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Oh Océane - Page 8

  • Paris je t'aime

    Le beau temps est revenu à Paris. Brièvement parait-il. Assez cependant pour me rappeler combien j’aime Paris au printemps.

    J’aime me promener au Luxembourg, le matin, vers dix heures, quand il n’y a pas encore grand monde affalé sur les chaises. J’aime marcher sans but, sans autre idée que de traverser la ville, pour la redécouvrir encore et encore. J’aime cet anonymat que Paris autorise. On peut marcher longtemps, sans croiser une connaissance : c’est presque rassurant, et protecteur. La grande ville permet à la fois la solitude et la foule.

    J’aime apercevoir de loin le Grand Palais et y fantasmer mille promenades, passées ou à venir, en amoureux. Paris est bien la ville de l’amour, mais, à ses ponts tristement cadenassés, il faut préférer les jardins qui sont de parfaits écrins aux romances naissantes.

    J’aime regarder les files de touristes venus s’extasier en masse sur les beautés du Louvre, ou d’Orsay, et me dire qu’il m’est donnée de voisiner ces lieux chaque jour de ma vie. C’est fou… Et pas un lieu qui ne me rappelle un roman, un poème. C’est la beauté de Paris : éternelle héroïne des plus grands écrivains.

     

    Le Jardin - Jacques Prévert

    Des milliers et des milliers d'années

    Ne sauraient suffire

    Pour dire

    La petite seconde d'éternité

    Où tu m'as embrassé

    Où je t'ai embrassée

    Un matin dans la lumière de l'hiver

    Au parc Montsouris à Paris

    À Paris

    Sur la terre

    La terre qui est un astre

  • Vincent Hein - À l'est des nuages / L'arbre à singes

    Il y a des livres qui sont comme une intrusion poétique, une ballade inattendue, entre rêverie et réalité. Les livres de Vincent Hein sont de ceux-là.

    À la faveur d’une mise en avant par la médiathèque de quartier, j’ai mis la main sur deux ouvrages de Vincent Hein, auteur que je n’avais jamais lu jusque là. Le premier, A l’est des Nuages, est un mélange de journal, de poésie et de petits faits. C’est comme le journal d’un voyageur statique, qui raconte sa découverte d’un pays, la Chine, comme si un guide touristique devenait soudain un œil poétique. C’est affolant comme Vincent Hein infuse ses mots dans la poésie. Ces petits riens que j’aime tant quand ils prennent l’allure d’un désordre lyrique. Ce recueil a quelque chose de très délicat (je n’ose dire chinois…) dans sa façon de compiler les jours et les pensées. Je parle souvent ici de mon amour des détails, de la façon dont leur observation est en soi un moment de poésie vivante. C’est cette poésie vivante, toute en sensibilité, que j’ai retrouvé dans l’ouvrage de Vincent Hein. Pour autant, nous ne sommes pas dans un monde imaginaire, mais bien en Chine, et l’auteur, français expatrié, se fait un plaisir de nous décrire sa réalité la plus quotidienne. Nous sommes immergés avec lui dans la culture chinoise, et parmi ce peuple de Chine qui se révèle parfois, souvent, moins exotique et plus mondialisé qu’on ne se l’imagine.

    J’ai aimé ce mélange de journal de bord et de poésie, qui est une façon agréable d’aborder un pays encore inconnu pour moi. Et puis, le lecteur assiste à la naissance de l’amour, entre l’auteur et sa future femme. Délicatesse et humour sont convoqués pour décrire les premières heures de cette relation. Comme il est plaisant de lire des passages entiers mêlant autodérision, romantisme et trivialité. Parler d’amour sans sombrer dans le maniérisme et le sentimentalisme n’est pas donné à tout le monde. Vincent Hein fait glisser les mots et les sentiments, doucement, jusqu’à notre cœur de lecteur et on se laisse happer, voyageurs volontaires pour un séjour inoubliable.

    Je vous laisse avec ces quelques lignes que j’adore, et que j’aurais tant aimé que l’on écrive pour moi :

    « Elle a sur l’avant-bras gauche
    Une petite veine bleue
    Qui ressemble
    A une minuscule voie de chemin de fer.
    Je prendrai demain
    L’express Shanghai-Pékin
    Jusqu’à son cœur. »

     

    Il va de soi que j’ai dévoré le second recueil de ses pensées de voyageur : L’Arbre à Singes. Dans la même veine onirique et réaliste à la fois, l’auteur, cette fois, nous emmène dans un périple allant de la Mongolie au Japon en passant par la Corée, avec sa femme et son fils. J’ai aimé retrouver ce lyrisme tout particulier et les mille petits détails qu’il sait nous donner à voir. Son écriture me fait penser à ces dessins chinois ou japonais que j’aime regarder de longs instants. Je peux passer facilement vingt minutes à observer les plumes d’une grue, sans y voir la moindre perte de temps : c’est une forme de méditation des plus apaisantes. La lecture des carnets de voyage de Vincent Hein me fait le même effet : il me ramène au sens aigü de la beauté qui se niche dans le moindre détail et petit fait.

    Vincent Hein a publié il y a peu un nouvel ouvrage, Les Flamboyants d’Abidjan. Je ne l’ai pas encore lu, mais j’ai hâte, compte tenu du plaisir persistant après la lecture des deux premiers.

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    À l’est des nuages - Denoël

    L’arbre à singes - Denoël

  • L'accro du shopping à la rescousse - Sophie Kinsella

    La semaine passée je faisais des recherches sur mon chouchou Picabia (un jour une de ses œuvres sera mienne !), et je suis tombée sur cette phrase de lui : “La bonne conscience du rire me repose des gens sérieux.” C’est exactement ça ! On pourrait sinon, dire comme Les Nuls, que c’est bon de rire parfois. Et je saute de Picabia aux Nuls pour arriver à ma petite joie du jour : Sophie Kinsella.

    Les courageux qui me lisent depuis quelques années savent que l’éclectisme littéraire est un sport que je pratique beaucoup, enfin je crois que ça se voit assez ! Et c’est ainsi qu’un de mes auteurs chouchou de ce qu’on nomme Chick Litt (est-ce que je suis une poule, je vous le demande !), n’est autre que Sophie Kinsella. Je suis tombée dans le sac à main de son accro du shopping dès le premier opus, pour la meilleure raison du monde, la plus simple : Becky c’est moi. Et oui, mon lourd secret, enfin pas si secret que ça, c’est d’être la madame Bovary du shopping (pardon Flaubert), et j’ai été ébahie à la lecture des premières aventures de Becky, tellement j’avais l’impression d’un miroir que l’on me tendait… c’est dire si j’ai de suite accordé mon affection à cette héroïne. J’avais l’impression de me voir, jusque dans ses maladresses et ses erreurs. Depuis, je suis présente à chaque nouvelle aventure de mon Accro du Shopping préférée. J’avoue avoir moins aimée L’Accro du Shopping Attend un Bébé, pas assez renouvelé à mon gout et trop prévisible. Mais Sophie Kinsella est un auteur dynamique et surtout plein d’une incroyable candeur imaginative. Aussi j’ai allègrement replongée pour les aventures de Becky en jeune maman et Becky à Hollywood.

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    C’est donc à Hollywood qu’on avait laissé Becky, blasée des paillettes et des mirages de la célébrité. C’est une Becky plus authentique qu’on retrouve, la gentille petite anglaise, nature et bienveillante, attachée à ses amis, à sa famille et sur qui on peut compter. L’Accro du Shopping à la Rescousse c’est un véritable road trip dans les plaines désertiques du Nevada, où chacun cherche non pas son chat mais une personne chère. Becky part retrouver son père, lui-même parti aider un ami, pendant que Suze se fait du souci pour ce cher Tarquin ! Quel plaisir de les retrouver, tous. Ça m’a vraiment fait l’effet d’une famille réunie, des amis qu’on connaît depuis toujours : c’est ce qui arrive quand un auteur dessine avec amour ses personnages de roman, avec profondeur et caractère.

    Il y a de tout dans la Chick Litt et j’ai déjà dit combien je n’aimais finalement pas ce terme si réducteur ! Avec Jennifer Weiner, Marian Keyes et Isabel Wolff, Sophie Kinsella fait partie des femmes dont j’aime lire l’humour et la sensibilité. C’est une écriture difficile à tenir, car arriver à amuser, émouvoir, surprendre et faire rire aux larmes son lecteur en un seul roman, c’est du grand art. Et de l’émotion, du rire, des larmes, on en trouve à foison dans ce nouvel opus des aventures de Becky. J’ai apprécié un certain retour aux racines de la série, à la simplicité et à l’amitié encore plus forte et présente. J’ai retrouvé cette bonne vieille Becky qui gaffe mais qui ne veut que du bien aux gens, j’ai retrouvé l’inénarrable Suze et Tarquin le lunaire… Une petite tribu qui m’a vraiment manqué : même Alicia la vilaine aux belles jambes m’avait manquée ^^ Bref, un vrai retour réussie pour Becky.

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    J’ai aussi eu la chance d’assister à une des rencontres avec Sophie Kinsella, et quel bonheur, toujours, d’entendre les auteurs parler de leur façon d’écrire, de leur cheminement et de ce qui les motive ou les fait douter au contraire. J’ai trouvé Sophie Kinsella aussi pétillante que Becky, accessible et follement drôle. C’est amusant, je ne pensais pas être aussi charmée par son naturel. J’ai ri en écoutant Sophie Kinsella, presque autant que j’ai ri en lisant Becky : c’est cette spontanéité du rire qui fait tant de bien. C’est bon et précieux !

    Alors oui, je perds souvent quelques heures à cogiter sur des questions oiseuses, ou à me lamenter des duretés de la vie : j’équilibre en me plongeant dans le rire dès que j’en ai l’occasion. Écoutez ce que dit Picabia et faites comme moi :)

     

    L'accro du shopping à la rescousse - Belfond

  • J'ai dans le coeur trois sentiments

    Hier je me suis rappelée cette phrase particulière de Alexandre Dumas, « j'ai dans le cœur trois sentiments avec lesquels on ne s'ennuie jamais: de la tristesse, de l'amour et de la reconnaissance. » je m’interrogeais, pour la millième fois certainement, sur le sens des choses, toutes les choses qu’on fait, depuis le moment où l’on se lève, jusqu’à celui où l’on se couche. Pour préciser le contexte, je pensais que je m’ennuyais mortellement. Pourtant je fais des tonnes de « trucs » je suis même débordée, entre mon métier, mes différents projets, l’écriture, la lecture, mon fils, les loisirs. Et pourtant, dès que je réfléchis deux minutes, je sais que je m’ennuie la plupart du temps. C’est peut-être dans ces deux minutes là que je suis la plus sincère avec moi. Peut-être sommes-nous nombreux dans ce cas ? Il faudrait trouver le moyen d’étirer à l’infini ces deux minutes, et en profiter pour plonger au fond de nos cœurs, retrouver les trois sentiments dont parle Dumas. Ou plutôt, il faudrait trouver le moyen de se rappeler à chaque minute de chaque journée ces trois sentiments et ce qu’ils impliquent.

    J’ai de la tristesse dans mon cœur, souvent, parce que je suis comme ça, de nature mélancolique et prête à perdre deux heures à me rappeler un passé qui ne reviendra pas et à convoquer des souvenirs trop lointains. Mais la tristesse est aussi source de beauté. C’était quoi déjà cette phrase de Sagan, « Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. » Oui, c’est un beau sentiment, dont je ne veux pas me séparer.

    J’ai dans le cœur de l’amour. Pour mon fils, son père aussi, et finalement pour infiniment plus de gens que je ne veux me l’avouer. Est-ce que vous connaissez ce snobisme détestable qui consiste à vouloir paraître plus indifférent et cynique qu’on ne l’est réellement : je souffre de cette maladie :) Pourtant, l’amour est un sentiment qui libère, qui allège. Tout est plus simple si on décide d’aimer d’abord, d’aimer envers et contre tout.

    J’ai dans mon cœur de la reconnaissance. Envers l’amitié quand elle m’est témoignée, envers la sympathie et envers la gentillesse. J’ai beaucoup de reconnaissance envers la vie, ce qu’elle m’offre de bon et moins bon. La vie n’est qu’expérience.

    Voilà, je vais juste me rappeler de m’en rappeler.

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  • La crème de la crème - Daylong et Weleda

    Winter is gone, quoi qu’en pense la météo actuelle. J’attendais des jours meilleurs pour parler de choses un peu futiles, mais vitales, sauf que les jours meilleurs, on les attend encore, il pleut, il pleut, c’est moche. Heureusement qu’il reste les tubes de crème pour nous remonter le moral. Je prêche peut-être pour ma propre chapelle, mais ça ne vous le fait pas à vous, ce petit plaisir d’ouvrir un nouveau tube de crème comme on découvre une nouvelle friandise ?

    Voilà trois de ces petites « friandises » de soins, que j’ai testé les derniers mois. Deux coups de cœur et une grosse déception.

    On va commencer par ce qui a été mon coup de cœur de la fin d’hiver : la crème Daylong, des laboratoires Galderma. Tous les ans, à l’approche de l’été, ou simplement quand il y a exposition solaire intense (comme le soleil d’hiver en montagne par exemple), je n’ai qu’une seule crainte, une mauvaise réaction de ma peau. Je souffre de lucite, depuis presque toujours, et je me traine en plus un petit melasma sur un côté du front, invisible la plupart du temps, mais qui s’assombrit en cas d’exposition solaire. Autant vous dire que je mets des chapeaux et que je ne lésine pas sur la crème solaire en vacances. Mais en fait, le soleil est là en permanence : oui je sais, quel scoop ! Et en ville, pour tous les jours en gros, j’avais ce souci de trouver une crème, avec un SPF suffisant pour me protéger et pas chopper un brunissement du melasma en plein hiver ou un début de lucite dès avril. La plupart des crèmes de jours actuelles contiennent un SPF, mais qui n’est jamais à plus de 20 ou 30, du moins je n’ai jamais vu plus. Le SPF en gros c’est le degré de protection des UVA/UVB. Et honnêtement se tartiner de crème solaire en ville, avec ce que ça a de collant, blanc et moche, très peu pour moi... Bref, la prise de tête.

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    La crème solaire Daylong, je l’ai essayé deux mois : temps nécessaire pour moi pour juger de son efficacité. Ce qui m’a incité à l’essayer, c’est un SPF 50 et une texture légère, qui a priori pouvait me convenir au quotidien. Perfect match. Pour vous expliquer, le matin, je mets un sérum, ensuite ma crème de jour, et enfin la protection solaire : vous imaginez bien que tout ça doit être léger léger pour ne pas asphyxier la peau. D’où l’énorme coup de cœur à l’usage pour la Daylong. Légère, fluide, qui pénètre vite et bien, bref du rêve en tube. Coup de cœur qui s’est confirmé au fil des jours, en ne voyant ni début de lucite, ni brunissement de melasma à l’horizon. Ma dermato m’avait expliqué que le souci avec un melasma, c’est qu’on peut penser en être débarrassé, et il suffit d’un coup de soleil pour le voir réapparaitre plus foncé que jamais… Je suis donc très attentive au sujet. Bref, j’ai trouvé le SPF que je peux utiliser au quotidien en ville, sans retouche et sans souci pour dix à douze euros environ. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais le soleil est en général mauvais pour toutes les peaux, même celles qui ne souffrent ni de lucite ni de melasma : il accélère le vieillissement. Autant vous dire que je recommande la Daylong à tout le monde depuis que je m’en sers. J’en suis au troisième mois d’utilisation et tout se passe bien : si bien que je regrette qu’il n’y ait pas un peu plus de soleil !

     

    Autre coup de cœur, la crème aux plantes médicinales de Weleda. Un joli tube tout vert qui sent bon les herbes citronnées quand on l’ouvre. N’ayez crainte du greenwashing : Weleda suit des process rigoureux depuis des décennies pour offrir des produits les plus naturels possibles et les plus respectueux de la Nature et des Hommes. J’ai acheté ce tube dans ma pharmacie habituelle parce que je cherchais une sorte de crème doudou, l’hiver m’ayant laissé bien asséchée et abimée, sur les joues et les mains. La crème aux plantes médicinales est une sorte de crème à tout faire, un peu comme la crème de huit heures d’Elizabeth Arden, que j’adorais, mais dont je ne supporte plus l’odeur ! La concurrence était rude quand même. Mais Weleda l’a relevé avec brio. La texture baume et le parfum léger, tout est parfait et surtout je suis venue à bout des petites zones sèches qui m’agaçaient, rien que sur les mains elle a fait merveille très vite. Pour six euros, c’est une crème que je vais utiliser et réutiliser sans modération.

     

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    Pour finir, grosse déception avec le réparateur apaisant de Dermophil Indien. C’est une marque de parapharmacie que j’aime bien habituellement, donc quand j’ai vu ce soin intensif destiné à réparer les gerçures et les crevasses, je me suis dit que ce serait parfait pour mes mains trop sèches en hiver. Et bien que dalle, walou, rien : j’ai réussi à vider la moitié du tube en vain. Pourtant je n’avais pas la moindre gerçure ni crevasse, juste des mains trop sèches, notamment sur les côtés des paumes. Outre une odeur trop forte et pas géniale, cette crème n’a rien soigné du tout. Un essai, un ratage, je n’en rachèterai jamais.

     

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    La prochaine fois, si tu es sage, on parlera manucure (oui, je sais que tu as hâte)