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  • Histoire de savoir

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    C'est lundi, on va pas s'énerver.

    Si, en fait.


    Le week-end, quand je ne sais pas quoi faire, je fais ma propre revue de presse, journaux et web, et puis après je traite les gens de sales cons, que les veaux qu'on mène à l'abattoir n'ont que ce qu'ils méritent, qu'il faut réfléchir avant de voter ou d'agir, que de toute façon je suis misanthrope et que j'en ai rien à faire...

    Puis je me fais un thé, une tartine de brioche nappée de beurre salée et de confiture de fraise de la Fraiseraie, et là ça va mieux. Je me dis quand même, les gens n'ont pas toujours le temps de bien s'informer, et puis qui croire c'est tellement difficile parfois de saisir les nuances de certaines manipulations.

    Bref, je déteste mes contemporains, autant que je les aime.


    Alors, quoi de neuf sous le soleil de la démocratie (humour : je ne sais plus qui disait, la démocratie c'est pouvoir voter pour son roi et ses seigneurs. Pas faux.)

    Je vais tenter de ne pas frôler l'infarctus because énervement maximum, mais je tenais à te faire part de mon ressenti sur quelques bricoles.


    On va commencer doucement, avec du drôle, avec du clown blanc « philosophe », j'ai nommé BHL, le roi de la tarte à la crème, dans tous les sens du terme.

    Quand Bernard ne se promène pas aux States en voiture avec chauffeur pour faire son Tocqueville à 2 francs, il part en Géorgie affronter la horde soldatesque Russe, dans son imagination. Fertile son imagination, très fertile.

    Bernard aime les causes difficiles, il a cette propension à s'attacher aux causes justes, qui mérite un combat. Il a quand même accepté de partager la vie d'Arielle Dombasles: les cas difficiles on te dit.

    Entre autre juste combat, BHL est critique de ciné à ses heures. Mais pas de n'importe quel cinéma. Celui des auteurs les plus obscurs, les poètes maudits de notre siècle, les auteurs qui pensent pour nous le vertige du monde : Yann Moix et Franck Dubosc. Oui, tu lis bien. Et d'ailleurs, plutôt qu'un résumé qu'on pourrait taxer de méchant, je te laisse lire la chronique de notre pâtissier de la pensée, qui n'a de mots assez doux pour qualifier le daubesque Cineman d'œuvre essentielle dans la continuité des plus grands.

    Après, si je te dis qu'il y a des rapports de maisons d'éditions trèèès intimes entre BHL et Moix, tu peux me taxer de pinailleuse.

    BHL, à l'instar des inutiles, ne cesse jamais de nous distiller sa pensée à propos de tout et n'importe quoi (comme moi ici, je le concède, mais perso on n'aperçoit pas de poil sur mon buste quand je déboutonne le haut de mon chemisier, heureusement me diras-tu.)

    En ce moment la crème des philosophes (miam que c'est drôle !) entend nous expliquer comment l'organisateur de la foireuse distribution de thunes en plein  Paris est la victime expiatoire des méchants médias et des émeutiers assoiffés par la promesse d'un argent tombant du ciel. Ah ? Et qui a proposé de faire tomber cet argent du ciel ? Qui profite de ce buzz marketing, encore plus virale qu' H1N1 ? Attiser les plus vils penchants de son prochain et puis après lui jeter la pierre, faux-cul de première ! Comme d'habitude BHL élabore sa propre morale et nous l'assène telle une vérité objective.


    Ensuite Frédéric Lefebvre dit Frédo le Fou, et ses aventures twitteresque : lol. Ce type est génial, je me demande si ce n'est pas un acteur engagé par l'opposition pour faire de l'entrisme à l'UMP...Merci pour tous ces moments de rire Fred, merci d'être TOI.


    Et là qu'avons-nous ?? Un Nain Vagal de sortie ! Ohhhhhh ! Et que dit-il ? Nous parle-t-il de la hausse constante du chômage, de l'appauvrissement des classes moyennes, du doigt d'honneur fait par les banques après avoir encaissé le fric de l'Etat, notre fric ???

    Non. Le Nain Vagal a une tout autre idée de sa haute fonction : il préfère entamer la campagne électorale des Régionales et sortir sa rengaine habituelle, que j'appelle la Papi Voise Song (avec tout le respect que je garde pour cette personne aussi manipulée que le reste de l'opinion). En gros, insécurité, horde de bougnouls et de bronzés à nos portes, etc.. ;

    Le truc le plus drôle c'est qu'il accuse Martine Aubry « d'agiter le chiffon rouge du Front National pour gagner ces élections » : humour.

    J'ai envie de dire à ce type que le chiffon rouge du FN, quand on a le gouvernement Fillon, c'est peanuts. Quelqu'un d'objectif peut-il m'expliquer la différence entre les fantasmes de Le Pen et l'application du programme Sarkozy-Besson-Hortefeux-Alliot Marie ? Sans rire ?

    J'aime mon pays, et bordel que ça me fait mal de voir cet homme manifestement aussi intelligent que aigri et méchant s'en servir pour assouvir ses frustrations.


    Ah oui la cerise sur le gâteau : Estrosi, tu sais le gars dont la passion c'est la conduite et qui « sponsorise » au frais du contribuable la voiture de Jean-Pierre Pernaut quand celui-ci vaut faire mumuse sur des circuits ? Et bah cet homme il est au cœur des préoccupations de l'homme de la rue. Son grand combat du moment vise à multiplier par 2 le salaire du nouveau PDG d' EDF, Henri Proglio, manifestement un génie industriel. Tu comprends bien que de nos jours, pour 800 000 € par an t'as plus rien.


    Tu crois que tu ne peux plus vomir, et puis si, tu peux encore.


    Allez, je suis pas pute, un beau jeune homme, pour te remercier d'être resté et d'avoir tout lu.

     

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    Joaquin mi amor :)

     

     

  • Chutney et cheese nan

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    Hello les gens du jour,

    Tout va bien ??

    Oui est pas demain, mais bon.... commence pas à chouiner.

    Aujourd'hui je me lâche, j'ai envie de réaliser devant tes yeux ébahis mes fantasmes les plus épicés, les plus chauds.

    Oui, enfin je vais rester habillée si ça t'ennuies pas. Les fantasmes indiens, puisque c'est ce dont il s'agit, me sont venus après réflexion sur le concours de Chouyo :

    Bannière-India-Folaïes-21.jpg

     

    Je me suis trituré le cerveau pour trouver quelque chose à faire autour de ça, et mon manque d'imagination légendaire me menait juste à acheter un sari. Certes. Sauf que là j'ai d'autres dépenses en vue, genre Alexa by Mulberry : oui chuis obsédée par ce sac....


    Bref, Folie + Inde = Bollywood !!!


    Alors je dois avouer et expliquer : petite, chez Papa et Maman, il y avait des tonnes de K7 vidéos de films indiens, j'en ai donc vu un paquet, et parfois je me prenais à bien les apprécier. Kitsch, colorés, vivants, dansants, et qui se terminaient très souvent bien, ces films avaient beaucoup pour plaire !

    Je ne me rappelle d'aucuns de ces acteurs, mais en me renseignant un peu sur la génération actuelle, je me suis rendue compte qu'il y avait du beau gosse !!!

    Regarde comme c'est beau :

    m_Hrithik Roshan.jpg

    Hrithik Roshan



    m_imran khan.jpg
    imran khan


    m_surya.jpeg
    Surya

     

    Je me plaquerai bien contre l'un de ces torses de bon aloi, pas toi ?


    Mon fantasme c'est aussi de réaliser un film avec l'un de ces acteurs : oui c'est mon côté créative...

    D'ailleurs j'ai réalisé mon fantasme :


    Il est pas mal mon film, non ???


    Voilà la Moufette, ma participation au délire indien !

     

  • Je fais ce que je veux, avec mes cheveux

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    Hello les gens !

    J'aime toujours pas le dimanche.

    Bon, ça c'est fait...


    Oh que vois-je ? Une dame avec une coiffure ridicule en forme de chais pas quoi ? Encore un concours à la con de Ginie !

     

    Paie-ta-coiffure1.jpg

     

    Après tes chaussons, cette petite curieuse veut voir ta coiffure. C'est qu'on s'ennuie en Province, y a pas M6, tout ça, donc on fait passer le temps comme on peut.

    Si tu veux participer à ce fabuleux challenge capillaire et remporter du cadal, tu vas , et t'as jusqu'à ce soir minuit. Bon c'est court, mais je t'en avais déjà parlé la semaine dernière, t'avais qu'à te bouger le cul avant.

    J'aime Ginie, car grâce à elle, je peux m'acheter des trucs. Oui, acheter est une passion chez moi. J'ai eu la joie d'acheter mes premiers chaussons de la vie intersidérale grâce à son précédent concours, et là j'ai eu un prétexte en or pour claquer un smic ukrainien en connerie chez Alexandre de Paris et Evita Peroni : the King and the Queen of the serre-têtes. Car oui, la Blair Waldorf qui sommeille en moi s'est réveillé, fallait bien Ginie pour ça.

    Bon, je te montre mon préféré, avec des jolies fleurs en nacre et cristal de Swarovski :

     

    m_SN152737.jpg

     

    Voilà, voilà....Oui, c'est ma participation...


    Maintenant Ginie, j'ai une demande officielle : tu peux faire un concours sur le thème « ton plus beau sac Mulberry » ? Je cherche une raison de m'offrir le Alexa, et je compte sur toi ma poule.



    Oh que vois-je ? Une grenouille !!!!! Mais pas n'importe quelle grenouille : c'est la kikimate de novembre:

    kikimate11.png

     

    Alors, elle est pas canon ?? En vrai, j'ai pas de couettes, et mes jambes.... Bah tu sais...

    Mais, mais, mais ! C'est un véritable bestiaire ici, voilà un papillon !!

    zanimot-oceane.png

     

    L'auteur de ces petites merveilles de dessins, c'est Monsieur Kiki l'escargot. Chez lui, vous verrez les autres zani-mots qu'il a créés, et franchement ça vaut le coup d'œil !


    Demain, tu verras mes fantasmes indiens. Ou pas. On verra. Suuuuuuspens....

     

  • Seven, I'm in seven

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    Heaven
    I'm in heaven
    And my heart beats
    So that I can hardly speak
    And I seem to find
    The happiness I seek
    When we're out together

    Dancing cheek to cheek

    Heaven
    I'm in heaven

    And the cares
    That hung around me
    Through the week
    Seem to vanish
    Like a gamblers
    Lucky streak
    When we're out together
    Dancing cheek to cheek

    Oh
    I love to climb a mountain
    And to reach the highest peak
    But it doesn't thrill me
    Half as much
    As dancing cheek to cheek

    Oh
    I love to go out fishing
    In a river, or a creek
    But I don't enjoy it half
    As much as dancing
    Cheek to cheek

    Dance with me
    I want my arm about you
    That charm about you
    Will carry me through to

    Heaven
    I'm in heaven
    And my heart beats
    So that I can hardly speak
    And I seem to find
    That happiness I seek
    When we're out together
    Swinging cheek to cheek

    Come on and dance with me
    I want my arm about you
    That charm about you
    Will carry me through
    Right up to

    Heaven
    I'm in heaven
    And my heart beats
    So that I can hardly speak
    And I seem to find
    That happiness I seek
    When we're out
    Together dancing
    Out together dancing
    Out together dancing
    Cheek to cheek




    Another day, another tag, faut dire que j'ai un retard qui confine à l'irrespect : pardon, pardon, je me rattrape, je fais ce que je peux !


    Aujourd'hui mes chéris, on va tirer le chiffre 7 à la roulette du web. Oui ce chiffre est très populaire parmi les tags, pourquoi ? Je ne sais mais c'est mon chiffre préféré alors  tout va bien !

    Je crois qu'au total il y aura 3 tags autour du chiffre 7.


    Voici le premier. Alors Alicia et Chinchilla ont eu la gentillesse de me désigner avec d'autres blogs qu'elles apprécient, comme destinataire de ce joli prix :

    The-2009-blogger-appreciation-award.jpg

     

    Je les en remercie d'autant plus que j'aime leur rendre visite. Chacune présente une diversité de gouts et de centre d'intérêts qui fait que je découvre toujours un truc nouveau pour moi, ou bien cela me remet en mémoire des bons souvenirs de lectures ! C'est d'ailleurs ce que j'apprécie dans la plupart de ceux que je lis : me faire découvrir de nouvelles choses, me changer les idées en me faisant rire ou en m'émouvant...


    Par la même occasion, Alicia, Chinchilla, ainsi que ma compatriote Ckankonvaou, me demandent de raconter 7 choses que j'aime faire ! Que 7 !

    Va falloir choisir, et choisir c'est renoncer et blablabla...


    On y va quand même !


    J'aime lire : oui ça fait bien longtemps que je n'ai pas parlé bouquins ici, mais ça va changer. Je lis toujours énormément, 3 livres par semaines en moyenne, et c'est une activité dont je ne pourrais me passer. J'aime un peu tout, sur la quantité je lis à peine  plus de romans que d'essais,  pas mal de poésie, un peu de théâtre aussi, et puis je relis mes écrits personnels. Parfois je me retrouve comme ça à me rappeler des moments particuliers de ma vie ; récemment je suis retombé sur un cahier qui date du collège, en 3ièmeB, où je consignais la « psychanalyse » qu'Anne-Catherine L. avait entamé avec moi ! C'est étrange de relire mes phrases, mon analyse de son comportement et mes conseils, j'étais déjà un peu barrée faut croire !

    Et son corollaire : j'aime écrire, voir les mots, jouer avec, regretter de n'avoir pas le talent épique d'un Steinbeck, ou la vigueur de Hugo, mais bon, on fait comme on peut.



    J'aime résoudre les situations : pour faire la transition à ce que je disais tout de suite, j'ai la fâcheuse tendance de m'impliquer un peu trop dans tout. Si j'ai conscience d'une difficulté ou d'une situation un peu rude, je me a joue psy à 3 sous, et donneuse de conseils, ou simplement épaule compatissante. Le mauvais côté de la chose c'est que cela confine parfois à l'empathie, et trop d'empathie tue la sympathie.


    J'aime les séries de HBO : je cite HBO juste pour donner un ordre d'idée. En fait j'aime toutes ces séries un peu décalées, un peu barrées, et qui sont aussi fraiches que percutantes. Et j'aime aussi les vieilles séries ringardes qui n'auraient pas leur chance sur HBO, genre Mike Hammer, Côte Ouest, Dynastie. Dans mon Panthéon de série, je mets Dingue de toi : j'adorais la relation de couple des héros, et quand elle a commencé à se déliter, j'en pleurais ! C'était d'un réalisme et d'une sincérité !

    Ensuite il y a Will and Grace, pareil c'est pour la relation d'amitié sans pareil qui lie Will et Grace. J'ai toujours eu du mal  conserver des amitiés avec des filles, à part ma meilleure amie et sa femme, et je m'entends plus avec les mecs et mon meilleure ami, qui est homo adorait comparer notre relation avec cette série, surtout parce que je manquais de confiance et que je cherchais toujours l'amour ailleurs, alors que lui était si sûre de ses sentiments, toujours !

    Et puis Buffy, que je méprisais au début, genre un truc de vampire pour ado... Puis je me suis prise au jeu, et Spike y est pour beaucoup. Cette série est une métaphore de l'adolescence, la plus aboutie que je connaisse ! La fin, avec la mort de Spike, c'est exactement ce que je peux considérer comme la fin d'un cycle dans une vie.


    J'aime rouler de nuit pour aller quelque part loin, sachant que je n'ai pas le permis, tu imagines bien que c'est un plaisir difficile à négocier !!


    J'aime faire des liste : noter des pensées, les organiser, trier, prévoir. J'aime lister mes envies aussi, mes projets, des étapes ! Même la liste des courses, j'aime la faire !


    J'aime l'idée d'apprendre : que ce soit une nouvelle langue comme le chinois ou le japonais, ou une activité manuelle, intellectuelle. Paracelse disait que le savoir est le second paradis du monde, il a raison, c'est exactement ça. Apprendre, comprendre, vivre intensément son univers, c'est une satisfaction sans fin. Parfois, je me dis que je serais plus heureuse si j'intellectualisai moins les choses, si je me posais moins de questions et que je ne cherchais pas autant de réponses. Mais dans le fond je préfère ça à l'ignorance. Le savoir est en soi une forme de bonheur un peu mélancolique.


    J'aime le cinéma de l'âge d'or d' Hollywood, et un peu autour aussi ! Cary Grant, Gary Cooper, Gregory Peck, Fred Astaire, Elizabeth Taylor, Vivien Leigh, Clarck Gable, Marilyn, bref tu vois de quoi je parle !



    Je suppose que je devrais désigner maintenant 7 blogs que j'aime particulièrement, mais ça devient compliqué, je crois que j'en aime plus de 7, pour des raisons différentes !


    Je vais en citer quelques uns quand même ! J'aime Galy et Camille, les toutes premières à avoir laissé un mot, ce qui m'a fait un de ces chocs d'ailleurs !  Et puis elles sont drôles et cultivées et spirituelles !! Et en matière de chaussures, c'est des pros !

    J'ai une pensée pour Sorcière Camomille, noyée sous le travail, j'aimerais tellement qu'elle reprenne son blog, avec son ton à elle, il me manque !

    J'aime Kahlan et Anna, si différentes de moi (je crois) mais que j'adore lire !

    Et puis bien sûr j'adore les conneries de NJC aka Daydreamer, qui sait raconter sa vie avec un talent drôle que je lui envie !

    Enfin, comment ne pas citer Angie et Julie, encore 2 découvertes devenues essentielles.


    Je ne taggue personne, vu que ce truc à tourné partout, sauf s'il y a des volontaires que je linke avec plaisir !

     

  • Herbe de bison et péroraison #2

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    Herbe de bison et péroraison #1


    « Vous m'emmenez où ? »


    La voix du jeune homme n'était que lassitude, mais au moins il avait quitté sa chaise.


    « Je ne sais pas encore.» La jeune femme, elle, gardait son ton insouciant, presque mutin.


    -Et votre prénom, c'est quoi ? On se parle depuis un moment...

    -Marine, comme le pull, au fond de la piscine.

    -Et moi c'est Erwan.

    -Je ne vous demandais pas votre prénom, ce n'est pas essentiel pour l'instant. Je ne vous connais pas après tout.

    -Justement, c'est pour ça, enfin on se présente quoi, non ?

    -Parce que votre prénom dit tout de vous ?

    -Non, bien sûr. Mais c'est encore un truc dont je suis certain, mon prénom.


    Marine gardait toujours ce sourire narquois, comme si elle se moquait de tout, de lui plaire, de le peiner. Erwan la détaillait, maintenant qu'ils étaient tout deux debout dans l'embrasure de la porte.

    Elle portait une robe noire, assez collante, qui laissait deviner son corps. Une robe d'une sobriété aussi impeccable que sa coupe, en tout cas à ce qu'il y connaissait.

    L'ensemble serait un peu sombre, sans cette paire d'escarpins couleur doré.


    Marine intercepta son regard :


    -Ce sont mes chaussures que vous regardez comme ça ? La couleur c'est champagne.

    On va se promener alors ?


    Erwan l'aida à remettre sa veste, et tout deux se dirigèrent vers la porte. Il continuait de la détailler. Une jeune femme brune, la trentaine peut-être. Ses escarpins claquaient contre le sol du bar.


    « Vous venez, Erwan ? » toujours ce ton légèrement moqueur, amusé.


    Dehors, l'air était tiède, une fin d'après-midi estivale, douce. Qui pourrait être douce s'il n'y manquait Marie.

    Marine, Marie. Des prénoms proches, mais pour le reste, elles semblaient différentes.

    Non. Si. Peut-être qu'au début Marine avait cette légèreté dans la voix, cette insouciance qui est toujours séduisante. L'insouciance s'était muée en indifférence.


    Ils marchèrent quelques mètres dans la rue.


    « Pourquoi m'avoir abordé ? » Erwan posait cette question pour la forme, histoire de ne pas laisser un silence gênant s'installer. Mais pas de gêne avec Marine : elle semblait aussi à l'aise que s'il s'agissait de se promener avec un vieux copain.


    -Disons que vous m'avez intrigué, à commander ces verres sans les boire. A rester presque immobile, l'air grave et triste. Et puis c'est une mauvaise habitude que j'ai, de vouloir secourir mon prochain, de m'intéresser à ce qui lui arrive.

    -Pourquoi serait-ce une mauvaise habitude ?

    -Parce qu'on finit toujours par en vouloir à celui qui nous a secouru, c'est dans l'ordre des choses.

    -Je ne pourrais pas vous en vouloir...

    -Attendez donc que je vous aide, avant de dire des bêtises. Et vous en dites des bêtises.

    -Des bêtises ?

    -Oui. D'abord qualifier Julien Clerc de bellâtre me donnerait presque envie de tourner les talons et de vous laisser vous débrouiller, mais je suis d'humeur compatissante aujourd'hui, vous avez de la chance. Et puis je n'ose imaginer les bêtises qui passent par votre tête au sujet de vous, Marie, de cet amour qui se termine. Je suis certaine qu'il y aurait de quoi ravir les scénaristes de « Feux de l'Amour ». La pire des bêtises c'est de se croire unique. Une autre encore est de penser que nos sentiments sont indépendants de nous. Vous voyez donc qu'en terme de bêtise, vous êtes assez fort.Et une autre bêtise encore : vous pensez que je vous drague, et qu'on finira par coucher ensemble.

     

    Erwan se prit à rougir et se mit à bafouiller : « non, pas du tout, je.. »


    -C'est mignon de rougir. Probable qu'on couche ensemble. Tout est fonction de l'humeur, des mots. Il faut oublier les bêtises et se concentrer sur les mots. Et puis c'est vrai que vous êtes beau, même non-rougissant.


    Elle partit d'un éclat de rire, et lui prit la main.


    -Venez, on va s'asseoir, là, sur ce banc. Un peu de lecture encore ? Bon, on va dire que vous n'avez pas le choix, d'accord ?

    -Oui.


    Erwan n'aimait pas l'inattendu en général, mais après tout, planifier sa vie avec Marie l'avait conduit à un mur.


    Marine reprit son recueil, et tourna les pages avec concentration, avant de déclarer d'un air triomphant : « Voilà !»


    Erwan s'assit près d'elle.


    -Alors, nous allons voir ce que Walter Scott pense de votre situation :


    L'Amour véritable est le don que

    Sous tout le firmament

    Dieu n'a fait qu'à l'homme

    Ce n'est pas le feu ardent de la fantaisie

    Dont les souhaits, aussitôt exaucés, s'envolent.

    Il ne vit pas dans le désir brûlant

    Ni ne meurt avec lui.

    C'est une sympathie secrète,

    Un maillon d'argent, un lien soyeux

    Qui dans l'âme et le corps

    Peut unir à jamais les cœurs et les esprits.


    True Love's the gift wich God has given

    To man alone beneath the heaven:

    It is not fantasy's hot fire,

    Whose wishes soon as granted fly;

    It liveth not in fierce desire,

    With dead desire it doth not die;

    It is the secret sympathy

    The silver link, the silken tie,

    Wich heart to heart, and mind to mind,

    In body, and in soul can bind


    "Quel rapport avec moi ? » La question fusa aussitôt le poème lu.


    - Le rapport ? Il est évident. Vous pleurez sur votre amour depuis un moment, et vous ne vous posez pas la question de la nature de cet amour ? Non, ça ne vous intéresse pas ?Je ne connais pas votre histoire ni cette Marie si précieuse. Mais je sais que vous n'arrivez pas à lui parler, et elle, n'a rien à vous dire. Où voyez-vous un quelconque lien spécial, une quelconque sympathie secrète ? »

    -On s'entendait bien au début...

    -Oh, s'entendre bien, cher Erwan, c'est facile, tant que la situation le permet, que rien ne vient vous mettre à l'épreuve, s'entendre bien est facile. Vous vous entendez bien avec votre boulangère, je suis sûre, ou vos collègues de travail... Ou même avec moi.Et puis, pourquoi êtes-vous si triste ? L'amour n'est pas une chose triste. Il ne le devrait pas en tout cas.

    -Vous feriez quoi ?

    -Moi ? J'irais dîner avec un charmant jeune homme, parce que j'ai faim !


    Marine se leva brusquement et lui prit la main, l'entraina avec elle :

    « Allons manger quelque part, et puis si vous êtes sage, cher Erwan, nous irons lire quelques pages chez moi ! Oh mon Dieu je me fais l'effet d'un pervers polymorphe qui propose à une innocente victime d'aller voir ces estampes japonaises ! Promis je ne vous ferais pas de numéro de charme entre la poire et le fromage ! Et puis, vous ne céderiez pas, vous êtes tellement amoureux, n'est-ce-pas ? »


    Elle semblait ravie de sa petite sortie et riait encore et encore.

     

    Erwan commençait à apprécier la situation, malgré sa bizarrerie. Marine était à la fois simple, désarmante et étrange aussi.

    Elle avait quelque chose d'attirant, en dehors de son physique bien sûr.

    Après tout, que craignait-il ? Au mieux, il passerait une agréable soirée avec une agréable jeune femme, au pire il finirait par coucher avec elle. Au pire... Pourquoi au pire ?

    Il se lança : « allons maintenant chez vous, je cuisinerai, ça me changera les idées, et vous me montrerez vos estampes, enfin vos bouquins ou ce que vous voulez. »


    Marine lui souriait, l'air toujours aussi amusé : « je vous préviens, un homme qui cuisine pour moi, je trouve ça très très attirant ! »


    Erwan esquissa enfin un sourire : « j'ai pas peur : on y va ? »