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maurice carême

  • Maurice Carême - Avent littéraire #24

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    Aujourd’hui, pour ce dernier jour de l’Avent, j’aimerais partager avec vous les mots de Maurice Carême. C’est un poète que l’on réduit trop souvent à ses poésies enfantines. Il est vrai que c’était la star des classes de primaire, du moins dans mon enfance des années 80, avec la traditionnelle récitation du lundi matin. Mais pour ce jour, c’est le poète amoureux que je vous présente, avec ce recueil de poèmes à La Bien-Aimée.

    Voici donc deux poèmes parmi mes favoris du recueil.

     

    Il est vrai que la vie, un soir,
    Viendra prendre congé de nous,
    Mais que tu es belle au miroir
    Que la pluie creuse près du houx !

    Il est vrai que nos yeux, un soir,
    Se tourneront vers d’autres terres,
    Mais qu’elle est chaude la lumière
    Quand elle confond nos regards !

    Et il est vrai que le soleil
    Se lèvera comme aujourd’hui,
    Mais il manquera deux abeilles
    Au rucher tendre de la nuit.

     

     

    2015-12-21 001.JPG

     

    Regardes-tu pleuvoir aux carreaux comme moi ?

    La Fagne au loin grelotte, accoudée au ciel bas.

    Je repense au sentier que nous suivions sous bois,

    A l’écureuil lancé comme une grosse fleur.

    Où es-tu, que fais-tu ? Pleut-il au fond de toi

    Comme il pleut au jardin, comme il pleut dans mon cœur ?

    Ah ! pourquoi chaque goutte en tombant, chante-t-elle

    Cet air dont me revient sans fin la ritournelle !

     

    Voilà, cet Avent littéraire se termine sur cette douceur. J’espère que cela vous aura un peu plus.

    Je vais laisser ce blog dormir jusque l’an prochain, mais pas avant de vous avoir souhaité de belles fêtes de fin d’année. J’espère que ces derniers jours de 2015 seront doux et tranquilles, que vous les passiez seul ou en famille.

    Je retourne à mes bredeles et autres biscuits de Noël, c'est mon loisir du moment :)

    Noel.gif

    Joyeux Noël et à très vite.

     

  • Je voeux

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    Peut-être êtes-vous en train de faire les soldes.

    Peut-être êtes-vous en train de ne pas faire les soldes et de regarder par la fenêtre de votre bureau.

    Peut-être appliquez-vous une de vos bonnes résolutions de nouvelle année.

    Peut-être avez-vous pris conscience que la seule bonne résolution c’est de se résoudre au bonheur.

    Peut-être la fenêtre du bureau a-t-elle encore la trace des décorations de Noël collées par vos collègues.

    Peut-être cela vous rappelle-t-il comme les choses passent si vite, dans un souffle, un clin d’œil, un soupir, qui emporte avec lui les « je voudrais bien », qui n’ont pas été transformés en réalité.

    Peut-être devrais-je aller faire les soldes et trouver la meilleure paire de chaussures possible pour avancer sur le chemin de cette année.

    Peut-être cette paire existe déjà pour moi dans le regard d’un autre.

     

    Ce qui est certain, c’est que je vous souhaite une année de douceurs, de sérénité, de bonheur, où la question la plus importante que vous aurez à vous poser, c’est comment améliorer encore votre âme et votre cœur : c’est la question la plus évidente que j’aime à me poser.

     

    Soyez doux avec vous-même, vous le méritez :)

     

    Quant à moi, je ne réclame au destin qu’une dernière petite chose, comme dans ce poème de Maurice Carême : que mille rouges-gorges me chantent dans le cœur.

     

    Et le poème de Maurice Carême, le voici :

    « Est-ce que tu m’aimes bien ? »
    Disait-elle sous les pins.

    Qu’aurais-je pu lui répondre ?
    C’était plus que tout au monde.

    Elle reprenait alors
    « Dis-moi si tu m’aimes fort ? »

    Et je lui prenais les mains
    Aussi muet que les pins.

    « Que tu m’aimes plus que tout ? »
    Et je lui baisais le cou,

    Si noyé dans le bonheur
    Qui me serrait à la gorge

    Que les mille rouges-gorges
    Qui me chantaient dans le cœur

    Se taisaient, soudain surpris,
    Que je n’aie encore rien dit.

    Ce sera pour l’occasion ma poésie du jeudi, moi qui en inonde Twitter, je néglige de la faire vivre  ici autant qu’avant :)


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  • Poésie, ensuite

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    La poésie et la chanson, c’est une belle histoire, qui s’écrit depuis longtemps, autour des notes des plus grands.
    On connaît tous au moins un poème d’Aragon ou de Prévert, et parfois même on connaît une interprétation qui nous touche. Jean Ferrat qui chante Aragon ou Yves Montand qui interprète Prévert, c’est une façon d’aborder la poésie, avec une émotion supplémentaire.  Une émotion qui traverse les générations et qui revit encore avec de nouveaux interprètes, certains même assez inattendu.


    La Bande des Mots, c’est un projet collectif, qui engage des artistes différents, autour de la poésie et de l’école. Cet album réunit des gens aussi divers que Oxmo Puccino, Luce, Claire Keim, Marc Lavoine, Camélia Jordana, Arthur H…

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    De belles voix sur de beaux mots, au profit d’une belle cause. En effet, ces interprétations du répertoire poétique, en plus de nous faire « réviser » nos plus beaux poèmes, soutiennent la lutte contre l’échec scolaire, et une partie des bénéfices du disque sera reversée à des associations qui aident les enfants en échec scolaire et les élèves handicapés. Voilà pour la forme. Pour le fond, on a affaire à de bien jolies surprises.


    Je suis du genre assez amatrice, en poésie, je vous saoule assez avec ça je crois :) c’est donc avec une oreille très attentive que j’ai écouté cet album.

    Je connaissais déjà certaines interprétation, comme celle de Françoise Hardy, sur le poème d’Aragon que j’ai posté hier ; je connais et adore aussi la version de Ferré, sur « Est-ce ainsi que les hommes vivent » du même Aragon. J’ai redécouvert avec plaisir Marc Lavoine chantant Guillaume Apollinaire :


     « Sous le pont Mirabeau coule la Seine
                Et nos amours
           Faut-il qu'il m'en souvienne
    La joie venait toujours après la peine
     
         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure
     
    Les mains dans les mains restons face à face
                Tandis que sous
           Le pont de nos bras passe
    Des éternels regards l'onde si lasse »

     


    Marc Lavoine - Le Pont Mirabeau
    la voix de Marc Lavoine sait trouver le petit endroit juste là où le cœur se met à battre...


    J’étais bien moins agréablement disposée à l’égard de Jenifer et de Luce, et je dois vous le confesser j’avais tort. Tort de les mépriser d’emblée parce qu’elles sont issues de télé crochet, tort de considérer qu’elles ne peuvent rien faire de beau. C’est faux et (et d’autant plus paradoxale que j’adore Camélia Jordana qui a aussi fait un télé crochet...)
    J’ai rangé mon snobisme et mon petit ton péremptoire et j’ai ouvert mes oreilles. Et c’est mon cœur qui s’est ouvert avec, tant l’interprétation de Luce du poème de Maurice Carême m’a tourneboulée (c’est moche comme mot, mais je n’en vois pas d’autre là...) J’aime ce poète, Maurice Carême, c’est par lui que j’ai découvert l’amour de la poésie et des mots à l’école. Je me rappelle comme si c’était hier (avant-hier on va dire..) de ma classe de primaire, et de moi me tenant debout au tableau pour réciter l’un ou l’autre de ses poèmes...

    "Il pleut doucement, ma mère,
    Et c’est l’automne
    Si doucement
    Que c’est la même pluie
    Et le même automne
    Qu’il y a bien des ans.

    Il pleut et il y a encore,
    Comme il y a bien des ans,
    Combien de cœurs au fil de l’eau
    Et combien de petits sabots
    Rêvant au coin de l’âtre.

    Et c’est le soir, ma mère,
    Et tes genoux sont là
    Si près du feu
    Que c’est le même soir
    Et les mêmes genoux
    Qu’il y a bien des ans.

    Il pleut doucement, ma mère,
    Et c’est l’automne
    Et c’est le soir, ma mère,
    Et tes genoux sont là.

    Prends-moi sur tes genoux, ce soir,
    Comme il y a bien des ans
    Et raconte-moi l’histoire
    De la Belle au bois dormant."


    Luce a posé un ton juste et émouvant sur chacun de ses mots.


    Quant  à Jenifer qui interprète "Je te l’ai dit pour les nuages", de Paul Eluard (et vous connaissez mon amour inconditionnel pour Eluard..) elle a réussi elle aussi à toucher la corde sensible…


    C’est peut-être la force de ces auteurs de susciter l’émotion, le talent des compositeurs d’avoir trouvé le bon accompagnement, il y aussi le talent de ces interprètes, et Oxmo Puccino qui ouvre l’album avec "Les Assis" de Rimbaud, est juste géant, parfait !


    Il y  a un site officiel pas mal fait du tout, avec des portrait de chaque interprète, des vidéos d’élèves commentant les œuvres choisies, plus d’infos sur les associations dont il est question, le projet global est bien expliquée, avec la petite page Facebook qui va bien.
    L’album sort le 6 février 2012 (ça fera une chouette ambiance musicale, quelque soit votre soirée du 14 février...)