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Bavardages - Page 2

  • Fatrasie du vendredi #suite

    Cette fatrasie du jour risque un peu de prendre des allures de Carnets du Monde, versant condoléances. J’avais envie d’évoquer quelques disparus très récents, qui ont marqué le monde des lettres, et que je vous invite à découvrir, si ce n’est déjà fait.

    Maurice Pons nous a quittés cette semaine. On croit les écrivains éternels, et un jour le temps vient pour eux, comme il viendra pour nous, de quitter cette terre. Maurice Pons nous laisse une vie remplie de mots et de combats, une vie discrète et riche, qui a inspiré ses lecteurs. Si vous ne connaissez pas encore, je vous suggère avec force de lire Le Passager De La Nuit, et Les Saisons. Son décès me rappelle combien de ses livres il me reste encore à découvrir… On peut lire sur Bibliobs un très beau portrait de lui.

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    Autre disparition, celle de Marcel Zang, un dramaturge nantais, et oui, Nantes, encore une fois, qui contient le monde et les merveilles qu’il nous apporte, puisque Marcel Zang a des origines camerounaises. J’ai eu l’immense chance de voir une de ses pièces à Paris, je m’en souviens bien car j’étais enceinte de mon fils et c’était une des dernières sorties que j’ai pu faire avant d’être trop fatiguée par la grossesse. Cette pièce, m’avait marquée, presque traumatisée, par sa réflexion sur la liberté, nos prisons intérieures et sur ce qu’est l’Autre : quelqu’un, hum, a dit que c’était l’enfer, Zang nous pousse à nous questionner sur la notion de pureté, qui nous mène à brûler cet autre. On peut lire Slate Afrique un portrait de Marcel Zang, et mieux encore se procurer ses pièces, éditées chez Actes Sud.

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    On reste encore un instant à Nantes, où l’on pourra admirer une œuvre de François Morellet, autre disparu du mois de mai. Si vous avez fait un jour le Voyage à Nantes, vous avez certainement déjà admiré De Temps En Temps, et l’affection de Morellet pour le travail du néon. Par ailleurs, les nantais, quand ils vont à la médiathèque Jacques Demy, passent, parfois sans le savoir, devant une fontaine, œuvre de François Morellet. Et puis, nantais ou non, nous pouvons admirer ses œuvres à Beaubourg, distinction qui lui a été faite de son vivant : assez rare pour être souligné.

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    L’art et la littérature sont objets de vie et de réflexions, et Joseph Andras réveille mon enthousiasme, et avec quelle force ! Je parlerai bientôt de ma lecture de son roman, mais en attendant j’aimerai partager avec vous un entretien, qu’il a donné au site The Dissident. Il parle de son roman bien sûr, mais surtout de son attachement aux mots, aux détails (comment ne pas craquer), aux sonorités et à la musicalité des phrases. Il m’enchante quand il parle de la poésie et de son apprentissage de la littérature. J’admirais déjà son roman, après cet entretien me voilà admiratrice de l’homme. J’ai très envie de le rencontrer et de le faire parler, des heures, de poésie. Doux rêve…

    On reste dans le domaine de la littérature, avec cette fois un côté un peu plus futile, mais très agréable encore. La boutique Etsy de Jane Mount regorge de petites merveilles qu’elle dessine, et qui donnent de très jolies objets, à collectionner forcément. Des badges, des tote bags, à l’effigie de nos romans préférés : là encore, comment ne pas craquer ? C’est juste adorable, ne me dites pas le contraire ^^

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    Si l’on s’y prend bien, les livres nous accompagnent à chaque moment de nos journées, hantent nos pensées et diffusent un mélange d’émotions dont on ne peut plus se passer.

  • Paris je t'aime

    Le beau temps est revenu à Paris. Brièvement parait-il. Assez cependant pour me rappeler combien j’aime Paris au printemps.

    J’aime me promener au Luxembourg, le matin, vers dix heures, quand il n’y a pas encore grand monde affalé sur les chaises. J’aime marcher sans but, sans autre idée que de traverser la ville, pour la redécouvrir encore et encore. J’aime cet anonymat que Paris autorise. On peut marcher longtemps, sans croiser une connaissance : c’est presque rassurant, et protecteur. La grande ville permet à la fois la solitude et la foule.

    J’aime apercevoir de loin le Grand Palais et y fantasmer mille promenades, passées ou à venir, en amoureux. Paris est bien la ville de l’amour, mais, à ses ponts tristement cadenassés, il faut préférer les jardins qui sont de parfaits écrins aux romances naissantes.

    J’aime regarder les files de touristes venus s’extasier en masse sur les beautés du Louvre, ou d’Orsay, et me dire qu’il m’est donnée de voisiner ces lieux chaque jour de ma vie. C’est fou… Et pas un lieu qui ne me rappelle un roman, un poème. C’est la beauté de Paris : éternelle héroïne des plus grands écrivains.

     

    Le Jardin - Jacques Prévert

    Des milliers et des milliers d'années

    Ne sauraient suffire

    Pour dire

    La petite seconde d'éternité

    Où tu m'as embrassé

    Où je t'ai embrassée

    Un matin dans la lumière de l'hiver

    Au parc Montsouris à Paris

    À Paris

    Sur la terre

    La terre qui est un astre

  • J'ai dans le coeur trois sentiments

    Hier je me suis rappelée cette phrase particulière de Alexandre Dumas, « j'ai dans le cœur trois sentiments avec lesquels on ne s'ennuie jamais: de la tristesse, de l'amour et de la reconnaissance. » je m’interrogeais, pour la millième fois certainement, sur le sens des choses, toutes les choses qu’on fait, depuis le moment où l’on se lève, jusqu’à celui où l’on se couche. Pour préciser le contexte, je pensais que je m’ennuyais mortellement. Pourtant je fais des tonnes de « trucs » je suis même débordée, entre mon métier, mes différents projets, l’écriture, la lecture, mon fils, les loisirs. Et pourtant, dès que je réfléchis deux minutes, je sais que je m’ennuie la plupart du temps. C’est peut-être dans ces deux minutes là que je suis la plus sincère avec moi. Peut-être sommes-nous nombreux dans ce cas ? Il faudrait trouver le moyen d’étirer à l’infini ces deux minutes, et en profiter pour plonger au fond de nos cœurs, retrouver les trois sentiments dont parle Dumas. Ou plutôt, il faudrait trouver le moyen de se rappeler à chaque minute de chaque journée ces trois sentiments et ce qu’ils impliquent.

    J’ai de la tristesse dans mon cœur, souvent, parce que je suis comme ça, de nature mélancolique et prête à perdre deux heures à me rappeler un passé qui ne reviendra pas et à convoquer des souvenirs trop lointains. Mais la tristesse est aussi source de beauté. C’était quoi déjà cette phrase de Sagan, « Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. » Oui, c’est un beau sentiment, dont je ne veux pas me séparer.

    J’ai dans le cœur de l’amour. Pour mon fils, son père aussi, et finalement pour infiniment plus de gens que je ne veux me l’avouer. Est-ce que vous connaissez ce snobisme détestable qui consiste à vouloir paraître plus indifférent et cynique qu’on ne l’est réellement : je souffre de cette maladie :) Pourtant, l’amour est un sentiment qui libère, qui allège. Tout est plus simple si on décide d’aimer d’abord, d’aimer envers et contre tout.

    J’ai dans mon cœur de la reconnaissance. Envers l’amitié quand elle m’est témoignée, envers la sympathie et envers la gentillesse. J’ai beaucoup de reconnaissance envers la vie, ce qu’elle m’offre de bon et moins bon. La vie n’est qu’expérience.

    Voilà, je vais juste me rappeler de m’en rappeler.

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  • Les gens qui doutent

    Je porte le doute en moi comme personne. Ou comme n’importe qui peut-être. Je doute presque en permanence, de tout, de moi, des autres. Celui-là qui dit m’aimer, est-ce réel ou un mensonge dont il n’a pas encore conscience ? Ce compliment qu’on me fait, est-il sincère ou de pure forme ? Et mes capacités, mes talents, mes compétences : est-ce que tout cela existe réellement, ou ne suis-je bonne à rien, juste parfois habile à bénéficier du hasard.

    J’aime les gens qui doutent, comme dit la chanson, cette fragilité les rend précieux à mes yeux : elle est le signe de quelque chose de doux en eux, d’aimable et de bienveillant.

    Je déteste le doute qui m’envahit et prend presque le contrôle de ma vie. Douter, c’est se poser mille questions avant même d’agir, c’est se remettre perpétuellement en question, en cause même, et ne jamais oser pousser de porte.

    Je ne sais pas pourquoi je doute en permanence, alors que dans le fond je m’adore, je m’aime énormément, et je crois savoir ce que je vaux. Mais paradoxalement, je vis comme si cette certitude ne valait que pour moi, et que pour ce qui est de ma place dans le monde, c’était une autre paire de manches.

    Tout cela n’est pas bien grave, si ce n’est que c’est épuisant de douter. Qu’on s’oblige à plus de circonvolutions pour atteindre les buts les plus simples, souvent pour échouer. Enfin, « on » non… « Je » serait le terme plus honnête. Je me pose trop de questions tout le temps sur tout, et c’est épuisant. C’est une curieuse torture que je m’inflige, alors que je pourrais m’en passer. « Pourquoi ne m’a-t-elle pas invitée à sa soirée, alors que c’est mon amie ? Parce que ce n’est pas ton amie en réalité. Mais alors pourquoi l’affirme-t-elle ? » Etc.

    Parfois, j’aimerais juste arrêter de penser, et agir sans jauger les mille interprétations possibles à un acte. Ou accepter un compliment, une remarque, même négative, un mot, sans y engouffrer toute la douleur du monde. J’aimerai sortir de ma zone de confort sans ressentir la peur, les tremblements, le souffle coupé, alors que tout pourrait bien se passer.

    Je cherche un mode d’emploi à la vie depuis l’enfance. À force de chercher le mode d’emploi, on oublie de vivre.

    Enfin, « On ».

  • Mythe Loaf

    Retour de mes petites listes de fin de semaine, résultats de mes flâneries online et irl, avec au passage un jeu de mot bien pourri en titre :)

    Jack London est un de mes auteurs favoris, aimé, admiré, un auteur à part que j’aime autant pour sa plume que pour ses positions politiques.

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    Un mythe parmi les mythes. Au cœur de ses ouvrages, le Talon de Fer est un de ceux qui m’a le plus touchée, que j’ai offert, partagé, encouragé à lire, tant ce qu’il écrit trouve encore un écho aujourd’hui. La plupart de ses romans, récits et nouvelles ont été publiés aux merveilleuses éditions Phébus, qui fait un très beau travail autour de Jack London. Mais en me promenant sur le site de Claude Guillon, j’ai vu que les éditions Libertalia souhaite rééditer ce fameux Talon de Fer, livre ô combien politique, dans une nouvelle traduction, revue, dépoussiérée et qui redonne un peu de lumière à l’aspect politique de l’œuvre de London. Cette retraduction a un coût, surtout pour une maison indépendante comme Libertalia, et celle-ci nous invite donc à participer, au travers d’une souscription, au financement de la réédition du Talon de Fer. Si comme moi vous êtes sensible à l’œuvre de Jack London, n’hésitez pas à faire un tour sur ce site.

    Tanis Chandler est un mythe vivant, une légende comme il ne peut en naître qu’à Nantes. Car oui, Tanis Chandler est nantaise, autant qu’elle fut une (éphémère) étoile d’Hollywood. J’aime ce type d’information, qui me persuade chaque jour que Nantes est définitivement le centre du monde, ainsi que l’affirmait André Breton… Je regarde cette photo de la belle Tanis Chandler, j’imagine son périple, de la rue du Calvaire à Hollywood, et je regarde la liste de ses films en me demandant, avec les lecteurs de Presse Océan, ce qu’a été la vie de cette femme après la gloire hollywoodienne. Bref, un joli conte dont la conclusion est encore à écrire.

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    Van Gogh est un autre mythe, un de ceux qui stimule la création de ses admirateurs. Et à quel point ! Un long métrage sur sa vie est prévu pour fin 2016. Quoi d’extraordinaire me direz-vous, des films sur Van Gogh, ce n’est pas ce qui manque. Certes. Mais ce futur film sera réalisé à partir de ses propres peintures. L’idée folle est de se servir de l’œuvre même de Van Gogh comme support à ce film, d’une manière totalement inédite, comme le montre le trailer :

    J’ai particulièrement hâte de voir le film entier.

    Avant d’être un mythe et d’accéder à la gloire ou la reconnaissance, il faut, parait-il, trouver sa vocation, ce truc mystérieux qui nous fait soulever des montagnes, parfois jusqu’à éblouir le monde. Je ne sais pas pour vous, mais moi cette idée de la vocation m’a toujours gênée. J’admire les gens qui peuvent en ressentir une, nourrir une passion et donner toute leur énergie dans cette seule direction. Pour ma part, j’aime un peu tout et n’importe quoi, dans le désordre et sans réelle échelle de préférence. Enfin, pour être plus précise, ce n’est que très récemment que j’ai commencé à réfléchir à cette question : défricher mes multiples amours pour définir ce qui relevait vraiment de la vocation et de la passion. Autant vous dire que ce n’est pas simple quand on a une nature infidèle, ou éclectique, ou versatile diront les plus vilains. Bref, quand je suis tombée sur cette conférence TED de Emilie Wapnick (clic pour regarder), je me suis dis, enfin on parle de gens comme moi ! Si vous aussi vous ne savez pas choisir, si vous ne savez pas ce que vous voulez faire alors que vous êtes « grand », si le choix de votre profession s’est faite au hasard, ou pour faire plaisir, alors cette conférence est pour vous.

    Dans un autre genre, mais un mythe également, tant il a été retravaillé, de manière plus ou moins heureuse, Robinson Crusoé est de ces histoires qui inspirent : après tout la solitude est la porte ouverte à l’imagination. Cette fois-ci, c’est aux enfants, petits et grands, que s’adresse cette nouvelle interprétation du solitaire sur son île, puisque il s’agit du nouvel animé de Studio Canal. Plus je vieillis et plus j’aime les dessins animés, d’autant plus quand je peux partager ces moments avec mon fils. Dans cette nouvelle version, le mythe du naufragé est vu du point de vue d’un perroquet, qui vit sur l’ile déserte avec ses amis animaux, et qui a pour particularité de croire qu’il existe quelque part un monde en dehors de son île. Aussi, quand Robinson fait naufrage sur cette île, tous les animaux sont en effervescence et  méfiant, alors que mardi, le perroquet y voit l’occasion de découvrir l’inconnu, de rompre la monotonie de son existence. La rencontre entre l’homme et les animaux sera ponctuée de haut et bas, avec autant de larmes que de rires. Et c’est peut-être ce qui est le plus attachant dans ce film : des portraits tout en nuances, permettant ainsi divers degré de lecture suivant notre âge. Mon fils a beaucoup aimé, parce que cela lui semblait réaliste ; en effet tout ne se passe pas forcément bien, et les « méchants » peuvent (presque) gagner, si l’on n’y prend garde. L’aspect 3D ne m’intéresse pas, mais uniquement parce que je ne la vois pas (hé oui !), par contre mon fils a trouvé que cela rajoutait de l’intensité au film. En fait il a plutôt dit « ça fait encore plus vrai », mais ça revient au même ^^ Bref, si vous voulez passer un chouette moment seul ou avec enfants, et pourquoi pas après discuter des fausses apparences, des relations de confiance, de la naissance de l’amitié ou simplement rire, vous aurez avec Robin Crusoé un support parfait ce weekend.

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    Enfin, impossible de finir ce billet sans parler de la mort d’un autre mythe, l’inégalable Prince Rogers Nelson. Depuis la mort de Michael Jackson en 2009, j’ai l’impression que la vie se fait fort de m’arracher les idoles de mon enfance une par une. J’ai la tête encore pleine de ses clips d’une sensualité folle, la même que dégageait sa musique. Encore un artiste qui va nous manquer. Je vous laisse avec le fabuleux Purple Rain, et vous souhaite un joli weekend.

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