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julien clerc

  • Oh, comme j’aime l’oubli

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    Oh comme j'aime l'oubli
    J'aime que rien ne repose sur rien,
    que mon verre soit vide puis rempli
    juste parce que j'ai levé la main.
    Et j'aime que tout soit évident,
    que le jour tombe avec la nuit
    D'ailleurs si c'est pas trop demander
    j'aimerais voir un jour.. tomber..
    Parfois c'est si rare, tout est bien
    tout a l'air d'être comme il faut
    et les néons et la radio le r'n'b copain-copain
    J'aimerais ne me souvenir d'aucun
    des trucs qui m'ont embarqué
    que ce que j'ai aimé soit loin
    et seulement voir le jour tomber.
    J'aime les bars comme cela l'hiver
    face à l'hippodrome à Orvault
    j'aime déjà ma prochaine bière
    c'est la dernière il ferme tôt ce soir
    car c'est l'anniversaire de ma fille monsieur désolé
    je vous en prie un dernier verre
    maintenant que le jour est tombé ...

    Dominique A - J'aimerais voir le jour tomber



    Sans titre 2.JPG

     

    Tu vois, on voudrait être simple et normal, mais on n'y arrive pas. Le fait est qu'on ramasse tout son courage, on fait sa petite liste, on rédige les résolutions pour un moment nouveau. Et puis on attend, mon ange, on attend. Et rien ne se passe, personne ne vient t'aider.

    Tu vois, on croit pouvoir affronter le ciel, la foule des têtes inconnues, leur sourire, faire comme si. Comme quoi d'ailleurs ? Mais non, la préméditation tue l'action. Si on se noie par surprise, l'instinct de survie nous sauvera, mais  si l'on programme cette noyade, le peu de raison qui reste nous commandera de fuir, de rester loin des berges dangereuses.

    Alors on fuit mon ange, on fuit et la liste reste intacte, aucune rature. Plus tard, on regardera à nouveau. L'audace ne vient qu'en plein danger.

    Tu vois, on voudrait trouver l'instinct naturel de la vie, et on ne fait qu'observer. Observer nous convient parfaitement, parfois on rentre dans le jeu, mais observer suffit amplement. Regarder la beauté comme la bassesse, les joies, les malheurs, les soubresauts de la vie des autres, les passions, les relâchements, les trahisons, les promesses.... Observer et deviner la suite : se tromper parfois, mais deviner juste la plupart du temps. Alors pourquoi se jeter dans la gueule du loup ? On sait bien ce qu'il en sera mon ange, alors pourquoi anticiper, et donner prise aux déconvenues. Après tout, on est bien là, à regarder la beauté et la bassesse du monde. Sans y prendre part plus que nécessaire.

    Tu vois, à force de rire et d'être heureuse, il y a toujours, toujours, ce moment ou une simple petite chose sera la goutte d'amertume qui abimera tout, définitivement. Jusqu'aux prochains éclats de rires et de larmes.

    Alors parfois, on veut juste se reposer de ce cycle, se retirer dans une bulle, ignorer le monde non choisi. Se concentrer sur la beauté et l'étrange, juste ça.

    Il faudrait dire aux petites filles qu'elles grandiront, et que ce sera moins drôle.... Le chevalier et le fou ne viendront que si on les évoque très fort. Le tableau prend vie, la princesse couronnée de rose reprend espoir. Est-on stupide de vouloir vivre au temps des fées, des champs de fleurs ? Est-on si ridicule de vouloir des chemins herbeux parcourus par des rossinantes fatiguées et des cavaliers étranges et beaux ?

    Tu vois, il reste encore cela à nous dire, que personne ne pourrait comprendre mieux que toi. La multitude est effrayante, même celle qui sourit... Maladroite et timide, rayonnante et audacieuse. Le jour et la nuit.

    Mais je préfère la nuit mon ange.

    La nuit.

     

     

  • Lundi, la pente, encore

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    Une photo, un poème, de la musique, des réflexions. Vous savez que les miroirs réfléchissent ? On devrait leur laisser ce monopole, et se contenter de regarder, d'admirer, d'aimer.

    Un être humain n'est pas un miroir. Curieux qu'il réfléchisse du coup. Notez que cela explique la douleur occasionnée. Quand on n'est pas fait pour quelque chose, on s'abstient.

    Et Claudine Longet vit quelque part.


    Tentative de smiley : <3 !

     

     

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    Steve - Ali

    Je te donne ces vers afin que si mon nom
    Aborde heureusement aux époques lointaines,
    Et fait rêver un soir les cervelles humaines,
    Vaisseau favorisé par un grand aquilon,

    Ta mémoire, pareille aux fables incertaines,
    Fatigue le lecteur ainsi qu'un tympanon,
    Et par un fraternel et mystique chaînon
    Reste comme pendue à mes rimes hautaines ;

    Être maudit à qui, de l'abîme profond
    Jusqu'au plus haut du ciel, rien, hors moi, ne réponds !
    - Ô toi qui, comme une ombre à la trace éphémère,

    Foules d'un pied léger et d'un regard serein
    Les stupides mortels qui t'ont jugée amère,
    Statue aux yeux de jais, grand ange au front d'airain !

    Charles Baudelaire.

     

  • La journée de la femme c'est nul

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    Hier c'était la journée de la femme. On va éviter d'en parler parce que ça va me fâcher...

    La journée de la femme, quelle femme ? il y a tellement de situations différentes ! Et puis le respect s'apprend et se vit chaque jour de l' année.

    Attendre un moment propice pour aborder les femmes dans la société, c'est assez foireux à mon sens, surtout dans la façon dont s'est organisé.

    On se réunit en séminaires, on constate, on déplore, et on promet que ça doit changer. Et on a fait sa B.A. de l'année.

    Le sympbolisme n'est pas tout...Mais j'ai dit que je n'en parlais pas...


    Passons à autre chose. Ou plutôt restons dans l'univers de la femme, et en poésie : ce sera ma façon de revenir sur le 8 mars.


    Marceline Desborde-Valmore est une poétesse méconnue, en tout cas inconnue de moi jusqu'il ya quelques années, et la chanson de Julien Clerc, Les Séparés.

    Pour mémoire:

     


    J'ai eu envie de vous parler de cette femme, dont Victor Hugo disait qu'elle était "la poésie même".


    Elle a un parcours digne d'un roman. Autoditacte, elle a su trouver en elle la beauté et nous l'a retranscrite dans des poèmes subtiles.


    En voici quelques un.


    Les Séparés


    N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre.

    Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau.

    J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,

    Et frapper à mon cœur, c'est frapper au tombeau.

    N'écris pas !


    N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous- mêmes.

    Ne demande qu'à Dieu...Qu'à toi, si je t'aimais !

    Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,

    C'est entendre le ciel sans y monter jamais.

    N'écris pas !


    N'écris pas. Je te crains ; j'ai peur de ma mémoire ;

    Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.

    Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.

    Une chère écriture est un portrait vivant.

    N'écris pas !


    N'écris pas ces doux mots que je n'ose plus lire :

    Il semble que ta voix les répand sur mon cœur ;

    Que je les vois brûler à travers ton sourire ;

    Il semble qu'un baiser les empreint sur mon cœur.

    N'écris pas !

     

    193552~Portrait-of-Marceline-Desbordes-Valmore-Posters.jpg
    Portrait de Marceline Desbordes-Valmore par Martin Drolling


     


    Les roses de Saadi


    J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;

    Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes

    Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.


    Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées

    Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.

    Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir.


    La vague en a paru rouge et comme enflammée.

    Ce soir, ma robe encore en est toute embaumée...

    Respires-en sur moi l'odorant souvenir.


    Marceline_Desbordes-Valmore.jpg

     


    L'entrevue au ruisseau


    L'eau nous sépare, écoute bien :

    Si tu fais un pas, tu n'as rien.


    Voici ma plus belle ceinture,

    Elle embaume encor de mes fleurs.

    Prends les parfums et les couleurs,

    Prends tout...Je m'en vais sans parure.


    L'eau nous sépare, écoute bien :

    Si tu fais un pas, tu n'as rien.


    Sais-tu pourquoi je viens moi-même

    Jeter mon ruban sur ton sein ?

    C'est que tu parlais d'un larcin,

    Et l'on veut donner quand on aime.


    L'eau nous sépare, écoute bien :

    Si tu fais un pas, tu n'as rien.


    Adieu ! Ta réponse est à craindre,

    Je n'ai pas le temps d'écouter ;

    Mais quand je n'oses m'arrêter,

    N'est-ce donc que toi qu'il faut plaindre ?


    Ce que j'ai dit, retiens-le bien :

    Pour aujourd'hui, je n'ai plus rien !

     

     


    Les poèmes sont tirés du recueil publiés dans la collection Poésie de Gallimard.


    Vous connaissiez cette poètesse ? Certains à qui je l'ai fait lire la trouve un peu "cucul", "nunuche", moi elle me touche. je lui trouve une grande sensibilité et une façon passionnée de dresser un portrait de l'Autre.

    J'espère vous avoir fait partager un petit moment agréable !!


    Bon courage pour ce Lundi !