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Oh Océane - Page 10

  • Le Gardien De Nos Frères - Ariane Bois

    Shakespeare écrivait que la vie est une fable racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien. Je suis certes d’accord avec la première partie de cette affirmation : il faut être aveugle pour ne pas voir le bruit et la fureur noyer régulièrement toute forme d’espoir sur cette terre. Mais dire que cela ne signifie rien, non. Bravons le grand William et osons dire, espérer, croire, que cette fable de bruit et de fureur porte une signification essentielle. Je ne saurais dire exactement laquelle, si ce n’est que cela tourne évidemment autour de l’espoir, des leçons retenues et du progrès vers le meilleur.

    Le roman d’Ariane Bois, Le Gardien De Nos Frères, s’ouvre à l’issue d’une de ces périodes de bruit et de fureur, terrible et glaçante. La seconde Guerre Mondiale vient de se terminer, et Simon, jeune juif survivant du maquis, part à la recherche de sa famille. Dans le chaos de l’après-guerre, il apprend assez rapidement la mort de ses parents, mais il lui reste l’espoir de revoir son petit frère. C’est à travers la quête de ce petit frère disparu que Simon, et le lecteur, vont mettre le pied dans un pan oublié de l’après-guerre : l’histoire des dépisteurs.

    Ils sont nombreux, comme Simon, à chercher leurs proches, ses enfants rescapés des rafles, cachés par les différentes filières de résistantes, ou simplement par des êtres humains qui n’avaient pas abdiqué toute humanité. Une fois la guerre fini qu’allait-il advenir de ces enfants cachés ? Bien peu se sont posé la question, du moins publiquement. Avec Simon nous découvrons donc le mouvement des Éclaireurs Israélites de France qui part à la recherche de ces enfants pour tenter de réunir des lambeaux de familles. Les dépisteurs, comme ils se nomment, parcourent la France, suivent les pistes, les filières, pour retrouver les enfants cachés de la guerre. Et là, tout les cas de figure s’offrent aux dépisteurs. Des enfants ont eu la chance de trouver une famille aimante, d’autres on servi de bras à peu de frais, d’autres sont maltraités. Mais à chaque fois le même souci : négocier la récupération de ses enfants, reconstruire un lien avec ce qu’il reste de la famille, ou, pour les orphelins, rejoindre une maison d’enfants pour tenter de se reconstruire.

    Parallèlement à cette confrontation à l’Histoire dans ce qu’elle a de plus désespérant, Simon va vivre une histoire d’amour avec Léna, qui l’accompagne dans sa recherche des enfants juifs cachés. Cette relation vient à point équilibrer un roman qui frôle souvent avec la noirceur. Mais comment l’éviter ? C’est un talent qu’il faut reconnaître à Ariane Bois : elle a su ne pas sombrer dans le pathos, ni la froideur clinique de l’historien. Il y a dans ce roman un bel équilibre oui, entre le désespoir de la guerre qui ne se termine que dans les dates mais pas dans les conséquences, et l’espoir, magnifié par la romance entre Simon et Léna, et la mission des dépisteurs. Le personnage de Léna est aussi très central, du moins pour la lecture que j’en ai faite, car cette femme s’est battu, c’est une rescapée, mais elle est bien plus qu’une victime, elle est une combattante. Comme Simon d’ailleurs. C’était important pour l’auteur, qui s’en est confié lors d’une rencontre, de montrer aussi que dans la fureur de cette guerre, les juifs n’ont pas manqué d’offrir leur tribut à la Résistance.

    Un beau roman, emmené par deux personnages finement dessiné par l’auteur, en ombres et en lumière. C’était d’ailleurs intéressant et presque touchant d’entendre l’auteur parler de la genèse de ses personnages, et de comment elle construit une chair de papier petit à petit. Cette chair là fait frissonner celle du lecteur.

    Un roman qui pousse à se poser des questions, au-delà du récit, et qui ne peut laisser indifférent. Un roman qui donne une signification à la vie : se battre pour ce que l’on espère de meilleur en nous. Et surtout qui donne une signification à cette question que pose Caïn dans la Bible quand il demande à l’Eternel qu’il est le gardien de son frère Abel. Oui, comme Caïn est le gardien de son frère, nous autres humains sommes les gardiens de chacun nos frères et sœurs sur cette Terre

    Le Gardien De Nos Frères – Ariane Bois

    Edition Belfond - 400 pages

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  • Le Belge - Edgar Kosma et Pierre Lecrenier

    J’aime les belges et j’aime la Belgique. Ou en tout cas j’aime l’ide que je m’en fais, en allant visiter le Plat Pays au moins une fois par an. C’est comme ça, je ne sais pas comment cela m’est venu ; enfin si un jour tiens si j’allais Ostende, à Bruxelles, à Liège… Je me rappelle d’un dimanche où l’on s’est dit vers 11h du matin, un peu désœuvrés, tiens si on allait à Bruges déjeuner. Vous dire à quel point j’aime la Belgique : faire plus de trois heures de voiture juste pour déjeuner à Bruges quand Paris vous tend les bras.

    J’aime la Belgique, pourtant je ne la connais pas tant que cela. Je la rêve, même quand je suis dans ses rues, avenue Louise, rue Royale ou place du Grand-Sablon. Chaque année où le grand tapis de fleurs se déploie vous pouvez me croiser sur la Grand Place à Bruxelles. Mais pour autant je ne connais pas la Belgique comme un belge peut la vivre dans sa chair et dans son esprit.

    Je les ai aimé encore plus, les belges, quand ils ont du à leur tour affronter l’horreur et l’effroi de la violence aveugle. Encore une fois d’une manière tellement bell(g)e.

    J’ai presque honte d’avoir attendu l’occasion du Mois Belge de Anne et Mina pour déclamer mon affection à ce pays.

    La Belgique me manque, et j’ai hâte d’y passer un prochain weekend. En attendant j’ai feuilleté une bande dessinée sobrement intitulé Le Belge (what else) et qui brosse un portrait aussi tendre que drôle de nos cousins aimés.

    Je ne connaissais pas les auteurs avant, Egdar Kosma et Pierre Lecrenier. Je découvre une ligne claire comme j’aime (peut-être savez-vous que moi la BD ce n’est pas un terrain où je m’aventure facilement..) et surtout un regard plein d’auto-dérision et encore une fois d’une grande tendresse. Ce qui n’empêche pas un léger tacle deci-delà. Il y a aussi de très chouette pages intitulées Wikibelga, qui permettent de comprendre un peu quelques mots et habitudes bien ancrés chez les belges.

    Mois Belge, littérature belge, Bande Dessinée belge, Belgique

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    Je crois qu’il y n’y a que trois tomes, je viens de lire le premier, les deux autres vont suivre ce soir, je pense avec le même plaisir.

    Merci à Anne et Mina, organisatrice du Mois Belge, de m’avoir donné une bonne occasion de replonger en Belgique.

     

    Le Belge - Editions Delcourt

  • AAARRRRGGGGHHH

    J'étais en train de finir une note sur un sujet vachement capital (l'état de mes mains, les crèmes idoines et tout le bazar) quand au moment de fermer le document, un petit pop up me demande confirmation ds modifications. Alors moi je coche quoi ? Forcément oui. bah non, je coche non comme une putain de débutante du clavier je coche non et tout a disparu bien entendu.

    Alors voilà je viens chouiner ici cinq minutes.

    Ce soir ça ira mieux.

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  • Avril Enchanté

    Le titre de la note est trompeur, mais on, je ne vais pas vous parler d'Elizabeth Von Arnim (quoiqu'un jour il le faudra !)

    C'est une note de début de saison, pour en appeler au printemps, espérer le soleil (sachez qu'au centre du monde, Paris donc, il pleut) (c'est une petite plaisanterie, il va de soi que le centre du monde, c'est Nantes, même André Breton le dit).

    C'est une note pour vous dire, à vous qui vous perdez peut-être ici de temps en temps (qui sait...) que je travaille beaucoup trop (il est temps que ça cesse !!) (Mais peu de risque.)

    Une note pour vous dire de repasser ici, de temps en temps, pour peut-être partager mes lubies, mes envies, mes découvertes.

    Une note de début de saison pour vous dire que le printemps sera sous le signe de la photo, de la littérature et de l'art sous toutes ses formes. Et sous le signe du partage, j'espère.

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  • Printemps des Poètes

    Le Printemps de la Poésie a commencé sous la pluie à Paris. Mais la pluie, c’est un événement météorologique très poétique, alors c’est parfait.

    L’idéal, ce serait de parcourir les rues, avec un genre de garde-champêtre pour annoncer des lectures, et les gens se mettraient à déclamer tous ensemble de la poésie, comme ça, à ciel ouvert dans la ville, pour tout le monde. Mais bon, les trucs officiels ça consiste surtout à endormir un parterre de vieux, ou d’écolier non consentants à la purge, par des discours plus lénifiants les uns que les autres, tout ça pour faire « vivre » la poésie. Je m’autoriserai presque un « lol ».

    Mouais, plus ça va et plus le Printemps des Poètes c’est le Printemps de quelques uns, dans un entre-soi détestable, avec quelques activités dont pour en entendre parler franchement faut être motivé.

    Bref ça m’énerve.

    Bon, un petit Paul Eluard pour la route ? Ce poème, comme tous ceux de Paul Eluard notez bien, rencontre un écho formidable à mon cœur. J’espère que quelqu’un le lira, qui saura combien je l’aime toujours infiniment.

     

    Même quand nous dormons – Paul Eluard

    Même quand nous dormons nous veillons l’un sur l’autre
    Et cet amour plus lourd que le fruit mûr d’un lac
    Sans rire et sans pleurer dure depuis toujours
    Un jour après un jour une nuit après nous.

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