28.02.2011
Le temps efface tout il n'éteint pas les yeux
Monday sucks, je vous le disais ce matin. Encore plus en cette fin de journée où j’apprends la mort d’Annie Girardot. Je ne vais pas m’étaler sur le sujet ou faire dans le pathos, juste rappeler quelle actrice merveilleuse elle à été, même si le milieu du cinéma l’a boudée un temps… Je me rappelle de sa beauté dans ses films de jeunesse, sa présence sublime et drôle parfois…


J’ai une expression merdique pour signifier que je vais peu au cinéma, je dis que je n’aime que les films avec des acteurs morts dedans. Vraiment merdique comme expression… Mais elle se confirme…
Sa mémoire s’était envolée, triste destin de celle qui marque les nôtres, de mémoire.
Et sur ce temps qui passe, cruel et froid, me revient ce poème de Marcel Proust, avec ses quelques vers qui me mettent les larmes aux yeux ce soir.
Ne lisez rien de moi ici, mais lisez ces lignes, et si elles ne vous vrillent pas le cœur, alors c’est que vous n’en avez plus…
Je contemple souvent le ciel de ma mémoire
Le temps efface tout comme effacent les vagues
Les travaux des enfants sur le sable aplani
Nous oublierons ces mots si précis et si vagues
Derrière qui chacun nous sentions l'infini.
Le temps efface tout il n'éteint pas les yeux
Qu'ils soient d'opale ou d'étoile ou d'eau claire
Beaux comme dans le ciel ou chez un lapidaire
Ils brûleront pour nous d'un feu triste ou joyeux.
Les uns joyaux volés de leur écrin vivant
Jetteront dans mon cœur leurs durs reflets de pierre
Comme au jour où sertis, scellés dans la paupière
Ils luisaient d'un éclat précieux et décevant.
D'autres doux feux ravis encor par Prométhée
Étincelle d'amour qui brillait dans leurs yeux
Pour notre cher tourment nous l'avons emportée
Clartés trop pures ou bijoux trop précieux.
Constellez à jamais le ciel de ma mémoire
Inextinguibles yeux de celles que j'aimai
Rêvez comme des morts, luisez comme des gloires
Mon cœur sera brillant comme une nuit de Mai.
L'oubli comme une brume efface les visages
Les gestes adorés au divin autrefois,
Par qui nous fûmes fous, par qui nous fûmes sages
Charmes d'égarement et symboles de foi.
Le temps efface tout l'intimité des soirs
Mes deux mains dans son cou vierge comme la neige
Ses regards caressants mes nerfs comme un arpège
Le printemps secouant sur nous ses encensoirs.
D'autres, les yeux pourtant d'une joyeuse femme,
Ainsi que des chagrins étaient vastes et noirs
Épouvante des nuits et mystère des soirs
Entre ces cils charmants tenait toute son âme
Et son cœur était vain comme un regard joyeux.
D'autres comme la mer si changeante et si douce
Nous égaraient vers l'âme enfouie en ses yeux
Comme en ces soirs marins où l'inconnu nous pousse.
Mer des yeux sur tes eaux claires nous naviguâmes
Le désir gonflait nos voiles si rapiécées
Nous partions oublieux des tempêtes passées
Sur les regards à la découverte des âmes.
Tant de regards divers, les âmes si pareilles
Vieux prisonniers des yeux nous sommes bien déçus
Nous aurions dû rester à dormir sous la treille
Mais vous seriez parti même eussiez-vous tout su
Pour avoir dans le cœur ces yeux pleins de promesses
Comme une mer le soir rêveuse de soleil
Vous avez accompli d'inutiles prouesses
Pour atteindre au pays de rêve qui, vermeil,
Se lamentait d'extase au-delà des eaux vraies
Sous l'arche sainte d'un nuage cru prophète
Mais il est doux d'avoir pour un rêve ces plaies
Et votre souvenir brille comme une fête.
Voilà, une femme s’éteint, avec elle une partie de ce monde…
Tweet16:44 Écrit par Océane dans Bavardages, Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne, Fatrasie, Les films, Poésie | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : annie girardot, cinema, marcel proust |
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Monday sucks
Il y a des jours, tu réalises que c’est lundi, et tu voudrais te recoucher, oui mais non, tu ne peux pas, obligations et autres conneries tu comprends…
Tiens, on est lundi ?
Pas grave, pense à autre chose…
Mets des petits cœurs à la con sur ton agenda, comme moi, tu verras que ça ne change rien, mais ça fait plaisir…
Les photos du Frankie Diary, c’est pour Chocoladict qui voulait voir l’intérieur.
Tu peux aussi participer à un concours sympa qu’il est trop bien. Surtout si comme moi tu es fan de Gaëtan Roussel.
Mardi prochain, le 1er mars, se déroule la seconde partie des Victoires de la Musique.
Le public est appelé à voter pour l’Album de l’année…
Et Ginger de Gaëtan Roussel est nominé.
Pour inciter au vote, il y a donc un concours avec une guitare Martin dédicacée par Gaëtan Roussel à gagner ainsi que des places de concerts pour le Zénith de Paris le 6 avril prochain :
http://www.gaetanroussel.com/victoires/
Pour récapituler :
1- Tu votes aux Victoires
2- Tu t’inscris
3- Tu partages via facebook et/ou twitter
4- Et tu attends le tirage au sort par huissier
Sinon, faut que je décide qui gagne le challenge Daphné Du Maurier, je vais donc relire tout les posts, et si tu n’es pas répertorié là (click click) fais le moi savoir !
Et promis je réponds aux commentaires très vite !!
Sinon, bah, si tu t’emmerdes encore, tu peux revenir demain ? J’ai encore de la bouffe de samedi à digérer….
Tweet00:28 Écrit par Océane dans Bavardages, Challenge, La musique | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : daphné du maurier, frankie diary, gaetan roussel |
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27.02.2011
Salon du manger et du mal aux pieds
Hier c’était la journée « salon de l’agriculture », avec mon fils et son père. Je te laisse imaginer l’état de mes pieds après plus de quatre heures à piétiner dans les allées bondées !!
Pas grand-chose à en dire, on a mangé, mangé, mangé. Dégustations à presque tout les coins de stand…
J’en suis revenue avec du fromage, miaaaaaam, mais surtout regarde :
Des tonnes de documentations, genre je ne sais pas où aller en vacances tu vois moi, l’aficionado de vacances….
Et, et, et : une tasse à thé !!!!!!!
Oui, a tasse a thé a day keep the mauvais poil away (demande si tu veux des proverbes, j’en connais plein…)
On n’est pas sérieux, hein, bon, je te laisse, j’ai un diner presque parfait de blogueurs culinaires à finir de visionner. merci M6 replay.
Tweet12:01 Écrit par Océane dans Bavardages, Food, Shopping | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : salon de l'agriculture, m6 replay, m6, un diner presque parfait, blogs culinaires |
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24.02.2011
les fous

"Voici pour les fous. Les désaxés. Les rebelles. Les fauteurs de troubles. Les têtes rondes dans les trous carrés. Ceux qui voient les choses différemment. Ils ne sont pas friands de règles et ils n’ont aucun respect pour le statu quo. Vous pouvez les citer, être en désaccord avec eux, les glorifier ou les vilipender. Mais la seule chose que vous ne pouvez pas faire, c’est de les ignorer. Parce qu’ils changent les choses. Ils poussent la race humaine vers l’avant. Et si certains peuvent les voir comme des fous, nous, nous voyons le génie. Parce que les gens qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde sont ceux qui le font.”
Jack Kerouac
Merci à Chiffonnette pour cette belle initiative, la citation du jeudi
Tweet17:38 Écrit par Océane dans Bavardages, Citations, pensées | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : jack kerouac, citation du jeudi |
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23.02.2011
Pierre Bayard
Lire, c’est une bonne partie de ma vie, et je me rends compte que je n’en parle pas assez ici. Pas autant que je le voudrais. Parce que je suis une vilaine jalouse : quand j’ai un bouquin, je veux le garder pour moi, bien le savourer dans ma tête avant d’opérer un quelconque partage. De fait, je ne critique que peu les bouquins au moment de leur sortie, c’est rare. Ce qui m’amène à parler d’un livre, à part ceux que l’on met gracieusement à ma disposition, c’est une sorte de pulsion qui s’anime on ne sait comment ni pourquoi.
Ce liminaire juste pour que vous ne vous étonniez pas du décalage entre les bouquins dont je choisis de parler et l’actualité littéraire.
Or donc, ce jour, me vient l’envie de vous parler de Pierre Bayard, un putain de bon écrivain, comme il s’en fait de moins en moins visible dans nos médias habituels...

Aujourd’hui parlons de ce délicieux ouvrage : « comment parler des livres que l’on n’a pas lu ? »
Je suis certaine que c’est un titre qui trouvera écho auprès de pas mal d’entre nous… ce titre est provocateur et peut sembler viser à la moquerie, mais tout juste s’agit-il d’ironie. La douce ironie du véritable homme de lettres.
Passé le premier paragraphe assez osé, où l’auteur explique qu’il n’a pas le temps de lire, puisque il trop occupé à enseigné la littérature, on s’engage vite dans la véritable démarche de l’auteur : lire c’est quoi ? Nous lisons tous des livres, (enfin, je crois) mais tous à notre manière. Il y a les livres qu’on a lu de la première à la dernière ligne, les livres dont on nous a parlé et que bon finalement pas la peine de le lire pour en parler. Et puis il y a les souvenirs qu’on a des livres de notre lointain passé, avec ce que le temps opère de modifications à notre mémoire. Comme il y a un méta langage, il ya une méta lecture.
S’appuyant sur des exemples de lecteurs célèbres, Pierre Bayard fait surtout l’apologie de la lecture comme plaisir libre et renouvelé, qui n’obéit à aucun carcan. Il y autant de version d’un même livre qu’il y a de lecteurs. Ce qui reste en définitive, c’est le souvenir intérieur de ce livre, propre, de fait, à chacun de nous. Il y a une sorte de bibliothèque universelle, dans laquelle il nous est donné de tracer notre propre labyrinthe.
J’aime cet éloge de la lecture libre, parce qu’il la désacralise, il l’ouvre au plus grand nombre. Quel lecteur peut se targuer d’être le plus près de la vérité livresque ?
Tweet23:47 Écrit par Océane dans Bavardages, Les livres | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : pierre bayard, lecture |
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21.02.2011
Il est doux de se croire malheureux, quand on n'est que vide et ennuyé
C’est la révolution en Tunisie, et moi je revenais tout juste d’un voyage au pays Irrépressible de la Réalité Linéaire. C’était chiant. Les tunisiens déboulonnaient Ben Ali et je me triturais le ciboulot pour savoir pourquoi quoi qui où en vain, la réponse n’existe pas. Ou alors quelqu’un me la donnera au soir où mes yeux se cloront pour toujours. Les tunisiens révolutionnaient dans le jasmin (parait-il) et moi je ne pensais qu’à Chergui de Serge Lutens. Mon flacon était tombé de la table, d’assez haut pour se briser, mon cœur avec, et l’odeur chaude et envoutante de se répandre dans la pièce. Elle ne la quitte pas. Mon cœur se brise encore à chaque fois que je pénètre l’endroit. Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait la tristesse. Pourquoi les larmes montent-elle quand je respire ce parfum ? Ce n’est pas le flacon que je regrette, rien qui ne soit remplaçable. Mais l’avoir laissé tomber, se briser à mes pieds, sentir ce parfum me monter à la tête… C’est comme si je ne pouvais rien tenir entre mes mains, rien faire qui soit un peu solide. Un cœur se brise pour un peu trop de parfum versé. L’odeur persistante vient réchauffer la moquette, les murs, un coussin… Je m’allonge sur le lit, le coussin contre moi, et je revois tout ce qui m’a échappé, des mains, de ma vie, de mes pensées. Tout n’est que fuite, et moi je reste statique.
C’est la Révolution en Égypte et moi je comble le vide de « quoi » en accumulant des dessins idiots sur des carnets de toutes les couleurs. Un pantone d’émotions, de questions, finalement aussi brumeux qu’un arc-en-ciel raté…Un dictateur s’en va, un autre lui succèdera, une certitude presque rassurante, qui donne un repère, un point d’ancrage. Quelque chose contre lequel s’élever. Que vais-je devenir si la liberté des peuples m’enlève les motifs de mes indignations, les raisons de rester encore debout, pour se battre de loin contre des tyrans anonymes à mon vrai monde. Que me reste-t-il encore, sinon cet égotisme de petite fille qui crie, qui exige qu’on lui laisse son jouet, son dictateur à honnir. Les tyrans tombent en Égypte et je peux inscrire dans le carnet bleu marine numéro trois, qu’une journée encore s’est passée sans que je me libère de ma hargne égoïste à vouloir dominer tout et tous, juste pour ne plus avoir peur. Juste pour voir au travers de ma boite.
C’est la révolution en Libye, et le hasard, toujours ironique, moqueur, insultant presque, me fait tomber dans un désir de dunes, de sable, de vide infini. Un vide où il n’y aurait que moi, un carnet, le jaune numéro deux, celui des désirs cachés. Un carnet où je pourrais noter ce qui dans ce désert me manque vraiment. Le vide se comble par le vide. Curieux, mais c’est comme ça. Un chef d’Etat en bout de course fait tirer sur la foule et je pense au désert si tranquille. Je suis absente de ma propre vie, je regarde celle des autres, je l’envie et la méprise tout en même temps. Je sais que si l’on me donne ce bout de désert, je saurais voir plus clair, comme si la toile de fond de mon existence s’y animait…Les carnets, c’est comme les déserts et la vie, ils ne se remplissent que de soi.
Rêver et vivre, c’est la même chose, sauf que rêver fait moins mal.

***le titre est d'Alfred de Musset.
Tweet23:27 Écrit par Océane dans Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne, Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : révolution, serge lutens, chergui, tunisie, egypte, jasmin, vide, désert |
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Haïr fatigue
C'est Jean Rostand qui nous fournit le titre du jour, Dieu qu'il était lucide...
Impossible d’ouvrir l’ordi, le journal, la télévision en ce moment, sans que je ne ressente une drôle de colère. J’ai l’impression de faire ma vieille bique snob, mais c’est de pire en pire. Quoi, me direz-vous ? Tout.
Je deviens intolérante à la médiocrité, à tout ce qui m’explose à la figure chaque jour.
Je ne supporte plus la façon dont je ne sais qui essaye de nous vendre le candidat Dominique Straus-Kahn, à toute force, lequel vient nous dire à la télé qu’il écoute son épouse. Je suppose qu’Anne le conseille régulièrement sur la façon de gérer ses infidélités avérées... Sa vie perso je m’en fiche, mais qu’on me l’impose comme étant LE candidat providentiel, ça commence à être un peu relou…. D’autant que les scientifiques cherchent toujours une trace de gauche dans les idées de DSK…
J’en ai ras le bol qu’on me présente unilatéralement Florence Cassez comme une pauvre jeune fille innocente qui aurait vécu des années avec un dangereux chef de gang, sans qu’elle ne voit jamais rien des otages retenus chez eux. C’est connu l’amour rend aveugle. J’en ai marre qu’on oublie les autres français détenus dans le monde, ne serait-ce que Mickael Blanc ou Salah Hamouri : faut dire qu’ils sont moins choupi à l’écran…
J’en ai marre des merdes qui deviennent pléthoriques à la télévision. Et même si je ne regarde pas, je suis parasitée par ceux qui trouvent que ça fait un excellent sujet de conversation sur Twitter, au travail, dans le bus etc.… j’en ai rien à carrer des tentatives de TF1 et consorts de vider mon cerveau et le remplir de coca. Et ça m’énerve encore plus de voir que ça n’énerve pas les autres. Je déteste l’idée que « tu comprends, à la fin de la journée, j’ai juste envie de me détendre tu voix, je sais que c’est de la merde, mais je regarde au second degré »… Non : regarder c’est cautionner, c’est apporter de l’argent aux moulins de ces videurs de cerveaux. Que faire de son âme, de sa sensibilité ? Comment les nourrir si on les expose constamment à la médiocrité, même sous prétexte de détente ? La vie est courte, doit-on la passer à la (fausse) détente, ou à essayer d’améliorer ce qu’on est ?
En attendant, je ne fais pas mieux je crois. Je note, je souligne, je fais des petites listes des choses qui me font plaisir, pour de vrai.
Je remplis mon agenda de dates rêvées et de rendez-vous fantasmés avec l’inconnu, le merveilleux…
Merci à l'inconnu au loin qui m'a offert cet agenda...
Et je crois que je développe une obsession, écrire au bic….
Ça ira mieux demain, Yannick Haenel m’a redonné le sourire…
Tweet09:25 Écrit par Océane dans Bavardages, Des fois je réfléchis, ça fait mal au crâne, Les livres | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : frankie diary, frankie magazine, agenda, bic deux couleurs, salah hamouri, michael blanc, florence cassez |
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20.02.2011
Poésie du dimanche
On reprend les bonnes habitudes mes lapins, avec une poésie en ce dimanche. Façon, je pouvais pas assurer plus, avec le gouter d'anniversaire de mon fils hier, je suis vannée, morte, cassée, à plat, et si tu as d'autres synonymes pour parler de ma fatiguitude, je prends....
Prête aux baisers résurrecteurs - Paul Eluard
Pauvre je ne peux pas vivre dans l’ignorance
Il me faut voir entendre et abuser
T’entendre nue et te voir nue
Pour abuser de tes caresses
Par bonheur ou par malheur
Je connais ton secret pas coeur
Toutes les portes de ton empire
Celle des yeux celle des mains
Des seins et de ta bouche où chaque langue fond
ET la porte du temps ouverte entre tes jambes
La fleur des nuits d’été aux lèvres de la foudre
Au seuil du paysage où la fleur rit et pleure
Tout en gardant cette pâleur de perle morte
Tout en donnant ton coeur tout en ouvrant tes jambes
Tu es comme la mer tu berces les étoiles
Tu es le champ d’amour tu lies et tu sépares
Les amants et les fous
Tu es la faim le pain la soif l’ivresse haute
Et le dernier mariage entre rêve et vertu.
Tweet07:03 Écrit par Océane dans Challenge, Citations, pensées, Poésie | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : paul eluard, poésie, capitale de la douleur, amour |
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18.02.2011
Le genou du lapin
A Besançon dans le Doubs, il y a parfois des chiens qui s’égarent dans des rues sombres le soir.
A Besançon dans le Doubs, il y a peu d’activité pour les chiens le soir. Imaginez dons la détresse d’un pauvre chien solitaire. Un bâtard qui plus est, assez moche, blanc, des taches fauves disposées bizarrement, formant comme une sorte de constellation irrationnelle. Quoi qu’on peut se demander s’il existe des constellations rationnelles.
Ralph, le chien, cherchait un bar accueillant, histoire de noyer son chagrin. Enfin, chagrin, pas vraiment. Plutôt une sorte de dérèglement de l’humeur, que lui avait refilé Antoine le chat, comme on refile un microbe à son voisin.
Une enseigne accueillante, une porte fermée sur des rires et des hourras bruyants, on était bien le soir de la finale de curling à douze du département…. Ralph poussa la porte du troquet et s’installa pour regarder lui aussi la retransmission, espérant trouver là un dérivatif à sa mauvaise humeur…
La salle était chaude et sentait la soupe de potiron. Ralph en commanda un bol, se souvenant dans un rire, du jour où Antoine le chat avait plongé dans un plein chaudron de soupe au potiron pour se suicider après une déception amoureuse…
Voilà le problème, Antoine essayait un peu trop souvent d’en finir avec la vie féline, à cause de ses amours contrariées. Antoine ne concevait l’amour que compliqué et contrarié. Une vraie paraphilie ! Une sorte de force satanique le poussait toujours vers les passions brûlantes et impossibles... Antoine…
La soupe était bonne et le parfum de potiron embaumait. Les cris fusaient continuellement à chaque exploit de l’équipe locale de curling.
Ralph termina sa soupe, avant de plonger sa truffe dans une espèce d’alcool de patate aussi rêche qu’un baiser de femme à barbe…
Après quelques verres, il fut temps pour lui de repartir, histoire de dormir un peu, avant d’affronter les nouvelles lubies d’Antoine le lendemain.
Revenu à l’appartement, Ralph tituba directement vers son lit, comme victime d’ataxie et sombra dans un sommeil heureux, et aviné !
Quelques trop courtes heures plus tard, un bruit sourd réveilla Ralph. Ça venait de la cuisine… A pattes de velours, Ralph s’avança vers le bruit... Dans la cuisine au papier peint Vasarely-like, se tenait une partie de curling !!
Antoine le chat fêtait la victoire de son équipe en rejouant une partie dans la cuisine, en compagnie d’un papillon pour le moins bigarré…
Antoine présenta donc Chloé, une jeune fille papillon, qu’il avait rencontrée au cours de danse de Monsieur Nikos, le roi de la rumba, et fan avérée de Justin Bieber.
Ralph essaya d’atteindre la cafetière, en évitant les deux compères, hilares. Le pauvre chien chuta sur le balai en mouvement, et vint buter sur une spatule qui n’avait rien à faire sous ses pattes !! Bien grincheux et mal disposé au curling dans la cuisine, Ralph réussit à attraper une tasse, du café et fila se réfugier au salon.
La chaleur du breuvage commençait à lui redonner des forces et il se dit qu’Antoine allait bien mieux finalement…
Soudain, un bruit encore. Non ! La lampe du salon vola en éclat ! Un mauvais coup de balai, la pierre qui voltige et le curling cuisinier fait sa première victime…
Tout sautillant Antoine ne laissa pas à Ralph le temps de protester, que déjà il entretenait son ami de tout autre chose ! Un fabuleux cours de danse, voilà ce qu’il te faut lui asséna-t-il ! Vient avec Chloé et moi, Monsieur Nikos te redonnera vie !
Ralph n’était pas très enthousiaste… Ecrivain raté, il perdait son temps comme scribouillard pour Genoux Magazine, la revue des amis du genou, et il avait justement un article à rendre pour le jour suivant. L’inspiration s’était faite la malle avec l’alcool de patate de la veille, et si certains trouvaient une source d’écriture avec quelques vodkas, lui, sa seule récolte, c’était un mal de crâne carabiné. Oui les maux de crâne sont toujours carabinés….
Bref, un papier à rendre, pas d’idée, la tête de travers… Monsieur Nikos ne pouvait empirer la situation. Voire même, la danse, le genou, il pourrait peut-être trouver matière à un article pour Genoux Magazine ?!
La petite bande partit donc.
Le cours de Monsieur Nikos promettait d’être spécial ! Monsieur Nikos était une femme !!!
Quand il apprit que Ralph était journaliste, Il s’ouvrit à lui de son histoire. Monsieur Nikos était un homme auparavant, qui rêvait d’une carrière brillante d’amuseur à la télévision. Mais il était affublé d’un horrible zézaiement, tellement prononcé, qu’il échouait à tous les castings de présentateur de téléréalité. Il voyait ainsi une merveilleuse carrière de présentateur à smoking du vendredi soir lui échapper, aussi sûrement qu’échappait John l’ornithorynque aux canons de la beauté bisontine…
Pourtant Monsieur Nikos aimait les paillettes, le strass et les pistes de danse, la musique, les boules à facette. Tout ce qui faisait battre son cœur lui était refusé, à cause d’un stupide zézaiement…. Il faut dire que ces origines doubiennes et cet accent prononcé, rajoutaient à ses difficultés de starification… Dire que des préadolescents à la voix de fausset étaient acclamés par des foules entières…
Le cœur lourd, Monsieur Nikos avait décidé d’abandonner sa quête du strass et des paillettes, avant qu’une petite annonce pour le cabaret de René La Taupe à Fromenville-les-deux-oies, ne lui ouvre de nouveaux horizons ! Là, il découvrit, heureux, les joies de la scène transformiste. Ses nouveaux camarades à faux seins et perruques blond platine, l’acceptaient comme tel, avec sa différence. Son zézaiement n’était plus un obstacle au show. Muni de nouveaux attributs mammaires, Monsieur Nikos s’épanouit dans la chanson française des années 70 ( même Mireille Mathieu, c’est te dire…).
Après quelques années de spectacles merveilleux, Monsieur Nikos décida que Fromenville-les-deux-oies était trop étriquée pour son talent, et décida d’aller enseigner la bonne parole du booty qui shake dans cette bonne ville de Besançon, qui l’avait vu naître zézayant !
Ralph était enchanté de cette histoire, mais il lui fallait encore trouver un angle propre au genou : les lecteurs de Genoux Magazine sont très exigeants !
Soudain, un lapin apparut dans la salle de danse ! Appuyé sur un parapluie, il refaisait la chorégraphie de « dansons sous la pluie », avec l’aisance du danseur émérite. Ne vous y trompez pas, lui dit Monsieur Nikos : ce lapin se remet tout juste d’un accident grave du genou, suite à la crise aiguë d’un amateur de lapin sauce moutarde, qui voulait absolument lui arracher la cuisse et la badigeonner de moutarde… La danse lui promettait de retrouver la maîtrise de ses articulations. Voilà un article tout trouvé pour genoux Magazine !!
Le cœur léger, Ralph saisit son stylo pour écrire le meilleur article de sa carrière de localiste articulaire.
ceci est à la fois ma participation au jeu d'écriture de Livvy, et une commande d' #histoireavecdeslapinssombresdansunesoupedepotironauchatquiapprendàdanserdansledoubs
Tweet00:11 Écrit par Océane dans Bavardages, Challenge, Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note |
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17.02.2011
Citations du jeudi, le retour !!!
C'est jeudi, et je suis ravie de reprendre cette petite habitude, initiée par Chifonnette !
Hop hop !!
Nous parcourons du regard les innombrables millions d'années passées et nous voyons le « Vouloir vivre » lutter avec force pour sortir de la vase laissée par la marée.Lutter de forme en forme et de pouvoir en pouvoir.
Ramper puis marcher avec confiance sur la terre ferme.
Lutter de génération en génération pour la conquête de l'air, s'enfoncer dans l'obscurité des profondeurs.
Nous le voyons se retourner contre lui-même, poussé par la rage et la faim, et de nouveau reprendre forme, une forme de plus en plus élaborée, de plus en plus semblable a nous.
Poursuivant implacablement son projet inouï jusqu'à ce que son être batte enfin dans notre cerveau et dans nos artères...Il est possible de croire que tout ce passé n'est que le commencement d'un commencement, et que tout ce qui est et a été n'est que le premier reflet de l'aube.
Il est possible de croire que tout ce que l'esprit humain a jamais accompli n'est que le rêve qui précède l'éveil.
De notre lignée, des esprits vont surgir qui nous regarderons dans notre petitesse, afin de nous connaître mieux que nous nous connaissons nous-même.
Un jour viendra, un jour dans l'infinie succession des jours ou des êtres encore latents dans nos pensées et cachés dans nos flancs se dresseront sur cette terre comme on se dresse sur un piédestal.
Ils riront et tiendront leurs mains parmi les étoiles...
H. G. Wells
Tweet19:45 Écrit par Océane dans Bavardages, Challenge, Citations, pensées | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : citation du jeudi, h g wells |
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