Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Printemps des Poètes

    Pin it!

    Le Printemps de la Poésie a commencé sous la pluie à Paris. Mais la pluie, c’est un événement météorologique très poétique, alors c’est parfait.

    L’idéal, ce serait de parcourir les rues, avec un genre de garde-champêtre pour annoncer des lectures, et les gens se mettraient à déclamer tous ensemble de la poésie, comme ça, à ciel ouvert dans la ville, pour tout le monde. Mais bon, les trucs officiels ça consiste surtout à endormir un parterre de vieux, ou d’écolier non consentants à la purge, par des discours plus lénifiants les uns que les autres, tout ça pour faire « vivre » la poésie. Je m’autoriserai presque un « lol ».

    Mouais, plus ça va et plus le Printemps des Poètes c’est le Printemps de quelques uns, dans un entre-soi détestable, avec quelques activités dont pour en entendre parler franchement faut être motivé.

    Bref ça m’énerve.

    Bon, un petit Paul Eluard pour la route ? Ce poème, comme tous ceux de Paul Eluard notez bien, rencontre un écho formidable à mon cœur. J’espère que quelqu’un le lira, qui saura combien je l’aime toujours infiniment.

     

    Même quand nous dormons – Paul Eluard

    Même quand nous dormons nous veillons l’un sur l’autre
    Et cet amour plus lourd que le fruit mûr d’un lac
    Sans rire et sans pleurer dure depuis toujours
    Un jour après un jour une nuit après nous.

    affiche-du-printemps-des-poetes-2016.jpg

  • Pour un 8 mars littéraire

    Pin it!

    Au début, j’avais pensé ne rien écrire, et passer sous silence ce 8 mars. Chaque année nous avons droit au même bal des faux-culs, mâtiné d’un sexisme commercial de plus en plus énervant, tant ce jour est prétexte aux différentes marques pour nous fourguer leurs produits. J’adore les produits de beauté, les fringues, les chaussures etc.. mais franchement c’est insultant et agaçant de recevoir des sms/mails de la part des enseignes de cosmétiques ou mode, nous gratifiant de réductions cadeau à l’occasion de la journée de la femme. Faut vraiment être une équipe de cons finis aux services marketing des dits marques pour persister, en 2016, dans cette communication (de merde). Ces marketeux oublient une chose essentielle : le 8 mars est là pour nous rappeler que dans bien des pays, y compris le notre, les droits des femmes sont bafoués, niés, massacrés. Alors très sincèrement, les 20% de réduction sur la petite robe, ou le rouge à lèvres, ce n’est pas foncièrement la préoccupation du jour, sans compter l’éternelle réduction de la femme à ces futilités, qui ne sont qu’une infime partie de notre être bordel de nom.

    Bref, prenons le temps, ce jour comme le reste de l’année d’ailleurs, de réfléchir, d’observer ce qu’il reste encore de combats à gagner, et comment les gagner. Prenons le temps de lire aussi, des livres qui participent à l’éveil d’une conscience indispensable à ce combat.

    Je ne me suis jamais présentée comme féministe, pour moi la question ne se posait pas vraiment. Peut-être qu’avant, vers l’adolescence, il me semblait évident que tout le monde ne pouvait être que féministe : qui, dans le monde moderne des années 80/90, pouvaient ne pas vouloir l’égalité de tous ? J’étais vraiment naïve et ignorante du monde. C’est par les livres que j’ai commencé, et continué ma réflexion sur le sujet.

    Au départ, ce sont des lectures de hasard, c'est-à-dire des livres lus sans volonté précise de ma part de lire sur le sujet du féminisme, et qui m’on amené à réfléchir un peu différemment. Voire à réfléchir tout court.

    Le premier d’entre eux, c’est l’essai de Virginia Woolf, Une Chambre À Soi. Le lire m’a ouvert les yeux sur une évidence qui était pourtant là, offerte à mon regard. Pourquoi les femmes n’accèdent pas à la même réussite qu’aux hommes, pourquoi n’ont-elles pas la même possibilité d’étudier, de progresser. Sont-elles plus bêtes ? Non, évidemment. Il leur manque, il NOUS manque seulement, et essentiellement, cette fameuse chambre à soi, cette possibilité de s’isoler du fracas du monde, de s’extraire d’un rôle social, et d’obligations, pour se consacrer à autre chose qu’à un devoir biologique et social. Il manquait aux femmes de son époque la liberté de choisir une vie, de voyager, d’être financièrement indépendante. Cette liberté est encore à conquérir, en 2016, pour bien trop de femmes. Le partage des tâches ménagères et de l’éducation des enfants est une évidence encore trop théorique. Combien de femmes mettent de côté leurs ambitions, leurs rêves, parce que c’est plus simple, plus « logique » socialement ?

    Dans la suite de Virginia Woolf, j’avais lu à l’époque, et encore par hasard, sans savoir à quoi m’attendre, Une Maison de Poupée, de Henrik Ibsen. Le personnage de Nora, la « petite alouette » de son mari, marque toute jeune lectrice. J’ai ressenti de l’agacement, puis de la peine, pour cette femme d’apparence stupide et superficielle. Encore plus d’agacement envers son mari qui prolonge dans son mariage le paternalisme de toute une société. L’émancipation de Nora, son éveil à sa propre valeur, font de la pièce de Ibsen une expérience de lecture qui bouleverse les certitudes.

    Plus tard, Gisèle Halimi a fini d’ancrer dans la réalité la nécessité des combats féministes au quotidien. La Cause des Femmes, avec le procès de Bobigny, a été encore plus bouleversant. C’était étrange pour moi de considérer qu’une jeune fille, moins de vingt ans plus tôt, affrontait l’humiliation d’un procès, une accusation publique de toute la société, pour avoir subit un avortement. J’avais déjà beaucoup d’admiration pour Gisèle Halimi grâce à son combat contre la torture en Algérie (l’essai autour de Djamila Boupacha est d’ailleurs un autre livre-pivot de mon engagement politique, mais c’est un autre débat).

    ouvrage-une-chambre-c3a0-soi-virginia-woolf.jpg

    ibsen.gif

    Halimi.jpg

    Bref, encore une fois, prise de conscience et ancrage dans le réel : les livres sont là pour nous rappeler le chemin parcouru, et ce qu’il nous reste à conquérir.

    Je me rends compte que le sujet me passionne et qu’il y a encore quelques livres traitant plus ou moins du sujet, dont j’ai envie de vous parler, peut-être plus en détail. Je pense notamment à King Kong Theorie de Despentes, au Carnet d’Or de Doris Lessing, à La Servante Écarlate de Margaret Atwood. Je pense aussi à Christine Delphy, à Nikki Gemmell et Mona Chollet, à Judith Butler et Annie Ernaux. Plein d’occasions de revenir m’épancher ici :)

  • Tout ne peut être dit

    Pin it!

    Mardi soir je déambulais dans les salles du Grand Palais, pour le vernissage de l’exposition Carambolages. Je vous parlerai plus tard de cette expo, que je vous engage à aller voir, elle est magnifique, je vous en dirai plus mais n’attendez pas pour y courir. Pendant cette déambulation, donc, il est arrivé plusieurs fois que je reste assise, atone, ou plutôt comme hébétée, devant une œuvre. Hébétée c’est moche comme terme, putain de moche, alors que je voudrais évoquer l’envie de silence et de calme que j’ai ressenti. En fait non, ce n’est pas non plus ça. Difficile d’expliquer parfois ce qu’un tableau, une sculpture ou peu importe l’œuvre, peut provoquer en soi. Un mélange de bonheur mêlé d’effroi et le regret de n’être pas plus seule pour se laisser aller à l’extase et aux larmes. Le titre de l’expo, Carambolages, était parfait pour décrire un peu ce qui traversait mon esprit. Les mots se bousculaient, les images aussi, et suivant l’œuvre qui  provoquait ces émois, je pouvais passer du rire aux larmes. Mais le plus souvent, je n’avais qu’une envie, rester assise, et regarder en silence, en me rappelant ces mots de Philippe Jaccottet : « La poésie me semble là, justement, pour faire voir au regard usé, désabusé, que le monde n’a jamais cessé d’être étrange, lointain, désirable. » J’ai redécouvert un monde étrange, lointain et désirable, le temps d’une promenade.

    Et puis sur le chemin du retour, il m’a semblé curieux de me rappeler la conversation avec une ancienne collègue de travail, qui me demandait ce que je voulais vraiment faire dans la vie ; je répondais en général : rêver le monde. Celui de tous les jours, j’ai du mal à m’y adapter, je ne sais pas composer avec. Pourtant, nous le faisons tous, du moins nous essayons.

    Et puis le fichu métro arrive à destination, et je me dis, arrête de te la péter Aïcha, ne prends pas prétexte des trois livres et demi que tu as lu dans ta vie pour exiger d’être une étoile au milieu de nulle part.

    Don Quixote.jpg

    (Les combats contre les moulins à vent devraient être une discipline obligatoire au bac : meilleur moyen d’appréhender la vie)

  • Adaptation

    Pin it!

    En regardant les Oscars, au moment de la catégorie Meilleure Adaptation, je me suis fait la réflexion que j’avais toujours bien du mal avec l’idée d’un roman porté à l’écran. Ou plutôt, du mal avec l’adaptation ciné ou télé des romans que j’ai bien aimé. Même si le résultat est beau, esthétique, fidèle ou je ne sais quelle autre qualité encore, à la fin je regrette toujours un peu d’avoir cédé à la curiosité de regarder le film après avoir lu le roman. Il va de soi que c’est encore pire pour moi d’avoir vu un film avant de lire le roman dont il est tiré.

    Une seule exception à cela, Autant En Emporte Le Vent, que j’ai vu et revu une multitude de fois avant de tomber sur le livre au collège. Bizarrement, tout ce qui me fait craindre une adaptation ne s’applique pas à ce film. Laissez-moi dans mes contradictions.

    Donc, pour en revenir au cœur du sujet. Quand un roman me plait, il reste des années dans ma tête, et se manifeste de temps en temps par un détail, par le travail de l’imaginaire et des souvenirs, et ainsi se crée tout un univers mental associé à ce roman. Comme tout bon lecteur, je me fais ma propre adaptation visuelle, et je dois avouer qu’elle me suffit. C’est comme si j’avais peur d’être dépossédée de MON livre, de MES personnages, et l’effroi est encore pire quand l’adaptation est une vaste blague. (Non mais sérieux, Depardieu en Edmond Dantès ???)

    La relation à un roman est une chose si personnelle et intime, j’ai du mal à partager cela avec un réalisateur, qui mettra un visage sur un personnage qui existe déjà dans ma tête… Pourtant, j’apprends à être moins psychorigide, plus souple et bienveillante. C’est comme un exercice anti-égoïsme, où il s’agit, à travers une adaptation, de comprendre ce qu’on partage avec des milliers d’autres lecteurs/spectateurs. Ce n’est pas toujours évident :)

    Aux Oscars cette année, il y avait parmi les nommés dans la catégorie adaptation, trois films basés sur des romans que j’ai lu et aimé. Carol, Brooklyn, et Room. Ce dernier m’a même complètement bouleversée. De fait, j’attends avec appréhension d’aller voir le film, qui sort courant mars, tant le récit m’a marqué. J’ai peur d’être déçue, et que cela gâche presque tout ce que j’avais brodé dans ma tête autour du livre. Pourtant, je vais aller le voir dès que possible.

    Je ne sais pas si je suis complètement timbrée à me faire des montagnes sur le sujet ? Mais ça me rassurerait de n’être pas la seule :)

    À propos du roman de Emma Donoghue, j’avais écrit un billet, il y a quelques mois : Room.

    Sinon, un jour il faudra que je vous parle de ma détestation des couvertures de livre tirées des affiches des films adaptés. Mais à chaque jour son combat.

  • Héo Leo tout en yolo

    Pin it!

    Au premier instant, à la réouverture du document word intitulé sobrement blog, j’avais pensé lancer un joyeux BONNE ANNÉE ! avant de me rappeler que le 1er mars est un moment un peu tardif pour une présentation de vœux.

    Mais on s’en fiche, soyons fous et hors de contrôle : bonne année !

    J’avais bien pensé écrire tout cela en janvier, puis en février, mais à chaque jour qui passait, la mort d’un illustre chanteur/acteur/penseur/artiste etc.. venait assombrir la journée en question.

    Sérieusement, la Faucheuse préposée aux célébrités a eu des journées chargées en ce début d’année. Et, comment dire, c’était un peu déprimant. L’impression que l’actualité n’est qu’une litanie de morts, célèbres ou inconnus. Un sorte de procrastination de la bonne humeur m’a emmené chaque jour au jour d’après.

    Et puis hier, j’ai été de très bonne humeur, de manière presque un peu gamine. J’ai ressenti une joie amusante et futile de fan contente pour un de ses acteurs favoris, et il fallait bien que j’en parle à quelqu’un, alors me voilà !

    Permettez-moi de lancer, à défaut d’un « bonne année » ponctuel, un BRAVO LEO ! (Imaginez plein de petits cœurs clignotant et une farandole de licornes arc-en-ciel, ce sera plus parlant.)

    Franchement, ça valait le coup de se coucher à pas d’heure pour voir, enfin, la consécration de DiCaprio aux Oscars.

    Les moins de vingt ans (voire de trente ans) ne se rappelleront pas de lui en Mason Capwell enfant, ni dans le rôle du jeune en difficulté recueilli par le Dr Seaver, parce que les moins de vingt ans (voire de trente ans) n’auront pas eu la joie des multi diffusions de Santa Barbara et de Quoi de Neuf Docteur sur une télévision tout sauf numérique et à l’antenne râteau erratique. Tout ça pour dire que Leo m’accompagne, nous accompagne, depuis tant d’années, qu’il s’inscrit dans les plus jolis pans de la mémoire collective.

    C’est une petite joie, et ça ne se refuse pas les petites joies par les temps qui courent.

    Cherry on the cake, ce joli gif trouvé sur Pictoline, qui résume joliment les choses.

     

    903061683.gif

    Demain, si tu es là, on parlera encore Oscars, sous l’aspect littérature.

    (Et bonne santé sinon !)