24.03.2011

Une place au soleil

J’ai un peu l’impression de me spécialiser dans la nécrologie en ce moment. La faute à ces idoles de ma jeunesse (et d’après…) qui nous quittent…

Elizabeth Taylor est donc morte.

J’aimais sa beauté évidente, son talent et la douceur qui se dégageait de son regard. Je ne suis pas d’un naturel « fan de », quoiqu’on pourrait m’opposer que j’ai une façon tranchée d’affirmer mes amours et mes détestations…

Elizabeth Taylor était d’abord une belle actrice, que je regardais petite, parce que je la trouvais si jolie… Et puis pour tout vous avouer, elle m’avait consolée sans le savoir. Les enfants sont cruels entre eux, surtout les petites filles, de vraies chipies souvent… Quand j’étais enfant, j’étais souvent en but aux moqueries de mes camarades de primaire à cause de mes yeux. Quant on me regarde, on sent qu’il y a un truc qui cloche. J’ai un regard un peu lointain de myope, mais avec une « infirmité » supplémentaire : j’ai les yeux hétérochromes, un œil vert et un œil marron. Cela donne un regard un peu étrange, absent. Les lunettes me protègent, mais je n’en ai pas toujours porté. Et donc, petite, cela me valait des moqueries, je n’étais pas « normale ». Mon frère ainé, pour me consoler, et me rendre fière de moi, m’avait expliqué que mes yeux étaient au contraire encore plus uniques, comme ceux d’Elizabeth Taylor. Son incroyable regard violet, ses yeux merveilleux l’étaient parce qu’ils étaient atteint de cette même « anomalie » génétique, l’hétérochromie. C’est tout bête, mais cela m’a attaché à elle. Et je remercie mon frère de m’avoir montré la vie sous cet angle : être fier de ce qui nous rend unique. Et même si je suis loin d’être aussi belle qu’elle, j’aime l’idée de cette petite « ressemblance ».

Ensuite, la filmographie exceptionnelle d’Elizabeth Taylor a fini de me la rendre unique au monde. Sa beauté de brune douce et sensible a été utilisée dans de nombreux films. Je me rappelle vous avoir parlé d’Ivanhoé sur ce blog, et aussi d’Une Place Au Soleil, un des plus beaux films de tout les temps… A chaque fois, il se dégage de son visage une telle douceur, une douleur presque…

Et puis sa vie personnelle, je ne parle pas de ses mariages particulièrement. Plutôt de ses luttes pour les causes humanitaires et notamment contre le SIDA, à une époque où cele ne se faisait pas si simplement.

Je vous laisse sur cette citation (oui c’est jeudi citation…) de Paul Claudel :

 

«  Il y a des yeux qui reçoivent la lumière et il y a des yeux qui la donnent »

 

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Avec Montgomery Clift

 

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Taylor et Clift dans Une Place au Soleil

 

 

 

 

 


28.02.2011

Le temps efface tout il n'éteint pas les yeux

Monday sucks, je vous le disais ce matin. Encore plus en cette fin de journée où j’apprends la mort d’Annie Girardot. Je ne vais pas m’étaler sur le sujet ou faire dans le pathos, juste rappeler quelle actrice merveilleuse elle à été, même si le  milieu du cinéma l’a boudée un temps… Je me rappelle de sa beauté dans ses films de jeunesse, sa présence sublime et drôle parfois…

Annie girardot, cinema, marcel proust,

 

 

Annie girardot, cinema, marcel proust,

J’ai une expression merdique pour signifier que je vais peu au cinéma, je dis que je n’aime que les films avec des acteurs morts dedans. Vraiment merdique comme expression… Mais elle se confirme…

 

Sa mémoire s’était envolée, triste destin de celle qui marque les nôtres, de mémoire.

Et sur ce temps qui passe, cruel et froid, me revient ce poème de Marcel Proust, avec ses quelques vers qui me mettent les larmes aux yeux ce soir.

Ne lisez rien de moi ici, mais lisez ces lignes, et si elles ne vous vrillent pas le cœur, alors c’est que vous n’en avez plus… 

 

Je contemple souvent le ciel de ma mémoire

Le temps efface tout comme effacent les vagues
Les travaux des enfants sur le sable aplani
Nous oublierons ces mots si précis et si vagues
Derrière qui chacun nous sentions l'infini.

Le temps efface tout il n'éteint pas les yeux
Qu'ils soient d'opale ou d'étoile ou d'eau claire
Beaux comme dans le ciel ou chez un lapidaire
Ils brûleront pour nous d'un feu triste ou joyeux.

Les uns joyaux volés de leur écrin vivant
Jetteront dans mon cœur leurs durs reflets de pierre
Comme au jour où sertis, scellés dans la paupière
Ils luisaient d'un éclat précieux et décevant.

D'autres doux feux ravis encor par Prométhée
Étincelle d'amour qui brillait dans leurs yeux
Pour notre cher tourment nous l'avons emportée
Clartés trop pures ou bijoux trop précieux.

Constellez à jamais le ciel de ma mémoire
Inextinguibles yeux de celles que j'aimai
Rêvez comme des morts, luisez comme des gloires
Mon cœur sera brillant comme une nuit de Mai.

L'oubli comme une brume efface les visages
Les gestes adorés au divin autrefois,
Par qui nous fûmes fous, par qui nous fûmes sages
Charmes d'égarement et symboles de foi.

Le temps efface tout l'intimité des soirs
Mes deux mains dans son cou vierge comme la neige
Ses regards caressants mes nerfs comme un arpège
Le printemps secouant sur nous ses encensoirs.

D'autres, les yeux pourtant d'une joyeuse femme,
Ainsi que des chagrins étaient vastes et noirs
Épouvante des nuits et mystère des soirs
Entre ces cils charmants tenait toute son âme

Et son cœur était vain comme un regard joyeux.
D'autres comme la mer si changeante et si douce
Nous égaraient vers l'âme enfouie en ses yeux
Comme en ces soirs marins où l'inconnu nous pousse.

Mer des yeux sur tes eaux claires nous naviguâmes
Le désir gonflait nos voiles si rapiécées
Nous partions oublieux des tempêtes passées
Sur les regards à la découverte des âmes.

Tant de regards divers, les âmes si pareilles
Vieux prisonniers des yeux nous sommes bien déçus
Nous aurions dû rester à dormir sous la treille
Mais vous seriez parti même eussiez-vous tout su

Pour avoir dans le cœur ces yeux pleins de promesses
Comme une mer le soir rêveuse de soleil
Vous avez accompli d'inutiles prouesses
Pour atteindre au pays de rêve qui, vermeil,

Se lamentait d'extase au-delà des eaux vraies
Sous l'arche sainte d'un nuage cru prophète
Mais il est doux d'avoir pour un rêve ces plaies
Et votre souvenir brille comme une fête.

 

Voilà, une femme s’éteint, avec elle une partie de ce monde…

 

25.11.2010

Je ne suis pas loin...

Dites donc les zamis, je vous néglige un peu ces temps-ci ? Je me rends compte que ça fait une paye que je n’ai pas illuminé de ma glorieuse lumière ces lieux, devenu poussiéreux depuis.

Réparons cela voulez-vous ?

 

Je fainéantise un peu en terme de publication, alors que là-haut ça fourmille, et que par ailleurs j’ai des tonnes d’article d’avance. Mais bon, je crois que je ne sais plus trop de quoi ou comment parler ici.

Quand j’aborde des sujets très perso, j’ai l’impression de faire dans le voyeurisme, de vous imposer des trucs. J’ai beau me dire que je suis chez moi et que je ne fais que ce que je veux ici, il y a pour moi une notion importante : être sincère et respectueuse de mes idées, sans offenser qui que ce soit.

Je crois que j’ai trouvé comme résoudre le souci J

Sinon, je vous l’annonce haut et fort, je me vautre dans des envies de Do It Yourself, c’en est pathétique !! Une sorte de Bree Van de Kamp a pris possession de mon corps, et je rêve de broderie, de tricot, de dessins, de cakes etc.… Sauvez moi bordel ! (Ou pas…)

Un autre sujet, soyez francs : je sais que je suis parfois chiante, pas vraiment un clown, mais sans déconner, suis-je si terrible ? J’ai parfois l’impression, par ci par là, que je suis perçue comme quelqu’un de solitaire, snob, prétentieux ? Je ne pose pas la question de manière ironique, vraiment… Je me pose des questions.

Bref, y a pas mort d’homme non plus ^^ !

 

Sinon, c’est jeudi, c’est citation ! Ici et chez Chifonnette !

Alors pour ma part, voici mon choix du jour (ce n’est pas une contrepèterie hasardeuse…)

 

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A demain !


 

11.11.2010

Citons, puisque c'est jeudi.

 

“C’est incroyable de s’empêcher d’être heureux.”

 

-Jean-Louis Trintignant - Un homme et une femme-

 

Merde quoi, zut à la fin.

 

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D'autres citations chez Chiffonette !

 

 

07.11.2010

My Steve for the day

Je dis souvent qu’un bon acteur est (hélas) un acteur mort. Au sens où la majorité des comédiens que je puis admirer, est morte et enterrée.

Au panthéon, figure en bonne place Steve McQueen.

Aujourd’hui est le trentième anniversaire de son décès.

J’aime cet acteur, son jeu, son élégance, son je ne sais quoi de si masculin.

J’aurais du mal à expliquer ce que je ressens à le regarder jouer, à simplement le regarder vivre au travers de photos ou de vidéos. Dieu sait pourtant que je ne suis pas du genre Fan2 mais bon…

Aujourd’hui, j’ai juste envie de me souvenir de lui un peu plus encore. Voilà.

 

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Steve et Ali McGraw

 

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Sinon, c’est dimanche, jour de poésie mes chers amis, initiative gérée par Bookworm ! Et bien voici quelques lignes de Pierre Louÿs, tirées des chansons de Bilitis :

 


podcast

 

La Lune aux yeux bleus

La nuit, les chevelures des femmes et les branches des saules se confondent.

Je marchais au bord de l’eau. Tout à coup, j’entendis chanter : alors seulement je reconnus qu’il y avait là des jeunes filles.

Je leur dis : « Que chantez-vous ? » Elles répondirent : « Ceux qui reviennent. » L’une attendait son père et l’autre son frère ; mais celle qui attendait son fiancé était la plus impatiente.

Elles avaient tressé pour eux des couronnes et des guirlandes, coupé des palmes aux palmiers et tiré des lotus de l’eau. Elles se tenaient par le cou et chantaient l’une après l’autre.

Je m’en allai le long du fleuve, tristement, et toute seule, mais en regardant autour de moi, je vis que derrière les grands arbres la lune aux yeux bleus me reconduisait.

11.08.2010

Lady L

Plus ça va et moins je vais au cinéma…. Plus ça va et moins les auteurs français  contemporains trouvent grâce à mes yeux. Souvent, après une lecture contemporaine un peu décevante, j’opère un repli salutaire vers de vieux bouquins.

C’est avec plaisir et confort que je me suis donc replongé dans un de mes romans préférés de Romain Gary : Lady L.

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Avec d’autant plus de plaisir que j’ai pu également re-visionner le film qui en a été tiré, par Peter Ustinov (fantasque Hercule Poirot et très bon romancier par ailleurs !)

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Lady L est un roman que Gary a rédigé directement en anglais, une particularité à signaler je suppose, quoique j’avoue apprécier indifféremment l’ouvrage en français ou en anglais.

C’est l’histoire d’une aristocrate fantasque et incroyable, qui vit sa passion de l’aventure et de l’amour sur fond d’anarchisme et de révolution socialiste. Romain Gary nous fait le portrait d’une Europe des années 30, amusante et agitée, avec des odeurs de révolution dans l’air, des personnages attachants, forts, hauts en couleurs et complètement déjantés !

Lady L navigue de l’aristocratie la plus classieuse aux bas-fonds du peuple qui voient émerger les révolutionnaires de l’époque. A travers les yeux de Lady L on assiste aux exploits et aux desseins  d’Armand Denis, un fougueux chantre de la Révolution armée. D’attentas en aventures rocambolesque, on suit ce couple improbable mais réellement attachant avec un réel plaisir. J’ai adoré cette femme, sure d’elle, sereine mais qui ose l’Aventure et l’Amour. Elle est drôle, amusante, émouvante et le regard qu’elle porte sur son époque, à travers elle Gary, c’est un regard acide et sans complaisance, mais aimant.

Le film est pareillement gai et enlevé, une joie ! Si vous voulez passer un bon moment, n’hésitez pas !!

28.03.2010

Be kind rewind (enfin, pas tout de suite)


Je crois que je trouve n'importe quel prétexte pour me servir de cette fabuleuse caméra flip gagnée chez la fabuleuse Gazelle (ça se voit que je suis contente ?)

J'ai toujours eu des velléités d'actrice, voire de réalisatrice. Vous allez en bouffer du film par moi... Pour l'instant je me fais juste un peu la main, en attendant de finir mon scénario : une version très perso de la Route des Indes de David Lean. Je suis assez inspirée par une certaine Moufette...

Donc en attendant je filme tout et n'importe quoi, surtout n'importe quoi en fait.


Genre le tirage au sort pour désigner les gagnantes des places pour Soul Kitchen.


Look at that :

Untitled from OhOceane on Vimeo.


Donc, j'attends instamment les adresses personnelles de Daydreamer, (faudra que je te soumette le scénario au fait NJC !!), Kahlan (ma bichette j'espère qu'une salle diffusera le film à moins de 150 km de chez toi ^^) et Eré (quelqu'un sait comment on tape un é majuscule, avec l'accent je veux dire...)


Vous pouvez me les envoyer là : danslessouliersdoceane@gmail.com.


Bon, qu'est ce que je pourrais filmer maintenant ? Moi en train de mettre du vernis ?


PS : je jure sur la tête à Tata Rachel que je réponds à tous les commentaires dans la journée de lundi, je suis en twitt-désintox alors ça devrait aller (Tata Rachel prie pour ton âme, on sait jamais...)

 

26.03.2010

Viens que je te soul (in the) kitchen


Aujourd'hui, j'ai franchi le mur du son de la fainéantise et de l'exploitation d'autrui.

Non, je ne suis pas devenu casteur pour émission de téléréalité. Il me reste un peu d'amour propre.

Twitter est un domaine plein de possibilités... J'ai déjà rameuté quasi toute ma Time Line pour voter pour moi chez Manu... Remember ?


[Petite parenthèse, manu est ma nouvelle belle-maman, au fait : oui j'épouse son fils et j'hérite de tout ce qui est griffé Sonia Rykiel, reste plus qu'à convaincre le fiston en question, mais Daydreamer et Shaya ont déjà approuvé les robes de demoiselles d'honneur et la fontaine de mojito au mariage, et aussi des chips pour les gosses de Day et le mien, faut penser à tout, c'est usant]


Tu comprends qu'avec tout ça, répondre à vos commentaire, ou écrire des notes, ce n'est pas évident... Alors je continue sur ma lancée « j'exploite honteusement mes gentils et talentueux followers ».

Donc, voilà de quoi il s'agit : tu as certainement entendu parler de Soul Kitchen ? Mate le trailer du film:


J'ai lu et vu de très bonnes critiques à son sujet, et j'espère aller le voir ce week-end. Mais sans payer ma place : puisqu' une charmante demoiselle qui s'occupe de la promotion de ce film m'a gentiment offert des places, afin que je me fasse une idée.

Vu les excellentes critiques de Rue89 et des Inrock, je pense passer un bon moment !

J'ai du coup aussi 2 fois 2 places à offrir !

Pour te donner envie de le voir, même si tu ne gagnes pas les places ici, je pourrais attendre lundi et te faire un excellent résumé de ce film. Mais comme je te l'ai dit, je suis en mode « j'exploite mon prochain ». J'ai donc abusivement profité de l'innocence d'un adorable blogueur pour lui faire écrire une note sur ce film. LoCiol a donc vu et aimé le film, et tu pourras lire, s'il te plait, son avis à cet endroit là, click click.

Une fois fait, tu reviens ici, et si tu veux gagner un des 2 lots de 2 entrées pour Soul Kitchen, je te demanderais simplement de répondre à une chose : quel festival international du film a décerné son prix spécial du Jury à Soul Kitchen ?


Tirage au sort parmi les bonnes réponses demain à 22h , filmé grâce à la SUBLIME caméra Flip de la non moins SUBLIME Gazelle !


That's all !


Don't forget : Dans les souliers de Causette, un an d'abonnement à gagner, clik click !

 

14.03.2010

Le ronin aux cheveux verts


La grande Manu (un peu de flatterie ne nuit pas) nous propose un concours qui déchire sa mère (pas celle de Manu, je ne me permettrai pas... vu l'enjeu)  Un concours où je peux on peut gagner une mini caméra. Il suffit de parler de son film préféré. En gros, je schématise.

Telle que tu me vois là, ange de ma vie, j'aime le cinéma, mais essentiellement avec des gens morts dedans.

Halte là ne t'enfuis pas !! Non je ne suis pas fan de films de zombies et autre Saw 1, Saw 2, Saw 3 etc..... (Encore que ce soit le pied pour filer se réfugier dans les bras d'un charmant jeune homme, je suis fourbe et j'ai lu l'art de la guerre de Sun Tzu : ses techniques marchent aussi pour le cul et l'amour)

Non, quand je parle de films avec des morts dedans, je parle des acteurs d'avant, car c'est connu c'était mieux avant ma bonne dame !

Gregory Peck, Montgomery Clift, Clark Gable, Liz Taylor (qui va pas tarder à clamser je pense), autant de raisons de mouiller ma culotte cinéphile (oui, je suis dans une pleine période poésie).

Alors comme je suis aussi une chieuse, en plus d'être poète, je vais te parler de 2 films, un du temps d'avant que c'était mieux avant, un d'un japonais, parce que j'aime le Japon et les japonais et toutes les japonaiseries possibles ! Mais tous 2 ont un point commun : ils me parlent à moi des relations humaines, du rapport qu'entretient l'homme avec les apparences, qui sont évidemment trompeuses, et la conscience que l'on a de sa propre éthique et de ses propres faiblesses.

Alors, le premier que j'aime voir et revoir et que je te conseille de visionner en ces temps fâcheux d'identité nationale, c'est Le Garçon aux Cheveux Verts.

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Le pitch comme dit Ardisson mon idole en matière de T-shirt noir, c'est le suivant : « Orphelin à la suite d'un bombardement sur Londres, le petit Peter Frey est recueilli par un vieil artiste de cirque, Gramp, qui manifeste tant d'affection et de gentillesse pour l'enfant que celui-ci se laisse peu à peu apprivoiser. Miss Brand, sa nouvelle institutrice, lui prête d'autant plus d'attention qu'elle sait que Peter est pupille de la Nation et ne peut se consoler de la perte de ses parents, malgré toutes les prévenances de Gramp. Quelle n'est pourtant pas la surprise de Peter, un matin, de se réveiller avec les cheveux verts ! Du jour au lendemain, il devient l'objet, puis la victime de la curiosité de ses petits camarades et des adultes qui se moquent de lui. Personne ne peut trouver d'explication valable à cette extraordinaire situation. »

Film de Joseph Losey, avec dans le rôle du petit garçon, Dean Stockwell plus connu pour son rôle de Al l'hologramme dans Code Quantum....

J'aime ce film car il montre tout simplement les réactions des uns et des autres face à l'inconnu, à l'étrange. Le petit garçon, en acquérant cette couleur de cheveux inhabituelle devient un étranger à sa propre communauté. Celle-ci ne se fonde que sur les apparences, et là où il y avait un petit garçon adorable, elle ne voit plus qu'un être étrange, qu'elle ne peut vraiment comprendre, ni affecter dans une case attendue. C'est évidemment une métaphore sur l'intégration, les étrangers, ceux qui doivent faire face à l'incompréhension des autres face à leur apparence. J'ai adoré cette façon  presque poétique de parler des différences sans l'air d'y toucher. Comment la même personne peut être vue de différentes manières pour une simple question de couleur de.....cheveux ! Ça peut sembler incroyable, mais finalement est-ce plus incompréhensible que de s'en tenir à une couleur de peau ?

 

L'autre film, c'est Zatoïchi de et avec Takeshi Kitano. Le pitch : « Dans le Japon des samouraïs, Zatoïchi est un voyageur aveugle qui gagne sa vie en tant que joueur professionnel et masseur. Mais son handicap dissimule un guerrier stupéfiant dont l'extrême précision et la rapidité en font un combattant hors-pair. Au fil de ses pérégrinations, Zatoïchi arrive dans un village sous la coupe d'un chef local, Ginzo, qui fait régner la terreur en se débarrassant de quiconque osera se dresser sur son chemin, par l'intermédiaire d'un redoutable samouraï ronin, Hattori. Zatoïchi rencontre dans un bar deux geishas aussi belles que dangereuses, qui se rendent de ville en ville pour rechercher le meurtrier de leurs parents. Leur seul indice est un nom : Kuchinawa. Alors que les hommes de main de Ginzo découvrent Zatoïchi, le combat s'engage et la légendaire canne-épée de celui-ci entre en action. »

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Zatoïchi est un incroyable guerrier, aveugle ! Pourtant il manie les armes comme personne ! Sans vouloir déflorer le film (auquel cas tu t'arrêtes de lire ici même) la chute est phénoménale et du coup nous interroge encore sur notre capacité à nous arrêter aux apparences ! En effet Zatoïchi n'est pas aveugle : il voit parfaitement ! Mais il considère que la véritable force est de s'affranchir de certaines apparences, la confiance est une force intérieure. Comme aveugle, Zatoïchi fait l'objet d'un mépris et l'on pense qu'il est fragile. Mais les apparences sont encore une fois trompeuses. Zatoïchi lui n'a pas besoin d'offrir une façade guerrière ou pleine d'une arrogante confiance pour réussir. Il puise sa force ailleurs, et nous prouve qu'il est inutile et dangereux de se contenter de  regarder la façade pour en tirer des conclusions.


Voilà deux films que je te conseille de voir au plus vite !

 

21.01.2010

Love Story

 

Salut mon lapin, tu as vu comme je t'abandonne ? Le fait est que je ressens comme une immense fatigue morale. Je crois que j'ai envie de trucs merveilleux qui ne se passent pas en fait. Tu sais, la magie, l'incroyable, l'inattendu. Et il n'ya  rien que le quotidien, terne et quotidien justement.

C'est à moi de le bousculer, je sais bien, mais là j'ai carrément envie qu'on me prenne par la main et qu'on m'emmène dans un endroit fabuleux

Pourtant il y à matière à rêver si l'on s'en donne la peine. J'écoute toujours autant de musique, pas mal de Francis Lai et Michel Legrand en ce moment. Un peu nostalgique.

Pour ce qui est de la lecture, je suis happée par Daphnée Du Maurier, dont je découvre quelques titres que j'avais négligé, surtout parce qu'ils n'étaient guère trouvable, mais heureusement Phoebus Libretto continue à nous proposer la réédition de chef d'œuvres oubliés.

J'essaie de magnifier mon quotidien par l'écriture aussi. Pour tout te dire, enfin presque tout, j'ai ouvert un blog ailleurs, anonyme, qui me permet de fictionner un peu plus que de coutume.

Le femme de Boris Vian est morte. Je me rends compte qu'on n'a jamais parlé de Vian toi et moi. C'est un tort. Tu sais que les écrivains sauvent le monde et les gens. Lui m'a sauvé quand j'avais 16 ans, il m'a montré qu'on peut être ce que l'on veut, et si les gens ne s'arrêtent qu'aux apparences, tu peux manipuler ces apparences et faire quand même ce que tu veux. Je crois que ça vaut la peine qu'on reparle de Boris, un vrai satrape lui.

Erich Segal est mort. C'est un home incroyable, et on ne retient de lui que ce roman, Love Story, qui est pas mal, mais qui vaut surtout par le film qui en a été tiré ! Erich Segal est un homme incroyable oui, d'une diversité de talents et d'un éclectisme fabuleux ! Prenons date pour lui rendre un hommage correct.

En attendant, écoute Andy Williams chanter le générique de Love Story, avec l'image radieuse d'Ali MacGraw, la femme de ma vie de toute éternité. Tiens, la musique est de Fancis Lai. Un des arcs parfait de la perfection : Ali MacGraw - Andy Williams - Francis Lai.

Je crois que j'ai un fond greluche nunuche bien ancré : l'ouverture de cette chanson suffit à me vriller le cœur et à chercher le creux d'une épaule, n'importe quelle épaule presque.





Tu sais peut-être que Madamezazaofmars nous a proposé un petit concours sympa, va voir . Je sais que plusieurs d'entre vous ont proposé déjà leurs photos, bravo à tous.

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Pour ma part, tu sais ce qu'il en est, je suis incapable de faire une bonne photo seule, je dois toujours faire appel à une main secourable (Virginie ma chérie que serais-je sans tes photos ?), je n'ai pas participé, mais je serai ravie de voter, on a jusqu'à demain soir !

Pour l'instant je me contenterais de te laisser admirer Ali MacGraw, oui encore, faut croire que c'est son jour. J'y peux rien si la regarder me fait pleurer tout en me rendant heureuse

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Où puiser la magie du jour ? Je ne sais pas, mais je pressens que c'est une main amie qui prend la mienne, et qui m'emmène sous un ciel de lumière regarder un horizon visible à nos seuls yeux. Quelqu'un pourrait m'expliquer pourquoi la vie n'est pas que ça ? Naitre, travailler, mourir, c'est vain. A quoi occupons nous nos journées qui ne soit pas vain ? Dis-moi ? La vie n'est intéressante que par ses fantasmes, ses projections, rarement par son simple accomplissement.

Sur ce, je te laisse, j'ai mon ordonnance de Seroplex à aller chercher.