véritable plaisir de la paresse vient plus tard, de retour à la maison. Allongée sur le lit, les pieds au mur, les mains sur le ventre, et ne rien faire que regarder les détails ignorés. Fermer les yeux et laisser son esprit vagabonder, loin, dans les étoiles.
S’il y a un paradis sur Terre, il est dans ses bras, dans sa voix, dans son regard. Ne rien faire avec celui qu’on aime, c’est ne plus avoir peur de rien, des jugements, des silences, du vide. Pas besoin de combler un manque par une activité quelconque, se forcer à quoi que ce soit. Passer la nuit à parler, discuter des petites choses qui émerveillent.
Etre avec lui, s’aimer et se taire en confiance… Ne rien faire, seule ou avec lui, ce n’est pas que de la paresse : c’est comprendre que l’on n’a pas peur de la personne que l’on est…
Tweet00:20 Écrit par Océane dans Bavardages, Concours, Poésie | Lien permanent | Commentaires (44) | Envoyer cette note | Tags : charles baudelaire, poésie, paresse |
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07.10.2009
La voix est ce qui ressemble le plus à l'âme
Qui lit encore Roger Mondoloni ? Pourtant sa réflexion mérite qu'on s'y attarde un peu plus.
Tout entière
Le Démon, dans ma chambre haute,
Ce matin est venu me voir,
Et, tâchant à me prendre en faute,
Me dit : " Je voudrais bien savoir,
Parmi toutes les belles choses
Dont est fait son enchantement,
Parmi les objets noirs ou roses
Qui composent son corps charmant,
Quel est le plus doux. " - Ô mon âme !
Tu répondis à l'Abhorré :
" Puisqu'en Elle tout est dictame,
Rien ne peut être préféré.
Lorsque tout me ravit, j'ignore
Si quelque chose me séduit.
Elle éblouit comme l'Aurore
Et console comme la Nuit ;
Et l'harmonie est trop exquise,
Qui gouverne tout son beau corps,
Pour que l'impuissante analyse
En note les nombreux accords.
Ô métamorphose mystique
De tous mes sens fondus en un !
Son haleine fait la musique,
Comme sa voix fait le parfum ! "
J'aime ces vers de Baudelaire, tout l'amour est résumé. Un enchantement, un parfum, un souffle, une voix.

En écoutant Kent reprendre cette chanson interprétée au départ par Enzo Enzo, je me suis arrêté sur sa voix à lui. Elle est très belle. Mais plus que ça,elle me touche. C'est exactement la voix que je voudrais entendre tout les jours s'enquérir de mes nouvelles, me demander le sel, ou bien l'endroit où se trouve le bouquin entamé la veille.
C'est une voix gentille, confiante, rassurante. La voix de quelqu'un de bien.
Est-ce que je suis influencée par le titre ? Je ne pense pas.
La vie c'est ressentir, intercepter des messages et les interpréter avec les moyens dont on dispose. La communication et la vie ne sont que la même chose. Avoir une bonne interaction, entendre correctement les autres, au sens où ou les appréhende, c'est simplement vivre heureux. La voix est chargée d'émotions, de vécu, tous les signaux du comportement, des sentiments intérieurs s'y retrouvent. La voix ne peut trahir il parait. Je n'en sais rien, je l'espère.
Disons que je crois ce que j'entends. Pas les paroles, mais l'intonation, la modulation de la voix. J'ai parfois des côtés encore très naïfs. Ainsi j'ai tendance à penser que la gentillesse ne peut continuellement être feinte, et surtout, il s'agit de la découvrir non pas à la surface des notes vocales, mais enfouies derrières des hésitations, des murmures, des soupirs.
Connaît-on jamais quelqu'un vraiment ? Non, mais on passe sa vie à le deviner, à l'interpréter. Il y a les mots que l'on entend, ce que dit la voix, et finalement seul compte ce qu'entend le cœur.
Que met-on derrière le vocable de l'amour ? Une attirance physique et intellectuelle, portée par le charme de la voix : cette mélodie qui chante à nos oreilles l'histoire merveilleuse de l'emportement des cœurs.
Ecoute la voix qui te parle à l'oreille le soir, entend-là et fais lui confiance. L'endroit où elle veut te mener est certes nouveau, et cela peut te paraître un risque, mais pourquoi vivre alors ?
Ecoute la profondeur de ses intonations, la chaleur de ses mots. Quelle promesse entends-tu ? Celle du bonheur calme et de la passion réunis ensemble, enfin.
La voix ne peut mentir, cette voix qui te parle et s'est offerte complètement à toi, plus que ne le ferait un corps à la première rencontre.
A quoi sert de vivre si vivre c'est étouffer ses promesses ?
Tweet00:19 Écrit par Océane dans Bavardages, La musique, Sex on the beach, beyond ocean | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note | Tags : kent, enzo enzo, juste quelqu'un de bien, charles baudelaire, roger mondoloni |
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