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Bavardages - Page 5

  • Joie de vivre et merguez-frites

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    Des mois que j’ai abandonné ce blog, pensant que je n’avais rien à dire de spécial, pas de plus-value à apporter dans un univers de blogging qui se professionnalise de plus en plus, avec une attente des lecteurs que je suppose ne pas pouvoir satisfaire. En effet je ne propose ni concours ni « give-away », ni partenariat avec des marques. Les quelques fois où je parle livres, c’est rarement en rapport avec l’actualité littéraire, et je ne fais gagner ni shampoing ni le dernier mascara à la mode. Alors je ne voyais plus trop l’intérêt de vous bassiner avec mes états d’âme.

    Avant de comprendre vendredi soir, que ce blog est avant tout un déversoir pour mes états d’âme, justement. Un endroit que j’ai ouvert, il y a bien longtemps, pour parler de tout ce qui peut me traverser la tête et qui ressent le besoin d’en sortir.

    Je vous ai épargné cette année mon avis éclairé sur le nouvel album d’Adèle (pitié mais qu’elle arrête de parler de son ex !) ; j’ai aussi gentiment gardé pour moi mon opinion sur le scandale qui a fait de Friends la soi-disant meilleure série de tout les temps (manifestement le jury n’a jamais entendu parler de Dream On ou de Buffy) ; j’ai aussi retenu mon envie de vous écrire tout le mal que je pensais de Charlotte, tant ce roman de Foenkinos avait été finement analysé par de plus talentueux que moi (mais pour résumer : quelle daube !)

    J’ai un instant pensé reprendre le clavier pour parler de ma nouvelle lubie, la broderie japonaise, tant ça n’intéresse personne à part moi.

    Et pourtant, c’était bien la fonction de ce blog que de servir de dérivatif : faire dériver les mots de mon cerveau à une page, pour m’en libérer.

    Depuis vendredi j’ai besoin d’être libérée de certains mots, et de la tristesse aussi.

    Quand la terreur frappe à quelques mètres de la porte, il faut pouvoir le dire quelque part, sans attendre de réponse, juste le dire, et s’en débarrasser, comme d’un fardeau importun.

    Mon quartier a été touché, vendredi, violenté et désacralisé. Cette idée du chez soi, qui s’étend hors des murs aux rues et aux endroits que l’on fréquente par habitude, a été forcée, comme on force une porte. Après, ce n’est plus pareil. Je ne peux m’empêcher de penser que trois hommes (de si jeunes hommes), se sont fait exploser, dans ces rues, que l’on emprunte si souvent. Il ne nous est rien arrivé à nous. Rien. A part la peur, la certitude que « cela aurait pu », l’immense tristesse des 129 morts et des blessés. Rien qu’un traumatisme partagé avec le pays. Rien que la terrible proximité géographique.

    Et puis j’entends à nouveau mon fils, qui me réclame comme chaque soir de match au Stade de France, d’aller acheter une barquette de frites et des merguez. Cet enfant est un ogre sur pattes en ce moment : la nourriture est sa priorité (avec les Pokemons et les Lego, tryptique fédérateur de beaucoup de gamins de 10 ans je crois). Et moi, comme je suis une vilaine maman et que parfois j’ai la flemme, je dis juste, non, pas de MacDo, ni de merguez-frites d’abord j’ai fait une super soupe de courgettes. Je ne vous raconte pas la tête du gamin à l’idée de manger une soupe de courgette quand s’amène à lui la douce odeur du merguez-frites.

    C’est idiot, mais j’ai hâte d’être au prochain match, concert, pour sortir avec lui et déguster une merguez-frites dans du pain trop vieux, avec une serviette en papier trop petite, dans la joie et le gras.

    Elle avait un gout trop amer, la soupe de courgette, vendredi soir.

  • Fatrasie du vendredi (again)

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    C’est vendredi, c’est fatrasie, et c’est une bonne nouvelle, en tout cas pour moi, car la semaine a été épuisante.

    Cette semaine j’ai aimé la commencer avec en tête les airs de la Traviata de Verdi, puisque Arte nous en offrait une très belle mise en scène, de mon chouchou Rolando Villazón, transposée dans le milieu du cirque. La merveilleuse Olga Peretyacto y est enchanteresse. Franchement c’est une des plus belles version que j’ai vue depuis longtemps. La bonne nouvelle c’est que cet opéra de Verdi est encore disponible à la vision sur le site d’Arte Concert. Libre à vous d’entonner un joyeux Libiamo, avant de pleurer avec la douce Violetta. Et je reviens encore sur la mise en scène mais elle est admirable d’inventivité, notamment pour ce qui est du personnage de Violetta et de sa représentation.

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    Tout autre chose, je suis tombée par hasard sur un article à propos d’un concours, le Brush Contest de L’Oréal. Oui, un concours sur le maquillage. La raison pour laquelle j’en parle, c’est que la gagnante est française, Salima El Aliani. Alors dans une poque où l’on s’oppose les uns aux autres dans notre pays, où certains contestent la nature française d’autres citoyens, je suis ravie que cette jeune fille, autodidacte qui plus est, se soit illustrée au nom de notre pays. Et l’on m’a fait remarquer, de manière un peu acide, que cette jeune fille portait un foulard. Quand je pense qu’on exclue de cours des jeunes filles parce qu’elles portent une jupe trop longue (ou trop courte, c’est selon), je suis heureuse de voir qu’il existe encore des endroits où on juge une femme sur ce qu’elle propose comme savoir faire, et non sur sa tenue, son couvre-chef, ou sa supposée religion. S’il faut se réfugier dans le monde du maquillage pour ça, cela ne me gêne pas :)

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    Dans un autre domaine, j’ai sauté de joie, littéralement, en apprenant qu’une expo photo au sujet de Steve McQueen allait se tenir à Paris. Et oui, depuis le 19 juin, jusqu’au 16 septembre 2015, on pourra aller admirer des photos rares de mon acteur favoris de tous les temps. Je ne sais pas pour vous, mais je sais que je vais y aller, et y retourner, encore et encore ^^ En cliquant sur la photo vous arriverez sur le site de la Galerie de l’Instant.

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    J’ai bien moins aimé apprendre la fin de l’émission de Brigitte Kernel. Cette dernière animait depuis près de trente ans une très belle émission littéraire sur France Inter, Lire Avec, et malheureusement cette émission en sera plus renouvelée à la rentrée prochaine. Je suis consternée et en colère. Depuis l’époque Val, les choix de Radio France, notamment pour France Inter, sont incompréhensible. Beaucoup de bonnes émissions sont supprimées (ainsi Là-bas Si J’y Suis, de Daniel Mermet par exemple), les programmes de nuit sont inexistant puisqu’on a dorénavant droit aux rediffs de la journée. Alors que la radio de nuit est une chose bien particulière, avec son public et ses besoins. Bref on va vers le pire. La fin de l’émission de Brigitte Kernel est un pas de plus dans cette direction. L’auteur Douglas Kennedy s’en est ému sur sa page Facebook, que je vous invite à lire. Bref, merci encore à Brigitte Kernel pour toutes ces années où elle a fait rentrer la lecture dans nos maisons. Il y a une pétition d’auteurs qui demandent à Fleur Pellerin d’intervenir, j’espère que cela aboutira. La littérature est le parent pauvre du paysage médiatique, il faut que cela change. Les mots de Brigitte Kernel annonçant l’arrêt de son émission sont émouvants, et m’ont remis en mémoire les raisons, les hommes et les femmes qui m’ont fait tant aimer la radio.

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    Autre triste nouvelle, avec la disparition de Jean Vautrin, grand écrivain, homme d’engagement et de convictions. Le Cri du Peuple devrait être lu par certains de nos dirigeants, pour comprendre l’angoisse qui nous traverse actuellement. Et les Aventures de Boro Reporter Photographe, quel beau souvenir de lecture ! Une bise à Jean Vautrin, de la part d’une lectrice anonyme.

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    Et puis une bise à vous, lecteurs de passage.

     

     

     

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  • Au printemps il y a les pivoines

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    Ma fleur favorite est la pivoine. Je n’aime rien tant que regarder des lithographies où s’élancent de majestueux échassiers. Une fois, quelqu’un m’a qualifié d’impératrice de Chine ratée, car j’ai, semble-t-il, la cruauté, l’autorité et l’esthétisme qu’on prêt dans l’imaginaire aux impératrices de Chine.

    Hélas, je ne suis que moi. Et moi, j’aime bien lire, pour découvrir, mais surtout pour nourrir mon imaginaire et mes fantasmes. Et en parlant d’impératrices, ou de Chine tout court, mon imaginaire se prend de folie. Un jour j’irai en Chine, observer les toits des temples, les pivoines, et puis les oiseaux. En attendant j’ai les livres de Pearl Buck.

     

     

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  • C'est vendredi, quelle fatrasie !

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    Bonjour vendredi et bonjour les aimables passants. Vous rendez-vous compte que l’on est presque fin mai, et que pas un fichu rayon de soleil ne daigne darder ses rayons sur Paris ? Du coup, ce weekend sera certainement encore une occasion de se replier vers un musée, une salle de cinéma, ou simplement vers son lit, avec un bon bouquin.

    En attendant, cela ne m’empêchera pas de partager avec vous quelques petites choses qui m’ont marquées les jours passés.

     

    Il y a eu ce reportage autour de Renaud, réalisé par Didier Varrod : Renaud on t’a dans la peau. C’est bien le cas chez nous, et mon petit garçon est aussi très fan des chansons de Renaud, elles le touchent beaucoup. Pour vous dire, ses deux préférées sont Hexagone et Laisse Béton. Mais dans l’ensemble il les aime toutes je crois. C’est une expérience de l’observer quand il écoute Renaud, du haut de ses dix ans, et qu’il me demande de temps en temps de lui expliciter un terme, ou qu’il pouffe quand il entend une grossièreté (alors qu’il déteste viscéralement quand n’importe qui d’autre au monde dit quelque chose de vulgaire ! Il faut le voir me gronder, mon fils, quand je sors des « putain fait chier » sans m’en rendre compte…)

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    Bref, Renaud, un chanteur qu’on aimera toujours, et qui nous touche particulièrement. Manu, ou Mistral Gagnant, il y a plus d’une chanson chez lui qui me fait verser des larmes, de nostalgie, de tristesse, de bonheur aussi. Le reportage sera rediffusé le 29 mai à 23h15, si vous souhaitez regarder.

     

    Dans un autre registre, voici un projet graphique qui a retenu mon attention : une carte illustrée de ma bonne ville de Nantes, par Antoine Corbineau. C’est une jolie idée, d’autant plus réjouissante quand on connaît la ville. C’est amusant de refaire le parcours à travers ses dessins. Je me demande ce que Electra et Asphodèle pourrait en penser. Moi j’aime beaucoup en tout cas, et j’ai hâte que la carte entière m’arrive (et puis le tarif est très raisonnable pour un joli travail comme celui-ci.) Comme disait André Breton, Nantes est la capitale du monde, alors autant l’afficher chez soi :)

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    Encore une petite chose que j’aimerais avoir très vite chez moi, c’est la nouvelle série de Moleskine, autour d’Alice au Pays des Merveilles. En bonne carneto-maniaque, je me penche toujours sur les éditions limitées de Moleskine. Pour parler encore de mon petit lapinou de fils, je ne vous raconte pas la bataille héroïque pour la garde du Moleskine Lego. (J’en avais acheté un second finalement, être égoïste à mon âge ce serait moche.) Donc voici Alice en nouvelle muse Moleskine, ce qui nous vaut également un très joli film hommage par Roger Wieland, une vraie merveille :

     

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    Sinon, ces carnets me servent essentiellement à faire des listes de tout et n’importe quoi, et principalement des bêtises qui me passent par la tête.

     

    Un projet qui est loin d’être une bêtise, c’est un travail fou, qui puise sa source à une autre folie indispensable, celle de Jorge Luis Borges. C’est la bibliothèque de Babel recréée sous nos yeux, un truc dans lequel je me suis perdu un petit bout de temps : je dois être folle aussi mais c’est addictif en fait. Et puis cela m’a redonnée envie de sortir mes vieux poches de Borges, ce qui en soi est une excellente raison de se perdre dans ce labyrinthe. Voilà, le site est un petit compliqué à raconter, le mieux c’est d’y aller, et de se laisser perdre de clic en clic. Si, si, n’ayez pas peur de perdre du temps, à quoi sert le temps si ce n’est à le perdre ?

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    Pour finir, parlons quelques instants d’un autre fou que j’adore, Umberto Eco (vous aurez compris que comme Borges, il convient de lire TOUT ce que vous pouvez de Eco !) Là, c’est le journal El País qui nous offrait un article très intéressant autour d’Internet, de l’information et du journalisme, entre autre, forcément quand on interview Umberto Eco, ça ne peut être qu’intéressant ! L’article est en espagnol, pour ceux qui le parle, je vous engage vivement à lire cet article ! Sinon, moi j’ai été traumatisé de jalousie à la vue de la superbe et vaste bibliothèque personnelle de Eco, dont on voit un petit bout. Je vous laisse juger avec la photo :

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    C’est juste une bibli de fou, j’imagine les merveilles qu’il a du accumuler depuis des années ( quand je vous dit qu’il me faut bien 100m2 pour déambuler tranquille au milieu de mes livres, si j’avais l’espace et l’argent… #JeRêve)

     

    Enfin, ma petite thérapie musicale de la semaine, outre Renaud, bien sûr.

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    podcast

    Allison Crowe - Hallelujah

     


    podcast

    Daniel Darc - Elégie #2

     

    Continuons de rêver, aux livres à lire, aux voyages imaginaires ou réels qui nous attendent, et tout simplement à ce weekend, avec ou sans soleil, je vous le souhaite doux et heureux.

     

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  • Aparté

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    J’ai un peu déserté le blog les deux ou trois dernières semaines. Par manque de temps (et la nécessité de me concentrer sur mes projets professionnels), et par manque de sérénité également. Je ne peux pas le dire autrement, je suis en colère quasi chaque jour. Ça va à peu près bien dans ma vie, je n’ai pas à me plaindre, mais dès que je regarde au dehors, ce qui se passe chaque jour en ce bas monde, j’ai juste envie de hurler. Je me sens chanceuse de pouvoir souvent me mettre dans mon coin, pour lire tranquillement, sans la crainte excessive de quoi que ce soit. Mais nous sommes finalement une minorité de chanceux au monde. Une infime minorité. Je l’ai toujours su, et je suppose que vous aussi, il suffit de lire un journal ou de regarder les infos, depuis toujours, pour constater la chance qui est la notre, quand on peut se targuer de cette chance.

    Mais quelque chose a changé. Avant, j’avais des espoirs, des envies et des ambitions, je militais dans un  parti (un truc avec un poing et une rose, je vous laisse deviner..), j’étais bénévole pour plusieurs associations, et c’était bien. Cela me permettait de remplir ce que je croyais être mon rôle sur cette Terre : aider les autres, tant que je peux. Mais les années ont passées, et quelque chose s’est cassé. J’ai l’impression que beaucoup de choses ne s’amélioreront jamais, uniquement parce que cela nourri un système. On peut faire des associations contre l’illettrisme, pour récolter des vêtements, des dons en nourriture, etc. mais tout cela ne sera jamais qu’une goutte d’eau dans l’océan. Non pas qu’il faille arrêter, bien sûr, mais j’ai l’impression que beaucoup de gens se battent avec si peu de moyens. C’est l’histoire du tonneau des Danaïdes, et je crois que je fatigue. J’ai surtout perdu mes illusions, et avec l’envie de faire. Heureusement, il ne s’agit que de ma petite personne, mais j’avais besoin d’en parler. La colère m’accompagne chaque jour, elle enfle à chaque injustice (et la journée de ce lundi 18 mai a eu son lot d’injustices, à Rennes avec la décision de ce procès, à Palmyre, en méditerranée, au large de la Birmanie, et en trop d’endroits sur Terre pour les compter sans devenir fou. Le truc, c’est d’arriver à penser qu’il faut quand même continuer de croire et d’espérer. Voilà, désolée pour ce billet un peu n’importe quoi et pas clair, mais difficile de continuer ici sans mettre d’abord ces mots à jour.

    Avec un peu de chance demain sera un autre jour.