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paul eluard

  • En cas de doute, je lis de la poésie

    Dis, ça fait longtemps qu’on n’a pas parlé poésie par ici ! Enfin, parlé, c’est un bien grand mot. (Tiens ça fait longtemps aussi que je n’ai pas fait de podcast poétique)

    Bref, un dimanche sous la pluie, parfait pour rester au chaud sous la couette, quand on peut, à lire. Pour moi ce sera une énième relecture de Capitale de la Douleur, dont est extrait le poème suivant. (Par Paul Eluard, bien sûr) (what else ?)

     

    Ta bouche aux lèvres d'or n'est pas en moi pour rire

    Et tes mots d'auréole ont un sens si parfait

    Que dans mes nuits d'années, de jeunesse et de mort

    J'entends vibrer ta voix dans tous les bruits du monde

     

    Dans cette aube de soie où végète le froid

    La luxure en péril regrette le sommeil,

    Dans les mains du soleil tous les corps qui s'éveillent

    Grelottent à l'idée de retrouver leur cœur

     

    Souvenirs de bois vert, brouillard où je m'enfonce

    J'ai fermé les yeux sur moi, je suis à toi

    Toute ma vie t'écoute et je ne peux détruire

    Les terribles loisirs que ton amour me crée

     

    Paul Eluard (in Capital de la Douleur)

     

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  • "La poésie est dans la vie" - Paul Eluard

    Donner envie à un enfant de lire, ce n’est pas toujours simple. Il faut s’y prendre tôt dans son enfance et rendre la présence des livres aussi naturelle qu’indispensable. Chez moi, c’était plutôt facile, vu comme mon appartement est envahi de livres. Je ne sais pas comment j’aurais réagi si mon fils n’avait pas aimé lire (enfin si je sais, j’aurais fait la gueule, une belle gueule de six pieds de long).

    Donc mon fils aime lire, hourra dit-elle gonflée de fierté. Sauf que la poésie il n’aimait pas ça (le monstre !) et qu’il refusait de se pencher sur la question (le poignard effilé dans mon cœur tourne et tourne encore). Tout ça sous prétexte que « c’est bon on en parle à l’école déjà et c’est nul ». (Je vous ai parlé du poignard dans mon cœur ?)

    J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai fait un truc que je fais peu, voire jamais : critiquer l’Éducation Nationale devant mon fils…simplement en lui expliquant que le choix de poèmes étudiés en Primaire n’étaient pas des plus heureux. Je ne citerai pas de nom, mais on était bien loin de Maurice Carême et de Émile Verhaeren. En lisant son cahier de poésie, j’avais l’impression d’avoir affaire à des poètes « spécial éduc nat », c'est-à-dire des auteurs sur commande.

    Bref ce fut MA mission de donner le gout de la poésie à ma descendance. Mission périlleuse, car il faut éviter d’imposer, tout en guidant fermement le jeune lecteur.

    J’ai commencé par lui parler de Paul Eluard, parce que mon fils avait une vision figée et dogmatique de la poésie (un truc chiant au possible, quoi). Avec Eluard c’était facile de lui montrer que la poésie ce n’est pas une muse sur sa colline, mais la vie dans chacun de ses détails. La poésie c’est la parole, l’amour, le souvenir, le petit chat qui grimpe au mur et tout ce que l’on voudra. Avec la poésie, l’orange est bleue, la femme amoureuse se tient debout sur une paupière et les raisons de rêver ne manquent pas. Avec Eluard mon fils a compris que l’art s’accommode de toutes les folies, que l’on peut écrire ce que l’on veut, que la réalité ne connaît de limites que celle de notre imagination.

    J’avais acheté chez Folio cette petite « compilation » de poèmes d’Eluard, qui offre un joli panorama de son œuvre.

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    Lire ensemble, puis discuter de ce qu’on a compris chacun, de ce que cela nous évoque, c’est un moment particulier de plaisir. Et puis il y a vraiment de tout dans ce recueil, du surréalisme, des haïkus, des petits poèmes sur les animaux, des envols autour de la liberté et de l’amour. Bien assez pour trouver son bonheur, et surtout pour susciter la discussion et intriguer !

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    Et toi, cher lecteur, comment poétises-tu ?

  • Printemps des Poètes

    Le Printemps de la Poésie a commencé sous la pluie à Paris. Mais la pluie, c’est un événement météorologique très poétique, alors c’est parfait.

    L’idéal, ce serait de parcourir les rues, avec un genre de garde-champêtre pour annoncer des lectures, et les gens se mettraient à déclamer tous ensemble de la poésie, comme ça, à ciel ouvert dans la ville, pour tout le monde. Mais bon, les trucs officiels ça consiste surtout à endormir un parterre de vieux, ou d’écolier non consentants à la purge, par des discours plus lénifiants les uns que les autres, tout ça pour faire « vivre » la poésie. Je m’autoriserai presque un « lol ».

    Mouais, plus ça va et plus le Printemps des Poètes c’est le Printemps de quelques uns, dans un entre-soi détestable, avec quelques activités dont pour en entendre parler franchement faut être motivé.

    Bref ça m’énerve.

    Bon, un petit Paul Eluard pour la route ? Ce poème, comme tous ceux de Paul Eluard notez bien, rencontre un écho formidable à mon cœur. J’espère que quelqu’un le lira, qui saura combien je l’aime toujours infiniment.

     

    Même quand nous dormons – Paul Eluard

    Même quand nous dormons nous veillons l’un sur l’autre
    Et cet amour plus lourd que le fruit mûr d’un lac
    Sans rire et sans pleurer dure depuis toujours
    Un jour après un jour une nuit après nous.

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  • Paul Éluard - Avent littéraire #11

    La plupart du temps, quand je dois remplir une sorte de profil sur les réseaux sociaux, je dis toujours que j’aime Paul Éluard. Aussi simple que cela, je l’aime, comme s’il était l’amoureux qui fait battre mon cœur. Je suis incapable de parler autrement de lui, alors qu’il y a tant à dire de sa vie et de ses mots offerts au monde en cadeau.

    Le mieux c’est encore de le lire, de savourer ses poèmes.

    En voici un. En voici deux. En voici trois, glanés au hasard des souvenirs.

     

     

    Mon amour pour avoir figuré mes désirs

    Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre

    Tes baisers dans la nuit vivante

    Et le sillage des tes bras autour de moi

    Comme une flamme en signe de conquête

    Mes rêves sont au monde

    Clairs et perpétuels.

     

    Et quand tu n’es pas là

    Je rêve que je dors je rêve que je rêve.

     

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    Elle est debout sur mes paupières
    Et ses cheveux sont dans les miens,
    Elle a la forme de mes mains,
    Elle a la couleur de mes yeux,
    Elle s’engloutit dans mon ombre
    Comme une pierre sur le ciel.

    Elle a toujours les yeux ouverts
    Et ne me laisse pas dormir.
    Ses rêves en pleine lumière
    Font s’évaporer les soleils,
    Me font rire, pleurer et rire,
    Parler sans avoir rien à dire.

     

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    La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,
    Un rond de danse et de douceur,
    Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
    Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu
    C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

    Feuilles de jour et mousse de rosée,
    Roseaux du vent, sourires parfumés,
    Ailes couvrant le monde de lumière,
    Bateaux chargés du ciel et de la mer,
    Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

    Parfums éclos d’une couvée d’aurores
    Qui gît toujours sur la paille des astres,
    Comme le jour dépend de l’innocence
    Le monde entier dépend de tes yeux purs
    Et tout mon sang coule dans leurs regards.

     

    À demain !