10.07.2011

Sweet sweet heart

Me revoici, après une petite absence. Il faut croire que les vacances ont bien démarré, pour tout le monde.  Je ne bouge pas pour l’instant… Des petits + et des petits – des derniers jours ?

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J’ai aimé mon début de semaine, un peu hâtif, mais j’ai pu régler quelques paperasses, et ça c’est bien.

J’ai aimé les petites robes à -70% chez Monoprix, vraiment très chouettes !

J’ai bien moins aimé la mise à pied de cet employé d’un Monoprix à Marseille, sanctionné pour avoir ramassé des fruits mis à la benne. Dans quel pays vit-on pour qu’on sanctionne ça ? Déjà, cela pose la question du salaire des employés de petites, moyennes et grandes surfaces. Ces groupes, que ce soit Carrefour, Monop’ ou Auchan, présentent des bénéfices énormes et des distributions de dividendes faramineuses à leurs actionnaires. Pendant que leurs employés sont payés au SMIC horaire pour les plus chanceux. Oui, les plus chanceux. Parce que Carrefour, par exemple, s’assied sur la notion de SMIC et se fait régulièrement condamner. Alors ramasser un melon dans une benne parce qu’il n’y a pas de petites économies, qu’on soit employé chez Carrefour ou Monoprix, je le comprends. Il ne s’agit pas de boycotter ces enseignes, c’est quasi impossible vu le partage du marché entre elles, mais on peut faire entendre sa voix, son mécontentement.

J’ai aimé inaugurer un nouveau carnet, avec des notes sur certaines humeurs…

J’aime l’idée qu’on puisse être à la fois utile, futile, citoyen actif, spectateur attentif de la société. J’aime sautiller de joie parce que j’ai de nouveaux vernis qui me rendent toute gamine. J’aime l’idée que j’ai encore le droit d’ouvrir ma gueule pour dire ce qui me déplait dans mon beau pays de France.

J’ai aimé regarder Le Marchand de Sable avec mon fils ! Merci Krokette !!

J’ai adoré recevoir deux, oui 2 énormes boites pleine de chocolat Milka ! La folie à l’ouverture, à regarder ces tablettes gourmandes ! Merci Carole Nipette et Fémin’elles !

J’ai moins aimé me prendre la tête sur mes éventuelles date de vacances : rentrer d’un arrêt longue maladie te mets en dernière position pour ce qui est du choix des dates en questions… En gros, je passe après 49 personnes, et je prends ce qui reste, suivant les besoins du service. Cool…

J’ai aussi pas vraiment aimé ce manque de participation à mes minis concours. Peut-être que je n’en fais pas assez la publicité ? Que les instructions ne sont pas assez claires ?  Je me demande si ça vous intéresse vraiment. Après tout ce ne sont que quelques livres, quelques babioles de filles... J’ai voulu me dispenser de sponsor pour plus de libertés, mais du coup je ne peux me permettre de vous offrir un énorme cadeau qui plaise à tous. J’ai espoir quand même que le plus important soit le geste, et l’intention.  Pour le reste, je présenterais demain la suite du concours, avec un nouveau sujet.

J’ai aimé profité de G+ comme d’un espace nouveau de délire en liberté, pendant qu’il était fermé au public. C’était amusant de se retrouver à quelques uns seulement, avant que les invitations ne reprennent. Ça m’a rappelé mes débuts sur Twitter…

J’ai adoré me faire la liste des séries à regarder cet été, comme une session de rattrapage, et celle des listes de livres à lire aussi. Toujours un bonheur !

J’ai adoré recevoir le questionnaire de ma binôme, dans le cadre du Swap de Soukee ! Là aussi un pur bonheur !

Pour finir, un autre bonheur, poétique celui-là, parfait pour clore ce dimanche, que je vous souhaite beau et heureux :

 

SENSATION 

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud, Poésies

 

Les compagnons Troubadours du dimanche :

EdelweMangoAbeilleEmmyneChrestomanciMariel, Laurence , AnkyaHerisson08Anjelica , GeorgeUhbnji , FleurEsmeraldae,ArmandeSatyaZikLystigAmosBookwormEmmaJulienMarieYueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Schlabaya,HildeSaphoo, La plume et la pageTinusiaChrysRoseauMyrtilleDCagireCaro[line]L’or des chambresViolette, claudialucia,SéverineMaggieSevAzilis.

06.07.2011

Happy me

C'est un jour spécial pour moi. Au moins un peu :)

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Donc, je ne vais pas être très bavarde. 

Mais je vous invite à jouer là, si vous n'avez pas vu le billet (avec ma façon erratique de publier en ce moment...)

Pour le reste, je vous laisse avec une petite poésie, un peu de circonstance.

Les menus faits, les mille riens, 
Une lettre, une date, un humble anniversaire,
Un mot que l'on redit comme aux jours de naguère 
Exalte en ces longs soirs ton coeur comme le mien.

Et nous solennisons pour nous ces simples choses 
Et nous comptons et recomptons nos vieux trésors, 
Pour que le peu de nous qui nous demeure encor 
Reste ferme et vaillant devant l'heure morose.

Et plus qu'il ne convient, nous nous montrons jaloux
De ces pauvres, douces et bienveillantes joies
Qui s'asseyent sur le banc près du feu qui flamboie
Avec les fleurs d'hiver sur leurs maigres genoux,

Et prennent dans la huche, où leur bonté le cèle, 
Le pain clair du bonheur qui nous fut partagé, 
Et dont, chez nous, l'amour a si longtemps mangé 
Qu'il en aime jusqu'aux parcelles.

Emile Verhaeren

 

 

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19.06.2011

Caramels, bonbons et chocolats (ou pas)

L’idée de faire un concours anniversaire du blog me trotte dans la tête depuis longtemps, mais l’imagination me fait défaut et le manque de temps est une réalité cruelle… Finalement, à voir l’enthousiasme et la volonté de Sandra, j’ai pris exemple sur elle, et j’ai concocté un truc à ma sauce.

Mon idée, faire plaisir à ceux qui me lisent, et qui construisent jour après jour un drôle de dialogue, entre gens qui ne se connaissent finalement qu’à travers des mots. Mais quoi de plus véritables que les mots que l’on donne quand ils sont sincères et entiers.

Je vous propose donc quelques semaines de concours anniversaire, au rythme d’un rendez-vous par semaine, avec à chaque fois un petit lot à gagner.

Je procède ainsi pour deux raisons : je ne veux pas consacrer mon blog à ça une période entière, je préfère donc étaler et semer des petites babioles de-ci delà, et comme tout est à ma charge, ça me permet de faire plaisir au maximum en étalant dans le temps. Car oui, ceci est une opération non sponsorisé (si ce n’est par moi-même). J’ai pensé à contacter quelques marques que j’aime bien, mais cela prend du temps : du temps pour moi histoire de savoir ce que j’ai vraiment envie de faire, et lister les marques que j’aime vraiment et que j’utilise, et puis du temps aussi pour être recontactée ! Ce n’est donc que partie remise !

Stop au blabla et place aux photos des modestes cadeaux que je vous propose. Ce sont des cadeaux à mon image, à l’image de ce que j’aime, de ce que je suis.

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Il y a une petite bannière, si vous voulez, mais rien d’obligatoire.

 

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Rendez vous demain, pour jouer pour le lot n°1, le livre de recettes Marabout sur les éclairs et un joli petit carnet aux motifs gourmands !

 

Et puis nous sommes dimanche, je n'oublie pas ma poésie du jour ! Restons dans le domaine du don, du cadeau, avec ces superbes vers de Théophile Gautier, Diamant du Coeur. Je le dédie à ceux, qui en leur coeur, savent ce qui est le plus précieux !

Tout amoureux, de sa maîtresse,
Sur son coeur ou dans son tiroir,
Possède un gage qu'il caresse
Aux jours de regret ou d'espoir.

L'un d'une chevelure noire,
Par un sourire encouragé,
A pris une boucle que moire
Un reflet bleu d'aile de geai.

L'autre a, sur un cou blanc qui ploie,
Coupé par derrière un flocon
Retors et fin comme la soie
Que l'on dévide du cocon.

Un troisième, au fond d'une boîte,
Reliquaire du souvenir,
Cache un gant blanc, de forme étroite,
Où nulle main ne peut tenir.

Cet autre, pour s'en faire un charme,
Dans un sachet, d'un chiffre orné,
Coud des violettes de Parme,
Frais cadeau qu'on reprend fané.

Celui-ci baise la pantoufle
Que Cendrillon perdit un soir ;
Et celui-ci conserve un souffle
Dans la barbe d'un masque noir.

Moi, je n'ai ni boucle lustrée,
Ni gant, ni bouquet, ni soulier,
Mais je garde, empreinte adorée
Une larme sur un papier :

Pure rosée, unique goutte,
D'un ciel d'azur tombée un jour,
Joyau sans prix, perle dissoute
Dans la coupe de mon amour !

Et, pour moi, cette obscure tache
Reluit comme un écrin d'Ophyr,
Et du vélin bleu se détache,
Diamant éclos d'un saphir.

Cette larme, qui fait ma joie,
Roula, trésor inespéré,
Sur un de mes vers qu'elle noie,
D'un oeil qui n'a jamais pleuré !

 

Les compagnons Troubadours du dimanche :

EdelweMangoAbeilleEmmyneChrestomanciMariel, Laurence , AnkyaHerisson08Anjelica , GeorgeUhbnji , FleurEsmeraldae,ArmandeSatyaZikLystigAmosBookwormEmmaJulienMarieYueyin , Soie , Alex , Hambre , Katell , Mathilde, Schlabaya,HildeSaphoo, La plume et la pageTinusiaChrysRoseauMyrtilleDCagireCaro[line]L’or des chambresViolette, claudialucia,SéverineMaggieSevAzilis.

 

22.05.2011

Maïakovski

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Vladimir Maïakovski

 

Au sommet de ma voix (1928-1930)

Derniers vers inachevés

 

1

 

Elle m’aime, elle ne m’aime pas

Je trie mes mains

Et j’ai cassé mes doigts.

Alors les premières têtes des marguerites

Secouées d’une chiquenaude

sont cueillies et sans doute

éparpillées en mai

que mes cheveux gris se révèlent

sous la coupe et la douche

que l’argent des années nous enserre éternellement !

honteuse sensation banale - sentiment que j’espère

que je jure

jamais elle ne reviendra vers moi.

****

 

2

 

C’est bientôt deux heures

Pas de doute tu dois déjà dormir

Dans la nuit

La voix lactée avec ses filigranes d’argent

Je ne suis pas pressé

Et rien en moi

Ne veille ni ne t’accable de télégrammes

 

***

3

La mer va pleurer

La mer va dormir

Comme ils disent.

L’incident s’est cassé la gueule.

Le bateau de l’amour de la vie

S’est brisé sur les rochers du quotidien trivial

Toi et moi sommes quittes ;

pas la peine de ressasser

Les injures de chacun

Les ennuis

Et les chagrins

****

4

Tu vois,

En ce monde tous ces sommeils paisibles,

La nuit doit au ciel

Avec ses constellations d’argent

En une si belle heure que celle-ci

Quelqu’un alors s élève et parle

Aux ères de l’histoire

Et à la création du monde.

 

***

5

Je connais le pouvoir des mots ; je connais le tocsin des mots

Ce n’est pas le genre que les boîtes applaudissent

De tels mots des cercueils peuvent jaillir de terre

Et iront s’étalant avec leurs quatre pieds en chêne ;

Parfois ils vous rejettent, pas de publication, pas d’édition.

Mais les mots sacro-saints qui vous étouffent continuent à galoper au dehors.

Vois comme le siècle nous cerne et tente de ramper

Pour lécher les mains calleuses de la poésie.

Je connais le pouvoir des mots. Comme broutilles qui tombent

Tels des pétales à côté de la piste de danse rehaussée.

Mais l’homme avec son âme, ses lèvres, ses os…

01.05.2011

L' Unique

Un peu de douceur pour clore cette semaine. Je n’ai pas été très présente, la faute à un surcroit de travail et un peu de désorganisation… Bref, haut les cœurs, on y retourne gaiement !

 

L’Unique

Elle avait dans la tranquillité de son corps
Une petite boule de neige couleur d’œil
Elle avait sur les épaules
Une tache de silence une tache de rose
Couvercle de son auréole
Ses mains et des arcs souples et chanteurs
Brisaient la lumière

Elle chantait les minutes sans s’endormir.

 

Ce poème de Paul Eluard, pour les amoureux de ce dimanche et des autres jours :) A très vite.

07.04.2011

Pied de nez, pied de biche

Je n’ai pas le permis. Pour plein de raisons, pas intéressantes à exposer ici forcément. Passons. Je marche beaucoup. De fait, marcher est l’acte le plus naturel qui me soit. Autant, respirer j’ai du mal, autant marcher relève du réflexe.

En ville, ado, étudiante, je marchais, de chez moi au pensionnat, puis de chez moi à la fac (avec parfois un peu de bus au milieu, avouons-le.)

« Je marche parce que je dois mourir, toi Ahasvérus, jusqu'à mon retour, tu marcheras sans mourir »

Je marche sans arrêt, d’un point à l’autre. Je me promène dans des parcs, les pieds dansant au soleil qui pointe. Je vais au pas de course, les pieds pressés d’en finir avec ces corvées du quotidien. Je vais, d’un pas plus léger, courir au devant du sourire de mon fils, le soir après l’école.

Que ferais-je d’un pas léger ? Aller m’acheter une robe, respirer les premières pivoines et faire un baiser à l’ avenir.

Mon pas se fait plus lourd parfois le matin, quand je préfèrerai rester chez moi, au creux de mon lit bien chaud, plutôt que d’affronter les visages déjà las de mes voisins de bus…

C’est le premier pas qui coute, puis le deuxième, et le troisième et ainsi de suite, pas à pas on avance pour ne pas tomber…Et parfois, au détour d’une fatigue, sous les pieds crissent les feuilles de l’automne, et ce bruit est comme une petite musique habitée de souvenirs. Le sourire commence à nos pieds qui dansent, et s’allègent de la morosité. De souvenir en souvenir, sous nos pas crisse le sable des vacances, le sable chaud qui appelle les cris de joie, les jeux dans l’océan, les pique-niques au pied de la dune, ou derrière les rochers.

Mes pieds me mènent à bien des endroits, parfois sans bouger. Je suis là, je marche dans une rue parisienne, mais mes pieds savent bien où je suis en réalité : ailleurs.

Je prends mes pieds, je prends mon pied, le plaisir vient de terre, il est si concret. Je prends mon pied à penser, à m’évader en silence.

Un pied pour s’échapper. Un pied rythmé et cela devient de la poésie.

Les pieds des vers de Victor Hugo mènent la danse, douze pieds, un alexandrin, une merveille par ligne :

 

Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?

Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?

Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !

Comme l'eau caressait doucement le rivage !
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.

 

J’aime mes pieds, je les polis, je les crème et les vernis. Mes pieds me portent sur terre et dans mes pensées. Le voyage quotidien qu’est la vie est peut-être le plus précieux que nous ferons.

 

Une citation encore pour cette journée sur la pointe des pieds, qui reste un jeudi, n’est-ce pas Chiffonnette :

"Le but du voyage n'est pas de poser le pied sur une terre étrangère. C'est finalement de poser le pied dans son propre pays comme s'il s'agissait d'une terre étrangère." Gilbert Keith Chesterton

 

*Une petite réflexion sur le pied, c’était ma participation ce jeudi, Euréka et Lucky Sophie.

31.03.2011

L'amour est ma religion

 

Je me suis plongée dans la lecture de Ibn' Arabi, et je dois dire que c'est une sorte de noyade la plus agréable du monde ! Il est compliqué de résumer quoi que ce soit de lui, mais je vous sinvite à lire ces quelques lignes, qui seront ma citation pour ce jeudi !

 

… Prodige ! Une jeune gazelle voilée

Montrant de son doigt pourpré et faisant signe de ses paupières!

Son champ est entre côtes et entrailles,

O merveille, un jardin parmi les flammes !

Mon coeur devient capable de toute image:

Il est prairie pour les gazelles, couvent pour les moines,

Temple pour les idoles, Mecque pour les pèlerins,

Tablettes de la Torah et livre du Coran.

Je suis la religion de l’amour, partout où se dirigent ses montures,

L’amour est ma religion et ma foi.

Ibn'Arabi

 

Il est probable que je repasse dans la journée...

21.03.2011

Sylvia et un narcisse

Cette journée s’achève au milieu des fleurs et de la poésie. Les fleurs ce sont les narcisses que j’ai croisés à tant de rues aujourd’hui… Et la poésie, c’est elle qu’on célébrait aussi ce 21 mars.

Alors allions les deux, fleurs et poésie, avec ce court extrait de Sylvia Plath. Encore une femme d’exception qui a brûlé sa vie comme une étoile filante.

 

AMONG THE NARCISSI

Spry, wry, and gray as these March sticks,
Percy bows, in his blue peajacket, among the narcissi.
He is recuperating from something on the lung.

The narcissi, too, are bowing to some big thing :
It rattles their stars on the green hill where Percy
Nurses the hardship of his stitches, and walks and walks.

There is a dignity to this; there is a formality-
The flowers vivid as bandages, and the man mending.
They bow and stand : they suffer such attacks!

And the octogenarian loves the little flocks.
He is quite blue; the terrible wind tries his breathing.
The narcissi look up like children, quickly and whitely.

 

 

AU MILIEU DES NARCISSES

Alerte, courbé, et aussi blême que ces bâtons de mars,

Percy se penche, dans son caban bleu, au milieu des narcisses.

Il est là qui se remet de quelque chose au poumon.

 

Les narcisses, eux aussi, s’inclinent devant quelque grande chose :

Leurs corolles en sont tout agitées sur cette verte colline où Percy

Prend soins de ses sutures douloureuses, et marche, marche, marche.

 

Il y a une dignité à cela ; il y a un cérémonial –

Ces fleurs aussi lumineuses que des pansements, et cet homme en train de guérir.

Ils s’inclinent et se redressent : ils endurent de telles attaques !

 

Et l’octogénaire aime ces petits troupeaux.

Il est tout bleu ; le vent atroce éprouve sa respiration.

Vifs et blancs, les narcisses lèvent les yeux comme des enfants.

 

J’espère que cette petite fleur du soir trouvera grâce auprès de Chrys et Zaza, en ce lundi (pas tout à fait) comme les autres !

 

Et pour clôturer cette journée, regardez ce que j’ai reçu de Marie-Ange !! Fin décembre j’ai participé à deux swaps, et il y a eu comme qui dirait des soucis postaux, pour rester polie…. J’ai ainsi été lésée de deux colis swap, et de diverses bricoles commandées à distance et qui ne sont jamais arrivées jusqu’à moi…

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Certaines choses ont pu être remboursées, mais les colis perso, c’est toujours irrécupérable !

Vous comprenez mon plaisir à l'ouverture de ce colis !

Marie-Ange est un ange :)

20.03.2011

Renée au Parnasse et moi dans mon lit

Une petite bronchite asthmathiforme ayant décidé d’élire place en mes poumons, je n’ai pas pu faire tout ce que j’envisageais ce week-end. Quoique boire du thé et dormir c’est bien aussi….

J’en ai profité pour relire quelques poètes que j’affectionne tout particulièrement, et aujourd’hui j’ai laissé quelques vacances à ce pauvre Eluard que je pille à tout-va…

J’aimerais profiter des dimanches poétiques pour vous présenter Renée Vivien, une poétesse anglaise de langue française (vous avez sa fiche wikipédia là), que j’apprécie pas mal, comme la plupart des poètes du Parnasse il faut bien l’avouer… L'histoire de sa vie à elle seule mérite un roman !

Je vous laisse donc avec ces jolis vers, que vous pourrez déclamer à votre amoureux(se) ou juste lire pour vous-même.

Je m’en retourne à ma théière, le cœur léger, et bonne fin de dimanche !

 

L’offrande - Renée Vivien

Pour lui prouver que je l’aime plus que moi-même,
Je donnerai mes yeux à la femme que j’aime.

Je lui dirai d’un ton humble, tendre et joyeux :
Ma très chère, voici l’offrande de mes yeux.

Je te donnerai mes yeux qui virent tant de choses.
Tant de couchants et tant de mers et tant de roses.

Ces yeux, qui furent miens, se posèrent jadis
Sur le terrible autel de l’antique Eleusis,

Sur Séville aux beautés pieuses et profanes,
Sur la lente Arabie avec ses caravanes.

J’ai vu Grenade éprise en vain de ses grandeurs
Mortes, parmi les chants et les lourdes odeurs.

Venise qui pâlit, Dogaresse mourante,
Et Florence qui fut la maîtresse de Dante.

J’ai vu l’Hellade où pleure un écho de syrinx,
Et l’Egypte accroupie en face du grand Sphinx,

J’ai vu, près des flots sourds que la nuit rassérène,
Ces lourds vergers qui sont l’orgueil de Mytilène.

J’ai vu des îles d’or aux temples parfumés,
Et ce Yeddo, plein de voix frêles de mousmés.

Au hasard des climats, des courants et des zones,
J’ai vu la Chine même avec ses faces jaunes…

J’ai vu les îles d’or où l’air se fait plus doux,
Et les étangs sacrés près des temples hindous,

Ces temples où survit l’inutile sagesse…
Je te donne tout ce que j’ai vu, ma maîtresse !

Je reviens, t’apportant mes ciels gris ou joyeux.
Toi que j’aime, voici l’offrande de mes yeux.

 

Les compagnons Troubadours du dimanche de Bookworm :

Alex : Mot-à-mots Alinea66 : Des Livres… Des Histoires…Anne : Des mots et des notes, Azilis : Azi lis, Cagire : Orion fleur de carotte, Chrys : Le journal de Chrys, Ckankonvaou : Ckankonvaou, Claudialucia : Ma librairie, Daniel : Fattorius, Edelwe : Lectures et farfafouilles, Emmyne : A lire au pays des merveilles, Ferocias : Les peuples du soleil, George : Les livres de George, Hambre : Hambreellie, Herisson08 : Délivrer des livres?, Hilde : Le Livroblog d’Hilde , Katell : Chatperlipopette, L’Ogresse de Paris : L’Ogresse de Paris, L’or des chambres : L’Or des Chambres, La plume et la page : La plume et la page, Lystig : L’Oiseau-Lyre (ou l’Oiseau-Lire), Mango : Liratouva, MyrtilleD : Les trucs de Myrtille, Naolou : Les lectures de Naolou,Oh ! Océane !, Pascale : Mot à mot, Sophie : Les livres de Sophie, Wens : En effeuillant le chrysanthème, Yueyin : Chroniques de lectures

 

28.02.2011

Le temps efface tout il n'éteint pas les yeux

Monday sucks, je vous le disais ce matin. Encore plus en cette fin de journée où j’apprends la mort d’Annie Girardot. Je ne vais pas m’étaler sur le sujet ou faire dans le pathos, juste rappeler quelle actrice merveilleuse elle à été, même si le  milieu du cinéma l’a boudée un temps… Je me rappelle de sa beauté dans ses films de jeunesse, sa présence sublime et drôle parfois…

Annie girardot, cinema, marcel proust,

 

 

Annie girardot, cinema, marcel proust,

J’ai une expression merdique pour signifier que je vais peu au cinéma, je dis que je n’aime que les films avec des acteurs morts dedans. Vraiment merdique comme expression… Mais elle se confirme…

 

Sa mémoire s’était envolée, triste destin de celle qui marque les nôtres, de mémoire.

Et sur ce temps qui passe, cruel et froid, me revient ce poème de Marcel Proust, avec ses quelques vers qui me mettent les larmes aux yeux ce soir.

Ne lisez rien de moi ici, mais lisez ces lignes, et si elles ne vous vrillent pas le cœur, alors c’est que vous n’en avez plus… 

 

Je contemple souvent le ciel de ma mémoire

Le temps efface tout comme effacent les vagues
Les travaux des enfants sur le sable aplani
Nous oublierons ces mots si précis et si vagues
Derrière qui chacun nous sentions l'infini.

Le temps efface tout il n'éteint pas les yeux
Qu'ils soient d'opale ou d'étoile ou d'eau claire
Beaux comme dans le ciel ou chez un lapidaire
Ils brûleront pour nous d'un feu triste ou joyeux.

Les uns joyaux volés de leur écrin vivant
Jetteront dans mon cœur leurs durs reflets de pierre
Comme au jour où sertis, scellés dans la paupière
Ils luisaient d'un éclat précieux et décevant.

D'autres doux feux ravis encor par Prométhée
Étincelle d'amour qui brillait dans leurs yeux
Pour notre cher tourment nous l'avons emportée
Clartés trop pures ou bijoux trop précieux.

Constellez à jamais le ciel de ma mémoire
Inextinguibles yeux de celles que j'aimai
Rêvez comme des morts, luisez comme des gloires
Mon cœur sera brillant comme une nuit de Mai.

L'oubli comme une brume efface les visages
Les gestes adorés au divin autrefois,
Par qui nous fûmes fous, par qui nous fûmes sages
Charmes d'égarement et symboles de foi.

Le temps efface tout l'intimité des soirs
Mes deux mains dans son cou vierge comme la neige
Ses regards caressants mes nerfs comme un arpège
Le printemps secouant sur nous ses encensoirs.

D'autres, les yeux pourtant d'une joyeuse femme,
Ainsi que des chagrins étaient vastes et noirs
Épouvante des nuits et mystère des soirs
Entre ces cils charmants tenait toute son âme

Et son cœur était vain comme un regard joyeux.
D'autres comme la mer si changeante et si douce
Nous égaraient vers l'âme enfouie en ses yeux
Comme en ces soirs marins où l'inconnu nous pousse.

Mer des yeux sur tes eaux claires nous naviguâmes
Le désir gonflait nos voiles si rapiécées
Nous partions oublieux des tempêtes passées
Sur les regards à la découverte des âmes.

Tant de regards divers, les âmes si pareilles
Vieux prisonniers des yeux nous sommes bien déçus
Nous aurions dû rester à dormir sous la treille
Mais vous seriez parti même eussiez-vous tout su

Pour avoir dans le cœur ces yeux pleins de promesses
Comme une mer le soir rêveuse de soleil
Vous avez accompli d'inutiles prouesses
Pour atteindre au pays de rêve qui, vermeil,

Se lamentait d'extase au-delà des eaux vraies
Sous l'arche sainte d'un nuage cru prophète
Mais il est doux d'avoir pour un rêve ces plaies
Et votre souvenir brille comme une fête.

 

Voilà, une femme s’éteint, avec elle une partie de ce monde…