26.02.2012

Comprenne qui pourra

L’autre soir, le souvenir de Gabriel Russier m’est revenu en tête, alors qu’on parlait d’Annie Girardot. Cette dernière avait joué son rôle, en quelque sorte, dans le film d’André Cayatte, Mourir d’ Aimer. Outre la très belle chanson d’Aznavour, cette histoire me remet en mémoire le poème de Paul Eluard, cité par Pompidou après le suicide de Gabriel Russier…

Pour ceux qui ne savent pas, Gabriel Russier était une enseignante de 32 ans, tombée amoureuse d’un élève de 16 ans, elle a été incarcérée, puis s’est suicidée. Atroce histoire…

A son décès Pompidou avait cité quelques vers d’un poème de Eluard, qui faisait référence aux femmes tondues de la libération, ces femmes « mal » tombées amoureuse…

C’est ce poème que je vous propose aujourd’hui. L’amour est une force indépendante de notre volonté, n’est-ce pas ?  

 

Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
 La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d’enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés

Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbres

Une fille galante
Comme une aurore de premier mai
La plus aimable bête

Souillée et qui n’a pas compris
Qu’elle est souillée
Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté

Et ma mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre.

Paul ELUARD

15.02.2012

Le sommeil de l'enfance s'achève en oubli, disait Victor Hugo

Une année inconsidérée, j’ai décidé que j’étais prête pour avoir un enfant, que moi qui jurais ne pas vouloir être mère, j’avais changé d’avis.

Il ne s’agissait pas d’avoir un enfant, mais de l’avoir lui. Il a mis presque trois ans à se décider, mais quand il est arrivé, je l’ai reconnu immédiatement, ce bébé était une évidence, la plus belle de toute.

C’est curieux comme la minute d’avant on est une certaine personne, et la minute d’après on en devient une autre, celle qui n’imagine plus l’univers sans lui. L’inconnu devient indispensable, essentiel, vital, nécessaire.

Et c’est curieux aussi, comme on a cette impression de le reconnaître, alors même qu’il vient de naitre. Quel est ce miracle ? N’y a-t-il que moi qui le connaisse ? Ça ne peut se renouveler, c’est impossible, il n’y a que moi qui puisse ressentir ça. Et pourtant…

Je l’ai reconnu, à la seconde où je l’ai tenu entre mes bras. Dieu sait que ça n’a pas été simple. On ne me la confié que plus de 24h après sa naissance. Vingt-quatre heures à me demander à quoi il ressemble, si je l’aimerais, s’il m’aimerait aussi, et si je saurais m’en occuper.

Vingt-quatre heures conclues par la plus belle rencontre de ma vie, ses petits doigts serrant les miens. Il était déjà trop tard, comment ne pas l’aimer, c’était lui que j’attendais, et qui est arrivé un 15 février, discrètement, sans ennuyer sa maman par un travail trop prolongé… Je fais partie de ces mères un peu béates (un peu bête ?) qui s’extasient sur la moindre minute de leur accouchement… Sept ans après, je m’émerveille encore de ce qui a été une promenade parfaite vers le statut de « maman », et je me dis que je suis la plus chanceuse de toutes, de l’avoir, lui, mon fils.

 

Je vais voler à Paul Eluard ces quelques mots, qui expliquent si bien ce que je ressens à chaque fois que je le vois :

 

Il fallait bien qu’un visage
Réponde à tous les noms du monde.

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C’est si simple, et si évident….

Joyeux anniversaire à toi.

31.01.2012

Poésie, ensuite

La poésie et la chanson, c’est une belle histoire, qui s’écrit depuis longtemps, autour des notes des plus grands.
On connaît tous au moins un poème d’Aragon ou de Prévert, et parfois même on connaît une interprétation qui nous touche. Jean Ferrat qui chante Aragon ou Yves Montand qui interprète Prévert, c’est une façon d’aborder la poésie, avec une émotion supplémentaire.  Une émotion qui traverse les générations et qui revit encore avec de nouveaux interprètes, certains même assez inattendu.


La Bande des Mots, c’est un projet collectif, qui engage des artistes différents, autour de la poésie et de l’école. Cet album réunit des gens aussi divers que Oxmo Puccino, Luce, Claire Keim, Marc Lavoine, Camélia Jordana, Arthur H…

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De belles voix sur de beaux mots, au profit d’une belle cause. En effet, ces interprétations du répertoire poétique, en plus de nous faire « réviser » nos plus beaux poèmes, soutiennent la lutte contre l’échec scolaire, et une partie des bénéfices du disque sera reversée à des associations qui aident les enfants en échec scolaire et les élèves handicapés. Voilà pour la forme. Pour le fond, on a affaire à de bien jolies surprises.


Je suis du genre assez amatrice, en poésie, je vous saoule assez avec ça je crois :) c’est donc avec une oreille très attentive que j’ai écouté cet album.

Je connaissais déjà certaines interprétation, comme celle de Françoise Hardy, sur le poème d’Aragon que j’ai posté hier ; je connais et adore aussi la version de Ferré, sur « Est-ce ainsi que les hommes vivent » du même Aragon. J’ai redécouvert avec plaisir Marc Lavoine chantant Guillaume Apollinaire :


 « Sous le pont Mirabeau coule la Seine
            Et nos amours
       Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
Les mains dans les mains restons face à face
            Tandis que sous
       Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse »

 


Marc Lavoine - Le Pont Mirabeau
la voix de Marc Lavoine sait trouver le petit endroit juste là où le cœur se met à battre...


J’étais bien moins agréablement disposée à l’égard de Jenifer et de Luce, et je dois vous le confesser j’avais tort. Tort de les mépriser d’emblée parce qu’elles sont issues de télé crochet, tort de considérer qu’elles ne peuvent rien faire de beau. C’est faux et (et d’autant plus paradoxale que j’adore Camélia Jordana qui a aussi fait un télé crochet...)
J’ai rangé mon snobisme et mon petit ton péremptoire et j’ai ouvert mes oreilles. Et c’est mon cœur qui s’est ouvert avec, tant l’interprétation de Luce du poème de Maurice Carême m’a tourneboulée (c’est moche comme mot, mais je n’en vois pas d’autre là...) J’aime ce poète, Maurice Carême, c’est par lui que j’ai découvert l’amour de la poésie et des mots à l’école. Je me rappelle comme si c’était hier (avant-hier on va dire..) de ma classe de primaire, et de moi me tenant debout au tableau pour réciter l’un ou l’autre de ses poèmes...

"Il pleut doucement, ma mère,
Et c’est l’automne
Si doucement
Que c’est la même pluie
Et le même automne
Qu’il y a bien des ans.

Il pleut et il y a encore,
Comme il y a bien des ans,
Combien de cœurs au fil de l’eau
Et combien de petits sabots
Rêvant au coin de l’âtre.

Et c’est le soir, ma mère,
Et tes genoux sont là
Si près du feu
Que c’est le même soir
Et les mêmes genoux
Qu’il y a bien des ans.

Il pleut doucement, ma mère,
Et c’est l’automne
Et c’est le soir, ma mère,
Et tes genoux sont là.

Prends-moi sur tes genoux, ce soir,
Comme il y a bien des ans
Et raconte-moi l’histoire
De la Belle au bois dormant."


Luce a posé un ton juste et émouvant sur chacun de ses mots.


Quant  à Jenifer qui interprète "Je te l’ai dit pour les nuages", de Paul Eluard (et vous connaissez mon amour inconditionnel pour Eluard..) elle a réussi elle aussi à toucher la corde sensible…


C’est peut-être la force de ces auteurs de susciter l’émotion, le talent des compositeurs d’avoir trouvé le bon accompagnement, il y aussi le talent de ces interprètes, et Oxmo Puccino qui ouvre l’album avec "Les Assis" de Rimbaud, est juste géant, parfait !


Il y  a un site officiel pas mal fait du tout, avec des portrait de chaque interprète, des vidéos d’élèves commentant les œuvres choisies, plus d’infos sur les associations dont il est question, le projet global est bien expliquée, avec la petite page Facebook qui va bien.
L’album sort le 6 février 2012 (ça fera une chouette ambiance musicale, quelque soit votre soirée du 14 février...)

04.09.2011

Dimanche avec Paul Eluard

Paul Eluard parle à mon cœur comme personne avant lui. Il n’est pas un moment de ma vie, que je n’ai pu assimiler à un de ces poèmes. Jours heureux ou jours de pluie, je trouve toujours quelques lignes chez lui pour accompagner ces moments.

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Ce recueil, « J’ai un visage pour être aimé » contient des perles. C’est une jolie compilation de ces textes les plus beaux.

Parmi ceux-là, Intimes, que voici.

Je vous souhaite un joli dimanche poétique.


 

INTIMES – In Les yeux Fertiles

 

         I

Tu glisses dans le lit

De lait glacé tes sœurs les fleurs

Et tes frères les fruits

Par le détour de leurs saisons

A l’aiguille irisée

Au flanc qui se répète

Tes mains tes yeux et tes cheveux

S’ouvrent aux croissances nouvelles

Perpétuelles

 

Espère espère espère

Que tu vas te sourire

Pour la première fois

 

Espère

Que tu vas te sourire

A jamais

Sans songer à mourir.

 

            II

A toutes brides toi dont le fantôme

Piaffe la nuit sur un violon

Viens régner dans les bois

Les verges de l’ouragan

Cherchent leur chemin par chez toi

Tu n’es pas de celles

Dont on invente les désirs

 

Tes soifs sont plus contradictoires

Que des noyées

 

Vient boire un baiser par ici

Cède au feu qui te désespère.

 

            III

Quel soleil dans la glace qui fait fondre un œuf

Quelle aubaine insensée le printemps tout de suite.

 

            IV

Figure de force brûlante et farouche

Cheveux noirs où l’or coule vers le sud

Aux nuits corrompues

Pr englouti étoile impure

Dans un lit jamais partagé

 

Aux veines des tempes

Comme au bout des seins

La vie se refuse

Les yeux nul ne peut les crever

Boire leur éclat ni leurs larmes

Le sang au-dessus d’eux triomphe pour lui seul

 

Intraitable démesurée

Inutile

Cette santé bâtit une prison

 

            V

Je n’ai envie que de t’aimer

Un orage emplit la vallée

Un poisson la rivière

 

Je t’ai faite à la taille de ma solitude

Le monde entier pour se cacher

Des jours des nuits pour se comprendre

Pour ne plus rien voir dans tes yeux

Que ce que je pense de toi

Et d’un monde à ton image

 

Et des jours et des nuits réglés par tes paupières.

 

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01.05.2011

L' Unique

Un peu de douceur pour clore cette semaine. Je n’ai pas été très présente, la faute à un surcroit de travail et un peu de désorganisation… Bref, haut les cœurs, on y retourne gaiement !

 

L’Unique

Elle avait dans la tranquillité de son corps
Une petite boule de neige couleur d’œil
Elle avait sur les épaules
Une tache de silence une tache de rose
Couvercle de son auréole
Ses mains et des arcs souples et chanteurs
Brisaient la lumière

Elle chantait les minutes sans s’endormir.

 

Ce poème de Paul Eluard, pour les amoureux de ce dimanche et des autres jours :) A très vite.

08.03.2011

Bazaar

Victor Hugo disait que les livres sont des amis froids et sûrs. Voilà donc mes nouveaux petits copains :

 

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Je pense que les titres sont tout ce qu’il y a de plus lisibles…

Je suis contente d’avoir à nouveau sous la main un exemplaire de Capitale de la Douleur, le mien est chez mes parents… La lecture d’Eluard devrait être obligatoire pour tous…

Sinon, appel à la population. Si vous n’êtes pas répertoriés là (click click) vous pouvez m’indiquer toutes vos publications de critiques au sujet de Daphne Du Maurier avant le 30 mars. Il n’est que plus que temps pour moi de choisir l’heureux élu qui se verra offrir un petit truc de ma part parce que j’aurais adoré son billet.

Tu sais quoi, le rose ? Bof, hein ?

Il y a des tasses à thé chez Truffaut… Truffaut où je traine parce que ma descendance s’est prise de passion pour le jardinage…  Mais je suis nulle en jardinage. Je ne sais même pas reconnaître une fleur d’une autre.

On va bien rigoler…

 

EDIT : les titres des bouuquins (c'est vrai que c'est un peu flou ^^)

 

Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon : les ghettos du gotha

Jean d'Ormesson: saveur du temps

Jim Dodge: stone junction

Les Brontë: le monde du dessous

James Canon : dans la ville des veuves intrépides

Paul Eluard: capitale de la douleur

Paul Eluard: j'ai un visage pour être aimé

Eduardo Mendoza : les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus

Yannick Haenel: cercle

Francis Scott Fitzgerald : les heureux et les damnés

Francis scott Fitzgerald : les enfants du jazz

Isabelle de Bourbon-Parme: je meurs d'amour pour toi

Sylvia Plath: arbres d'hiver

John Keats: poèmes et poésies

Marina Tsvétaiéva : le ciel brûle

J.S. Le Fanu: les mystères de Morley Court

Alberto Manguel : une histoire de la lecture

Upton Sinclair : pétrole !

Ibn Khaldun : la voie et la loi

Naguib Mahfouz : le cortège des vivants

Salman Rushdie: furie

 


20.02.2011

Poésie du dimanche

 

On reprend les bonnes habitudes mes lapins, avec une poésie en ce dimanche. Façon, je pouvais pas assurer plus, avec le gouter d'anniversaire de mon fils hier, je suis vannée, morte, cassée, à plat, et si tu as d'autres synonymes pour parler de ma fatiguitude, je prends....

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Prête aux baisers résurrecteurs - Paul Eluard

Pauvre je ne peux pas vivre dans l’ignorance
Il me faut voir entendre et abuser
T’entendre nue et te voir nue
Pour abuser de tes caresses

Par bonheur ou par malheur
Je connais ton secret pas coeur
Toutes les portes de ton empire
Celle des yeux celle des mains
Des seins et de ta bouche où chaque langue fond
ET la porte du temps ouverte entre tes jambes
La fleur des nuits d’été aux lèvres de la foudre
Au seuil du paysage où la fleur rit et pleure
Tout en gardant cette pâleur de perle morte
Tout en donnant ton coeur tout en ouvrant tes jambes

Tu es comme la mer tu berces les étoiles
Tu es le champ d’amour tu lies et tu sépares
Les amants et les fous
Tu es la faim le pain la soif l’ivresse haute

Et le dernier mariage entre rêve et vertu.

 

12.09.2010

Impatience du dimanche

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Du vrac ? En voilà !

 

J’ai regardé une émission passionnante sur le Machu Picchu, sur Arte hier soir.  Je connais mal les civilisations d’Amérique du sud, alors c’est toujours un moment intéressant. Tu te rends compte de tout ce que nous ignorons (enfin moi) sur 99 % des civilisations passées et présentes de la planète ? Comment acceptons nous de vivre dans un monde sans chercher constamment à le connaître, à l’aimer, à l’admirer ? Il y a tant d’occasions d’être étonné, époustouflé, ému. Et que faisons-nous ? Nous passons la semaine à travailler, pour des sommes plus ou moins intéressantes, qui finiront toutes dépensées en des loisirs somme toute si vains ? Et la connaissance ? Et l’apprentissage, l’expérience ? Comment nous grandir à nos propres yeux, quand il ne s’agit plus pour nous que de chercher à vivre dans une société donnée avec des buts qui ne sont que la satisfaction de besoins vitaux (ou pas) immédiats.

 

La rentrée scolaire est passée, bien passée. L’année entamée, et mon fils me donne déjà la liste des petits camarades qu’il veut inviter, quasi tous les samedis. Me voilà à courir après les mères de famille pour chopper numéro de téléphone et mail, convenir de goûter à la maison etc. ça me fait tout bizarre de « jouer » à la maman… Je ne joue pas, évidemment, mais je veux dire que ce n’est jamais évident pour moi ce rôle….

 

Je reçois pas mal de spams de Bernard Tapie et Patrick Bruel, chacun pour une entreprise de merde que je réprouve. Franchement que ces types déjà bien fortunés se servent de leur célébrité pour conduire des gens à dépenser inutilement leur pognon, voilà qui me donne envie de leur taper dessus… Exactement comme ces pubs Cofidis ou autres, qui proposent des crédits à la consommation, à des taux proches de l’usure. C’est un scandale national, auquel la loi commence à peine à s’intéresser. J’en reparlerais plus tard, parce que je m’y intéresse et que j’avais envisagé des actions à l’encontre de ces organismes voleurs et irresponsables.

 

J’ai momentanément fait une infidélité à Kusmi et Mariages Frères : j’ai trouvé de nouveaux parfums de thé sympa dans les rayons de mon carrouf’ préféré. Thé blanc-Litchi, Thé blanc-Framboises et Fraise-Rhubarbe. J’avoue que les associations sont parfaites, fraîches et délicates !

 

Je me suis inscrite au challenge Jonathan Coe, tous les détails chez June !

 

N’oubliez pas le challenge Daphnée Du Maurier, dont les détails sont là !

 

Pour ce jour, on termine avec une poésie ?  

L'Impatient - Paul Eluard - In Capitale de la Douleur

Si triste de ses faux calculs
Qu’il inscrit ses nombres à l’envers
Et s’endort.

Une femme plus belle
Et n’a jamais trouvé,
Cherché les idées roses des quinze ans à peine,
Ri sans le savoir, sans un compliment
Aux jeunesses du temps.

À la rencontre
De ce qui passait à côté
L’autre jour,

De la femme qui s’ennuyait,
Les mains à terre,
Sous un nuage.

La lampe s’allumait aux méfaits de l’orage
Aux beaux jours d’Août sans défaillances,
La caressante embrassait l’air, les joues de sa compagne,
Fermait les yeux
Et comme les feuilles le soir
Se perdait à l’horizon.