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  • Le temps efface tout il n'éteint pas les yeux

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    Monday sucks, je vous le disais ce matin. Encore plus en cette fin de journée où j’apprends la mort d’Annie Girardot. Je ne vais pas m’étaler sur le sujet ou faire dans le pathos, juste rappeler quelle actrice merveilleuse elle à été, même si le  milieu du cinéma l’a boudée un temps… Je me rappelle de sa beauté dans ses films de jeunesse, sa présence sublime et drôle parfois…

    Annie girardot, cinema, marcel proust,

     

     

    Annie girardot, cinema, marcel proust,

    J’ai une expression merdique pour signifier que je vais peu au cinéma, je dis que je n’aime que les films avec des acteurs morts dedans. Vraiment merdique comme expression… Mais elle se confirme…

     

    Sa mémoire s’était envolée, triste destin de celle qui marque les nôtres, de mémoire.

    Et sur ce temps qui passe, cruel et froid, me revient ce poème de Marcel Proust, avec ses quelques vers qui me mettent les larmes aux yeux ce soir.

    Ne lisez rien de moi ici, mais lisez ces lignes, et si elles ne vous vrillent pas le cœur, alors c’est que vous n’en avez plus… 

     

    Je contemple souvent le ciel de ma mémoire

    Le temps efface tout comme effacent les vagues
    Les travaux des enfants sur le sable aplani
    Nous oublierons ces mots si précis et si vagues
    Derrière qui chacun nous sentions l'infini.

    Le temps efface tout il n'éteint pas les yeux
    Qu'ils soient d'opale ou d'étoile ou d'eau claire
    Beaux comme dans le ciel ou chez un lapidaire
    Ils brûleront pour nous d'un feu triste ou joyeux.

    Les uns joyaux volés de leur écrin vivant
    Jetteront dans mon cœur leurs durs reflets de pierre
    Comme au jour où sertis, scellés dans la paupière
    Ils luisaient d'un éclat précieux et décevant.

    D'autres doux feux ravis encor par Prométhée
    Étincelle d'amour qui brillait dans leurs yeux
    Pour notre cher tourment nous l'avons emportée
    Clartés trop pures ou bijoux trop précieux.

    Constellez à jamais le ciel de ma mémoire
    Inextinguibles yeux de celles que j'aimai
    Rêvez comme des morts, luisez comme des gloires
    Mon cœur sera brillant comme une nuit de Mai.

    L'oubli comme une brume efface les visages
    Les gestes adorés au divin autrefois,
    Par qui nous fûmes fous, par qui nous fûmes sages
    Charmes d'égarement et symboles de foi.

    Le temps efface tout l'intimité des soirs
    Mes deux mains dans son cou vierge comme la neige
    Ses regards caressants mes nerfs comme un arpège
    Le printemps secouant sur nous ses encensoirs.

    D'autres, les yeux pourtant d'une joyeuse femme,
    Ainsi que des chagrins étaient vastes et noirs
    Épouvante des nuits et mystère des soirs
    Entre ces cils charmants tenait toute son âme

    Et son cœur était vain comme un regard joyeux.
    D'autres comme la mer si changeante et si douce
    Nous égaraient vers l'âme enfouie en ses yeux
    Comme en ces soirs marins où l'inconnu nous pousse.

    Mer des yeux sur tes eaux claires nous naviguâmes
    Le désir gonflait nos voiles si rapiécées
    Nous partions oublieux des tempêtes passées
    Sur les regards à la découverte des âmes.

    Tant de regards divers, les âmes si pareilles
    Vieux prisonniers des yeux nous sommes bien déçus
    Nous aurions dû rester à dormir sous la treille
    Mais vous seriez parti même eussiez-vous tout su

    Pour avoir dans le cœur ces yeux pleins de promesses
    Comme une mer le soir rêveuse de soleil
    Vous avez accompli d'inutiles prouesses
    Pour atteindre au pays de rêve qui, vermeil,

    Se lamentait d'extase au-delà des eaux vraies
    Sous l'arche sainte d'un nuage cru prophète
    Mais il est doux d'avoir pour un rêve ces plaies
    Et votre souvenir brille comme une fête.

     

    Voilà, une femme s’éteint, avec elle une partie de ce monde…

     

  • Monday sucks

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    Il y a des jours, tu réalises que c’est lundi, et tu voudrais te recoucher, oui mais non, tu ne peux pas, obligations et autres conneries tu comprends…

    Tiens, on est lundi ?

    Pas grave, pense à autre chose…

    Mets des petits cœurs à la con sur ton agenda, comme moi, tu verras que ça ne change rien, mais ça fait plaisir…

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    Les photos du Frankie Diary, c’est pour Chocoladict qui voulait voir l’intérieur.

    Tu peux aussi participer à un concours sympa qu’il est trop bien. Surtout si comme moi tu es fan de Gaëtan Roussel.

    Mardi prochain, le 1er mars, se déroule la seconde partie des Victoires de la Musique.

    Le public est appelé à voter  pour l’Album de l’année…

    Et Ginger de Gaëtan Roussel est nominé.

    Pour inciter au vote, il y a donc un concours avec une guitare Martin dédicacée par Gaëtan Roussel à gagner ainsi que des places de concerts pour le Zénith de Paris le 6 avril prochain :

    http://www.gaetanroussel.com/victoires/

    Pour récapituler :

    1-     Tu votes aux Victoires

    2-     Tu t’inscris

    3-     Tu partages via facebook et/ou twitter

    4-     Et tu attends le tirage au sort par huissier

     

    Sinon, faut que je décide qui gagne le challenge Daphné Du Maurier, je vais donc relire tout les posts, et si tu n’es pas répertorié là (click click) fais le moi savoir !

     

    Et promis je réponds aux commentaires très vite !!

     

    Sinon, bah, si tu t’emmerdes encore, tu peux  revenir demain ? J’ai encore de la bouffe de samedi à digérer….

     

  • Salon du manger et du mal aux pieds

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    Hier c’était la journée « salon de l’agriculture », avec mon fils et son père. Je te laisse imaginer l’état de mes pieds après plus de quatre heures à piétiner dans les allées bondées !!

    Pas grand-chose à en dire, on a mangé, mangé, mangé. Dégustations à presque tout les coins de stand…

    J’en suis revenue avec du fromage, miaaaaaam, mais surtout regarde :

    salon de l'agriculture, m6 replay, m6, un diner presque parfait, blogs culinaires,


    Des tonnes de documentations, genre je ne sais pas où aller en vacances tu vois moi, l’aficionado de vacances….

    Et, et, et : une tasse à thé !!!!!!!

    salon de l'agriculture, m6 replay, m6, un diner presque parfait, blogs culinaires,

    Oui, a tasse a thé a day keep the mauvais poil away (demande si tu veux des proverbes, j’en connais plein…)

     On n’est pas sérieux, hein, bon, je te laisse, j’ai un diner presque parfait de blogueurs culinaires à finir de visionner. merci M6 replay.

  • les fous

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    jack kerouac, citation du jeudi

     

    "Voici pour les fous. Les désaxés. Les rebelles. Les fauteurs de troubles. Les têtes rondes dans les trous carrés. Ceux qui voient les choses différemment. Ils ne sont pas friands de règles et ils n’ont aucun respect pour le statu quo. Vous pouvez les citer, être en désaccord avec eux, les glorifier ou les vilipender. Mais la seule chose que vous ne pouvez pas faire, c’est de les ignorer. Parce qu’ils changent les choses. Ils poussent la race humaine vers l’avant. Et si certains peuvent les voir comme des fous, nous, nous voyons le génie. Parce que les gens qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde sont ceux qui le font.”

    Jack Kerouac


     

    Merci à Chiffonnette pour cette belle initiative, la citation du jeudi

  • Pierre Bayard

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    Lire, c’est une bonne partie de ma vie, et je me rends compte que je n’en parle pas assez ici. Pas autant que je le voudrais. Parce que je suis une vilaine jalouse : quand j’ai un bouquin, je veux le garder pour moi, bien le savourer dans ma tête avant d’opérer un quelconque partage. De fait, je ne critique que peu les bouquins au moment de leur sortie, c’est rare. Ce qui m’amène à parler d’un livre, à part ceux que l’on met gracieusement à ma disposition, c’est une sorte de pulsion qui s’anime on ne sait comment ni pourquoi.

    Ce liminaire juste pour que vous ne vous étonniez pas du décalage entre les bouquins dont je choisis de parler et l’actualité littéraire.

    Or donc, ce jour, me vient l’envie de vous parler de Pierre Bayard, un putain de bon écrivain, comme il s’en fait de moins en moins visible dans nos médias habituels...

     

    pierre bayard, lecture


    Aujourd’hui parlons de ce délicieux ouvrage : « comment parler des livres que l’on n’a pas lu ? »

    Je suis certaine que c’est un titre qui trouvera écho auprès de pas mal d’entre nous… ce titre est provocateur et peut sembler viser à la moquerie, mais tout juste s’agit-il d’ironie. La douce ironie du véritable homme de lettres.

    Passé le premier paragraphe assez osé, où l’auteur explique qu’il n’a pas le temps de lire, puisque il trop occupé à enseigné la littérature, on s’engage vite dans la véritable démarche de l’auteur : lire c’est quoi ? Nous lisons tous des livres, (enfin, je crois) mais tous à notre manière. Il y a les livres qu’on a lu de la première à la dernière ligne, les livres dont on nous a parlé et que bon finalement pas la peine de le lire pour en parler. Et puis il y a les souvenirs qu’on a des livres de notre lointain passé, avec ce que le temps opère de modifications à notre mémoire. Comme il y  a un méta langage, il ya une méta lecture.

    S’appuyant sur des exemples de lecteurs célèbres, Pierre Bayard fait surtout l’apologie de la lecture comme plaisir libre et renouvelé, qui n’obéit à aucun carcan. Il y autant de version d’un même livre  qu’il y a de lecteurs. Ce qui reste en définitive, c’est le souvenir intérieur de ce livre, propre, de fait, à chacun de nous. Il y a une sorte de bibliothèque universelle, dans laquelle il nous est donné de tracer notre propre labyrinthe.

    J’aime cet éloge de la lecture libre, parce qu’il la désacralise, il l’ouvre au plus grand nombre. Quel lecteur peut se targuer d’être le plus près de la vérité livresque ?