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Oh Océane - Page 32

  • Et puis l'été

    L’été est une saison spéciale, faite de promesses et de projets. Il y a mille façons de l’aborder, en rêvassant, ou en étant plus organisé (que moi !)

    Voilà, je rêvasse, et je fais la liste des petits trucs qu’il me plairait de concrétiser cet été.

    Le fait est que j’avais tout cela en tête dès juin, mais je n’ai pas réalisé grand-chose encore !

    Il faut dire qu’il pleut si souvent.

    J’aurais voulu faire un pique-nique à Giverny, et me repaitre des fleurs et du paysage, en toute tranquillité, sans avoir à ne me préoccuper de rien que de mon propre plaisir. Petit hic, je n’ai pas le permis, et me trimballer en train avec un panier de pique-nique, tout de suite c’est moins fun. Bref, on oublie ^^

     

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    J’aimerais faire un mini potager/jardin sur mon grand balcon (ou mini-terrasse, selon le point de vue…) ça, c’est déjà plus abordable pour moi. J’ai déjà listé ce que je voulais planter, il me reste à prendre le temps d’acheter le matériel et de réaliser cela avant la fin octobre : tout à fait jouable !

    J’aimerais me remettre au yoga, travailler ma respiration, et apprendre à lâcher prise réellement ! Voilà le gros challenge : ne pas être inutilement touchée par tout et tous. Cultiver le « j’en ai rien à faire »,  ne pas être triste dès qu’une personne est désagréable ou se trompe à mon propos, fait preuve de préjugés et d’incompréhension, ou d’oubli. Cette année encore, j’ai passé mon anniversaire à attendre un mot, une attention, un coup de fil, une carte, un post-it enfin n’importe quoi, des gens que j’aime, à qui je pense porter attention et affection. Et comme chaque année, rien n’est venu, à part deci delà quelques « oh j’ai zappé ton anniv’ », trois semaines plus tard. L’important n’est pas qu’on le souhaite ou le célèbre, l’important est que les gens qui comptent aient cette pensée, cette attention. L’amitié comme l’amour se nourrissent mutuellement. Il ne s’agit pas d’attendre forcément que les autres pensent à vous parce que vous pensez à eux, mais si cela n’est jamais le cas, ne faut-il pas en tirer d’autres conclusions ? Sans en souffrir : c’est là le challenge.

    Et puis finalement, j’ai eu la chance que certains n’ont pas : avoir l’affection de mon fils, et l’amitié de son père, mon ex, ce jour-là. Apprendre à lâcher prise, profiter des bons moments :)

    Voilà, la liste est courte finalement, je ne désire pas grand-chose.

  • #JeSuisParisienne

    Aujourd’hui, juste un petit billet pour partager mon étonnement devant ce qui arrive à une sympathique bloggeuse, que beaucoup d’entre nous connaissent et lisent : The parisienne.

    J’ai été effarée d’apprendre la mésaventure judiciaire à laquelle elle est soumise, par le journal Le Parisien ! Cet organe de presse (a priori qui devrait avoir quelques principes quant à la liberté d’expression…) l’attaque en justice pour contrefaçon, parce qu’elle utilise le terme parisienne dans son url !!!!

    On rêve, on hallucine !

    Je suis certaine que la procédure aboutira en faveur de Nathalie la bloggeuse (sinon, il faudra attaquer les taxis parisiens, les sandwiches parisiens, et en fait tous les parisiens et parisiennes !! Mais je me dis qu’on marche vraiment sur la tête pour qu’un organe censé être sérieux, comme le Parisien, attaque une bloggeuse pour contrefaçon à cause de l’usage de ce terme, parisienne.

    On est en plein « crazy copyright », et je suis triste car cela devient général.

    Cela me rappelle les compagnies type Monsanto ou autre, qui brevètent des plantes de la  nature, estimant qu’eux seuls ont le droit d’en user, parce qu’ils ont pensé les premiers à déposer un brevet !

    De même qu’une plante de la nature appartient à tous, nous sommes tous libre de nous revendiquer parisien, parisienne, si l’envie nous en prend ! On ne peut pas déposer et breveter tous les mots. Le droit de propriété n’a pas pour objet d’être utilisé à de telles fins !

    Tous solidaires avec The parisienne, et que Le Parisien arrête ses conneries : il réclamer quand même 20 000€ de dommages et intérêts !!  Il faudra qu'on m'explique de quels dommages il s'agit ! Que Le Parisien revienne  la raison !

    C’est Tristan qui a raison ! pas assez de parisiennes et trop de Parisien !

     

  • Je me souviens que j'aime

    Cet été j’apercevais souvent une affiche de la Cinémathèque, à propos de l’expo « Le Musée imaginaire d’Henri Langlois », qui retrace les passions de ce grand cinéphile, qui allaient au-delà du cinéma et traçaient un pont entre tous les arts (tiens, le Pont des Arts en quelque sorte).

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    Et puis ce soir, en rentrant, j’ai écouté une lecture de « Je me souviens », de Pérec, par Sammy Frey.

    La voix de Sammy Frey. Il y a de ces voix d’hommes, parfois de femmes, qui sont un instrument de poésie à elles seules. Je les écoute, quoi qu’elles disent je suis heureuse et émue.

    Je ne vous ai jamais parlé de mes voix préférées ? Il faudra que je le fasse.

    Georges Pérec, et Henri Langlois, donc. Je me suis souvenue, moi aussi, et je me rends compte que j’ai perdu de vue ce qui me motivait à écrire ici, au-delà de tout, me rappeler encore et encore, par le biais de l’écriture, de ce que j’aime, de ce qui a traversé ma vie, et y a laissé une petite trace de beauté, de rêverie.

    Nous avons tous un musée imaginaire. Ce qui est merveilleux, c’est qu’on peut le remplir presque indéfiniment. Et si dans le mien figurent le souvenir de mon premier bouquet de pivoines chaque année, un petit mot de mon fils, l’odeur du dernier garçon qui m’a embrassé, il y a aussi l’Homme Debout de Giacometti, à défaut de l’avoir dans mon salon, et puis le roman de Jack London, Martin Eden, Jeanne Moreau qui chante au coin d’une cheminée, ma première paire d’escarpins et cette antienne de René Girard que j’oublie trop souvent : "chacun de nous se croit seul en enfer, et c'est cela l'enfer", et puis la Sainte-Vierge de Francis Picabia, et encore l’odeur un peu passée d’Opium sur un vieux foulard, et la neige le jour de la naissance de mon fils, et puis, et puis…

    On craint toujours de faire trop de place à ses souvenirs, qu’ils prennent l’espace dédié à « l’agir », mais je ne crois pas cela. Mes souvenirs et le musée imaginaire, c’est le moteur, l’exemple, la motivation pour faire, et bien faire.

    Tout cela pour en arriver à cette simple idée : parler un peu plus ici de ce qui peuple mon musée imaginaire.

     

  • Bloguer à propos de bloguer

    Dimanche soir, les vacances ne sont pas encore terminées, pas tout à fait.

    J’ai (enfin !) fait le tri dans mes fichiers mp3, epub, et autres : c’était un bazar sans nom, qui n’encourageait pas vraiment à l’effort. Retrouver un document précis relevait du défi.

    J’ai profité du soleil, du temps propice à la paresse pour paresser un peu, et réfléchir.

    Voilà, je me demande si tout ceci est encore bien utile, ou nécessaire ?

    Je fais allusion au blog.

    Le temps passe, je tiens ce blog, de manière de plus en plus erratique, depuis quoi, sept ou huit ans ? Les choses ont changé, et ce n’est pas forcément mon cas. Je veux dire, fut un temps, on écrivait pour partager, rire, s’épancher, pour rien, pour tout et pour simplement le bonheur d’écrire.

    Donc pas forcément pour un lectorat. Mais forcément, si l’on écrit, c’est aussi pour être lu, entendu. Or les choses ont changé. Il y a une professionnalisation des blogs qui lisse un peu cet univers, et surtout, je me demande si les « lecteurs », ne s’attendent pas forcément à plus de communications que de billets d’humeur ?

    Je dis peut-être des bêtises.

    Je me demande en fait quel est mon « petit plus », dans ce monde, vu mon peu de propension à faire des concours, faire gagner des trucs (pour ça, il faudrait que je réponde aux mails que je reçois…)

    Il m’arrive de caser un biller sponso de temps à autre, en me demandant encore comment quelqu’un peut être intéressé.

    Il m’arrive encore d’écrire des billets perso, de manière très irrégulière, pas par manque d’envie, mais par manque de temps : les mois derniers ont été difficiles de ce point de vue.

    Bref, beaucoup de questions, une seule réponse : j’écris ici de temps en temps parce que j’en ai envie, pour les mêmes raisons qu’il y a huit ans. Les blogs passent, changent, je me demande parfois ce qu’est devenue telle ou telle bloggeuse,  je m’en veux souvent de mon incapacité à créer des liens url et irl avec des gens que je me contente d’apprécier de loin. Mais c’est comme ça. C’est ma particularité, ça changera peut-être un jour, mais en attendant je me sens décalée dans la « bloggo », je n’y trouve pas ma place.

    Devrais-je changer maintenant ? Je ne saurais pas faire.

    Devrais-je arrêter ? C’est ce que je fais entre deux billets, après tout.

    Arrêter, et recommencer encore.

    J’aime bien les commencements.

    On dirait que c’est un commencement aujourd’hui ?

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  • Cinna - Corneille

    Dans ma quête de lectures à partager, après Aristophane, je me suis jetée sur la suggestion de Maggie de se plonger dans Cinna de Corneille !

    Voilà une vraie découverte pour moi, car je n’ai pas ouvert une pièce de Corneille depuis le collège. J’aime bien Racine, j’adore Molière, mais Corneille, bof, je n’ai jamais creusé plus que nécessaire.

    Donc Cinna, qu’en est-il ?  Sa première caractéristique est technique : c’est la première pièce de Corneille qui respecte la règle des unités de temps, de lieu et d’action. Passé cela, nous avons cinq actes d’alexandrins forcément bien travaillés pour nous conter l’histoire de la clémence d’Auguste envers Cinna. Auguste, empereur de Rome, a assis son autorité, comme tout le monde à l’époque, à l’aide de quelques meurtres et d’une cruauté nécessaire. Voilà qui appelle forcément la vengeance et la haine à son encontre. Notamment celle d’Emilie, sa filleule dont il a tué le père, et Cinna, l’amoureux de cette Emilie. Auguste est conscient du tumulte autour de lui, des désirs de vengeance qu’il peut susciter, et lassé de vivre sur ses gardes, il sent bien que l’autoritarisme et la punition cruelle ne l’aideront pas à tenir longtemps. Quand bien même, ce n’est pas vivre que de vivre toujours dans la crainte et aux aguets.

    La pièce met en scène la douleur d’Emilie, qui ne pense qu’à venger son père, malgré les bienfaits dont la comble Auguste, l’amour de Cinna qui vient plonger dans ce fleuve de vengeance et se trouver tourmenté par des appels contradictoires de sa conscience. La bonté d’Auguste envers les conjurés, Emilie, Cinna, et aussi Maxime, les porte à de nombreuses réflexions sur le bien-fondé de leurs actions envers un homme qui se fait leur protecteur et bienfaiteur.

    Quand au terme de ces tergiversations chacun ira dire sa vérité devant Auguste, ce dernier aura encore cette intelligence qu’on attendrait de beaucoup aujourd’hui : faire preuve de clémence pour avancer. La clémence d’Auguste ne vient pas comme une évidence, elle accouche dans la souffrance,  pour la simple et bonne raison qu’on ne fait la paix qu’avec ses ennemis.  Le choix des hommes est simple, aujourd’hui comme du temps d’Auguste et Cinna : soit l’on se fait éternellement la guerre, soit l’on décide qu’il n’y a pas de vie apaisée pour chacun, sans l’apaisement de tous.

    Je n’ai pu m’empêcher de penser aux différents conflits actuels qui émaillent l’actualité, et au fait que chacun renvoie la balle de la culpabilité à l’autre « c’est toi qui a commencé, je dois me venger, et si tu te venges, je me vengerais de ta vengeance après » ad libitum.

    La véritable intelligence politique consiste à s’asseoir avec son ennemi à la table de la paix.

    Ceci étant dit, si j’ai bien aimé le fond de la pièce, le propos, je me suis rendu compte que j’avais un peu de mal avec les alexandrins sur la durée. C’est une gymnastique que je ne pratique plus, pour ce qui est du théâtre. Cela demande un œil, une attention différente. Quelque part, j’ai réveillé un muscle que j’avais endormi :)

     

    Merci Maggie pour cette lecture commune !